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La médecine, les soignants et les soignés Ethique médicale, bonnes ou mauvaises relations entre patients et médecins, coups de coeur ou coups de gueule médicaux, exercice professionnel : c'est ici.

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Vieux 13/01/2017, 20h48   #1
Artémisia
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Prescriptions abusives

Bonjour,

J'ai entendu parler du stilnox et je ne comprends pas quelque chose, lorsqu'il y a des prescriptions abusives, pourquoi le problème ne se règle t-il pas en interne. Cette fois encore, comme avec les antibiotiques par exemple, on alerte les patients, alors comment savoir mieux que le médecin s'il faut prendre tel ou tel médicament ? Ce n'est pas étonnant que les forums médicaux aient autant de succès et que certains y fassent des recherches pour vérifier la prescription.
Si vous pouviez m'éclairer, merci
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Vieux 14/01/2017, 07h53   #2
moicat
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Re : Prescriptions abusives

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Posté par Artémisia
Bonjour,

J'ai entendu parler du stilnox et je ne comprends pas quelque chose, lorsqu'il y a des prescriptions abusives, pourquoi le problème ne se règle t-il pas en interne. Cette fois encore, comme avec les antibiotiques par exemple, on alerte les patients, alors comment savoir mieux que le médecin s'il faut prendre tel ou tel médicament ? Ce n'est pas étonnant que les forums médicaux aient autant de succès et que certains y fassent des recherches pour vérifier la prescription.
Si vous pouviez m'éclairer, merci
Bonjour,

Le stilnox est un vieux médicament dérivé des benzodiazépines, le plus utilisé comme somnifère. Depuis longtemps déjà il est détourné de son usage pour les effets paradoxaux récréatifs qu'il entraîne lorsqu'il est pris à forte dose avec de l'alcool ou d'autres substances.
Comme les autres médicaments de sa classe, le stilnox peut entraîner une dépendance rapide, y compris en utilisation normale. C'est principalement pour éviter son approvisionnement et son utilisation comme drogue que sa prescriptiondevient plus difficile à reproduire, ce qui ne va pas faciliter la vie des nombreuses personnes qui en prennent un tous les soirs depuis plus de trente ans.

L'insomniaque connaît mieux son manque et son besoin que le médecin, et on peut espérer qu'il participe habituellement à la décision de traiter...
Il est préférable qu'il connaisse les effets indésirables d'un médicament qu'il va prendre au long cours, car l'insomnie est rarement transitoire, comme pourrait le laisser penser la notice du médicament.

Le désir de s'informer sur les médicaments me semble plutôt sain, de même que la participation du patient à la démarche thérapeutique.
__________________
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Vieux 14/01/2017, 13h38   #3
Artémisia
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Re : Prescriptions abusives

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Posté par moicat
Bonjour,

Le stilnox est un vieux médicament dérivé des benzodiazépines, le plus utilisé comme somnifère. Depuis longtemps déjà il est détourné de son usage pour les effets paradoxaux récréatifs qu'il entraîne lorsqu'il est pris à forte dose avec de l'alcool ou d'autres substances.
Comme les autres médicaments de sa classe, le stilnox peut entraîner une dépendance rapide, y compris en utilisation normale. C'est principalement pour éviter son approvisionnement et son utilisation comme drogue que sa prescriptiondevient plus difficile à reproduire, ce qui ne va pas faciliter la vie des nombreuses personnes qui en prennent un tous les soirs depuis plus de trente ans.

L'insomniaque connaît mieux son manque et son besoin que le médecin, et on peut espérer qu'il participe habituellement à la décision de traiter...
Il est préférable qu'il connaisse les effets indésirables d'un médicament qu'il va prendre au long cours, car l'insomnie est rarement transitoire, comme pourrait le laisser penser la notice du médicament.

Le désir de s'informer sur les médicaments me semble plutôt sain, de même que la participation du patient à la démarche thérapeutique.


