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Vieux 02/07/2013, 00h03   #2101
@nthemis°
 
Messages: n/a
Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Je ne sais pas ce qu'est la normalité.

Toute ce que je peux dire c'est que pour l'instant tu es plus en colère que triste parce que tu es encore dans le déni et dans la sidération. Ce qui est arrivé est inacceptable et tu ne l'acceptes pas. Tu n'arrives pas à réaliser.

La tristesse ne peut pas venir tant que tu es dans le déni.

Surtout, ne culpabilise pas de ne pas être assez triste. La tristesse viendra en son temps.

Ce que tu traverses est très violent. Cette violence t'a été infligée par ton père dans la façon dont il est parti. Tu es une victime de cette histoire. Tu n'as pas de raison de culpabiliser.
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Vieux 18/08/2013, 13h57   #2102
MOlfield
Membre
 
Date d'inscription: août 2013
Messages: 1
Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Bonjour,

J'ai lu les six premières pages de votre discussion et la dernière puis je me suis décidée à vous contacter juste pour, peut-être, en comprendre plus sur mes réactions.

Mon compagnon (connu depuis plus de vingt ans, nous nous aimions mais, il a fait le choix de celle qui deviendra sa femme pendant 17 ans et j'ai donc continué ma vie et lui la sienne, nous sommes restés amis, toujours en contact pendant ces 20 ans dans le respect du choix de vie de l'autre) et moi (je n'ai pas d'enfant), nous sommes mis en ménage début de cette année. Il était en instance de divorce (consentement mutuel) d'une femme avec leur enfant de 16 ans. Il a tout fait pour nous, location de la maison, remise à neuf, achat de meubles et d'électro neufs. Je ne pouvais pas l'aider, j'étais en formation et cherchais du travail.

Moins d'un mois après notre installation ensemble, pour une broutille (tache sur un vêtement pendant le déplacement d'une caisse de déménagement), hop, il me dit qu'il veut rompre. Dur à encaisser, j'étais effondrée d'autant plus qu'il n'a jamais voulu m'expliquer les raisons de ce choix.
Nous avons pourtant continuer à vivre comme un vrai couple. (Ne me demandez pas pourquoi, je ne l'ai pas compris encore et moi, j'espérais un changement de décision bien sûr).

Deux semaines plus tard, il m'annonce que pour revoir son fils, il a décidé de retourner chez son ex-femme qu'il m'assurait ne plus aimer. Nouveau coup dur pour moi, il ne reviendrait donc pas sur sa décision. Je cherchais un nouveau logement et avait signé le bail de celui-ci le jour où il m'a annoncé ça. Ce jour-là, il a vidé doucement trois bouteilles de vin. Il n'était pas saoul donc je l'ai laissé faire. Son comportement avec moi était toujours celui d'un couple, difficile pour moi de comprendre ce qui se passait. Je pensais qu'il fêtait son fils bientôt retrouvé au quotidien. Il me faisait écouter des chansons d'amour (il était musicien) en me dédiant l'une ou l'autre... C'était étrange vu qu'il voulait me quitter... (Thorgal - Mon bel amour / Saint-Preux - Marry me)

Le soir, nous sommes montés nous coucher mais il est redescendu pendant que je prenais une douche. Je l'ai appelé et il cherchait son portefeuille. Il était bizarre mais est remonté se coucher. Il avait de grosses difficultés à articuler. J'ai compris qu'il avait pris des médicaments, j'ai donc fait ce qu'il fallait, ambulance, médecin. Hospitalisation en soins intensifs.
Il était passé par le petit trou d'après les médecins mais s'en était sorti. Ouf!
Il a signé une décharge et est sorti de l'hôpital dès le lendemain matin.

Je n'ai jamais compris comment on peut prendre un nouveau choix de vie et le fêter en faisant une TS... J'ai toujours pensé que s'il avait fait un mauvais choix, cela pouvait l'avoir poussé psychologiquement voire inconsciemment à faire cette TS mais il refusait d'aborder ce sujet.

Un mois plus tard, début juin, nous avons fait mon déménagement. J'ai dû le forcer à quitter notre maison pour retourner chez son ex-femme et son fils, par sms et dès le lendemain, il me téléphonait pour me dire que c'est moi qu'il aimait, qu'il avait fait l'erreur de sa vie, qu'il ne pouvait vivre sans moi. Troublant ! Il s'excusait d'avoir pris ce choix et m'a dit que sa seule motivation était d'être près de son fils qui lui manquait beaucoup trop (enfin l'explication de la rupture deux mois après coup). Je lui ai alors demandé ce qu'il désirait vraiment et c'était vivre avec la femme qu'il aime (d'après lui, moi) et avec son fils (qui ne voulait pas entendre parler de moi !!!). Je lui ai rappelé l'animosité de son fils à mon égard, qu'il faudrait lui laissé du temps, qu'en étant patient, peut-être qu'il finirait ne fusse que par m'accepter ou à accepter de passer voir son père quand je n'étais pas là (formation, travail). Il m'a demandé pour revenir après les examens de fin d'années de son fils, fin juin, j'ai accepté de lui pardonner parce que je l'aimais. Entre temps, nous avions été chez ma gynécologue et avions rendez-vous le 26 août (oui oui, dans moins de 10 jours) pour une procréation médicalement assistée car, nous n'avions aucun problème mais je n'arrivais pas à être enceinte.

Il est venu chez moi me rejoindre dès fin juin. De leur discussion avant son départ pour me rejoindre, il m'a dit ceci : Son fils lui avait déclaré que depuis sa première TS, il n'arrivait plus à rien ressentir pour lui. Son ex-femme était bien sûr toujours d'accord pour dire que leur couple était terminé.

Imaginez sa douleur d'entendre tout ça de la part de son propre enfant ! Au départ, il était en colère et désirait ne plus avoir de contact avec son fils mais sa souffrance était plus intense chaque jour, il lui manquait à nouveau atrocement mais le cachait le plus possible, il en parlait un peu plus que lors de notre première cohabitation (ou il refusait d'admettre que son fils lui manquait ! j'avais d'ailleurs été le trouver afin qu'il vienne voir son père ou lui téléphone lorsque j'étais en formation mais il m'avait dit "que tu sois là ou pas ne change rien et pendant les vacances de Pâques, je vais chez mon parrain, je ne serais pas disponible") mais pas très souvent.

Nous sommes partis quelques jours dans notre ancienne maison et, il a commencé à faire des appels en cachette à son ex-femme pour avoir des nouvelles de son fils qui refusait de lui parler ou de le voir. J'ai attendu, tenté de provoquer une mise au point calmement, tenté de lui parler plus ouvertement en lui demandant de ne pas me cacher cela que je peux comprendre qu'il les contacte mais il s'est mis à hurler, comme le jour où il avait voulu qu'on se sépare... Cela a été horrible, les méchancetés, les cris, les horreurs dans sa bouche, c'était dingue mais j'avais connu tout ça avant (même si je me l'occultais, même si je ne voulais pas l'admettre, il était plein de sautes d'humeur comme ça pour tout et pour rien, il changeait d'avis pour les petites comme les grandes choses, il changeait d'humeur tout aussi rapidement). Il a voulu qu'on rentre chez moi pour qu'il reprenne sa voiture et que je ne revienne plus avec lui dans notre maison... nouvelle rupture, le 9 juillet, jour ou nous devions signer le bail d'une nouvelle maison, symbole de notre nouveau départ tous les deux ! Nouveau choc pour moi c'était horrible ! Un cauchemar vu que je lui avais laissé du temps pour que cette fois, il soit sûr de lui !

Il avait fait une TS voici deux ans à la perte de son travail (pour raison d'inaptitude médicale) et m'a parlé qu'il demanderait son hospitalisation en psychiatrie pour se remettre de tout ça. Il était suivi par une psychiatre et était sous médication mais, il ne me disais pas de quoi il souffrait. Je trouvais ça bien car je ne trouvais pas normal de changer du tout au tout comme ça (je t'aime, je ne t'aime plus) (je veux vivre avec toi, je veux vivre avec elle) (je veux continuer mes occupations, je veux arrêter la musique) (je veux t'épouser, je ne veux plus t'épouser) (je me réjouis que tu sois enceinte, je ne veux plus de toi comme maman de notre enfant car mon fils ne l'acceptera jamais et je dois penser à lui plutôt qu'à ce que je veux moi)...

Sans même savoir comment son ex-femme allait réagir, il m'a dit "laisse-nous vivre notre vie", il lui faisait pareil à elle, quand il a décidé en juin de revenir près de moi, avant que je n'aies accepté... Il vivait donc totalement dans ses "idées" sans que celles-ci soient concrètes.

Peut-être que cette TS (voici 2 ans) fut un appel à l'aide et que cette déstabilisation sociale de la perte de son emploi fut un déclencheur d'une maladie plus profonde car suite à cela, il a changé de comportement, je l'explique en expliquant brièvement notre quotidien.

J'ai eu une discussion avec son ex-femme et son fils le 10 juillet, pour leur dire que j'avais assez souffert comme ça, que même si je l'aime, je ne le reprendrais plus car, c'est allées et venues entre elle et moi, commençaient à me détruire totalement, tous ces mensonges (il me contactait en étant avec elle et faisait le contraire, la contactait elle, quand il était chez nous ou chez moi) et tous ces changements d'avis pour tout. Elle savait donc, que si elle le voulait, elle avait le champ libre. Je suis ensuite retournée chez moi, pensant avoir bien fait. Je l'avais vu lui, juste avant et, il pleurait, son fils lui manquait atrocement et refusait de lui parler. Il faisait une obsession sur ce manque de son fils et je le comprenais. Je comprenais que cette fois encore, il me quittait pour le retrouver lui et je lui ai laissé ce choix libre en allant les trouver juste après car, en ne me sachant plus dans sa vie, peut-être que son fils de 17 ans aurait accepté de se rapprocher enfin de lui à nouveau. Je me demande encore si j'ai bien fait ou pas de tenter de m'effacer de la sorte...

Pendant 4 jours, mon téléphone a été submergé d'appels, gentils et insultants par alternance, jusqu'à 80 appels/4 heures, c'était infernal, je coupais le son. Je répondais aux sms ou aux mails, pour tenter de ne pas l'énerver davantage par mon silence.

