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Discussions-Psy Ce forum traite de santé psychique et de santé mentale. Il est ouvert à tous, et surtout aux personnes désireuses de s’informer à propos des soins psychologiques et psychiatriques.

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Vieux 14/06/2009, 22h04   #1
petitpanda
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Date d'inscription: juin 2009
Messages: 11
témoignage hospitalisation forcée

Mardi soir, vers 23h, des pompiers ont sonné chez moi. J'ai fini par ouvrir (je dormais), ils étaient 4. Ils m'ont dit que quelqu'un leur avait signalé que je lui avais envoyé un message de détresse. En effet j'avais écrit un mail à un collègue de boulot à cause de quelques soucis au travail. J'avais signé "adieu" bêtement parce que pour moi c'était comme une manière satyrique de dire au revoir, je ne me doutais vraiment pas que cela aurait le moindre impact. Pour moi ça voulait aussi dire "adieu dans le travail" puique j'avais l'intention de me passer de lui à l'avenir puisqu'il refusait de m'orienter dans mon travail. Rien d'autre que ce mot dans le message ne laissait imaginer que je voulais me tuer et ça me semblait évident que je comptais bien venir au boulot le lendemain et même tous les autres jours. Je pensais pas du tout qu'il prendrait ça comme un appel à l'aide ou une menace de suicide!! Je l'ai écrit à 21h30 et je suis allée dormir directement après.

Il a lu le mail dans la soirée et a tenté de m'appeler sur mon portable mais je l'avais mis en silencieux car je reçois du spam, et j'étais très fatiguée je voulais dormir. Je pensais même pas qu'il recevrait le mail aussi vite, en général il tarde à consulter sa boite mail.

Les pompiers m'ont demandé quels médicaments j'avais pris, ils se sont mis à fouiller, ils ont trouvé du lysanxia 10mg et un comprimé d'atarax parce que j'ai du mal à dormir la nuit. J'ai fait un malheureux pas de travers, sans même tomber, parce dans l'obscurité, les cheveux dans la figure, réveillée en pleine nuit, etc... Ils ont cru que j'avais abusé des doses prescrites, mais non! Dans la soirée j'avais juste pris 2 lysanxia . Ces lysanxia ne me font rien en plus. Et au coucher j'avais pris un atarax 25mg qu'un médecin m'avait donné (en un seul exemplaire, juste un comprimé, pas une boite entière). J'étais allé le voir après le boulot.


J'ai dit aux pompiers que j'allais bien et que je voulais retourner dans mon lit pour dormir, je leur ai dit qu'ils pouvaient partir mais ils ont pas voulu. Je leur ai bien expliqué que c'était un malentendu mais c'était pas la peine d'insiter, j'ai tout de suite compris que c'était peine perdue. Ils m'ont dit que si je coopérais pas il m'emèneraient de force. Donc j'ai été obligée de les suivre bien malgré moi.

J'étais en pyjama, sans mes lentilles (et j'y vois pas à 30 cm sans elles). Ils m'ont fait mettre mes chaussures sans chaussettes et m'ont emmenée aux urgences psychiatriques. J'ai tout juste pu attrapper un pull avant de partir et ça a eu l'air de leur déplaire que je fasse perdre du temps.

Ensuite je me suis retrouvée à l'hopital. Et puis on m'a fait attendre un bon moment dans un lit en plein milieu du hall d'entrée de l'hopital. Au bout d'une heure ils m'ont mise dans une salle de consultation. Ils ont voulu me faire enlever mes vêtements pour mettre The blouse qu'on n'arrive jamais à attacher dans le dos. Les minutes me paraissaient interminables.

Puis le collègue de boulot à qui j'avais écrit le mail est arrivé, il venait de faire 80km, accompagné de sa mère . Il a demandé à ce qu'on me fasse sortir. Ils ont pas voulu parce qu'il fallait que je vois le médecin avant. Et puis il est reparti, il devait ramener sa mère chez eux. Il m'avait assuré qu'il reviendrait ensuite.

A ce moment là j'étais dans un lit dans un couloir. Les infirmières n'arrêtaient pas de faire du bruit. Et puis je ne dormais pas de toutes façons. J'attendais patiemment que mon collègue reviennent me chercher.

Vers 4 ou 5h du matin, ils m'ont transférée dans une autre chambre avec deux autres patients qui semblaient être dans un état pittoyable, extrêmement faibles, dans le coma peut-être.... En voyant ça j'ai été prise de panique, j'ai eu peur que mon ami ne revienne pas me chercher, et j'ai commencé à me lever de mon lit et à demander de partir.
Je leur disais "mais de quel droit vous m'obligez à rester ici? Je dormais tranquillement chez moi et on vient m'emmener dans un hôpital alors que j'ai rien demandé". Pas de réponses de la part des infirmières, elles sont restées muettes.

Je tiens quand même à dire que depuis les 5h que j'étais arrivée à l'hopital, j'avais toujours pas vu de médecin et personne s'était occupé de moi à par quelqu'un qui m'a pris la tension. Genre si j'avais avalé des médicaments en excès pour me suicider, je crois pas qu'ils se seraient rendu compte que j'étais en train de mourir. Mais là en l'occurence j'étais debout les yeux grands ouverts, c'était évident que j'étais pas en train de mourir et que j'avais pas avalé la boite de médicaments!! Alors pourquoi me garder?...

Comme je faisais du bruit ils m'ont transférée dans une autre salle toute seule. Une infimière m'a dit que déjà on m'avait mise dans un meilleur lit, 'alors de quoi je me plains?' . Comme je m'énervais elles sont allé chercher un "psychiatre". Pendant ce temps très bref, j'ai attrappé mon téléphone portable (rangé sous le lit avec mes affaires dans un sac plastique) et j'ai vite envoyé un message à mon collègue de boulot pour qu'il me sorte de là. J'ai tout juste eu le temps de l'envoyé et puis le psychiatre est arrivé avec des infirmières et des pompiers. Il m'a parru très hostile, il me parlait sur un ton très sec comme si j'étais une délinquante récidiviste et qu'il fallait se montrer très dur avec moi. Il ne me laissait pas placer un mot pour m'expliquer et haussait le ton sans arrêt. Il me coupait la parole à chaque fois et se montrait de plus en plus froid.

Je comprends même pas qu'il puisse y avoir des psy qui refusent d'écouter et d'essayer de comprendre le patient. Ils sont pas du tout psychologues, c'est le cas de le dire. Mais faut pas faire ce métier si c'est pour se comporter en tyran face à des patients désemparés! Ca se fait pas de malmener des patients.

A ce moment là j'étais pas franchement agressive, je voulais juste qu'on me laisse partir.

Dans la salle il y avait 4 infirmière, le psychiatre, un médecin et 2 pompiers. Genre il faut 8 personnes pour me maitriser... Pourquoi pas avoir fait venir aussi tous les CRS de la région et puis les commandos, le GIGN, etc..?

Une infirmière m'a ordonné de quitter mes vêtements et chaussures (j'avais encore le bas de mon pyjama). J'ai dit que je ne voulais pas. J'ai demandé si je pouvais pas au moins garder toutes mes affaires et rester assise sur un banc dans le hall en attendant de pouvoir partir, j'ai suggéré aussi qu'ils me mettent dans une salle avec télévision, mais ils n'ont pas voulu. Ca m'aurait rassurée un peu de me sentir à peu près 'normale' à cet instant et de ne pas être traitée comme une malade mentale dangereuse qu'il fallait enfermer seule dans une salle complètement vide, rien d'autre que le lit, et en blouse. Ca m'aurait enlevé un peu de stress d'être traitée normalement, avec respect et dignité, et de garder mes droits de bonne citoyenne, à savoir le droit de garder mes chaussures.

L'infirmière a répété au psychiatre que j'avais dit me sentir comme en prison, comme si c'était un scoop! Y'a visiblement que 2 institutions capables de venir te chercher chez toi sans prévenir et de t'embarquer de force dans un endroit où tu veux pas aller. Y'a que ces 2 institutions où tu peux te retrouver à être accusé de ce que t'as pas fait, être pris pour un fou, où on peut te traiter comme un chien sans que tu puisses rien y faire. Ils décident ce qu'ils veulent de ce que tu vas devenir. Donc oui effectivement, dans mon cas la différence entre la prison et l'hôpital psy est très mince.

