La Revanche du Rameur...

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La Revanche du Rameur Forum dédié aux discussions autour du livre de Dominique Dupagne : LA REVANCHE DU RAMEUR chez Michel Lafon

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Vieux 23/04/2012, 22h18   #1
dixsept
dixsept
 
Date d'inscription: avril 2012
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les vrais dominants : les rentiers

Je viens de terminer la lecture de "La revanche du rameur". Rien à en redire, c'est clair, c'est net, et j'y ai retrouvé mon vieil ami Laborit (qui, lui, ne m'a jamais connu), mon "idole" en 1981. Merci Dominique, ce bouquin c'est du torché, et du bien torché.

Sauf que... pratiquons maintenant l'hétérarchie, et voyons le résultat : les zéros pointés vont voler, et ils seront tous attribués aux rentiers. Les locataires (de terre et/ou de toit) envers leurs bailleurs ; les salariés envers leurs patrons ; les consommateurs (et producteurs !) envers les distributeurs, les petits épargnants envers les banksters, les rackettés envers les mafieux (contribuables et Tapie inclus), les militants de base envers les cadors politiciens (même Mélenchon, et pourtant je suis au PG !), en bref les rameurs envers les barreurs (dans la version présente de la société). En plus bref encore : les prolétaires envers les nantis (d'une forme ou l'autre d'outil de domination). Conclusion : l'hétérarchie, c'est l'ennemie mortelle du capitalisme et de ses sbires : tous les rentiers. Sans exception. Même ceux (surtout ceux !) qui ne voient pas qu'ils vivent en tuant leurs débiteurs.

En conséquence, si nous voulions accélérer la transition vers l'hétérarchie, nous devrions créer une communauté (je n'ai pas dit un parti) politique dont les membres prouvent qu'ils ne sont pas rentiers - en clair n'ont aucun "placement" mobilier ou immobilier à taux d'intérêt positif ! Et créer pour cette communauté un pôle financier où les dépôts sont garantis ad vitam aeternam mais où le taux d'intérêt est 0 %. Ses membres auraient ainsi AU MOINS fait la preuve qu'ils n'exercent aucune domination FINANCIERE sur leurs semblables, CE QUI ME SEMBLE AUJOURD'HUI LE MINIMUM QU'UN ADEPTE DE L'HETERARCHIE DOIVE OBSERVER.

Référence biblio : "La fin des inégalités - Manifeste du Parti pour l'Abolition de l'Usure (PAU)", L'Harmattan, 2008

Communauté web : BUW - Ban Usury Worldwide
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Vieux 24/04/2012, 10h12   #2
castor
 
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Re : les vrais dominants : les rentiers

Citation:
Posté par dixsept
Je viens de terminer la lecture de "La revanche du rameur". Rien à en redire, c'est clair, c'est net, et j'y ai retrouvé mon vieil ami Laborit (qui, lui, ne m'a jamais connu), mon "idole" en 1981. Merci Dominique, ce bouquin c'est du torché, et du bien torché.

Sauf que... pratiquons maintenant l'hétérarchie, et voyons le résultat : les zéros pointés vont voler, et ils seront tous attribués aux rentiers. Les locataires (de terre et/ou de toit) envers leurs bailleurs ; les salariés envers leurs patrons ; les consommateurs (et producteurs !) envers les distributeurs, les petits épargnants envers les banksters, les rackettés envers les mafieux (contribuables et Tapie inclus), les militants de base envers les cadors politiciens (même Mélenchon, et pourtant je suis au PG !), en bref les rameurs envers les barreurs (dans la version présente de la société). En plus bref encore : les prolétaires envers les nantis (d'une forme ou l'autre d'outil de domination). Conclusion : l'hétérarchie, c'est l'ennemie mortelle du capitalisme et de ses sbires : tous les rentiers. Sans exception. Même ceux (surtout ceux !) qui ne voient pas qu'ils vivent en tuant leurs débiteurs.

En conséquence, si nous voulions accélérer la transition vers l'hétérarchie, nous devrions créer une communauté (je n'ai pas dit un parti) politique dont les membres prouvent qu'ils ne sont pas rentiers - en clair n'ont aucun "placement" mobilier ou immobilier à taux d'intérêt positif ! Et créer pour cette communauté un pôle financier où les dépôts sont garantis ad vitam aeternam mais où le taux d'intérêt est 0 %. Ses membres auraient ainsi AU MOINS fait la preuve qu'ils n'exercent aucune domination FINANCIERE sur leurs semblables, CE QUI ME SEMBLE AUJOURD'HUI LE MINIMUM QU'UN ADEPTE DE L'HETERARCHIE DOIVE OBSERVER.