Après quelques jours, une dizaine, il était plus calme et semblait aller bien, du moins en voyant ses publications sur les réseaux sociaux, cela semblait aller bien pour lui. J'ai donc cessé de regarder ses publications, devant faire le "deuil" de ma relation, de mon futur mariage et de mon futur bébé, c'était déjà beaucoup pour moi, ajouter à cela, j'ai commencé à chercher du travail à nouveau. Il m'envoyait de tout de façon, au minimum tous les trois jours, un sms, un mail ou tentait de me joindre au téléphone, je pensais donc qu'il allait bien.

Le 6 août à 22h, je vois un message privé "merci de m'avoir prévenue", il provenait de sa filleule. Je lui ai répondu que je pensais que son parrain l'avait prévenue de notre séparation. Que je lui souhaitais une bonne fin de grossesse (enceinte de 8 mois) et que son parrain aurait dû lui expliquer, que ça n'était pas à moi à le faire d'autant plus que la séparation s'était mal passée cette fois. Qu'il reprendrait sûrement bientôt contact avec elle.

Elle a insisté pour me parler au téléphone et je lui ai envoyé mon numéro.
Alors, le couperet est tombé "parrain est mort", j'ai cru que tout s'écroulait autour de moi ! Ma colère contre lui s'est évanouie immédiatement et l'amour que je lui porte s'est fait cruellement sentir en me broyant de l'intérieur ! J'ai pu juste répéter mon déni encore et encore ou lui demander "qu'est-ce qu'il a fait ?" et elle, m'a dit alors qu'on l'enterrait le lendemain matin, il serait décédé le 4 août. Elle ignorait tout et c'est le soir de ses funérailles (auxquelles je n'étais bien sûr par conviée) qu'elle m'a appris (elle l'ignorait aussi) qu'il s'était suicidé, qu'il avait laissé deux lettres, une ouverte et une fermée.

La fermée pour son frère. L'ouverte était, d'après elle, remplie de reproches envers son fils de 17 ans et son ex-femme. Aucune mention à moi, un bref au revoir à certains membres de sa famille et l'ignorance des autres. Il la terminait en écrivant que s'il ne pouvait pas vivre avec la femme qu'il aime et son fils, qu'il préférait partir.

Mais qui est la femme qu'il aime, elle ou moi ?! Quelle importance diriez-vous, qu'est-ce que ça changera, rien vu qu'il n'est plus là mais... je pense qu'elle comme moi, devons nous poser la question... je pense que vous pensez peut-être : "sans doute les deux", chacune à sa manière, une manière qu'aucune de nous n'aurait été capable de comprendre apparemment...
Mais je ne le pense pas car sinon, sans moi, sa TS du début du mois de mai n'aurait aucune raison d'être !

Je suis à la fois choquée de son manque de patience envers son fils (20 jours seulement qu'il était parti de chez moi) pour qu'il puisse lui "pardonner", de sa décision brutale (il venait d'avoir les clefs d'un nouveau logement pour lui seul), de la réaction de sa famille (personne ne m'a prévenue alors que c'est avec moi qu'il a partagé sa vie en dernier, je connaissais tout le monde sauf son papa... me prévenir et me dire "s'il-te-plait, ne viens pas" mais me prévenir !!!).

Je me réveille parfois encore la nuit, cela fait maintenant 14 jours qu'il est parti... j'entends sa voix, elle me répète des phrases qu'il me disait, jamais me concernant mais concernant mon logement. Je sursaute et le cherche partout... difficile ensuite de ne pas se sentir ridicule d'avoir tant espéré le trouver là près de moi.

Vu les insultes, les menaces de me rendre la vie difficile, mélangées à ses "excuse-moi, tu sais que je suis un sanguin, je regrette ce que je t'ai dit, pardonne-moi", j'ai parfois l'impression que c'est une blague de mauvais goût, qu'il va m'attendre sur le balcon (il avait la clef de mon logement que je lui ai reprise à sa dernière saute d'humeur à la mi-juillet) en riant de mes réactions en disant "je t'ai bien eue"

C'est si dur de ne pas savoir comment il est décédé, de ne pas avoir lu ces dernières lettres, que personne (à part sa filleule mais je préfère lui laisser passer une bonne fin de grossesse) n'a pris la peine de me prévenir (frère, ex-femme, fils, amis communs, anciens collègues communs, tantes, oncles, cousin(e)s,...), que je n'ai pas pu lui dire au revoir, qu'il est parti définitivement, qu'il n'aurait rien laissé pour moi et tant d'insultes pour les autres (normalement, dans une lettre de suicide, on dit aux autres qu'on les aime et qu'on part parce qu'on souffre trop, on ne leur fait pas de mal en s'en allant),... J'attends que le temps passe (pour son ex-femme et son fils) pour aller me recueillir au cimetière à 200 km de chez moi, là où il est maintenant... je serais bien obligée d'accepter que c'est son nom qui sera inscrit là-bas.

De plus, j'ai dû relire et éditer ce message au moins vingt fois car, dur de parler de lui au passé quand je remarque que parfois encore, je m'adresse à sa photo au présent...

Il me manque tellement et le fait de ne pas comprendre ce qui s'est passé, de ne pas savoir s'il était malade ou pas, de ne pas avoir pu le serrer dans mes bras une dernière fois, de ne pas avoir pu aller à ses funérailles pour "protéger" son fils, de me douter que ce qu'il nous avait acheté va être semé aux quatre-vents (vendu, donné, jeté) et tout ce à quoi il tenait tant subirait sans doute le même sort, c'est si dur... par moment, cela me fait me mettre en colère, à d'autres, je le comprends bien, parfois aussi, une douleur lancinante me prend en y pensant.
Et, je ne sais rien faire, du moins, je le pense et vous, qu'en pensez-vous ? Puis-je faire quelque chose ?

C'est dur ce "système" de laisser tous les choix à son ex-femme et pas un mot à la dernière personne avec qui il a vécu. J'ai parfois l'impression de ne pas avoir existé du tout dans sa vie... ou du moins, qu'à part pour sa filleule, pour tous les autres : sa famille, les autorités, la Loi, je ne suis rien et donc je dois continuer à être rien ! Sans retard le divorce aurait été prononcé le 19 août, peut-être quelques jours plus tard à cause des vacances, sinon, les autorités et la Loi m'auraient prévenue moi et personne ne l'a fait... être rien, c'est franchement difficile ça aussi surtout quand on s'est effacée pour qu'un homme retrouve l'amour de son fils...

Et ça n'est pas facile de n'être rien pour quelqu'un avec qui on a partagé sa vie et que l'on aime du plus profond de son être ! C'est très dur.

Deux amis tentent d'obtenir un faire-part de décès, que j'aies un dernier souvenir de lui car même si je ne pense pas avoir été en tort dans tout ça, je n'ose pas, vu que c'est son ex-femme qui a tout organisé, le lui demander à elle qui m'avait demandé pour que nous n'ayons plus jamais de contact entre elle, son fils et moi, lors de notre dernière entrevue. Le divorce devait être prononcé fin août début septembre, et dans ce cas, c'est moi qui aurait été prévenue et pas son ex-femme. Pourquoi deux, parce que je ne suis pas sûre qu'ils l'obtiennent si tard, peut-être qu'un des deux y parviendra plus que l'autre... Et si j'en ai deux, l'un sera dans un album photo et l'autre, je le mettrai sans doute dans un cadre car d'après ce que sa filleule m'a dit, il s'agirait d'une photo dont l'arrière serait imprimé comme faire-part de décès.
Je me dis qu'en le lisant encore et encore, quand je l'aurai entre mes mains, j'arriverai bien par admettre vraiment qu'il n'est plus là...

Je sais qu'il est mort dans notre maison, celle qu'on a partagée. Je ne sais pas s'il a encore pris des comprimés cette fois ou s'il a utilisé une autre méthode. Je voudrais savoir qui l'a trouvé, ce qu'il y avait exactement dans ces lettres qu'il a laissées...

Je sais que son ex-femme ne voulait plus de lui non plus (elle avait essayé de me le dire au téléphone le 10 juillet car j'avais été agressée physiquement et verbalement par son fils en y allant donc, nous avons converser par téléphone) , trop de souffrance pour elle aussi, je suppose. Je lui avais dit d'y réfléchir encore, vu que je lui "laissais le champ libre" (je ne pense pas avoir utilisé cette expression ce jour-là mais c'est ce qu'elle signifiait, je voulais m'effacer non pour elle mais pour son fils pour le bonheur de l'homme que j'aime)

Si j'ai eu mal de ses changements, son ex-femme a dû avoir mal elle aussi. Et je n'arrête pas de penser à son fils, j'espère que mon ancien compagnon ne lui a pas trop fait de reproches ou du moins (je sais qu'il en a fait) que ceux-ci n'aient pas été trop explicites car sinon, comment cet adolescent va-t'il tenir le coup ?! Déjà que ça n'est pas facile pour moi, une adulte de 40 ans alors pour ce jeune homme !

Les médecins m'avaient dit en mai que je lui avais sauvé la vie... en fait, je lui ai malheureusement juste offert un sursis de trois mois à peine... et ça aussi c'est dur, dur de ne pas avoir compris qu'il risquait de recommencer, dur de ne pas avoir été là pour l'homme que j'aime cette fois, dur de lui avoir dit que je ne le reprendrais pas dans ma vie tant qu'il serait aussi indécis (cela l'a peut-être empêcher de m'appeler au secours),...

J'ai parlé de tout ce que j'ai vécu (mensonges, cris, sautes d'humeur, cachotteries, changements d'avis intempestifs pour des broutilles,...) avec des personnes qui ne le connaissait pas... Et le mot "borderline" est venu directement à leur lèvres... Peut-être était-il suivi pour cette raison. J'ai fait un peu de recherche sur cette maladie hier (forum de témoignages de malades, de conjoints, de parents, et le site assez bien fait de l'AAPEL qui traite de cette maladie et un autre de psychiatrie) et cela correspond assez bien (8 points sur 9) avec son comportement quotidien. De plus, sa médication concorde aussi avec cette maladie.