L'infirmière m'a arraché mon téléphone des mains "c'est interdit les téléphones ici". Genre on nous enlève tout moyen d'appeler à l'aide. J'ai vraiment eu l'impression qu'ils exercaient sur moi une sorte d'autorité contre laquelle je ne pouvais rien. J'étais complètement à leur mercie, sans personne pour m'écouter ou me défendre. Se sentir tellement impuissant dans une telle situation c'est vraiment traumatisant, et ça s'oublie difficilement. Et je ne comprenais vraiment pas pour quelles raisons ils jugaient utile de me garder à l'hôpital. J'avais rien fait de mal, je voulais juste rentrer chez moi!

J'étais complètement dépitée par autant d'abus de pouvoir. J'ai dit que je voulais parler à quelqu'un. (Je rappelle que j'avais toujours pas eu droit à un entretien seul à seul avec un médecin) (Ca me parait scandaleux, on te fait venir de force à l'hosto et y'a personne pour discuter avec toi, on te laisse juste moisir dans un coin sans t'expliquer pourquoi on te retient). Un pompier m'a répondu méchament qu'ils étaient tous là et que j'avais qu'à parler si je voulais. J'étais sidérée par tant d'hostilité. Je cherchais du regard une personne sympa, une infirmière avait les yeux tendres, j'ai cru que peut-être elle me comprenait, et puis elle s'est mise d'un coup à dire méchamment "Madame L, maintenant enlevez vos chaussures sinon on va le faire de force et vous attacher au lit". Comment de telles situations sont-elles possibles???
On me menace de m'attacher parce que je veux garder mes chaussures sur moi??? Mais de quel monde satanique sont donc issus ces gens?

Dans une telle situation je voulais vraiment garder mes chaussures parce que c'était un peu la dernière chose qui me rattachait à la vie normale! Ca me rassurait, je le redis, de les garder et je comprends pas qu'ils veuillent me priver de ça. Je vois pas qui ça gênait que je garde mes chaussures sur moi et je comprends pas qu'ils cherchent à me violenter autant psychologiquement.

Finalement deux des infirmières m'ont enlevées mes chaussures. J'étais complètement accablée par les évènements. J'ai dit "Mais y'a personne de sympatique ici? Je voudrais parler à quelqu'un de sympathique". C'est complètement surréliste comme situation d'avoir à en venir là. C'est franchement grave de plonger des patients dans un tel désespoir. Quel est donc le rôle des psychiatres?...

Ils m'ont repris la tension pour la 3ème fois de la soirée, elle était toujours pareille et normale. Ils m'ont fait une prise de sang (plus de 5h après mon arrivée!!!!!!!) et visiblement ils n'y ont rien trouvé puisque je n'en ai plus entendu parler par la suite. Ce qui m'étonne pas puisque je m'étais pas gavée de médicaments.

Finalement le médecin généraliste s'est dévoué pour rester un peu avec moi, seul à seul. On a discuté un moment, et je l'en remercie d'avoir été l'unique personne "humaine" de cet hôpital. J'ai dit que je ne voulais pas revoir le même psychiatre le lendemain matin, il m'a dit que ça ne serait pas le même. Je lui ai dit que je voulais partir, que je voulais rentrer chez moi au plus vite, que cet endroit me faisait déprimer. (Effectivement je comprends pas bien comment ils comptent guérrir les gens dans de telles conditions d'isolement, de menaces, d'enfermement, de mépris et d'humiliation).
Je lui ai demandé comment je pouvais faire pour partir d'ici, parce que le psy avait envisagé de me garder 3 jours de plus (juste parce que je voulais rentrer chez moi????). Il a pas vraiment voulu me répondre mais il l'a fait d'une manière détournée. Il m'a dit que je devais parler de mes problèmes parce que si je refusais de parler c'est que mon cas était très grave.
Imaginez un peu combien ça peut être désagréable de devoir se "confier" à quelqu'un qui se présente comme hostile... voire dangereux et agressif.

Et puis il m'a laissée.

Le matin ce même médecin est revenu me voir. J'avais les larmes aux yeux et il a eu l'air de penser que c'était pas favorable à ma sortie de l'hôpital. Ce qui me faisait pleurer c'est que c'est trop souvent comme ça: il faut obéir sinon c'est les menaces et la violence. Se sentir sous l'emprise de personnes face auxquelles on ne peut rien... Etre soumise, privée de ses droits. Etre menacée d'être attachée au lit...

Ils m'ont encore repris la tension, toujours la même et toujours rien d'affolant.

La dame du petit déjeuner est passée. Je lui ai dit que je voulais partir, j'avais les lames aux yeux. J'étais tellement désespérée que j'essayais de communiquer avec n'importe qui. J'essayais de grapiller un peu de compassion. J'arrivais pas à croire ce qui m'arrivait, c'est un des pires cauchemars.

Puis un autre psy est arrivé, moins méchant que l'autre mais toujours avec un air sévère et stricte. Il était vraiment contre le fait de me laisser partir, lui il voulait m'interner pour plusieurs jours. Il me connais même pas mais il a déjà un avis sur mon état de santé...Surprenant! Il disait que j'étais dans un état abominable: crises, pleurs... et que c'était bien la preuve que j'allais mal.
Foutaise!
Forcément, on me persécute!
On vient me chercher en pleine nuit alors que je dors tranquillement pour m'emener de force dans un hôpital. Forcément que j'allais pas être calme et souriante. Peut-être que d'autres auraient pris ça à la légère, d'être hospitalisé de force pour une nuit, peut-être qu'ils seraient restés calmes et auraient pris leur mal en patience bien gentiment... mais je crois plutôt que la majorité de la population aurait réagi comme moi, et que ma réaction était légitime. Tout le monde aurait cherché à quitter les lieux au plus vite, par tous les moyens. On n'a pas à subir ça!

C'est pas une partie de plaisir de se retrouver à l'hôpital, ça n'a vraiment rien de drôle. C'est juste scandaleux d'embarquer quelqu'un sans raison valable, sans preuve, et de l'enfermer, même juste quelques heures, et de lui faire subir le mépris, l'incompréhension, la tyrannie, de le traiter comme un fou violent, de ne lui accorder aucun droit de parole.

En plus ils savaient que je travaillais, que je devais aller au boulot. Je suis dans le cinema et si il y avait eu un tournage de prévu ce jour là, si j'avais pas pu y aller et même pas pu prévenir (puisqu'on m'a interdit d'appeler qui que ce soit), et bien j'aurais été rayée de tous les carnets d'adresses des employeurs de la région et ça aurait bousillé ma carrière professionnelle. On m'aurait jamais pardonné de pas être là. C'est un truc qui se pardonne pas dans le milieu. Quand des gens comptent sur ta présence et que leur travail à tous dépend du tiens... franchement ça se fait pas!

Alors effectivement je pense que j'avais de quoi vouloir quitter cet hopital au plus vite, et le fait que je veuille en partir en pleine nuit, je vois pas en quoi ça les regarde. Ils sont bien venus me chercher en plein nuit eux... Nuit ou jour je vois pas comment ils peuvent prendre ce droit d'enfermer quelqu'un contre son gré, sans vraie raison, même juste quelque heures. Personne n'a à subir ça!

Je voulais juste finir ma nuit tranquillement chez moi avant d'aller au boulot. C'est normal de vouloir dormir dans des conditions décente avant d'aller travailler.

Le psy a finalement accepté de me laisser partir, et j'ai vraiment dû me démener pour le convaincre, c'était mercredi vers 11h. Il m'a fait signer un papier comme quoi l'hopital se dégageait de toute responsabilité si je me suicidait en sortant, et que je partais en ayant été informée des risques.

Si je me suicide en sortant ça ne fait aucun doute que ce serait à cause d'eux. Les "risques" dont ils parlent c'est eux qui les créent.

Et le comble c'est que ce type m'a donné un lysanxia à 40mg en partant. Alors donc ils me font tout un flan parce que j'en avais pris 20mg la veille et là ils m'en donnent 4 fois plus dosé!! Cherchez l'erreur!

J'ai pris un taxi pour rentrer, à mes frais parce que j'étais pas d'humeur à faire des histoires pour qu'on me le paye, j'étais en pyjamas, sans mes lentilles et avec les yeux gonflés. C'est évident que j'allais pas traverser la ville en bus pour rentrer chez moi. Je crois que ça plairait à personne de se retrouver en pyjamas dans un lieu public à 11h du matin.

Tout le monde à mon boulot a su ce qu'il s'était passé, et j'ai même eu à rendre des comptes sur le mail que j'avais envoyé à ce fameux collègue. Pour une simple histoire de mail, c'est allé vraiment très loin. Heureusement je n'ai pas été pénalisée de mon absence, ils ont bien compris que j'étais pas allée à l'hôpital de mon plein gré.