Bonjour Moicat

Jusqu'à il y a peu, je faisais confiance aux médecins, chacun son métier, mais de plus en plus on nous demande de vérifier, de participer, de se responsabiliser, il faudrait aussi du temps en consultation pour discuter de l'opportunité de prendre tel ou tel traitement, et la capacité de faire des recherches sur les sites. Si un médecin devait me prescrire des antibiotiques, je les prendrais (quoique maintenant, je me poserais des questions ), c'est lui le responsable, comment je peux savoir si c'est utile ou pas ? Je vais avoir 60 ans, née dans un milieu non éduqué, on ne pensait même pas à se poser des questions sur une ordonnance.
Quand un patient revient régulièrement pour des insomnies parce qu'il ne peut plus dormir sans son somnifère, l'intérêt c'est de l'aider à diminuer, pas automatiquement renouveler l'ordonnance, le médecin sait qu'il y a dépendance et que le client reviendra toujours chercher sa dose.




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Vieux 14/01/2017, 14h28   #4
moicat
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Re : Prescriptions abusives

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Posté par Artémisia
Bonjour Moicat

Jusqu'à il y a peu, je faisais confiance aux médecins, chacun son métier, mais de plus en plus on nous demande de vérifier, de participer, de se responsabiliser, il faudrait aussi du temps en consultation pour discuter de l'opportunité de prendre tel ou tel traitement, et la capacité de faire des recherches sur les sites. Si un médecin devait me prescrire des antibiotiques, je les prendrais (quoique maintenant, je me poserais des questions ), c'est lui le responsable, comment je peux savoir si c'est utile ou pas ? Je vais avoir 60 ans, née dans un milieu non éduqué, on ne pensait même pas à se poser des questions sur une ordonnance.
Quand un patient revient régulièrement pour des insomnies parce qu'il ne peut plus dormir sans son somnifère, l'intérêt c'est de l'aider à diminuer, pas automatiquement renouveler l'ordonnance, le médecin sait qu'il y a dépendance et que le client reviendra toujours chercher sa dose.



Depuis que l'information est devenue disponible, c'est-à-dire depuis la banalisation d'internet, le médecin n'est plus le seul détenteur des connaissances médicales.
J'ai 62 ans, et, lorsque j'étais élève infirmière, je n'avais pas accès à la bibliothèque de la fac de médecine, qui m'était interdite. Je devais aller à Paris chez Joseph Gibert consulter les livres d'occasion lorsqu'un sujet m'intéressait.

En tant que patiente, vous pouvez perpétuer l'attitude d'avant : "Docteur, faites au mieux pour moi, je vous laisse décider", ou bien vous pouvez considérer que votre accord est nécessaire et que vous participez à la décision. Dans le deuxième cas, vous prenez la responsabilité de la démarche thérapeutique avec le médecin, qui pour autant n'aura pas le temps de vous donner des cours de médecine...

Pour les insomnies, ce n'est pas si simple et c'est habituellement le patient qui va trouver la posologie ou l'absence de traitement qui contribuera à améliorer sa qualité de vie. Beaucoup de vieilles personnes prennent une benzodiazépine tous les soirs, sans avoir jamais eu d'escalade de dose et avec un risque minime de chute : elles sont souvent très attachées à cette prise du soir, et la remettre en question ne va pas dans le sens de leur confort.

Dans les établissements pour personnes âgées, il y aura des soirs sans zolpidem, car la pharmacie ne fera plus l'avance d'une boîte, et j'ignore ce que ça donnera sur le marché parallèle, où ce médicament est très très présent (tapez-le dans Ggle).