Si c'est le cas, qu'il était malade, j'ai sûrement très mal réagi à ce qu'il se passait... alors, je suis peut-être coupable d'avoir mal réagi à certains "messages" qui m'auraient peut-être permis de lui sauver la vie... Il aurait dû m'en parler, j'aurais voulu être à la hauteur et toujours être là pour lui, que cela soit comme compagne (vu que je l'aime) ou comme simple amie (si tel était réellement son choix). Mais, il n'était plus capable de faire un choix définitif et donc, malgré tout, j'ai toujours l'impression qu'il va téléphoner, envoyer un mail ou un sms me demandant de le pardonner et de le laisser revenir dans ma vie. Car bien sûr, ce que je voulais c'est qu'il arrête de changer d'avis et donc, bien sûr que je l'aurais repris dans ma vie (mais je ne le lui avais pas avouer cette fois, je lui avais même dit le contraire pour qu'il s'investisse là-bas, pour qu'il se donne toutes les chances de réussir à conquérir son fils quitte à m'effacer ensuite), si je le reprenais, cela aurait été en pensant qu'il aurait cette fois, été sûr de lui mais avant de le lui dire, il devait régler sa relation avec son fils, ce silence et cette distance entre-eux l'a mis en larmes le 10 juillet !

Mais était-il seulement au courant du nom de sa maladie. La personne qui m'en a parlé en souffre depuis presque 6 ans d'après ce qu'elle m'a dit et n'a mis un nom sur celle-ci que depuis six mois à peine ! Comment faire pour être à la hauteur dans ce cas ?

Une autre chose qui est particulièrement difficile pour moi, révéler tout ça ! Pourquoi ? parce que dire toutes ces vérités en expliquant réellement ce qui s'est passé, c'est aussi un peu comme "salir sa mémoire" et je ne le veux pas, non ! Mais, certaines personnes ont besoin de connaître la vérité que j'ai vécue, peut-être pour accepter plus facilement son départ. Pour ma part, je pense que j'ai encore beaucoup de chemin à parcourir pour y parvenir... je pensais que cela s'atténuerait un peu chaque jour (sans jamais oublier, que cela prendrait des mois d'accord) mais en fait par moments, j'ai vraiment l'impression que ça empire et ce, après un espoir minime d'amélioration (une nuit ou l'on dort une ou deux heures supplémentaires)

De plus, bien que je sache que le secret médical est nécessaire, je ne comprends pas comment on peut laisser dans l'ignorance, les compagne/compagnon de vie car, comment pouvoir aider et soutenir son conjoint si l'on ignore comment réagir !!! Si l'on ignore que celui-ci est peut-être malade et à besoin de réaction particulière à sa détresse !!! Je me sens coupable de ce que j'ai ignoré... Et même si j'écrivais à sa psychiatre, je sais qu'elle n'aurait pas le droit de me répondre donc à quoi bon ! Je ne saurais jamais si son attitude était due ou pas à ce trouble borderline ou à autre chose et ce, quoique je fasse. Malheureusement. Du moins, je le crois mais y a t'il un moyen de le savoir ?

Je remercie chaque jour, dans ma tête, sa filleule de m'avoir prévenue, sans elle, je serais dans l'ignorance et l'aurait appris peut-être dans des jours, des semaines voire des mois seulement quoique je me serais (sans aucun doute) étonnée de ne plus avoir eu de ses nouvelles mais... quand ? (il ne restait pas plus de trois jours sans me donner des nouvelles et j'ai expliqué qu'il pouvait aussi me submerger d'appels et de messages sans aucune interruption pendant des heures)

Pourquoi sa famille ne l'avait même pas prévenue, elle, sa filleule !!! Je ne comprends pas comment on peut cacher quelque chose d'aussi grave à des gens concernés comme elle ou moi !

En plus de tout ce que j'ai écrit ici, j'aurais une question particulière à poser à ces membres-ci : Dr Dupagne, Ln2, et Café_santé.
Est-il possible de devenir borderline après un choc psychologique (comme la perte d'un emploi qu'on adore) et à 44 ans, pour un homme. Car bien sûr, j'ai lu des sites médicaux qui parlent d'une prédominance chez les femmes mais est-ce possible ? Ou d'être atteint de ce trouble borderline et de ne pouvoir en voir les manifestations extérieures qu'à partir de l'âge de 44 ans ?

Voilà, désolée d'avoir fait si long, difficile de savoir ce qui est important ou pas dans ce témoignage.

Merci ne fusse que de m'avoir lue. Merci aussi à celles et ceux qui me répondront.

Pardonnez-moi de rester, sans doute comme beaucoup d' "ex-conjoint survivant d'un proche suicidé" avec les mêmes questions sans réponse.

Je dois aussi vous sembler étrange car malgré toute cette souffrance depuis tous ces mois, je l'aime toujours autant, il me manque atrocement et me dire que peut-être, s'il était malade, tout ça n'était pas du tout de sa faute et donc, dans ce cas, je suis encore plus honteuse de lui en avoir voulu de ses réactions et maintenant, il est trop tard pour qu'il me les pardonne ou lui dire encore une fois que je l'aime.
Et malgré tout ce par quoi je suis passée, je me rends également compte qu'il est la personne qui m'a donné le plus de preuves de son amour envers moi, plus que toutes celles qui ont traversés ma vie, c'est donc très dur de me dire que peut-être, j'aurais pu l'aider et le sauver... car cette maladie se guérit !!!

Donc, c'est encore plus dur d'apprendre cela à présent mais, mon oncle qui l'a beaucoup vu (parfois jusqu'à trois fois par semaine) le reconnaît lui à 100% dans le comportement et le mode de pensée des personnes atteintes de troubles borderline, telles qu'elles sont expliquées sur les sites d'information de cette maladie.

Et le pire pour moi, qui n'arrive pas à me passer de lui, de sa voix, de ses messages (gentils ou horribles), de sa peau, de sa musique, de son odeur, de ses mains, de son sourire, de son regard, de ses bras, de son rire, de ses mots, de ses attentions, de sa tendresse,...
et bien le pire, c'est que je n'arrête pas de penser, en y revenant malgré moi, tout le temps, même après avoir tenté des milliers de raisonnements plus compliqués les uns que les autres, que si son fils avait simplement accepté de rester proche de lui quand nous étions tous les deux, que cela soit la première ou la seconde fois, nous serions chacun de nous heureux car, il serait toujours vivant à mes côtés avec moi qu'il l'aime et qu'il disait aimer et avec l'amour et la complicité qu'il voulait partager avec son fils qui le rejetait parce qu'il n'acceptait pas que son père divorce de sa maman... J'espère juste que son fils, ne comprendra jamais ce que je pense et cette conclusion à laquelle je reviens sans cesse !

Pour l'instant, ce que je pense, c'est qu'il s'est suicidé parce qu'il souffrait trop de ne pouvoir partager sa vie avec moi tout en ayant son amour à lui !

J'espère que vous ne trouverez pas cette phrase trop dure mais c'est pour l'instant, malgré tout ce qui m'est passé et me passe encore sans arrêt par la tête, la seule explication que je trouve à son geste désespéré et, je m'en veux tellement de ne pas avoir réussi à me faire ne fusse qu'apprécier par ce jeune-homme...

Dernière modification par MOlfield 30/08/2013 à 09h39.
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Vieux 17/03/2014, 22h00   #2103
mimablanblan78
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Bonsoir,

ma maman s'est suicidée le 28 mai 2013 et depuis je ne vis plus; je ne comprends pas ce qui s'est passé et n'accepte pas son décès d'autant que je ne l'ai appris que 5 jours après.

je l'avais eue au téléphone juste avant qu'elle passe à l'acte. Mon frère m'a dit que j'étais la dernière à lui avoir parlé.

Je n'ai rien vu, su, compris ou deviné ? je n'ai rien pu faire; elle a passé à l'acte et j'ai depuis le sentiment qu'elle nous a abandonné et aussi je ne comprends pas pourquoi elle ne nous a pas appelés à l'aide.

Elle était dépressive depuis longtemps et était suivie (son suivi a commencé en même temps que le mien quand j'avais 10 ans car je faisais de l'anorexie), elle m'avait dit que son traitement lui faisait du bien, que ça allait avec sa psy, elle venait de déménager et aimait son nouveau logement(enfin je crois, je ne sais plus car peut être a t elle dit ça pour ne pas nous inquiéter), pour nous elle etait rassurée pour moi, un travail et un logement et je m'étais sortie en vie de mes problèmes d'anorexie/tentative de suicide par défenestration. Et là, sans avoir rien dit, rien montré j'ai appris par la police qu'elle s'était suicidée après mon coup de fil, juste après....

Elle me manque et elle me manque d'autant plus que ce n'est pas une mort naturelle, ce n'était pas son heure comme on dit et elle allait bien en apparence; et on ne saura jamais pourquoi; elle n'a rien dit à personne alors qu'elle avait déjà été hospitalisée et que ça lui avait fait du bien.

Ca a été trop brutal et se suicider ? je ne comprends pas, je ne le supporte pas qu'elle se soit donnée la mort....

je n'y arrive plus.

désolée je coupe pour ce soir ca me fait trop pleurer. même ma psy ne m'en parle pas, je ne suis pas allée au cimetière je n'ai pas pu et maintenant elle me manque tant
ah j'ai ma petite boule de poils chat qui vient me réconforter....

bref j'espère arriver à comprendre ou du moins par vos expériences accepter et recommencer à vivre car depuis je me sens en sursis, je me donne chaque jour un sursis jusqu'au lendemain et ce jour après jour
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Vieux 18/03/2014, 00h09   #2104
Piera
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Citation:
Posté par mimablanblan78
Bonsoir,

Bonsoir Mimablanblan
Très émouvant ton témoignage
Des personnes ayant vécu ce que tu vis viendront sans doute te parler, je l'espère. Courage
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Vieux 18/03/2014, 09h29   #2105
mimablanblan78
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Citation:
Posté par Piera
Bonsoir Mimablanblan
Très émouvant ton témoignage
Des personnes ayant vécu ce que tu vis viendront sans doute te parler, je l'espère. Courage


merci Piera
mimablanblan78 is offline   Réponse avec citation
Vieux 18/03/2014, 14h21   #2106
Tourterelle
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

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Posté par mimablanblan78
Bonsoir,

ma maman s'est suicidée le 28 mai 2013 et depuis je ne vis plus; je ne comprends pas ce qui s'est passé et n'accepte pas son décès d'autant que je ne l'ai appris que 5 jours après.