Des mois sont passés et cette histoire me fait froid dans le dos chaque fois que j'y repense. Comment peut-il exister dans ce monde des "médecins" aussi inhumains, dépourvus de la moindre compassion, ne laissant aucun bénéfice du doute à son patient et complètement fermés à la communication...
Je me dis que n'importe qui qui habite seul, qui traverse une mauvaise passe, peut être la proie de n'importe quel canular. Personne ne vérifie si effectivement on envisageait de se suicider. Personne ne cherche à comprendre, personne ne nous écoute, on nous enferme d'office, on nous isole complètement de tous ceux qui peuvent nous venir en aide.

Il suffit d'avoir déjà consulté des psy dans sa vie, d'avoir déjà été aux urgences psy, pour qu'ils se servent de ça pour vous prouver que vous avez un sérieux problème. Quand on a été aux urgences, on est fiché pour la vie dans leurs ordinateurs. Ils le savaient que 4 ans avant j'étais allée voir un autre hôpital de la ville.
Que faire contre ces psychiatres, ils peuvent raconter n'importe quoi sur nous, que vaut notre parole contre la leur, si tout au moins on nous laisse la possibilité de s'exprimer?...

Evidemment que je ne porte pas plainte. Je sais très bien qu'ils sont capables de me faire passer pour folle. Quand tout le monde est contre toi... il suffit que tu te retrouves entouré d'un groupe de soignants un peu extrêmiste pour qu'ils fassent de toi ce qu'ils veulent. Et là en l'occurrence ils étaient nombreux à être contre moi. Je préfère qu'ils m'oublient, mais je tenais quand même à témoigner. Tout ça me fait vraiment très peur.

Si j'ai d'autres soucis à l'avenir, des petits coups de déprime, c'est clair que je n'en parlerai à personne. J'ai bien trop peur de revivre une histoire semblable. J'en parlerai pas aux collègues, et j'irai pas voir de médecin, pour pas leur donner l'occasion de dire: "tiens celle-ci c'est une abonnée des services psy, c'est donc qu'elle a de sérieux problèmes, il faut l'interner".


Dans cette histoire personne n'a demandé mon hospitalisation, y'a pas eu de tiers ayant demandé mon hospitalisation, et aucun médecin n'est venu me voir chez moi pour évaluer mon état avant qu'on m'embarque pour l'hôpital.
C'est les pompiers qui se sont fait des films pour un malheureux pas de travers et quelques médicaments sur la table.
Et personne, je dis bien personne, n'a pensé à m'appeler sur mon téléphone fixe avant qu'on m'envoie les pompiers. Je suis pourtant dans l'annuaire. J'aurais répondu, ils auraient vu que j'étais pas morte.

Quand on est à la merci de gens haut placés qui abusent de leur pouvoir, quand la justice ne nous protège plus, quelles solutions reste-il? Chercher à se défendre soi-même, acheter des armes, engager un tueur à gage pour tenter de se protéger contre ceux qui veulent nous interner? Et voilà comment on peut se retrouver sur la mauvaise pente, à devenir un criminel contre sa volonté, juste parce qu'on n'a pas eu le choix.
Bon ok j'exagère un peu...


Mais je voudrais bien que ces psychiatres et autres soignants aux allures de gardiens de prison soient punis, personne n'a à être traité de la sorte par ce personnel soi-disant soignant. Ils soignent rien du tout, ils ne font qu'aggraver les choses et traumatiser des gens qui n'ont rien demandé.

J'espère ne pas vous avoir trop choqué, bien que je sois pas responsable de grand chose dans cette démesure. Je cherche juste à informer sur ce qui peut se produire parfois, et la crainte qui en découle de se retrouver entouré de gens qui vous prennent pour ce que vous n'êtes pas et qui ont le pouvoir de vous faire enfermer.
La peur de se retrouver seul contre tous.

Merci de m'avoir lue.
petitpanda is offline   Réponse avec citation
Vieux 15/06/2009, 00h00   #2
banaldata
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Re : témoignage hospitalisation forcée

Si j'ai bien lu, tu étais en Hospitalisation Libre alors vu qu'ils t'ont laissé sortir après avoir signé une décharge. L'hôpital, c'est la catastrophe, ça passe encore lorsqu'on est en pavillon ouvert mais alors lorsqu'il faut passer plusieurs mois dans un pavillon fermé avec un personnel soignant qui n'en a rien à foutre, et qu'on a pas le choix... franchement, si un jour, on me dit que je retourne en hospitalisation "forcée", je pète une vitre et je...
banaldata is offline   Réponse avec citation
Vieux 15/06/2009, 00h47   #3
Anyssa
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Date d'inscription: mars 2009
Messages: 3
Re : témoignage hospitalisation forcée

Bonsoir Petitpanda,

Je crois que la privation de liberté et la perte de son identité sont les pires choses qui puissent arriver à un être.

Je ne vis pas en France mais j'ai vu dernièrement que des moyens supplémentaires avaient été accordés pour la mise en place de plus de chambres d'isolement au sein des différents hôpitaux psychiatriques Français. Je ne sais pas si aller dans ce sens va permettre au gens d'aller mieux, je suis plutôt pour un système comme il en existe en Italie.

C'est choquant, révoltant, ce que tu as dû subir. N'avoir aucune crédibilité parce qu'étiquetée, ne plus pouvoir s'exprimer car sous la menace de sanctions que je qualifie d'immorales; ne plus avoir de droits en fait, quoi qu'on en dise. Ce sont des pratiques dignes du siècle dernier.
Et la conclusion que tu en tires, je ne peux que te comprendre, est terrible également, à savoir que si tu te sens mal à l'avenir, tu ne demanderas pas d'aide.

Malgré tout, je reste persuadée qu'il existe des hôpitaux ou centres au sein desquels des médecins de qualité, humains, travaillent. Ça ne peut pas être partout comme ce que tu as décris, peut-être que d'autres personnes pourront en parler ? Il suffit de voir les différents acteurs de la psychiatrie qui sont montés au créneau l'année passée précisément contre ce genre de pratique.
Apporter ton témoignage permet aussi de prendre conscience de la situation dans certains endroits et, par conséquent, petit à petit, permet éventuellement de changer les choses.

J'espère que tout ira bien pour toi à l'avenir.
Anyssa is offline   Réponse avec citation
Vieux 15/06/2009, 01h32   #4
cilloux
 
Messages: n/a
Re : témoignage hospitalisation forcée

...

Dernière modification par cilloux 22/06/2009 à 04h54.
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Vieux 15/06/2009, 11h43   #5
aleph00
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Re : témoignage hospitalisation forcée

Bonjour

Merci pour ce témoignage édifiant,
d'un comportement souvent scandaleux de l'institution...
Il faut être très prudent pour ne pas s'y faire embarquer...

Aleph00
aleph00 is offline   Réponse avec citation
Vieux 15/06/2009, 12h16   #6
banaldata
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Date d'inscription: mai 2007
Messages: 134
Re : témoignage hospitalisation forcée

Citation:
Posté par aleph00
Bonjour

Merci pour ce témoignage édifiant,
d'un comportement souvent scandaleux de l'institution...
Il faut être très prudent pour ne pas s'y faire embarquer...

Aleph00

Le souci, c'est qu'une fois le dossier psy établit, à la moindre connerie, c'est direct l'hopital juste par principe de précaution... Je sais pas si ça marche comme ça, mais pour ce que j'en ai vu, il suffit d'avoir un coup dans le nez, de foutre le bordel en pleine nuit, les voisins appellent les justiciers et c'est 2 semaines de séjour forcé au frais de la princesse... je crois que lorsqu'ils vous amènent à l'hosto normal, ils entrent votre numéro dans le pc et savent que vous avez un passé psy, et par principe de précaution, internement.

Un dealer dans certaines juridictions va faire 24 heures de garde à vue et sortir. Un gars à poignarder sa femme d'un coup de couteau dans le bras, il est resté 1 semaine en prison...

Un ami à demandé à une mère s'il pouvait un jour inviter sa fille à venir boire un café, les parents ont pris peur (connaissant sa réputation de "fou"), ils ont remués ciel et terre pour avertir tout le monde et il a fait 6 mois en HO... je ne le croyais pas et il m'a fait lire ses rapports d'expertises et les courriers de justice... c'est édifiant et sans recours bien sûr. J'ai l'impression qu'on veut le punir de souffrir horriblement alors qu'il est incapable de faire le moindre mal.