Les grandes certitudes des années de jeunesse ont voltigé en éclats, mais il devenu possible d'accéder à de vastes domaines de connaissance.
Ce n'est pas forcément confortable...
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Vieux 14/01/2017, 16h04   #5
Artémisia
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Re : Prescriptions abusives

C'est tout un changement pour des personnes comme moi si je lis une notice je risque de me faire peur, je pars de loin. Je sais qu'il faut que j'évolue.
J'ai eu le problème avec un somnifère, je m'y suis vite habituée, quand je disais au médecin que je voulais arrêter mais que je faisais des nuits blanches si je ne le prenais pas, il ne semblait pas y avoir de solution, il me faisait une ordonnance avec 2cp/jour pour que je ne sois pas obligée de revenir tous les mois. Et puis j'ai entendu une émission sur les somnifères, le médecin a tenu un discours que j'aurai aimé entendre de la part de mon généraliste, bref en suivant ses conseils, j'ai pu me sevrer. Il suffisait (dans mon cas) avec une lame de rasoir de gratter le comprimé, un peu plus chaque semaine. Et d'être rassurée sur le fait que tout le monde savait dormir et que dans la majorité des cas le sevrage était possible, elle était convaincue et convaincante.
Je pense que, si l'on voulait s'en donner les moyens humains, on pourrait aussi chez les personnes âgées (notamment en maison de retraite) réduire considérablement, voire supprimer les somnifères et passer au placébo si nécessaire.
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Vieux 14/01/2017, 17h04   #6
moicat
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Re : Prescriptions abusives

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Posté par Artémisia
C'est tout un changement pour des personnes comme moi si je lis une notice je risque de me faire peur, je pars de loin. Je sais qu'il faut que j'évolue.
J'ai eu le problème avec un somnifère, je m'y suis vite habituée, quand je disais au médecin que je voulais arrêter mais que je faisais des nuits blanches si je ne le prenais pas, il ne semblait pas y avoir de solution, il me faisait une ordonnance avec 2cp/jour pour que je ne sois pas obligée de revenir tous les mois. Et puis j'ai entendu une émission sur les somnifères, le médecin a tenu un discours que j'aurai aimé entendre de la part de mon généraliste, bref en suivant ses conseils, j'ai pu me sevrer. Il suffisait (dans mon cas) avec une lame de rasoir de gratter le comprimé, un peu plus chaque semaine. Et d'être rassurée sur le fait que tout le monde savait dormir et que dans la majorité des cas le sevrage était possible, elle était convaincue et convaincante.
Je pense que, si l'on voulait s'en donner les moyens humains, on pourrait aussi chez les personnes âgées (notamment en maison de retraite) réduire considérablement, voire supprimer les somnifères et passer au placébo si nécessaire.

Tout le monde ne sait pas dormir, et ça ne concerne pas que les personnes âgées.
Il y a pas mal d'efforts pour diminuer ou arrêter l'ensemble des benzodiazépines chez les personnes âgées, mais il me semble admissible que celles qui ont une consommation modeste, habituelle et sans aucune escalade puisse la continuer si, après information et réflexion, elles le souhaitent, et qu'elles ne se trouvent pas obligées de s'habituer à un autre psychotrope.
Ça signifie qu'on n'initie plus de nouveaux traitements anxiolytiques comme on le faisait il y a vingt ans, mais qu'on peut respecter le souhait et les habitudes de vie des vieux consommateurs.

Je n'ai jamais constaté dans ma pratique qu'un tiers des personnes de plus de 75 ans prenaient des somnifères mais à coup sûr moins, et je suis plutôt anti-médoc, mais il est déstabilisant pour ce type de consommateurs de s'entendre déclarer qu'on va arrêter le témesta du soir car il entraîne des risques de chute, de dépendance, voire de démence. "Mais Docteur ça fait plus de quarante ans que je le prends sans problème, vous savez la dépendance à mon âge.., et je dors pas si je l'ai pas!"
Dans un cas comme celui-là, indicateur de qualité ou pas il peut être préférable d'assumer les excès des dernières décennies et de respecter le rythme de vie des vieux patients.