Bonjour mimablanblan,

Oui, ton message est très émouvant, et me renvois tellement à ce que j'ai vécu, et que je vis encore.

Pour mon cas, j'ai arrêté de chercher le pourquoi du comment, car cela me rendais folle. C'est triste à dire, mais je pense que de toutes façons nous ne saurons jamais le pourquoi.

Maintenant, il te faut aller de l'avant. Je ne te dis pas d'oublier, car nous resterons toujours marquées par ces suicides, mais je te dis de penser à te protéger.

Ta maman avait certainement un grand mal être, et si elle ne t'en a pas parler, c'est certainement qu'elle savait que tu ne pourrais rien pour elle. Dis toi bien que tu as eu la chance qu'elle te parle et te dise "Au revoir" avant son grand départ.

Il faut bien te dire que c'était son choix, que, malheureusement, tu dois le respecter et l'accepter. Maintenant, tu n'as pas encore fini ton deuil, c'est plus long dans le cas de suicide en raison des questionnements.

Si je peux me permettre, je voudrais juste te dire qu'elle ne t'a pas abandonnée, puisqu'elle a été là lorsque tu en avais le plus besoin, elle s'est laissée aller que lorsqu'elle a vu que tu étais sorti d'affaire. Alors, même si son heure n'était pas venu, même si c'est dur, continue de lutter, recommence à vivre, car finalement, c'est ce que souhaitait ta maman.

En tout cas, viens ici aussi souvent que tu veux, j'essayerais de te répondre au plus vite.

En attendant, je te souhaite bon courage.

__________________
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C'est en cours !

"L'avenir est la seule chose qui m'intéresse, car je compte bien y passer les prochaines années. "
Woody Allen.
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Vieux 18/03/2014, 14h40   #2107
Piera
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Bonjour,

Je me pose pour ma part la question de savoir si c'est une bonne chose de savoir pourquoi.
J'ai eu des pensées suicidaires. J'ai beaucoup écrit sur toutes les turbulences de ma vie. Il m'est arrivé de penser que la seule tache importante pour moi serait d'écrire mon récit de vie en entier, chronologiquement, organiser tout cela, pour que mes enfants comprennent.
Mais est-ce que ce ne serait pas trop lourd et encore plus culpabilisant pour eux de comprendre pourquoi?
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Vieux 18/03/2014, 14h59   #2108
mimablanblan78
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

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Posté par Tourterelle
Bonjour mimablanblan,

Oui, ton message est très émouvant, et me renvois tellement à ce que j'ai vécu, et que je vis encore.

Pour mon cas, j'ai arrêté de chercher le pourquoi du comment, car cela me rendais folle. C'est triste à dire, mais je pense que de toutes façons nous ne saurons jamais le pourquoi.

Maintenant, il te faut aller de l'avant. Je ne te dis pas d'oublier, car nous resterons toujours marquées par ces suicides, mais je te dis de penser à te protéger.

Ta maman avait certainement un grand mal être, et si elle ne t'en a pas parler, c'est certainement qu'elle savait que tu ne pourrais rien pour elle. Dis toi bien que tu as eu la chance qu'elle te parle et te dise "Au revoir" avant son grand départ.

Il faut bien te dire que c'était son choix, que, malheureusement, tu dois le respecter et l'accepter. Maintenant, tu n'as pas encore fini ton deuil, c'est plus long dans le cas de suicide en raison des questionnements.

Si je peux me permettre, je voudrais juste te dire qu'elle ne t'a pas abandonnée, puisqu'elle a été là lorsque tu en avais le plus besoin, elle s'est laissée aller que lorsqu'elle a vu que tu étais sorti d'affaire. Alors, même si son heure n'était pas venu, même si c'est dur, continue de lutter, recommence à vivre, car finalement, c'est ce que souhaitait ta maman.

En tout cas, viens ici aussi souvent que tu veux, j'essayerais de te répondre au plus vite.

En attendant, je te souhaite bon courage.


merci Tourterelle...

C'est vrai que le pourquoi ils/elles ne sont plus là pour nous le dire et pour ma maman elle seule sait et saura jamais mais je reste bloquée à la frontière du " si elle avait parlé", cette ligne qui m'empêche d'accepter.

Elle a laissé deux lettres avant de "partir", une pour ses voisins, qui ont du coup appelé la police, et une pour nous, mon frère et moi, où elle disait qu'on était grands maintenant (42 et 39 ans), qu'on s'en sortait et qu'elle était fatiguée. Puis elle a écrit ses voeux pour ses funérailles et la succession.

Et je lui en veux d'avoir pensé que j'allais bien et que je m'en sortirais toute seule sans elle, parce que en tout cas depuis sa mort c'est de pire en pire.

J'ai l'impression d'être bloquée, paralysée à un point P et je ne peux pas repartir en arrière puisque avant c'est quand elle était en vie et je ne peux pas avancer puisque plus tard elle n'y sera pas, sas savoir, sans nous avoir réellement dit adieu, sans qu'on y ait été préparés et on ne peut même pas aller sur sa tombe.. Ca non plus je ne comprends pas... Pourquoi une incinération ??? on ne peut même aller la voir, sa tombe, mettre des fleurs, avoir quelque chose de "réel" à entretenir, même une pierre ou une stèle, juste un lien pour lui parler.

On se retrouve sans rien... pour ma part je n'ai d'elle qu'une copie de sa Carte d'identité et l'acte de décès... rien de chez rien... Le manque en ce moment est insoutenable... Elle me manque trop.
J'ai tenu le coup pour elle et elle maintenant n'est pas là alors j'en suis à me demander pourquoi je me suis battue et pour quoi je devrais le faire encore, je trouve que ca ne vaut plus la peine.
Je n'arrive pas à voir les choses autrement depuis ces derniers mois..

Dernière modification par mimablanblan78 18/03/2014 à 15h06. Motif: erreur de frappe
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Vieux 18/03/2014, 15h20   #2109
Tourterelle
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

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Posté par mimablanblan78
merci Tourterelle...

C'est vrai que le pourquoi ils/elles ne sont plus là pour nous le dire et pour ma maman elle seule sait et saura jamais mais je reste bloquée à la frontière du " si elle avait parlé", cette ligne qui m'empêche d'accepter.

Elle a laissé deux lettres avant de "partir", une pour ses voisins, qui ont du coup appelé la police, et une pour nous, mon frère et moi, où elle disait qu'on était grands maintenant (42 et 39 ans), qu'on s'en sortait et qu'elle était fatiguée. Puis elle a écrit ses voeux pour ses funérailles et la succession.

Et je lui en veux d'avoir pensé que j'allais bien et que je m'en sortirais toute seule sans elle, parce que en tout cas depuis sa mort c'est de pire en pire.

J'ai l'impression d'être bloquée, paralysée à un point P et je ne peux pas repartir en arrière puisque avant c'est quand elle était en vie et je ne peux pas avancer puisque plus tard elle n'y sera pas, sas savoir, sans nous avoir réellement dit adieu, sans qu'on y ait été préparés et on ne peut même pas aller sur sa tombe.. Ca non plus je ne comprends pas... Pourquoi une incinération ??? on ne peut même aller la voir, sa tombe, mettre des fleurs, avoir quelque chose de "réel" à entretenir, même une pierre ou une stèle, juste un lien pour lui parler.

On se retrouve sans rien... pour ma part je n'ai d'elle qu'une copie de sa Carte d'identité et l'acte de décès... rien de chez rien... Le manque en ce moment est insoutenable... Elle me manque trop.
J'ai tenu le coup pour elle et elle maintenant n'est pas là alors j'en suis à me demander pourquoi je me suis battue et pour quoi je devrais le faire encore, je trouve que ca ne vaut plus la peine.
Je n'arrive pas à voir les choses autrement depuis ces derniers mois..

En ce qui concerne l'incinération, je suppose que ses cendres ont été dispersés au jardin du souvenir. Rien ne t'empêche de faire mettre une plaque (nous l'avons fait pour mon père). Cela te fera un lieu pour te receuillir.

Pourquoi continuer à te battre ? Mais si ce n'est pour toi, ne serait-ce qu'en sa mémoire. Et puis, pense aux gens qui t'aiment. Imagine l'effet devastateur sur ton frère si tu lache prise toi aussi !

Les souvenirs que tu as d'elle sont toujours présent. Seulement, pour le moment, ils sont enfouis. Laisse le temps faire son oeuvre, et surtout ne t'enferme pas, parle avec ton frère et/ou à ta psy. Pour ta psy, si elle n'en parle pas, c'est peut-être qu'elle attends que tu sois prête à le faire.

Fais un pas après l'autre, les premiers sont difficiles ... les suivants plus faciles ...

Courage.

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Vieux 18/03/2014, 15h26   #2110
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Citation:
Posté par Piera
Mais est-ce que ce ne serait pas trop lourd et encore plus culpabilisant pour eux de comprendre pourquoi?

Déjà, y a ça. Et aussi le fait que parfois, on ne sait pas exactement pourquoi. Je veux dire, on sait qu'on a vécu des choses difficiles qui font que...Mais ça n'explique pas tout, ça n'explique pas forcément pourquoi à CE moment là etc. Ta mère ne le savait probablement pas elle-même.

Dans le cas d'un suicide l'entourage s'en veut, mais au fond, on sait bien que quand ça ne va vraiment pas, l'entourage est souvent impuissant. Elle devait le savoir, et c'est pour ça qu'elle n'en a pas parlé. Après des années...elle était sûrement usée. Parfois, il n'y a pas plus rien à dire. Mais peut-être est-elle enfin en paix.
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Vieux 18/03/2014, 15h35   #2111
mimablanblan78
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Citation:
Posté par Newborn
Déjà, y a ça. Et aussi le fait que parfois, on ne sait pas exactement pourquoi. Je veux dire, on sait qu'on a vécu des choses difficiles qui font que...Mais ça n'explique pas tout, ça n'explique pas forcément pourquoi à CE moment là etc. Ta mère ne le savait probablement pas elle-même.