La seule hospitalisation qui m'a aidé, c'était dans une clinique privée à l'étranger... ça coute plutot très cher mais là, on s'occupe de vous au lieu de vous mettre dans un coin et de vous faire attendre.

J'ai la rage à chaque fois que je repense à ces trucs, j'aurais envie d'avertir les gens, de faire prendre conscience qu'on ne soigne pas les gens (on attend qu'ils explosent, et on assome, puis on relache sans suivi parce qu'ils ont trop de patients sur leurs consultations privées).

Bref, je pourrais écrire un livre tellement ça me révolte mais ça ne servirait à rien et ça n'intéresse personne vu que ce sont des "fous".
banaldata is offline   Réponse avec citation
Vieux 15/06/2009, 12h38   #7
Mélancolie56
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Date d'inscription: mars 2008
Localisation: Rennes, Bretagne
Messages: 245
Re : témoignage hospitalisation forcée

Votre témoignage est... je trouve pas de mot !
J'en suis scandalisée et j'imagine très bien dans quel état vous deviez être. Je l'aurais été moi aussi, croyez moi !

Banaldata parle de service fermé et ouvert : grâce à ce cher Sarkozy, ils sont maintenant tous fermés ! Pas de jaloux ! Et j'en suis outrée et désespérée.
C'est d'ailleurs à cause de ça que j'ai foirée ma derniere hospitalisation qui n'a durée que deux jours tellement j'était dans un état de déprime et de désespoir dans cette prison ! Bref, j'ai demander à sortir au plus vite et ma seule peur c'est d'y retourner un jour ! Alors je vous comprend parfaitement Petitpanda.

Je vous souhaite de vous remettre de cette experience qui n'a rien de rassurant sur notre système de prise en charge.

Bon courage.
Mélancolie56 is offline   Réponse avec citation
Vieux 15/06/2009, 17h40   #8
banaldata
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Date d'inscription: mai 2007
Messages: 134
Re : témoignage hospitalisation forcée

Citation:
Posté par Mélancolie56
grâce à ce cher Sarkozy, ils sont maintenant tous fermés !

T'es sûre de ça? A l'hopital psy d'à côté de chez moi, il y'a toujours les 2, par contre c'est vrai que Sarkozy a beaucoup fait pour faciliter l'hospitalisation d'office.

Un conseil, si vous avez le choix, allez en clinique...

allé une petite dernière: le psy se pointe à 9h30 en moyenne, il boit le café minimum 45 minutes avec les infirmiers (pour se tenir au courant des patients, le souci c'est que j'écoute adossé contre le mur en général et que ça parle de vacances et rigole beaucoup, enfin de tout sauf de médecine), ensuite il rentre dans la salle à manger (des gens demandent à le voir, il répond poliment qu'il n'a pas le temps), prend le journal et va en salle de soin lire tout ça. 11h30, il part. Il revient vers 14 heures, reboit le café pendant 1 heure environ, ensuite il prend 2 ou 3 patients au hasard (5 à 10 minutes lui suffisent pour une consultation), puis il repart 16h15. Je l'ai observé pendant plus de 2 mois ce psychiatre, et il se fait 80 000 euros par an... Les infirmiers font mieux, il leur faut boire le café en 3 fois lorsqu'ils sont d'équipe du matin, en arrivant (presque tout le monde dors), lorsque le psy arrive, et ensuite à l'heure du repas des patients.

Franchement, j'aurais su, je crois que j'aurai étudié (pas médecine, je suis trop con), mais infirmier psy, c'est la glande assurée. Ils sont tellement pas habitué à travailler que lorsqu'il y'a une admission, c'est la panique (le temps qu'on mette le gars dans la cellule d'isolement, c'était 2 jours minimum pour n'importe qui qui arrive, et valait mieux rester calme sinon c'était les sangles...).

Je parle pour ce service en particulier, j'y suis allé 2 fois avec plusieurs années d'écart, et ça n'avait pas changé. Maintenant, je me doute bien que tous les services ne sont pas aussi laborieux... j'en ai connu d'autres plus humains.

Le plus drole, c'est lorsqu'en fin de journée, vous attendez votre pose cigarette journalière de 20 minutes et qu'ils vous sortent qu'ils n'ont pas le temps... du coup des fois vous ne fumez même pas.

Un jour, y'en a un qui va péter une pille et y poser une bombe et ça sera à nouveau la faute de tous les patients qui sont tous des fous dangereux, et le système deviendra encore plus répressif.

D'ailleurs, une fois, j'ai vu un de ces brillants médecin se faire planter un ciseau dans l'épaule (le patient demandait à voir le psy depuis plusieurs jours car ça n'allait vraiment pas... il avait prévenu et dit bien à l'avance qu'il n'allait plus se controler).

Bon, j'arrête là sinon je vais m'énerver et écrire encore des pages.
banaldata is offline   Réponse avec citation
Vieux 19/06/2009, 00h39   #9
Clarysdu13
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Date d'inscription: juin 2009
Messages: 13
Re : témoignage hospitalisation forcée

Bonsoir petitpanda,

Je me permet de te répondre, car malgré ta detresse, j'ai trouvé beaucoup d'humour dans tes paroles...

J'ai vécu la même histoire à quelques exceptions près : moi c'est les pompiers de ma caserne qui m'y ont emmené... (j'étais pompier).
Je ne te raconte même pas dans quel état j'ai pu être.

Je ne sais pas ou tu as été hospitalisée, mais j'ai trouvé beaucoup de similitudes avec cette ''prison'' ou j'ai moi même été internée. Barreaux aux fenêtre, volets fermés à clés la nuit (on n sait jamais que dès fois on puisse passer à travers les barreaux de 5 cm d'espace), porte fermée à clé...

J'en ai gardé un "souvenir" très amer, desastreux. J'en a fais des cauhemars. Parfois quand jeme réveille, la première chose et de regarder ou je suis pou me rassurer. Quand mes pompiers m'ont embarqué, j'ai été sédatée et j'ai ouvert les yeux 2 jours après... je ne savais pas ou j'étais, j'étais en blouse dans le lit, avec une perfusion à la va vite. J'avais mon portable sur moi par contre. Ils ne me l'ont pas enlevé... mais en essayant de faire le code PIN, sous l'effet des médocs, j'ai fini par le bloquer...

C'est un évenement traumatisant. Du coup j'ai la trouille d'aller voir un psy, qu'il me croit folle et qu'il me fasse interner.

C'est bien ce que tu as fait : en parler est un bon pas. Tu ne pourras jamais oublier tout cela. C'est un enchainement d'horreur dont on a l'impression qu'on ne pourra plus sortir.

Cependant, une psychotérapeute pourrait peut etre t'aider à aclaircir tout cela : ts ressentis, tes émotions... tu pourras ainsi y repenser sans trembler...

Juste un dernier conseil ma belle : on ne sait jamais : si un jour cela devait se reproduire, tu as le droit de demander avant de te faire embarquer, à voir une personne de confiance. C'est à dire que tu peux appeller tes parents, ton meilleur ami, ou au mieux : ton médecin de famille ou un médecin de garde de ta commune. Ils pourront signer pour toi une décharge, ce qui t'éviteras cette horreure.

Dans us les cas tu as beaucoup de courage. Tu finiras par en rire mais je reconnais que c'est une expérience putôt "traumatisante".
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Vieux 21/06/2009, 13h00   #10
Thérébentine
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Re : témoignage hospitalisation forcée

Bonjour,
Je me permets juste d'intervenir au niveau de l'intervention des pompiers. C'est le centre des appels géré par un médecin (souvent du SAMU) qui décide ou non d'envoyer un VSAV (ambulance). Ensuite, les pompiers qui sont sur place ont pour consigne de rechercher sur les lieux des boites ou blisters de médicaments, losrqu'ils sont appelés pour ce genre de choses. Ils sont en liaison permanente avec le médecin régulateur, donc s'ils en trouvent ils en réfèrent à ce médecin, qui lui prend la décision de faire hospitaliser ou non. C'est ce qu'il semble s'être passé pour vous, car même s'il s'agit de votre traitement habituel, personne ne peu certifier à part vous que vous n'en avez pas pris trop. On apprend aux pompiers de "prendre une photo mentale" de ce qu'ils voient, de le raconter à la régulation. Mais la décision, c'est le médecin qui la prend. La seule chose, c'est que quand même, ils peuvent être un peu aimables, ça ne coûte rien!!!
__________________
Telle est la vie des hommes: quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins.Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. Marcel Pagnol.
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Vieux 21/06/2009, 14h45   #11
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Re : témoignage hospitalisation forcée

Quadruplons
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Vieux 21/06/2009, 14h45   #12
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Re : témoignage hospitalisation forcée

quadruplons ????