Référence biblio : "La fin des inégalités - Manifeste du Parti pour l'Abolition de l'Usure (PAU)", L'Harmattan, 2008

Communauté web : BUW - Ban Usury Worldwide

Bonjour,

Bien entendu ce sont les gens qui ont du fric qui ont le pouvoir. La démocratie dans les entreprises, cela n'existe pas.

Que les rameurs prennent le pouvoir, désignent d'un commun accord un chef parce qu'il est compétent et que se mette en place une hétérarchie telle que décrite par DDD, c'est possible. mais uniquement dans les entreprises publiques. Là où il ne peut pas y avoir des actionnaires qui vont pousser à licencier et cesser une activité même tout à fait rentable pour délocaliser par exemple.

Sauf peut-être... J'ai participé il y a quelques années à des créations d'entreprises d'économie sociale. Le principe de ces entreprises était : Un homme = une voix. Pourquoi ? Pour créer une entreprise, il faut un capital, il faut donc des actionnaires. Les décisions se prennent dans les entreprises en fonction du nombre d'action détenues par la personne. L'actionnaire principal pourra donc, dans la réalité, prendre les décisions qu'il désire.

Dans les entreprises d'économie sociale que j'ai connues, chaque salarié possédait au-moins une action. C'était la règle. Certaines personnes en possédaient plus. Mais la règle c'était, un homme = une voix. De toute façon l'actionnaire principal était un organisme de l'état. Et les statuts de la société étaient tels qu'il n'est pas possible qu'une personne prenne le pouvoir.

Parfois, ça marche très bien. Lorsque l'entreprise prend s'aggrandit, lorsque le nombre de salariés augmente, une difficulté peut naître. Pour assurer une gestion efficace, il faut des gens diplômés et compétents. Dès lors, pour attirer ces personnes, on ne peut continuer l'idéal égalitaire d'une même salaire pour tous. Et donc, on offre un salaire plus élevé à ces personnes. mais un salaire qui n'atteindra jamais le niveau d'un salaire du privé. Ce n'est pas grave, on trouve toujours des gens motivés prêts à gagner moins pour travailler dans une entreprise ayant des valeurs proches des leurs.

Cependant, même si ce n'est plus le fric qui donne le pouvoir, ça peut être les compétences, le diplôme, les connaissances. Ou alors, la personnalité d'un des fondateurs, parce qu'il était beaucoup plus partie prenante de l'histoire, parce que c'est lui qui a fait les principales démarches, qui a su à quelles portes frapper pour obtenir les crédits nécessaires, qui connait les personnes, les démarches à effectuer... et qui dans la réalité, devient le vrai mâle dominant. Ou la femelle dominante.


Ah oui, j'ajoute une chose. Il peut arriver que l'on distribue des dividendes aux actionnaires. Il ne s'agit donc pas d'argent placé à taux 0 % . cependant on ne verse jamais un intérêt supérieur à celui d'un placement sur un compte épargne.

Dernière modification par castor 24/04/2012 à 10h17.
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Vieux 24/04/2012, 13h03   #3
dixsept
dixsept
 
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Re : les vrais dominants : les rentiers

Bonjour Castor
Bien sûr que l'ESS est sur la bonne voie. Je suis moi-même sociétaire d'Enercoop avec 50 parts, et abonné. Je n'attends aucun dividende (cela prendra d'ailleurs du temps avant qu'on m'en offre !) et préfère que des bénéfices éventuels soient intégralement utilisés à consolider la coopérative et/ou à investir dans des projets de fourniture d'électricité verte. Et pourtant j'ai pris un gros risque en investissant ainsi une galette qui n'a rien de négligeable en proportion de mes revenus - Enercoop aurait pu capoter aussi vite que les autres concurrents d'EDF... il fallait avoir la foi !
Mais les dérives de l'ESS sont malheureusement trop nombreuses. Il y a dix ans j'étais sociétaire de la Nef, filiale du Crédit Coopératif, et même correspondant pour les départements 42 et 43. J'ai laissé tomber quand je me suis rendu compte que la majorité des sociétaires ne versaient pas leurs intérêts dans la fondation de la Nef, dont la fonction était d'octroyer des prêts d'honneur à taux zéro à des porteurs de projet fragiles. En bref ils se servaient de la Nef comme d'une banque traditionnelle, ce qui ne correspondait plus du tout à sa vocation initiale. Un peu plus tard j'ai porté un projet de café équitable à côté de Londrina au Brésil. Quelle n'a pas été ma surprise quand Max Haavelar a voulu faire payer 2000 euros aux producteurs pour qu'ils obtiennent la certification !!! Le projet était déjà bien engagé, avec une reconversion en bio de la première récolte, alors j'ai payé de ma poche pour ne pas casser le sourire de mes pauvres amis. Dans tous ces cas de dérive on se rend compte que les bonnes intentions initiales sont vite dévoyées, les salariés de ces organismes ESS ne cherchant qu'une seule chose : sécuriser leur emploi et/ou améliorer leur salaire. Dans le cas de la Nef, sécuriser voulait dire ne prendre aucun risque quant aux prêts accordés, ce qui a abouti à ce que les 2/3 des fonds apportés par les sociétaires dorment dans les caisses du Crédit Coopératif, avec un taux d'intérêt confortable. Quant à Max Haavelar, le fric ramassé servait à payer des voyages exotiques à des personnes qui n'avaient de certificateurs que le nom, avec notes de frais bien gonflées sous prétexte de conditions de "travail" difficiles...
Chassez le naturel, et il revient au galop... le naturel, c'est bien sûr en tout homme la recherche de la plus grande part du gâteau, et cela par tous les moyens, même les plus tordus (comme de détourner en interne sa coopérative de ses objectifs initiaux). En conclusion l'ESS c'est pas trop mal, mais ce serait parfait si on y introduisait et assurait l'hétérarchie, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui dans la majorité des organisations...
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Vieux 24/04/2012, 13h40   #4
castor
 