Dans le cas d'un suicide l'entourage s'en veut, mais au fond, on sait bien que quand ça ne va vraiment pas, l'entourage est souvent impuissant. Elle devait le savoir, et c'est pour ça qu'elle n'en a pas parlé. Après des années...elle était sûrement usée. Parfois, il n'y a pas plus rien à dire. Mais peut-être est-elle enfin en paix.


C'est vrai qu'a la fois je me dis "si elle avait tenu une journée de plus "elle ne se serait pas suicidée...

et que maintenant elle est heureuse là où elle est... Je ne sais pas comment c'est mais pour elle ca doit être bien...

Ma psy, disons que mon infirmière référente, le jour où j'ai appris son décès, je leur ai téléphoné et elle m'a sorti comme ça : "pour qui vous prenez vous ?!" parce que ma mère ne nous avait pas appelé, qu'on avait rien pu faire... Ben depuis j'ai franchement pas envie de leur en parler.....

Par contre je pensais là... c'est peut être bête mais pour ma mère, si elle me voit là haut, je fais ce qu'elle aimait... de la broderie en son souvenir, pour me souvenir, j'ai aménagé des choses en son souvenir aussi et ça me soulage... J'ai l'impression d'être une petite fille qui fait pour maman....ca la garde un peu vivante.

Merci Tourterelle oui les cendres ont été dispersées mais ça a été compliqué car on arrivait à la date légale de levée de corps quand on a été prévenus et du coup elle a été incinérée dans un département et les cendres dispersées dans un autre, où elle voulait....
mon frère avait critiqué les choix de ma mère... elle voulait que ses amies se réunissent chez elle et lui ne les a pas appelées du tout.....des querelles de clocher qui ont gâché un moment déjà très difficile.

je vais faire faire une plaque oui bonne idée, une qui lui ressemble... un petit morceau d'elle pour la garder près de nous, de moi....
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Vieux 18/03/2014, 15h58   #2112
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Bon, j'ai appelé les pompes funèbres, qui m'ont dit d'appeler le cimetière pour savoir si c'était possible de mettre une plaque car parfois les mairies s'en occupent, et parfois on peut en mettre une personnalisée.

La mairie doit me rappeler...
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Vieux 18/03/2014, 17h50   #2113
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Citation:
Posté par mimablanblan78
Bon, j'ai appelé les pompes funèbres, qui m'ont dit d'appeler le cimetière pour savoir si c'était possible de mettre une plaque car parfois les mairies s'en occupent, et parfois on peut en mettre une personnalisée.

La mairie doit me rappeler...

Mimablan,

C'est bien, c'est le premier pas. Tu verras que lorsque tu auras un endroit ou te souvenir, cela te soulagera et en fait tu n'auras peut-être pas la nécessité d'y aller. Moi, pour ma soeur et mon frère, on a fait le choix de les mettre en terre (incinération aussi, donc il y a que les urnes) surtout pour ma mère. Je sais qu'ils sont là, mais je ne ressens pas le besoin d'aller les voir.

Pour la broderie, c'est bien, cela occupe l'esprit et si cela te permet de te souvenir de ta mère des temps heureux, alors continue ... et puis finalement on fait toujours des choses pour faire plaisir à maman, non ?

Essaye de ne pas trop en vouloir à ton frère, il ne réagit pas comme toi, il doit aussi terriblement souffrir, et tu sais, encore aujourd'hui, le suicide est tabou. Alors, peut-être a-t-il simplement peur du quand dira-t-on ! Et puis des histoires de clocher, y en a dans toutes les familles. Mais, toi, tu pourrais faire une petite réunion avec les amis de ta mère, cela peut te faire sentir mieux en te donnant le sentiment d'avoir respecter la volonté de ta mère jusqu'au bout. Sans compter que cela leur fera certainement du bien aussi. Même si ce n'est pas chez ta mère, cela t'apaiserait aussi certainement.

En tout cas, ne boude aucun plaisir qui t'apporte de la douceur.

Courage
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Vieux 20/03/2014, 08h11   #2114
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Bonjour Mimablanblan,

Il est normal que tu te poses toutes ces questions, mais je crois qu'il n'existe pas de vraie réponse. Il n'y a pas une cause à un suicide mais un faisceau de raisons qui font qu'un jour quelqu'un passe à l'acte.

C'est d'une grande violence pour les proches. Je suis passée par là avec mon mari, mais j'ai eu la chance d'arriver assez tôt pour appeler les secours et le sauver. On ne voit plus jamais la vie pareil après.

Tu vas passer par différentes phases et peu à peu, tu iras mieux. Surtout, suis bien les conseils de Tourterelle et soit douce avec toi.

Je te souhaite du courage et de l'apaisement.




PS Tourterelle
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Vieux 04/04/2014, 18h39   #2115
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Citation:
Posté par Paulaine
Bonjour Mimablanblan,

Il est normal que tu te poses toutes ces questions, mais je crois qu'il n'existe pas de vraie réponse. Il n'y a pas une cause à un suicide mais un faisceau de raisons qui font qu'un jour quelqu'un passe à l'acte.

C'est d'une grande violence pour les proches. Je suis passée par là avec mon mari, mais j'ai eu la chance d'arriver assez tôt pour appeler les secours et le sauver. On ne voit plus jamais la vie pareil après.

Tu vas passer par différentes phases et peu à peu, tu iras mieux. Surtout, suis bien les conseils de Tourterelle et soit douce avec toi.

Je te souhaite du courage et de l'apaisement.




PS Tourterelle

Bonjour Miss*fit,

Je suis contente de voir que tu es toujours sur le site. J'étais désolée quand j'ai vu que ton compte était désactivé.

Alors, quelles sont les news de ton coté ? Ton mari va mieux ? et toi, tes projets ?

Nous cela va. On se remets doucement mais surement. Je fais tout pour rester sereine. Et je suis surtout super occupé, car ma mère vient s'installer à coté de moi, et cela me rassure de ne plus la savoir isolée comme cela. Sinon, toujours pleins de projets dans la tête, cela me fait tenir debout aussi !!!

En tout cas, cela me fera plaisir d'avoir de tes news.

, Miss*fit.

Mimablanblan, n'oublie pas, on est là pour toi. Donne nous de tes nouvelles.

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Vieux 07/04/2014, 00h51   #2116
pixel63
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Bonjour,

Nouvellement sur ce site, j'ai lu avec attention tous vos témoignages qui m'ont particulièrement touchée.
Je suis assez admirative de votre courage, et même dans une grande souffrance, écrire sur ce cite est déjà synonyme d'un réel espoir.
Mon père s'est suicidé lorsque j'avais 7 ans.
La structure familiale déjà fragile avant ce terrible acte, s'est désagrégé dans la haine, mon grand-père a refusé de serrer la main de ma mère à l'enterrement, et il lui a dit:
-Je ne sers pas la main à un assassin.
J'ai donc perdu aussi mes grands-parents paternels que je n'ai plus revus durant des années après ces mots prononcés.
Ma mère fragile psychologiquement s'est à son tour enfoncé, et a commencé à me faire subir des tentatives de chantages.
Ensuite, elle a pris des drogues de plus en plus forte, et est devenue accro à l'héroïne.
J'étais entouré de marginaux toxicomanes, et j'ai vu les pires tableaux de la déchéances durant toute mon adolescence.
J'avais peur de rentrer de l'école et de trouver ma mère morte par overdose.
Souvent, elle était défoncée à même le sol pendant des heures, inconsciente, et j'allais vérifier toutes les 10 minutes si son cœur fonctionnait encore.
Elle m'a initié à l'héroïne à l'âge de 14 ans.
aujourd'hui, je suis clean avec l'aide des narcotiques anonymes.
Mon passé est horrible, mais je suis vivante.
Moi-aussi, je suis passée par la dépression comme mes deux parents.
Mon âme a touché le fond du désespoir, mais j'ai résisté pour ma fille.
Pour ne pas la compromettre définitivement.
Pour qu'elle aie un autre chemin de vie, et pour que je reste un exemple pour elle.
Alors, je peux comprendre leur souffrance, mais je suis différente d'eux car je me suis toujours soucié en priorité des autres.
Et c'est ce qui m'a sauvé.
J'ai fait certains choix contre l'avis de certains psy, et je ne l'ai pas regretté.
J'ai choisi dans le milieu médical les professionnels qui savaient respecter mes décisions même lorsqu'ils apparaissaient aux yeux de ces médecins, que j'avais définitivement perdu ma santé psychique.
Ce que mes parents avaient été incapable de faire, ils ont abusés de toutes les drogues possibles.
Mon passé a refait surface d'une manière extrêmement violente.
Suite à un burn-out professionnel subi par des méthodes de management inhumaines mises en place par la direction. A ce moment-là mes défenses psychiques se sont effondrées et ce maudit passé a refait surface avec une violence incroyable.
Il faut du temps, beaucoup de temps.
Parfois c'est dur, car mon corps s'exprime lui-aussi violement.
Un jour à la fois, c'est possible.
J'ai toujours été une battante.
La dépression, je lui ch...à la gueule.
Dès que je peux, même si je ne suis pas au top, je fais du sport, je m'organise pour avoir du bon temps.
Et quand je vois tous ce que je suis arrivé à faire, et bien je lui parle à ma dépression, je lui dit:
-J'ai gagné, tu ne peux plus rien me prendre, j'ai fait du ski et puis ça ça et ça.
La dépression, c'est horrible, je sais de quoi je parle pour l'avoir vécu de l'intérieur.
Je ne sais pas si toute ma vie, j'aurai à lutter contre elle.
Mais si je dois avoir de la colère, c'est contre elle que je dois en avoir.
J'ai assez eu de haine contre ma mère, elle est morte d'un cancer du pancréas, et je l'ai accompagnée durant cette terrible épreuve.
A la fin, elle a de la dignité, et des mots pour moi.
Des mots d'amour et des regrets sincères.
Si, je n'avais pas étais là, elle n'aurait eu personne.
Sa vie comme la vie de mon père sont de misérables existences.
Je veux une autre vie pour moi, loin de cette colère qui les a détruit.
Le fait de croire en une puissance supérieure aux humains m'a apporté beaucoup de réponses.
Mes parents n'étaient pas des bons parents parce qu'eux même étaient ses enfants en colère qui n'ont pas reçu l'amour et l'attention qu'ils méritaient, et leurs parents avaient eux-aussi été dans cette frustration constante.
Je ne parle que de ma propre expérience, et en aucun cas, je me permettrai de juger vos autres expériences.
Le chemin est difficile, et chacun fait comme il le peut.
La vie est si compliquée.
Mais, je veux juste dire, que parfois il semble qu'il n'y ait plus d'espoir et que jamais le désespoir prendra fin.
Ce n'est pas vrai, il ne faut pas croire la voix qui vous le dit.
Il faut juste laisser passer du temps et ne pas agir.
Attendre même si cela paraît insupportable.
Même la pire des émotions fini par passer.
Et ne jamais perdre le lien avec les autres.
Toujours se souvenir des autres qui vous aime.
Il y aura toujours quelqu'un pour vous aider, dans ces moments-là, demandez de l'aide.