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Vieux 21/06/2009, 14h45   #13
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Re : témoignage hospitalisation forcée

quadruplons
????

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Vieux 21/06/2009, 14h45   #14
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Re : témoignage hospitalisation forcée

Quadruplons ????
Au XIIIe siècle, l'Inquisition m'aurait faite brûler sur un bûcher pour sorcellerie.
Maintenant on préfère me mettre dans un hôpital psychiatrique.
Décidemment on n'arrête pas le progrès !!!!

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Vieux 21/06/2009, 15h02   #15
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Re : témoignage hospitalisation forcée

Citation:
Posté par petitpanda
Mardi soir, vers 23h, des pompiers ont sonné chez moi. J'ai fini par ouvrir (je dormais), ils étaient 4. Ils m'ont dit que quelqu'un leur avait signalé que je lui avais envoyé un message de détresse. En effet j'avais écrit un mail à un collègue de boulot à cause de quelques soucis au travail. J'avais signé "adieu" bêtement parce que pour moi c'était comme une manière satyrique de dire au revoir, je ne me doutais vraiment pas que cela aurait le moindre impact. Pour moi ça voulait aussi dire "adieu dans le travail" puique j'avais l'intention de me passer de lui à l'avenir puisqu'il refusait de m'orienter dans mon travail. Rien d'autre que ce mot dans le message ne laissait imaginer que je voulais me tuer et ça me semblait évident que je comptais bien venir au boulot le lendemain et même tous les autres jours. Je pensais pas du tout qu'il prendrait ça comme un appel à l'aide ou une menace de suicide!! Je l'ai écrit à 21h30 et je suis allée dormir directement après.

Il a lu le mail dans la soirée et a tenté de m'appeler sur mon portable mais je l'avais mis en silencieux car je reçois du spam, et j'étais très fatiguée je voulais dormir. Je pensais même pas qu'il recevrait le mail aussi vite, en général il tarde à consulter sa boite mail.

Les pompiers m'ont demandé quels médicaments j'avais pris, ils se sont mis à fouiller, ils ont trouvé du lysanxia 10mg et un comprimé d'atarax parce que j'ai du mal à dormir la nuit. J'ai fait un malheureux pas de travers, sans même tomber, parce dans l'obscurité, les cheveux dans la figure, réveillée en pleine nuit, etc... Ils ont cru que j'avais abusé des doses prescrites, mais non! Dans la soirée j'avais juste pris 2 lysanxia . Ces lysanxia ne me font rien en plus. Et au coucher j'avais pris un atarax 25mg qu'un médecin m'avait donné (en un seul exemplaire, juste un comprimé, pas une boite entière). J'étais allé le voir après le boulot.


J'ai dit aux pompiers que j'allais bien et que je voulais retourner dans mon lit pour dormir, je leur ai dit qu'ils pouvaient partir mais ils ont pas voulu. Je leur ai bien expliqué que c'était un malentendu mais c'était pas la peine d'insiter, j'ai tout de suite compris que c'était peine perdue. Ils m'ont dit que si je coopérais pas il m'emèneraient de force. Donc j'ai été obligée de les suivre bien malgré moi.

J'étais en pyjama, sans mes lentilles (et j'y vois pas à 30 cm sans elles). Ils m'ont fait mettre mes chaussures sans chaussettes et m'ont emmenée aux urgences psychiatriques. J'ai tout juste pu attrapper un pull avant de partir et ça a eu l'air de leur déplaire que je fasse perdre du temps.

Ensuite je me suis retrouvée à l'hopital. Et puis on m'a fait attendre un bon moment dans un lit en plein milieu du hall d'entrée de l'hopital. Au bout d'une heure ils m'ont mise dans une salle de consultation. Ils ont voulu me faire enlever mes vêtements pour mettre The blouse qu'on n'arrive jamais à attacher dans le dos. Les minutes me paraissaient interminables.

Puis le collègue de boulot à qui j'avais écrit le mail est arrivé, il venait de faire 80km, accompagné de sa mère . Il a demandé à ce qu'on me fasse sortir. Ils ont pas voulu parce qu'il fallait que je vois le médecin avant. Et puis il est reparti, il devait ramener sa mère chez eux. Il m'avait assuré qu'il reviendrait ensuite.

A ce moment là j'étais dans un lit dans un couloir. Les infirmières n'arrêtaient pas de faire du bruit. Et puis je ne dormais pas de toutes façons. J'attendais patiemment que mon collègue reviennent me chercher.

Vers 4 ou 5h du matin, ils m'ont transférée dans une autre chambre avec deux autres patients qui semblaient être dans un état pittoyable, extrêmement faibles, dans le coma peut-être.... En voyant ça j'ai été prise de panique, j'ai eu peur que mon ami ne revienne pas me chercher, et j'ai commencé à me lever de mon lit et à demander de partir.
Je leur disais "mais de quel droit vous m'obligez à rester ici? Je dormais tranquillement chez moi et on vient m'emmener dans un hôpital alors que j'ai rien demandé". Pas de réponses de la part des infirmières, elles sont restées muettes.

Je tiens quand même à dire que depuis les 5h que j'étais arrivée à l'hopital, j'avais toujours pas vu de médecin et personne s'était occupé de moi à par quelqu'un qui m'a pris la tension. Genre si j'avais avalé des médicaments en excès pour me suicider, je crois pas qu'ils se seraient rendu compte que j'étais en train de mourir. Mais là en l'occurence j'étais debout les yeux grands ouverts, c'était évident que j'étais pas en train de mourir et que j'avais pas avalé la boite de médicaments!! Alors pourquoi me garder?...

Comme je faisais du bruit ils m'ont transférée dans une autre salle toute seule. Une infimière m'a dit que déjà on m'avait mise dans un meilleur lit, 'alors de quoi je me plains?' . Comme je m'énervais elles sont allé chercher un "psychiatre". Pendant ce temps très bref, j'ai attrappé mon téléphone portable (rangé sous le lit avec mes affaires dans un sac plastique) et j'ai vite envoyé un message à mon collègue de boulot pour qu'il me sorte de là. J'ai tout juste eu le temps de l'envoyé et puis le psychiatre est arrivé avec des infirmières et des pompiers. Il m'a parru très hostile, il me parlait sur un ton très sec comme si j'étais une délinquante récidiviste et qu'il fallait se montrer très dur avec moi. Il ne me laissait pas placer un mot pour m'expliquer et haussait le ton sans arrêt. Il me coupait la parole à chaque fois et se montrait de plus en plus froid.

Je comprends même pas qu'il puisse y avoir des psy qui refusent d'écouter et d'essayer de comprendre le patient. Ils sont pas du tout psychologues, c'est le cas de le dire. Mais faut pas faire ce métier si c'est pour se comporter en tyran face à des patients désemparés! Ca se fait pas de malmener des patients.

A ce moment là j'étais pas franchement agressive, je voulais juste qu'on me laisse partir.

Dans la salle il y avait 4 infirmière, le psychiatre, un médecin et 2 pompiers. Genre il faut 8 personnes pour me maitriser... Pourquoi pas avoir fait venir aussi tous les CRS de la région et puis les commandos, le GIGN, etc..?

Une infirmière m'a ordonné de quitter mes vêtements et chaussures (j'avais encore le bas de mon pyjama). J'ai dit que je ne voulais pas. J'ai demandé si je pouvais pas au moins garder toutes mes affaires et rester assise sur un banc dans le hall en attendant de pouvoir partir, j'ai suggéré aussi qu'ils me mettent dans une salle avec télévision, mais ils n'ont pas voulu. Ca m'aurait rassurée un peu de me sentir à peu près 'normale' à cet instant et de ne pas être traitée comme une malade mentale dangereuse qu'il fallait enfermer seule dans une salle complètement vide, rien d'autre que le lit, et en blouse. Ca m'aurait enlevé un peu de stress d'être traitée normalement, avec respect et dignité, et de garder mes droits de bonne citoyenne, à savoir le droit de garder mes chaussures.

