Bonjour Louis,
Je vais faire appel à votre rationalité.
Vous m’expliquez que vous constatez des absences suspectes à des devoirs planifiés. Vous en déduisez que des élèves invoquent une maladie pour échapper au contrôle, c’est à dire qu’ils trichent. Vous avez très probablement raison.
Comme tous les malhonnêtes, ces tricheurs n’auront aucun problème pour avoir ce certificat médical : il leur suffit de simuler une gastroentérite chez le médecin le jour du contrôle ou de faire appel à un médecin malhonnête.
Ceux qui n’auront pas de certificat sont les élèves honnêtes qui ont eu une gastro-entérite ou un syndrome grippal, et qui n’ont pas consulté pour ça. Leur médecin, honnête lui aussi, refusera de faire un certificat médical a posteriori. Je suis régulièrement confronté à cette détresse chez des élèves honnêtes et je suis impuissant pour résoudre leur problème.
En pratique, vous aurez certes un effet stimulant sur la présence aux contrôles, mais :
Vous allez pousser des élèves malades à venir en classe pour échapper au zéro.
Vous allez mettre des zéro à des élèves qui ne le méritent pas.
Vous n’allez pas punir les vrais malhonnêtes.
Vous allez surcharger inutilement la consultation des médecins.
Vous allez coûter de l’argent à la sécurité sociale.
Vous allez accréditer l’automatisme "je me sens mal, je consulte toujours mon médecin".
Vous allez conforter la défiance entre les professeurs et les élèves.
Je trouve (et les ministres successifs aussi) que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Il est dommage que le ministère de l’agriculture n’ait pas eu la même qualité de réflexion.
Le vrai challenge est ailleurs : trouver une méthode d’évaluation des apprentissages qui ne soit pas sensible à des absences ponctuelles.