Avec l'histoire que j'ai, je ne vais pas pouvoir aider des personnes allant très mal. J'ai déjà assez à faire avec moi.
Mais, j'avais quand même envie d'envoyer comme une bouteille à la mer.
Pour vous dire que malgré tout le chagrin, la vie est si belle.
Que le corps a ses raisons que la raisons ignore, alors cherchez en vous, allez à la rencontre de ce qui semble être vos pires ennemis.
Affrontez les, mais pas tout seul.
Avec courage, détermination et la foie que c'est possible.
J'ai été diagnostiquée, bon en pleine crise...
bipolaire, borderline, trouble de la personnalité non définie, agoraphobe, et troubles mentaux.
Moi, je dis que devant leur constat d'impuissance, ils se sont rassuré avec des diagnostiques, et comme ça, y'avait qu'à me bourrer de neuroleptiques aux effets secondaires atroces.
Heureusement, que j'avais gardé une certaine intelligence, et que même dans les pires moments, j'ai su prendre la parole de la manière qu'il convenait pour le faire comprendre que c'est moi au final qui décidait.
C'est assez dingue l'arrogance de certains de ces médecins...
En face d'eux, j'ai fait attention à toujours gardé l'estime de moi.
En loque peut-être, mais pas stupide.
J'avais toujours obéi à l'autorité même lorsqu'elle était préjudiciable pour moi. D'abord ma mère, puis au travail, alors j'allai pas continuer.
Et puis heureusement, la psychiatrie s'est tout de même améliorée depuis l'époque de mes parents. Plus jeune, j'ai vu des scènes comme dans le film "vol au-dessus d'un nid de coucou".
Parfois, le monde est aussi dingue que moi, et plus encore.
Voilà, je vais m'arrêter sur cette belle maxime.
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Vieux 19/05/2014, 11h51   #2117
Paulaine
 
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Il y aura 4 ans demain et je suis encore en vrac.
Lui, va mieux. Il semble s'être reconstruit.
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Vieux 21/05/2014, 19h32   #2118
Dica
 
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Citation:
Posté par Paulaine
Il y aura 4 ans demain et je suis encore en vrac.
Lui, va mieux. Il semble s'être reconstruit.

C'est très difficile de ne plus avoir peur ...

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Vieux 16/09/2014, 11h36   #2119
maviemonenfer
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Bonjour a tous, je suis nouvelle et je recherchais depuis un moment ou on pouvait parler de "ça"
Voici mon histoire :

Je suis moralement détruite suite au décès de ma maman qui a décidée de s’enlever la vie le 30 novembre 2010.
Cette journée avait bien commencée, du moins comme toutes les autres, le début de soirée également jusqu’a 21h30 ou un seul coup de téléphone a changé ma vie a jamais.
Comme quoi quand on dit que la vie peut basculer en un rien de temps, je confirme que c’est bel et bien la vérité. Au bout du fil c’était mon papa qui m’apprenait la disparition de ma maman, elle avait quitter a pieds la maison de vacances en fin de matinée en lui laissant un petit mot “je te quitte je t’aime plus….”

Il faut savoir que ma maman était une personne dépressive, possessive, colérique, lunatique et était atteinte de la maladie d’achats compulsifs, ce n’était pas sa première tentative de suicide puisqu’elle avait déjà tenter de mettre fin a ses jours 4 fois au par avant. Un geste cruel et égoïste qu’au début je ne pouvais pas comprendre ni accepter.
  • 1998: TS par absorption de médicaments + alcool; On l’a retrouvé chez elle, elle gisait sur le sol, elle s’en est sortie car cette fois ci ce n’était qu’un appel a l’aide.
  • 1999: TS par absorption de médicaments + alcool; Suite a une petite réflexion que je lui avait fait lors de ma sortie de clinique pour l’accouchement de ma première fille, elle avait disparue pendant 3 jours et s’est réfugiée dans les bois a côté de son domicile, mon grand-père gendarme a l’époque avait mis en place les recherches par hélicoptère et avec l’aide de la brigade canine, nous l’avions retrouvée dans ces bois inerte. Elle a été hospitalisé en service psychiatrique et une enquête a été ouverte sur les circonstance de ses actes. Elle avait expliqué à cette époque que moi sa fille lui demandait trop d’argent et qu’elle devait faire des crédits pour subvenir a nos besoins. faux!!! elle tournait cette histoire a sa façon puisque en réalité c’est c’est elle qui faisait de gros achats pour ma fille, sa première petite fille…(j’ai eu une garçon en 2003 et une autre fille en 2006)
2004: TS par absorption de médicaments + alcool et elle avait pris le véhicule commun et parcourue plus de 200km jusqu’au moment ou elle s’est endormie au volant et ou elle a fini par s’encastrer dans un rocher qui heureusement était là sinon c’était le ravin. Hospitalisée a nouveau en service psychiatrique et suivie par un psy elle avait expliquer un peut les même raison de son geste, accumulation de crédits par ma faute ainsi que le non remboursement de son crédit immobilier depuis plus d’un an. Résultat , obligé pour mes parents de se rabaisser à demander une très grosse somme a mes grand-parents, qui lui leur a prêter pour ne pas qu’ils perdent leur maison. Evidement je vous parle pas de toute ma famille qui nous jugeait très mal suite a ses dires puisque ma maman n’aurait jamais avouée qu’elle pensait toute la journée qu’a acheter tout plein de choses qui ne servaient absolument a rien.

2006: TS par absorption de médicaments + alcool: a cette époque nous vivions juste en face de chez eux. Un matin ma maman m’envois un texto me disant qu’elle n’allait pas travailler car elle était fatigué. Sur le coup je ne me suis pas inquiété puisque ça lui arrivait de temps en temps. Il était 8h30 quand suis partie amener mes enfants a l’école. A mon retour sa voiture n’était plus là, a mon tour je lui ai envoyé un texto pour au final savoir si elle était allé travailler ou pas, texto resté sans réponse… vers 11h toujours pas de réponse de sa part, je sais que j’aurais dû m’inquiéter, je sais que j’aurais dû appeler de suite a son travail, tout ça je le sais mais je l’ai pas fait et je sais pas pourquoi. Vers 11h30 je reçois un appel de mon papa lui-même a son travail qui me demande si je sais ou elle se trouve car il l’a appeler sur son portable mais elle ne répond pas ainsi qu’a son travail mais qu’elle n’y est pas, moi je lui répond que plus tôt le matin elle m’a envoyé un message en m’expliquant qu’elle n’allait pas travailler car trop fatiguée, et Là, tout est devenue très clair, nous avons de suite compris… J’ai dis a mon papa ” je vais faire un tour chez toi pour voir”… J’avais la clé de chez eux, j’y suis aller et là j’ai trouvé sur le bar de la cuisine une lettre d’adieu “Mon chéri, je suis trop lâche pour t’avouer ce que j’ai encore fait, je t’aime mais je ne peux plus vivre ainsi, tu t’occuperas bien des enfants et de nos animaux, tu trouveras au dos de cette lettre toutes les maisons de crédits a qui j’ai emprunter de l’argent, je suis désolé je t’aime adieux”, alors imaginez mon état a cet instant là, que faire…. Je me suis reprise et j’ai vite appeler mon papa, je l’ai mis au courant, il a de suite quitter son travail pour venir me rejoindre, nous étions aussi inquiet que ce que nous pouvions en avoir assez de ce qu’elle nous faisait subir depuis tant d’années… Je lui ai dis ” papa il faut appeler les gendarmes, papa il le faut. Il ne voulait pas tellement il était remonter contre elle, je lui ai dis que si il le faisait pas, tout ça se retournerait contre lui. On a fini par appeler les appeler, et en les attendant nous avons relu cette lettre et regarder la somme totale qu’elle avait emprunté, une somme gigantesque, plus de 150 000 euros, on s’est assis, démoralisé et abattus. Les gendarmes sont arrivés peut de temps après, il a fallu qu’on cherche une photo de ma maman et qu’on leur donne, puis ils nous ont interrogés sur les circonstances de sa disparition. Nous avons raconter toute l’histoire et nous leurs avons expliqué les TS précédentes. De là ils sont partis a sa recherche, ils sont d’abord aller dans les bois ou elle s’était réfugiée en 1999. Et bien ils l’ont trouvés là, dans la voiture, inconciente avec une bouteille de vodka des gobelets et des médicaments sur le siège passager. A nouveau interné en service psychiatrique pendant une quinzaine de jours puis par la suite elle s’est fait suivre régulièrement par un psy. Mes parents ont dû hypothéquer leur maison et faire un ultime crédit afin de rembourser toutes les dettes.