L'infirmière a répété au psychiatre que j'avais dit me sentir comme en prison, comme si c'était un scoop! Y'a visiblement que 2 institutions capables de venir te chercher chez toi sans prévenir et de t'embarquer de force dans un endroit où tu veux pas aller. Y'a que ces 2 institutions où tu peux te retrouver à être accusé de ce que t'as pas fait, être pris pour un fou, où on peut te traiter comme un chien sans que tu puisses rien y faire. Ils décident ce qu'ils veulent de ce que tu vas devenir. Donc oui effectivement, dans mon cas la différence entre la prison et l'hôpital psy est très mince.

L'infirmière m'a arraché mon téléphone des mains "c'est interdit les téléphones ici". Genre on nous enlève tout moyen d'appeler à l'aide. J'ai vraiment eu l'impression qu'ils exercaient sur moi une sorte d'autorité contre laquelle je ne pouvais rien. J'étais complètement à leur mercie, sans personne pour m'écouter ou me défendre. Se sentir tellement impuissant dans une telle situation c'est vraiment traumatisant, et ça s'oublie difficilement. Et je ne comprenais vraiment pas pour quelles raisons ils jugaient utile de me garder à l'hôpital. J'avais rien fait de mal, je voulais juste rentrer chez moi!

J'étais complètement dépitée par autant d'abus de pouvoir. J'ai dit que je voulais parler à quelqu'un. (Je rappelle que j'avais toujours pas eu droit à un entretien seul à seul avec un médecin) (Ca me parait scandaleux, on te fait venir de force à l'hosto et y'a personne pour discuter avec toi, on te laisse juste moisir dans un coin sans t'expliquer pourquoi on te retient). Un pompier m'a répondu méchament qu'ils étaient tous là et que j'avais qu'à parler si je voulais. J'étais sidérée par tant d'hostilité. Je cherchais du regard une personne sympa, une infirmière avait les yeux tendres, j'ai cru que peut-être elle me comprenait, et puis elle s'est mise d'un coup à dire méchamment "Madame L, maintenant enlevez vos chaussures sinon on va le faire de force et vous attacher au lit". Comment de telles situations sont-elles possibles???
On me menace de m'attacher parce que je veux garder mes chaussures sur moi??? Mais de quel monde satanique sont donc issus ces gens?

Dans une telle situation je voulais vraiment garder mes chaussures parce que c'était un peu la dernière chose qui me rattachait à la vie normale! Ca me rassurait, je le redis, de les garder et je comprends pas qu'ils veuillent me priver de ça. Je vois pas qui ça gênait que je garde mes chaussures sur moi et je comprends pas qu'ils cherchent à me violenter autant psychologiquement.

Finalement deux des infirmières m'ont enlevées mes chaussures. J'étais complètement accablée par les évènements. J'ai dit "Mais y'a personne de sympatique ici? Je voudrais parler à quelqu'un de sympathique". C'est complètement surréliste comme situation d'avoir à en venir là. C'est franchement grave de plonger des patients dans un tel désespoir. Quel est donc le rôle des psychiatres?...

Ils m'ont repris la tension pour la 3ème fois de la soirée, elle était toujours pareille et normale. Ils m'ont fait une prise de sang (plus de 5h après mon arrivée!!!!!!!) et visiblement ils n'y ont rien trouvé puisque je n'en ai plus entendu parler par la suite. Ce qui m'étonne pas puisque je m'étais pas gavée de médicaments.

Finalement le médecin généraliste s'est dévoué pour rester un peu avec moi, seul à seul. On a discuté un moment, et je l'en remercie d'avoir été l'unique personne "humaine" de cet hôpital. J'ai dit que je ne voulais pas revoir le même psychiatre le lendemain matin, il m'a dit que ça ne serait pas le même. Je lui ai dit que je voulais partir, que je voulais rentrer chez moi au plus vite, que cet endroit me faisait déprimer. (Effectivement je comprends pas bien comment ils comptent guérrir les gens dans de telles conditions d'isolement, de menaces, d'enfermement, de mépris et d'humiliation).
Je lui ai demandé comment je pouvais faire pour partir d'ici, parce que le psy avait envisagé de me garder 3 jours de plus (juste parce que je voulais rentrer chez moi????). Il a pas vraiment voulu me répondre mais il l'a fait d'une manière détournée. Il m'a dit que je devais parler de mes problèmes parce que si je refusais de parler c'est que mon cas était très grave.
Imaginez un peu combien ça peut être désagréable de devoir se "confier" à quelqu'un qui se présente comme hostile... voire dangereux et agressif.

Et puis il m'a laissée.

Le matin ce même médecin est revenu me voir. J'avais les larmes aux yeux et il a eu l'air de penser que c'était pas favorable à ma sortie de l'hôpital. Ce qui me faisait pleurer c'est que c'est trop souvent comme ça: il faut obéir sinon c'est les menaces et la violence. Se sentir sous l'emprise de personnes face auxquelles on ne peut rien... Etre soumise, privée de ses droits. Etre menacée d'être attachée au lit...

Ils m'ont encore repris la tension, toujours la même et toujours rien d'affolant.

La dame du petit déjeuner est passée. Je lui ai dit que je voulais partir, j'avais les lames aux yeux. J'étais tellement désespérée que j'essayais de communiquer avec n'importe qui. J'essayais de grapiller un peu de compassion. J'arrivais pas à croire ce qui m'arrivait, c'est un des pires cauchemars.

Puis un autre psy est arrivé, moins méchant que l'autre mais toujours avec un air sévère et stricte. Il était vraiment contre le fait de me laisser partir, lui il voulait m'interner pour plusieurs jours. Il me connais même pas mais il a déjà un avis sur mon état de santé...Surprenant! Il disait que j'étais dans un état abominable: crises, pleurs... et que c'était bien la preuve que j'allais mal.
Foutaise!
Forcément, on me persécute!
On vient me chercher en pleine nuit alors que je dors tranquillement pour m'emener de force dans un hôpital. Forcément que j'allais pas être calme et souriante. Peut-être que d'autres auraient pris ça à la légère, d'être hospitalisé de force pour une nuit, peut-être qu'ils seraient restés calmes et auraient pris leur mal en patience bien gentiment... mais je crois plutôt que la majorité de la population aurait réagi comme moi, et que ma réaction était légitime. Tout le monde aurait cherché à quitter les lieux au plus vite, par tous les moyens. On n'a pas à subir ça!

C'est pas une partie de plaisir de se retrouver à l'hôpital, ça n'a vraiment rien de drôle. C'est juste scandaleux d'embarquer quelqu'un sans raison valable, sans preuve, et de l'enfermer, même juste quelques heures, et de lui faire subir le mépris, l'incompréhension, la tyrannie, de le traiter comme un fou violent, de ne lui accorder aucun droit de parole.

En plus ils savaient que je travaillais, que je devais aller au boulot. Je suis dans le cinema et si il y avait eu un tournage de prévu ce jour là, si j'avais pas pu y aller et même pas pu prévenir (puisqu'on m'a interdit d'appeler qui que ce soit), et bien j'aurais été rayée de tous les carnets d'adresses des employeurs de la région et ça aurait bousillé ma carrière professionnelle. On m'aurait jamais pardonné de pas être là. C'est un truc qui se pardonne pas dans le milieu. Quand des gens comptent sur ta présence et que leur travail à tous dépend du tiens... franchement ça se fait pas!

Alors effectivement je pense que j'avais de quoi vouloir quitter cet hopital au plus vite, et le fait que je veuille en partir en pleine nuit, je vois pas en quoi ça les regarde. Ils sont bien venus me chercher en plein nuit eux... Nuit ou jour je vois pas comment ils peuvent prendre ce droit d'enfermer quelqu'un contre son gré, sans vraie raison, même juste quelque heures. Personne n'a à subir ça!

Je voulais juste finir ma nuit tranquillement chez moi avant d'aller au boulot. C'est normal de vouloir dormir dans des conditions décente avant d'aller travailler.

Le psy a finalement accepté de me laisser partir, et j'ai vraiment dû me démener pour le convaincre, c'était mercredi vers 11h. Il m'a fait signer un papier comme quoi l'hopital se dégageait de toute responsabilité si je me suicidait en sortant, et que je partais en ayant été informée des risques.

Si je me suicide en sortant ça ne fait aucun doute que ce serait à cause d'eux. Les "risques" dont ils parlent c'est eux qui les créent.

Et le comble c'est que ce type m'a donné un lysanxia à 40mg en partant. Alors donc ils me font tout un flan parce que j'en avais pris 20mg la veille et là ils m'en donnent 4 fois plus dosé!! Cherchez l'erreur!