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Re : les vrais dominants : les rentiers

Citation:
Posté par dixsept
Bonjour Castor
Bien sûr que l'ESS est sur la bonne voie. Je suis moi-même sociétaire d'Enercoop avec 50 parts, et abonné. Je n'attends aucun dividende (cela prendra d'ailleurs du temps avant qu'on m'en offre !) et préfère que des bénéfices éventuels soient intégralement utilisés à consolider la coopérative et/ou à investir dans des projets de fourniture d'électricité verte. Et pourtant j'ai pris un gros risque en investissant ainsi une galette qui n'a rien de négligeable en proportion de mes revenus - Enercoop aurait pu capoter aussi vite que les autres concurrents d'EDF... il fallait avoir la foi !
Mais les dérives de l'ESS sont malheureusement trop nombreuses. Il y a dix ans j'étais sociétaire de la Nef, filiale du Crédit Coopératif, et même correspondant pour les départements 42 et 43. J'ai laissé tomber quand je me suis rendu compte que la majorité des sociétaires ne versaient pas leurs intérêts dans la fondation de la Nef, dont la fonction était d'octroyer des prêts d'honneur à taux zéro à des porteurs de projet fragiles. En bref ils se servaient de la Nef comme d'une banque traditionnelle, ce qui ne correspondait plus du tout à sa vocation initiale. Un peu plus tard j'ai porté un projet de café équitable à côté de Londrina au Brésil. Quelle n'a pas été ma surprise quand Max Haavelar a voulu faire payer 2000 euros aux producteurs pour qu'ils obtiennent la certification !!! Le projet était déjà bien engagé, avec une reconversion en bio de la première récolte, alors j'ai payé de ma poche pour ne pas casser le sourire de mes pauvres amis. Dans tous ces cas de dérive on se rend compte que les bonnes intentions initiales sont vite dévoyées, les salariés de ces organismes ESS ne cherchant qu'une seule chose : sécuriser leur emploi et/ou améliorer leur salaire. Dans le cas de la Nef, sécuriser voulait dire ne prendre aucun risque quant aux prêts accordés, ce qui a abouti à ce que les 2/3 des fonds apportés par les sociétaires dorment dans les caisses du Crédit Coopératif, avec un taux d'intérêt confortable. Quant à Max Haavelar, le fric ramassé servait à payer des voyages exotiques à des personnes qui n'avaient de certificateurs que le nom, avec notes de frais bien gonflées sous prétexte de conditions de "travail" difficiles...
Chassez le naturel, et il revient au galop... le naturel, c'est bien sûr en tout homme la recherche de la plus grande part du gâteau, et cela par tous les moyens, même les plus tordus (comme de détourner en interne sa coopérative de ses objectifs initiaux). En conclusion l'ESS c'est pas trop mal, mais ce serait parfait si on y introduisait et assurait l'hétérarchie, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui dans la majorité des organisations...

Merde... oui, je vois ça.

je n'ai pas eu le temps de constater ce genre de dérive, parce que je ne suis restée dans ce mouvement que 2 ans. Mais ça ne m'étonne pas.

Pour moi, ce n'est pas l'hétérarchie qui pourra rêgler les problèmes. Ce sont des statuts de la société en béton et une surveillance extérieure pour empêcher ces dérives.

Mais j'ai de gros doutes...
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