Suite a tout ça, j’ai pris la dure décision de ne plus la voir ni de lui parler. Je suis tomber enceinte de ma dernière fille a cette époque, puis petit a petit, elle là remarqué et m’a demander. Et a partir de là nous nous sommes revu et nous nous somme reparler. Le temps a passer et tout est rentrer dans l’ordre, nous passions nos vacances et les noël dans une maison de vacances qu’ils louaient a l’année a la montagne et qu’ils comptaient bien acheter une fois a la retraite. Et puis nous arrivons au 30 novembre 2010, rappelez vous en haut de cette page, elle était parti en laissant un mot ” je te quitte, je t’aime plus”…
Mon papa n’a pas de suite prévenue la gendarmerie, il s’est dit qu’il pourrait la retrouver puisque cette fois ci, elle est a pieds. Il a commencer a partir dans les bois,a travers les forêts, les chemins mais rien, a prévenu les voisins et tous sont repartis dans l’après-midi a sa recherche, toujours rien. Fin d’après-midi mon papa décide de prévenir les gendarmes. (je rappelle qu’a ce moment là, je n’était pas encore informé de tout ça). Les gendarment arrivent bien une heure plus tard à la tombé de la nuit, prennent tous les renseignements possible et disent qu’ils ne peuvent rien faire pour le moment car la nuit tombe et que les recherches débuterons le lendemain matin.


Et voila que ma descente aux enfer va débuter a cet instant a cette heure qui sera 21h30, un coup de téléphone, mon papa au téléphone, je me suis de suite dit y’a un soucis. Et en effet il m’apprend la nouvelle et me dit qu’elle a disparue en milieu de journée par -10° avec de la neige et qu’ils ne l’ont pas encore retrouver, de là je préviens mon frère, le met au courant, bon…Je rappelle mon papa pour savoir un peut comment ça va se passer dans les prochaines heures, il me dit que les recherches débuterons que le lendemain, là une angoisse me prend et je me dis mais comment peut-on survivre la nuit dans la neige et par -17°? Puis je demande a mon papa si elle a pris quelque chose, ses papiers etc… et comment elle est habillée.
Ses papiers, son sac a mains, tout est là, elle ,’a rien pris. Juste partie en pantalons, pull, chaussures de montagne et anorak rouge, mon dieu comment faire pour dormir dehors équipé ainsi? Je laisse mon papa et lui dis, tu m’appelle quoi qu’il arrive… La nuit passe évidement je ne dors pas, je ne peux pas rejoindre mon papa qui est a plus de 120km de chez moi dans cette maison de montagne car j’ai des enfants et que je ne peux pas les laisser comme ça. Le jour se lève, je n’ai pas fermé l’ oeil, très tôt j’appelle mon papa pour avoir des nouvelles, il me dit les gendarmes sont là, ils vont commencer les recherches et qu’il a eu mon frère au téléphone il va les rejoindre. Je lui ai dis c’est bien ça fera une personne de plus. Il me dit aussi ton oncle (le frère de ma maman) et ses collègues viennent aussi ainsi que tous les voisins. Cela m’a rassuré un peut tout en me sentant impuissante ne pouvant pas y aller et participer aux recherches. Mon papa me dit je te rappelle pour te tenir au courant. Puis on raccroche et là une terrible attente commence………
Les heures passent, rien….vers midi le téléphone sonne, c’est mon papa, toujours rien on l’a pas encore retrouvé, en plus le temps se gâte, il y a du brouillard et la neige se met à tomber, ils vont devoir abandonner les recherches. Début d’après midi mon frère, mon oncle et ses copains arrivent la-bas, les gendarmes sont partis disant qu’ils reviendraient quand le temps sera meilleur, comment faire pour comprendre et accepter cela?…. Tous décident de repartir a sa recherche sans les gendarmes, ils ne peuvent pas s’imaginer rester a ne rien faire, ils repartent, sans savoir par ou aller c’est tellement vaste, des kilomètres et kilomètres de forêts! de mon c^té les heures sont longues, très longue et que faire….j’appelle mon frère pour avoir des nouvelles mais toujours rien, ils ne là trouvent pas c’est désespérant et fatiguant… le soir arrivent et ils sont bien obligé de rentrer, au moins pour se reposer et manger un peut..
Le jours suivant les gendarmes sont là et reprennent les recherches avec les miens, les voisins et les amis mais rien, impossible de faire venir l’hélicoptère avec le brouillard ça servirait a rien quand a la brigade canine, ce n’est pas non plus la peine car dans la neige les chiens de la-bas ne sont pas dresser pour. Les jours suivant vont passés ainsi et toujours avec inquiétude et désespoir, ils passaient tout leur temps et les journée a chercher une femme avec un anorak rouge, mon papa a plusieurs fois fait des malaises dans les bois dû à la fatigue…. Puis le week-end arrive et je m’étais arrangé pour que mes beau parents gardent les enfants et qu’avec mon mari nous irions participer aux recherches. j’ai aussi réalisé des avis de recherche que nous devions accrocher et distribuer dans les villages alentour.
Nous y sommes aller le vendredi soir, arrivé la-bas il reignait une drôle d’ambiance, une ambiance noire, triste…
Nous sommes arrivés le soir donc nous n’avons pas pû partir en forêt. Je ne vais pas préciser que cela faisait déjà 3 jours que ma maman était portée disparue et que depuis je ne dormait pas. Le lendemain matin, tous prêt très tôt, au lever du jour, nous nous rejoignons avec les voisins devant maison pour faire deux groupes. Le jeune voisins connait parfaitement les forêts alentour, c’est un chasseur.Nous faisons donc deux groupes, et partons chacun d’un côté. des heures de recherches a marcher dans la neige par -10°, a se faufiler sous les tronc d’arbres couchés par le poids de la neige, a passer dans des endroits ou je serais jamais passer, a balayer en se rangeant en ligne faisant les battues, le froid passait a travers nos gants, nous étions gelés mais ce n’était pas grave, il fallait continuer, avancer, la retrouver!!! absolument la retrouver!!! les heures passent toujours et rien, rien du tout pas une trace et comment trouver une seule trace avec toute cette neige!!!
Midi, nous rentrons, il faut reprendre des forces, se réchauffer, manger… Après le repas nous avons pris la voiture et fait le tour des villages pour afficher les avis de recherches, les afficher aussi sur les tronc d’arbres, interpeler les gens qu’on croisait pour demander si quelqu’un l’avais vu, mais rien, rien, rien
L’après-midi nous somme repartis a sa recherche, le brouillard est là et la neige tombe a petit flocons ce qui n’arrange rien, nous sommes découragés, complètement dégouté… fin d’après-midi la nuit tombe nous rentrons sans rien,pas une trace, aucun indice…Le vide m’ envahie, je craque…
le dimanche nous avons repris les recherches dans d’autres forêts, dans des fermes abandonnées, des granges , tout est vide, il fait froids on est gelés… La journée s’est passée comme la précédente et nous étions complètement désespérés, que faire de plus?!!!
mais mon mari et moi devons revenir chez nous les enfants ont école, nous devons absolument rentrés, nous partons en fin d’après-midi avec un sentiment d’impuissance, puisque tous restaient là pour continuer.
Les heures, les jours passent sans nouvelles, les gendarmes font de moins en moins de recherches, mais mon papa, mon frère continuent… Moi chez moi je tente de contacter des associations d’aide aux recherches pour qu’ils nous aident, je tente aussi de contacter TF1et France 3 pour qu’ils diffusent un avis de recherche en France mais ils ne veulent pas, ils disent que si elle a laisser une lettre c’était forcément un suicide et ça ne les intéresse pas… Mais de notre côté partagé entre le fait qu’on la trouve pas et le fait qu’elle avait déjà fait des TS, on ne savait plus trop quoi penser, mais peut-être penser qu’elle était encore en vie et avait décidé tout simplement de partir et refaire sa vie, puis d’un autre côté pourquoi partir sans ses papiers…??? sentiments partagés, esprits embrouillés….j’ai quand même réussi grâce a un amis a faire paraître un avis de recherche dans le journal de notre région.
Les semaines se sont passés ainsi, mon papa a fini pas quitter cette maison de montagne et venir habiter provisoirement chez nous. Nous avons continué a faire paraitre des avis de recherches a travers les réseaux sociaux et les petits journaux régionaux.
Noël approche, nous vivons chaque jours comme il vient tout en ne lachant rien, en appelant la gendarmerie voir si il y avait quelque chose de nouveau.
Comment vivre avec cette attente perpétuelle, je sais pas, je sais pas comment j’ai tenu aussi longtemps. Puis le 23 décembre 2010 au soir, le téléphone de mon papa sonne et moi qui n’ai jamais répondu a son téléphone et bien là j’ai répondu. C’est la gendarmerie, “Madame, je suis désolé de vous apprendre ça par téléphone mais nous avons retrouvé la dépouille de votre mère”………………pas un mot ne sort de ma bouche je suis inerte, sans voix, je passe le téléphone a mon papa et je m’en vais au salon sans dire un mot………
C’est notre voisin chasseur qui là retrouvée, la neige avait fondu et c’est pendant un jour de chasse que son chien là pistée. Elle était allongée dans la neige près d’un arbre, il y avait des tas et des tas de boîtes de médicament vides et elle avait mis son anorak a l’envers côté noir et nous, nous avons chercher du rouge!!!


Ma vie s’est arrêté depuis ce jour



Je crois que mon coeur ne bat plus pareil, je suis morte a l’intérieur.J’ai l’impression d’être dans un cauchemar mais non c’est mon cauchemar ma réalité
Ma maman s’est suicidée par absorption de médicaments, elle n’est plus la, elle s’est donné la mort, que dire aux enfants, comment leurs annoncer cette terrible nouvelle ? comment avertir la famille, ses amis (es) en cette période de fêtes, que faire ? comment continuer? comment avancer?….Nous avons avertis que quelques personnes de la famille, on a laisser les amis(es)passer les fêtes en famille pour ne pas les traumatiser.
Le 24 décembre 2010 nous avons dû nous rendre à la gendarmerie du village qui s’est occupé des recherche signer le rapport de l’enquête de disparition. Puis nous avons été contacté par le service funéraire ou ils avait mis ma maman, pour faire toutes les démarches pour son enterrement. Mon papa voulait la voir une dernière fois mais impossible elle n’était pas visible car le visage très abîmé d’un côté et même très détérioré. Moi je ne souhaitais pas la voir, je pouvais pas….
Mon papa s’est rendu a l’évidence qu’il devait garder la dernière image d’elle la dernière fois qu’il l’avait vu…
Nous avons donc fait les démarche de l’enterrement “prévu le lundi 27 décembre”puis sommes rentrés complètement vidés de tout sentiments.