J'ai pris un taxi pour rentrer, à mes frais parce que j'étais pas d'humeur à faire des histoires pour qu'on me le paye, j'étais en pyjamas, sans mes lentilles et avec les yeux gonflés. C'est évident que j'allais pas traverser la ville en bus pour rentrer chez moi. Je crois que ça plairait à personne de se retrouver en pyjamas dans un lieu public à 11h du matin.

Tout le monde à mon boulot a su ce qu'il s'était passé, et j'ai même eu à rendre des comptes sur le mail que j'avais envoyé à ce fameux collègue. Pour une simple histoire de mail, c'est allé vraiment très loin. Heureusement je n'ai pas été pénalisée de mon absence, ils ont bien compris que j'étais pas allée à l'hôpital de mon plein gré.

Des mois sont passés et cette histoire me fait froid dans le dos chaque fois que j'y repense. Comment peut-il exister dans ce monde des "médecins" aussi inhumains, dépourvus de la moindre compassion, ne laissant aucun bénéfice du doute à son patient et complètement fermés à la communication...
Je me dis que n'importe qui qui habite seul, qui traverse une mauvaise passe, peut être la proie de n'importe quel canular. Personne ne vérifie si effectivement on envisageait de se suicider. Personne ne cherche à comprendre, personne ne nous écoute, on nous enferme d'office, on nous isole complètement de tous ceux qui peuvent nous venir en aide.

Il suffit d'avoir déjà consulté des psy dans sa vie, d'avoir déjà été aux urgences psy, pour qu'ils se servent de ça pour vous prouver que vous avez un sérieux problème. Quand on a été aux urgences, on est fiché pour la vie dans leurs ordinateurs. Ils le savaient que 4 ans avant j'étais allée voir un autre hôpital de la ville.
Que faire contre ces psychiatres, ils peuvent raconter n'importe quoi sur nous, que vaut notre parole contre la leur, si tout au moins on nous laisse la possibilité de s'exprimer?...

Evidemment que je ne porte pas plainte. Je sais très bien qu'ils sont capables de me faire passer pour folle. Quand tout le monde est contre toi... il suffit que tu te retrouves entouré d'un groupe de soignants un peu extrêmiste pour qu'ils fassent de toi ce qu'ils veulent. Et là en l'occurrence ils étaient nombreux à être contre moi. Je préfère qu'ils m'oublient, mais je tenais quand même à témoigner. Tout ça me fait vraiment très peur.

Si j'ai d'autres soucis à l'avenir, des petits coups de déprime, c'est clair que je n'en parlerai à personne. J'ai bien trop peur de revivre une histoire semblable. J'en parlerai pas aux collègues, et j'irai pas voir de médecin, pour pas leur donner l'occasion de dire: "tiens celle-ci c'est une abonnée des services psy, c'est donc qu'elle a de sérieux problèmes, il faut l'interner".


Dans cette histoire personne n'a demandé mon hospitalisation, y'a pas eu de tiers ayant demandé mon hospitalisation, et aucun médecin n'est venu me voir chez moi pour évaluer mon état avant qu'on m'embarque pour l'hôpital.
C'est les pompiers qui se sont fait des films pour un malheureux pas de travers et quelques médicaments sur la table.
Et personne, je dis bien personne, n'a pensé à m'appeler sur mon téléphone fixe avant qu'on m'envoie les pompiers. Je suis pourtant dans l'annuaire. J'aurais répondu, ils auraient vu que j'étais pas morte.

Quand on est à la merci de gens haut placés qui abusent de leur pouvoir, quand la justice ne nous protège plus, quelles solutions reste-il? Chercher à se défendre soi-même, acheter des armes, engager un tueur à gage pour tenter de se protéger contre ceux qui veulent nous interner? Et voilà comment on peut se retrouver sur la mauvaise pente, à devenir un criminel contre sa volonté, juste parce qu'on n'a pas eu le choix.
Bon ok j'exagère un peu...


Mais je voudrais bien que ces psychiatres et autres soignants aux allures de gardiens de prison soient punis, personne n'a à être traité de la sorte par ce personnel soi-disant soignant. Ils soignent rien du tout, ils ne font qu'aggraver les choses et traumatiser des gens qui n'ont rien demandé.

J'espère ne pas vous avoir trop choqué, bien que je sois pas responsable de grand chose dans cette démesure. Je cherche juste à informer sur ce qui peut se produire parfois, et la crainte qui en découle de se retrouver entouré de gens qui vous prennent pour ce que vous n'êtes pas et qui ont le pouvoir de vous faire enfermer.
La peur de se retrouver seul contre tous.

Merci de m'avoir lue.



Bonjour,

Moi, j'étais tranquillement sur mon lieu de travail quand 4 infirmiers et un médecin qui ne m'a pas adressé la parole sont venus me chercher pour m'amener à l'hôpital psychiatrique.
j'ai trouvé comme toi la même inhumanité.
On m'a enlevé les chaussures et on m'a mise trois jours dans une chambre sans toilettes à l'isolement.
Je ne faisais rien mais ils m'ont quand même attachée. J'en garde une meurtrissure sur le poignet gauche. J'ai eu droit à deux repas et un litre et demi d'eau.
Le troisième jour, j'avais décidé de me laisser mourir de faim et de soif quand ils sont venus me délivrer.
J'ai écrit au Procureur de la République et j'ai refusé de prendre les médicaments que l'on m'imposait (comme le prévoit la charte du patient hospitalisé). Alors c'était piqûres tous les soirs : certaines intramusculaires me faisaient tellement mal qu'elles m'empêchaient de dormir.
Finalement n'ayant aucune réponse de la justice, j'ai été dans l'obligation de prendre les médicaments que l'on me donnait pour pouvoir sortir un jour de l'hôpital.
Le médecin qui me suivait était bien (pas le même que celui que j'ai vu à mon arrivée à l'Hôpital) mais le personnel soignant (à l'exception de 2 personnes) se comportait comme des sadiques avec moi (et je ne suis pas parano).
Ils me refusaient tout.
Ma joie c'était de lancer du pain aux moineaux. Alors, véridique, ils se sont mis à rationner le pain pour qu'il n'en reste plus sur les tables des patients.
Que peut-on faire face à la C........ et à la méchanceté humaine ?
Finalement, 2 jours après mon retour de l'Hôpital, j'ai reçu une lettre du Juge de l'Application des Peines et des Libertés. Trop tard !
Alors je suis en train d'arrêter en douceur un traitement neuroleptique qui ne sert à rien et je m'apprête à couper les ponts avec ceux qui m'ont faite hospitalisée de façon abusive.

Et oui c'est bien la réalité des hôpitaux psychiatriques : on est en droit de vous y interner sans motifs, avec ou sans demande d'un Tiers !

Bien à toi
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Vieux 21/06/2009, 17h08   #16
neninefer
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Re : témoignage hospitalisation forcée

Citation:
Posté par Clarysdu13
Bonsoir petitpanda,


Juste un dernier conseil ma belle : on ne sait jamais : si un jour cela devait se reproduire, tu as le droit de demander avant de te faire embarquer, à voir une personne de confiance. C'est à dire que tu peux appeller tes parents, ton meilleur ami, ou au mieux : ton médecin de famille ou un médecin de garde de ta commune. Ils pourront signer pour toi une décharge, ce qui t'éviteras cette horreure.

Merci pour ce précieux renseignement !

Toujours bon à savoir au cas où quelqu'un chercherait encore à m'interner de force, même si je vais faire le vide autour de moi...

Bien à toi
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Vieux 21/06/2009, 21h48   #17
petitpanda
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Re : témoignage hospitalisation forcée

Et bien, vos histoires sont terrifiantes elles-aussi! Quoi de plus horrible que de se retrouver en proie à des inconnus qui ont tous les droits sur nous.

J'aimerais tellement que cela n'arrive plus jamais pour personne, mais que faire à part témoigner, et parfois porter plainte au risque d'être pris pour un fou?...

Pour Thérébentine, je voudrais dire qu'il s'agissait bien d'un camion de pompier et non d'une ambulance, et qu'aucun des 4 pompiers n'a contacté qui que ce soit lorsqu'ils ont décidé de m'emmener. C'est eux-même qui ont pris la décision, et ils n'en ont même pas discuté entre eux, ils ne se sont pas concertés, ils ont fait comme si c'était une évidence pour chacun de devoir m'emener.