Par contre, la consommation des mêmes benzo chez les personnes jeunes me paraît beaucoup plus difficile à gérer, surtout si elle se prolonge dans le temps...
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Vieux 11/07/2017, 20h27   #7
munajiroten.itachi
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Re : Prescriptions abusives

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Posté par Artémisia
C'est tout un changement pour des personnes comme moi si je lis une notice je risque de me faire peur, je pars de loin. Je sais qu'il faut que j'évolue.
J'ai eu le problème avec un somnifère, je m'y suis vite habituée, quand je disais au médecin que je voulais arrêter mais que je faisais des nuits blanches si je ne le prenais pas, il ne semblait pas y avoir de solution, il me faisait une ordonnance avec 2cp/jour pour que je ne sois pas obligée de revenir tous les mois. Et puis j'ai entendu une émission sur les somnifères, le médecin a tenu un discours que j'aurai aimé entendre de la part de mon généraliste, bref en suivant ses conseils, j'ai pu me sevrer. Il suffisait (dans mon cas) avec une lame de rasoir de gratter le comprimé, un peu plus chaque semaine. Et d'être rassurée sur le fait que tout le monde savait dormir et que dans la majorité des cas le sevrage était possible, elle était convaincue et convaincante.
Je pense que, si l'on voulait s'en donner les moyens humains, on pourrait aussi chez les personnes âgées (notamment en maison de retraite) réduire considérablement, voire supprimer les somnifères et passer au placébo si nécessaire.
j'ai eu cette inquiétude (à la décompensation pulmonaire en 2008 qui a failli couter la vie de ma grand mère de plus de 80 ans ...) car elle ne comprenait pas que prendre certain médicament constamment était dangereux y compris quand son généraliste lui a dis, elle avait honte de son addiction au témesta (hypnotique) et allait jusqu'à bidouiller pour en avoir.
J'ai du lui expliquer son arthrose et que pour ses douleurs nocturnes, elle avait déjà une prothèse de genoux à chaque, il y avait autre chose qu'elle pouvait, à condition d'enfin accepter de parler à son traitant, faire différents essais, et lui poser des questions, que le médecin ne la mangerait pas si elle demande pourquoi et comment elle doit prendre ou ne pas prendre un médoc.
Elle prenait sont médecin pour un "chaman moderne" et j'ai eu la trouille quand j'ai appris qu'elle allait au "rebouteux"...

L'insomnie : les causes sont tellement vaste que sur ce point quand ce n'est pas compris... c'est difficile...

Elle va mieux et ne dit plus que le régime c'est pour la faire rentrer dans le cercueil (sans sel elle est cardiaque hyper tendue)
elle a compris pourquoi le sel n'est pas compatible avec son cœur et son traitement,
à tour de rôle on va avec elle en consulte et on l'y prépare, pour qu'elle ose poser ses questions, quand elle y arrive elle me dit "t'es gentille mais cette fois je sais",
d'ailleurs à ce moment là je débutais un régime sans gluten, cela a été folklo, j'ai cru la traumatisée, elle avait rien compris :
mais pourquoi une maigrichonne (avec les Mamies Cauchoises on est toujours trop maigre en plus) faisait un régime, elle m'a sortis "il fait quoi se docteur dans la vie, il est médecin au moins? Tu as la peau sur les os si tu décèdes en frais de transfert on te faxe!" Elle m'interdit depuis de faire mes tartines au pain de maïs et margarine toute seule... à 95 ans gare à moi si j'essaie d'atteindre le grill pain, je suis moins maigre mais toujours trop à ces yeux...elle constate que cela "marche" (j'ai 37 ans quand même), il a fallu lu expliquer que les régimes ce n'est pas pour maigrir mais lorsqu'il y a un anti corps...elle ne l'a cru que lorsque j'ai pris en poids.
On se relaie autour d'elle pour qu'elle reste à domicile.
Au début quand je lui disait tu veux poser une question au médecin elle me disait de ne pas le déranger, maintenant elle accepte de lui dire qu'elle n'a pas compris certains termes trop scientifiques.

Dernière modification par munajiroten.itachi 11/07/2017 à 20h45. Motif: orthographe
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