Nous avons quand même “fêter” noël pour les enfants, bien obligé.
Ma maman a été incinérée le 27 décembre au matin, une journée terrifiante et tellement douloureuse pour mon papa, mon frère et moi. Très déçu de ma famille, seulement quelques un étaient présent ce jours même les propre parents de ma maman n’était pas là. ( mon grand-père a ce moment là était hospitalisé et ne pouvait pas bouger donc je peux comprendre, mais ma grand-mère, sa propre mère, la femme qui lui a donner la vie n’était pas là, même pas un petit mot!!!!!!).
J’ai dû dire adieux a ma maman ce jour là et mon coeur s’est déchiré……

Depuis, ma vie est un véritable enfer, je vis plus je survie, je ne ressent plus de bonheur que de la tristesse, plus envie de rien, je suis vide de sentiments, n’arrive plus a rire …je suis en dépression
Comment continuer après ça? je vie un enfer, une tragédie, je sombre un peut plus chaque jour…


Comment décrire cette douleur qui court en moi, comment expliquer aux gens que malgré mes sourires une déprime se cache derrière, je ne sais pas expliquer ma douleur, ma détresse. Aujourd’hui, je peux comprendre les geste égoïste de ma maman, je comprend que l’on puisse être désespéré, dans un état que personne ne peut comprendre, et même si je n’accepte toujours pas, je le dis je comprend……
Alors oui j’ai un mari, oui j’ai des enfants, tous le monde me dis pense a eux, maintenant tu peux plus rien faire pour ta maman, tu t’occupes de ton papa et c’est bien mais pense a toi et ta famille. Oui, je répond oui mais au fond de moi j’ai mal, tellement mal que personne peut comprendre que ma vie est détruite…..
maviemonenfer is offline   Réponse avec citation
Vieux 16/09/2014, 18h55   #2120
Maëllia
 
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Bonsoir,
Votre témoignage est très poignant et votre douleur tout-à-fait compréhensible.
Je ne sais pas si c'est le cas dans votre région, mais ici, en Belgique, il existe des groupes de paroles destinés aux proches de personnes qui se sont suicidées.
Peut-être cela vous serait-il bénéfique?
Si vous voulez, je peux me renseigner pour savoir si l'équivalent existe dans votre région (vous pouvez m'envoyer un MP)
De tout coeur avec vous!
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Vieux 07/08/2016, 17h03   #2121
Domino
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Je ne me suis pas connectée par ici depuis le 7 mars 2013 et je m'aperçois que ce fil de discussion semble interrompu ...
Dommage, car il m'a permis de rencontrer virtuellement des personnes qui m'ont été d'un grand secours (Gyps, es-tu là ?) et surtout de déverser ma peine immense, message après message, année après année ...
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Vieux 07/08/2016, 18h41   #2122
Domino
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Re : Survivant d'un proche suicidaire ou suicidé

Quel beau message Pixel 63 et quelle force en vous ! Bravo d'avoir tenue le choc face à tout ce que vous avez traversé, et bravo aussi d'avir été capable de cesser d'obéir, parce que ce n'est pas une mince affaire ... Vous allez comment aujourd'hui ?

Citation:
Posté par pixel63
Bonjour,

Nouvellement sur ce site, j'ai lu avec attention tous vos témoignages qui m'ont particulièrement touchée.
Je suis assez admirative de votre courage, et même dans une grande souffrance, écrire sur ce cite est déjà synonyme d'un réel espoir.
Mon père s'est suicidé lorsque j'avais 7 ans.
La structure familiale déjà fragile avant ce terrible acte, s'est désagrégé dans la haine, mon grand-père a refusé de serrer la main de ma mère à l'enterrement, et il lui a dit:
-Je ne sers pas la main à un assassin.
J'ai donc perdu aussi mes grands-parents paternels que je n'ai plus revus durant des années après ces mots prononcés.
Ma mère fragile psychologiquement s'est à son tour enfoncé, et a commencé à me faire subir des tentatives de chantages.
Ensuite, elle a pris des drogues de plus en plus forte, et est devenue accro à l'héroïne.
J'étais entouré de marginaux toxicomanes, et j'ai vu les pires tableaux de la déchéances durant toute mon adolescence.
J'avais peur de rentrer de l'école et de trouver ma mère morte par overdose.
Souvent, elle était défoncée à même le sol pendant des heures, inconsciente, et j'allais vérifier toutes les 10 minutes si son cœur fonctionnait encore.
Elle m'a initié à l'héroïne à l'âge de 14 ans.
aujourd'hui, je suis clean avec l'aide des narcotiques anonymes.
Mon passé est horrible, mais je suis vivante.
Moi-aussi, je suis passée par la dépression comme mes deux parents.
Mon âme a touché le fond du désespoir, mais j'ai résisté pour ma fille.
Pour ne pas la compromettre définitivement.
Pour qu'elle aie un autre chemin de vie, et pour que je reste un exemple pour elle.
Alors, je peux comprendre leur souffrance, mais je suis différente d'eux car je me suis toujours soucié en priorité des autres.
Et c'est ce qui m'a sauvé.
J'ai fait certains choix contre l'avis de certains psy, et je ne l'ai pas regretté.
J'ai choisi dans le milieu médical les professionnels qui savaient respecter mes décisions même lorsqu'ils apparaissaient aux yeux de ces médecins, que j'avais définitivement perdu ma santé psychique.
Ce que mes parents avaient été incapable de faire, ils ont abusés de toutes les drogues possibles.
Mon passé a refait surface d'une manière extrêmement violente.
Suite à un burn-out professionnel subi par des méthodes de management inhumaines mises en place par la direction. A ce moment-là mes défenses psychiques se sont effondrées et ce maudit passé a refait surface avec une violence incroyable.
Il faut du temps, beaucoup de temps.
Parfois c'est dur, car mon corps s'exprime lui-aussi violement.
Un jour à la fois, c'est possible.
J'ai toujours été une battante.
La dépression, je lui ch...à la gueule.
Dès que je peux, même si je ne suis pas au top, je fais du sport, je m'organise pour avoir du bon temps.
Et quand je vois tous ce que je suis arrivé à faire, et bien je lui parle à ma dépression, je lui dit:
-J'ai gagné, tu ne peux plus rien me prendre, j'ai fait du ski et puis ça ça et ça.
La dépression, c'est horrible, je sais de quoi je parle pour l'avoir vécu de l'intérieur.
Je ne sais pas si toute ma vie, j'aurai à lutter contre elle.
Mais si je dois avoir de la colère, c'est contre elle que je dois en avoir.
J'ai assez eu de haine contre ma mère, elle est morte d'un cancer du pancréas, et je l'ai accompagnée durant cette terrible épreuve.
A la fin, elle a de la dignité, et des mots pour moi.
Des mots d'amour et des regrets sincères.
Si, je n'avais pas étais là, elle n'aurait eu personne.
Sa vie comme la vie de mon père sont de misérables existences.
Je veux une autre vie pour moi, loin de cette colère qui les a détruit.
Le fait de croire en une puissance supérieure aux humains m'a apporté beaucoup de réponses.
Mes parents n'étaient pas des bons parents parce qu'eux même étaient ses enfants en colère qui n'ont pas reçu l'amour et l'attention qu'ils méritaient, et leurs parents avaient eux-aussi été dans cette frustration constante.
Je ne parle que de ma propre expérience, et en aucun cas, je me permettrai de juger vos autres expériences.
Le chemin est difficile, et chacun fait comme il le peut.
La vie est si compliquée.
Mais, je veux juste dire, que parfois il semble qu'il n'y ait plus d'espoir et que jamais le désespoir prendra fin.
Ce n'est pas vrai, il ne faut pas croire la voix qui vous le dit.
Il faut juste laisser passer du temps et ne pas agir.
Attendre même si cela paraît insupportable.
Même la pire des émotions fini par passer.
Et ne jamais perdre le lien avec les autres.
Toujours se souvenir des autres qui vous aime.
Il y aura toujours quelqu'un pour vous aider, dans ces moments-là, demandez de l'aide.

Avec l'histoire que j'ai, je ne vais pas pouvoir aider des personnes allant très mal. J'ai déjà assez à faire avec moi.
Mais, j'avais quand même envie d'envoyer comme une bouteille à la mer.
Pour vous dire que malgré tout le chagrin, la vie est si belle.
Que le corps a ses raisons que la raisons ignore, alors cherchez en vous, allez à la rencontre de ce qui semble être vos pires ennemis.
Affrontez les, mais pas tout seul.
Avec courage, détermination et la foie que c'est possible.
J'ai été diagnostiquée, bon en pleine crise...
bipolaire, borderline, trouble de la personnalité non définie, agoraphobe, et troubles mentaux.
Moi, je dis que devant leur constat d'impuissance, ils se sont rassuré avec des diagnostiques, et comme ça, y'avait qu'à me bourrer de neuroleptiques aux effets secondaires atroces.
Heureusement, que j'avais gardé une certaine intelligence, et que même dans les pires moments, j'ai su prendre la parole de la manière qu'il convenait pour le faire comprendre que c'est moi au final qui décidait.
C'est assez dingue l'arrogance de certains de ces médecins...
En face d'eux, j'ai fait attention à toujours gardé l'estime de moi.
En loque peut-être, mais pas stupide.
J'avais toujours obéi à l'autorité même lorsqu'elle était préjudiciable pour moi. D'abord ma mère, puis au travail, alors j'allai pas continuer.
Et puis heureusement, la psychiatrie s'est tout de même améliorée depuis l'époque de mes parents. Plus jeune, j'ai vu des scènes comme dans le film "vol au-dessus d'un nid de coucou".
Parfois, le monde est aussi dingue que moi, et plus encore.
Voilà, je vais m'arrêter sur cette belle maxime.
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