Tu pensais qu'ils m'avaient envoyé une ambulance, j'ai un peu de mal à croire que mon collègue ait demandé qu'on m'amène d'office à l'hôpital. Nous n'en avons pas discuté mais je pensais qu'il avait envoyé les pompiers pour simplement voir ce qui se passait. Aurait-il pu demander à ce que je sois hospitalisée??
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Vieux 21/06/2009, 22h37   #18
Clarysdu13
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Re : témoignage hospitalisation forcée

Citation:
Posté par petitpanda
Et bien, vos histoires sont terrifiantes elles-aussi! Quoi de plus horrible que de se retrouver en proie à des inconnus qui ont tous les droits sur nous.

J'aimerais tellement que cela n'arrive plus jamais pour personne, mais que faire à part témoigner, et parfois porter plainte au risque d'être pris pour un fou?...

Pour Thérébentine, je voudrais dire qu'il s'agissait bien d'un camion de pompier et non d'une ambulance, et qu'aucun des 4 pompiers n'a contacté qui que ce soit lorsqu'ils ont décidé de m'emmener. C'est eux-même qui ont pris la décision, et ils n'en ont même pas discuté entre eux, ils ne se sont pas concertés, ils ont fait comme si c'était une évidence pour chacun de devoir m'emener.

Tu pensais qu'ils m'avaient envoyé une ambulance, j'ai un peu de mal à croire que mon collègue ait demandé qu'on m'amène d'office à l'hôpital. Nous n'en avons pas discuté mais je pensais qu'il avait envoyé les pompiers pour simplement voir ce qui se passait. Aurait-il pu demander à ce que je sois hospitalisée??

Bonjour,

La réponse est ''oui''. Il y a 3 sortes d'hospitalisations : HL (hospitalisation Libre), HDT : hospitaliation due par un tier, et HO Hospitalisations d'office.

Pour la première c'est toi qui peut y aller de toit meme. Pour le second cas, c'est un proche, un ami, un parent, un médecin, les pompiers, la polcie...

Pour la 3 ème ; il faut deux certificats médicaux établis par deux médecins differents; C 'est dans le cas d'une menace extreme : tué quelqu un a oup de couteau, agression d'une personne....

Tu as la possibilité de consulter toi même ton dossier médical : tu dois envoyer une lettre, avec photocopie de ta carte d identité. Tu veras, c'est vraiment risible les conneries qui sont marqués dessus (aujourd'hui à refusé de manger, prends sa douche 3 fois par jour, refuse de prendre ses médocs...etc etc...)

Tu peux aussi voir sur ce dossier "QUI" t'a fait interner.

Je te souhaite bon courage en tous cas. Je sais que cela n'est pas facile.

Selon ce qu'il y a de marqué, tu peux te retourner contre cette personne, mais cela risque d'etre long et difficile Au mieux tu lui fais la même chose
mais bon

Courage en tout cas... Je suis de tout coeur avec toi
Clarysdu13 is offline   Réponse avec citation
Vieux 21/06/2009, 22h40   #19
Clarysdu13
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Date d'inscription: juin 2009
Messages: 13
Re : témoignage hospitalisation forcée

Citation:
Posté par neninefer
Merci pour ce précieux renseignement !

Toujours bon à savoir au cas où quelqu'un chercherait encore à m'interner de force, même si je vais faire le vide autour de moi...

Bien à toi

De rien !! j'ai été pompier jusqu'a cette hospitalisation et je sais donc quels sont les droits.

Dans le pire des cas demandez aussi une contre-expertise psychiatrique. Portez plainte aussi contre les pompiers contre ''violation de domicile".E profitez en pour appeller quelqu'un à la rescousse.

Courage à toi aussi
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Vieux 21/06/2009, 22h43   #20
petitpanda
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Date d'inscription: juin 2009
Messages: 11
Re : témoignage hospitalisation forcée

C'est vrai, je fais une demande écrite et ils m'envoient une copie du dossier?

Pour toi il n'y a aucun doute sur le fait que quelqu'un a envoyé les pompiers dans le but de m'hospitaliser quoiqu'il arrive?
petitpanda is offline   Réponse avec citation
Vieux 21/06/2009, 22h48   #21
petitpanda
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Date d'inscription: juin 2009
Messages: 11
Re : témoignage hospitalisation forcée

Citation:
Posté par Clarysdu13
De rien !! j'ai été pompier jusqu'a cette hospitalisation et je sais donc quels sont les droits.

Dans le pire des cas demandez aussi une contre-expertise psychiatrique. Portez plainte aussi contre les pompiers contre ''violation de domicile".E profitez en pour appeller quelqu'un à la rescousse.

Courage à toi aussi

Comment fait-on une contre-expertise psychiatrique, et qu'est ce que c'est?...

Je sais pas si tu t'adresses à Clarys ou à moi, mais dans mon cas j'ai quelques remords à me retourner contre les pompiers car ils n'ont pas été violents ni rien, je pense que pour eux ils ont fait ce qu'il fallait pour me sauver la vie, ils ne pouvaient pas savoir ce que j'avais fait ou non avec les medocs. Par contre c'est vrai qu'ils ne m'ont pas dit que je pouvais faire venir un medecin chez moi avant qu'on m'emène. Mais ils n'ont pas été volontairement méchants alors je n'oserai pas porter plainte contre eux.
petitpanda is offline   Réponse avec citation
Vieux 22/06/2009, 09h44   #22
Clarysdu13
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Date d'inscription: juin 2009
Messages: 13
Re : témoignage hospitalisation forcée

Coucu Petitpanda,

En fait c'est une fois que les pompiers rentrent chez toi que tu peux leur refuser ce droit. Eux ils vont en profiter pour apeller la police et toi pendant ce temps tu appelle une personne... bon là dans ton cas c'est passé malheureusemnt.

Tu aurais du accepter de faire venir le médecin. Il aurait vu ton état et aurait certainement refusé d tefaire intené.

Une contre exprtise, c'estl fait de passer devant un autre psy, neutre, qui ne conait pas ton dossier et qui aurait neutre, il aurait fait un compte rendu de ton état actuel.

Oui je sais qu'on ne porte pas plainte contre les pompiers les pauvres mais bon, tu aurais gagné du temps si tu avais refusé le fait qu'ils rentrent chez toi...

Gros bisous plein de courage !!
Clarysdu13 is offline   Réponse avec citation
Vieux 22/06/2009, 12h03   #23
banaldata
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Date d'inscription: mai 2007
Messages: 134
Re : témoignage hospitalisation forcée

Citation:
Posté par Clarysdu13
Une contre exprtise, c'estl fait de passer devant un autre psy, neutre, qui ne conait pas ton dossier et qui aurait neutre

Quand la contre expertise est faite par un psy qui est du meme service que le premier expert, j'ai du mal à croire à de la neutralité, comme s'ils allaient se contredire!

Il faudrait une réglementation draconienne en psychiatrie publique, des sanctions et une notation des médecins sur leur efficacité avec controle de leurs horaires et de leur emploi du temps etc,et pas que faire de la gestion de crise mais également organisé un suivi cohérent. Et les psys qui ont du mal avec le boulot, ils ont qu'à migrer aux states.
banaldata is offline   Réponse avec citation
Vieux 22/06/2009, 14h43   #24
Clarysdu13
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Date d'inscription: juin 2009
Messages: 13
Re : témoignage hospitalisation forcée

Citation:
Posté par banaldata
Quand la contre expertise est faite par un psy qui est du meme service que le premier expert, j'ai du mal à croire à de la neutralité, comme s'ils allaient se contredire!

Il faudrait une réglementation draconienne en psychiatrie publique, des sanctions et une notation des médecins sur leur efficacité avec controle de leurs horaires et de leur emploi du temps etc,et pas que faire de la gestion de crise mais également organisé un suivi cohérent. Et les psys qui ont du mal avec le boulot, ils ont qu'à migrer aux states.

@BANALDATA

Tu peux demander à un psy de venir te voir , pas à cux qui sont dans le servicecar il faut unavis "exterieur"....

Tu sais les psy ne sont pas tous pareil et fort heureusement!!! mis ceux qui bossent das les services psy sont généralement pa du tout compatissant... je reconnais...
Clarysdu13 is offline   Réponse avec citation
Vieux 22/06/2009, 18h20   #25
petitpanda
Membre
 
Date d'inscription: juin 2009
Messages: 11
Re : témoignage hospitalisation forcée

Je suis d'accord pour une réglementation sur les psychiatres!

Mais... je ne savais quand les pompiers sont venus chez moi que je pouvais faire appel à un médecin, ils ont pris le soin de me le cacher. C'est qu'après que je me suis rendue compte qu'ils avaient profité de la situation.
petitpanda is offline   Réponse avec citation
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