Bel article qui a le mérite d’être clair, synthétique, et de mettre en avant la part d’incertitude concernant les décès par grippe et l’efficacité du vaccin.
Je rajoute quelques remarques.
Les incertitudes sont encore plus importantes que celles qui sont évoquées dans cet article.
Sur l’efficacité générale des vaccins contre la grippe d’une part, avec ou sans squalène.
Le nombre de sujets à traiter, par exemple. Le chiffre de 30 sujets à vacciner pour éviter une grippe est issue d’une méta-analyse de la collaboration Cochrane. En réalité la collaboration Cochrane était très prudente car cette efficacité s’appliquait uniquement à des adultes de 16 à 65 ans en bonne santé et uniquement si les conditions idéales étaient réunies, en particulier une concordance parfaite entre le virus vaccinal et le virus circulant. http://summaries.cochrane.org/CD001269/vaccines-to-prevent-influenza-in-healthy-adults
Pour les enfants de moins de deux ans Cochrane n’a mis en évidence aucune efficacité pour les vaccins inactivés http://summaries.cochrane.org/CD004879/vaccines-for-preventing-influenza-in-healthy-children
Aucune conclusion n’a pu être tirée pour les individus de plus de 65 ans en institution en raison de la mauvaise qualité des études .http://summaries.cochrane.org/CD004876/vaccines-for-preventing-seasonal-influenza-and-its-complications-in-people-aged-65-or-older .
Pour le vaccin pandémique, la Finlande, pays de 5 millions d’habitants, avec une couverture vaccinale de 50% par le vaccin Pandemrix bien supérieure à celle de la France inférieure à 10% a récence 44 décès (344 en France pour 63 millions d’habitants) et autant d’hospitalisations pour cas graves qu’en France (1580 contre 1389 en France donc six fois plus en Finlande proportionnellement à la population). http://www.eurosurveillance.org/images/dynamic/EE/V16N27/Lyytikainen_tab2.jpg
Les incertitudes portent aussi sur l’importance réelle des virus de la grippe dans les syndromes grippaux. Pendant la pandémie grippale 2009 les prélèvements positifs au virus de la grippe parmi les patients présentant des syndromes grippaux étaient en moyenne de quelques 23% (24279/103 352 prélèvements). Au moment du pic, pendant quelques jours, cette proportion peut atteindre 50%. Il faut en conclure que 3 fois sur 4 les symptômes attribués au virus de la grippe, pendant une épidémie, ne sont pas dus au virus de la grippe mais à d’autres. http://www.invs.sante.fr/beh/2010/24_25_26/beh_24_25_26_2010.pdf
Contrairement à ce qu’on nous laisse croire et que beaucoup semblent penser nous ne sommes pas sans défense face au virus de la grippe. Sinon les 14% à 21% de personnes touchées pendant la pandémie seraient mortes. L’organisme n’a pas attendu le vaccin, comme le messie, pour apprendre à composer avec le virus de la grippe. La plupart des individus disposent donc d’un certain degré de protection, comportant une part de protection non spécifique, sur laquelle le vaccin agit difficilement car il est fractionné. La protection due à l’infection naturelle semble se prolonger à très long terme puisque les personnes âgées ayant rencontré le virus pandémique une cinquantaine d’années en arrière ont été peu touchées par celui-ci.
A l’inverse, les vaccinations itératives par le vaccin de la grippe pourraient s’avérer contre-productives. Plusieurs travaux vont dans ce sens et montrent que les personnes vaccinées de manière itérative contre la grippe ont tendance à présenter des formes plus graves de grippe que les personnes non vaccinées, probablement par défaut de stimulation du système immunitaire non spécifique. http://docteurdu16.blogspot.fr/2012/02/vaccination-anti-grippale-une-etude.html
Certaines études montrent aussi que les syndromes de détresse respiratoire aigus dus au virus de la grippe qui servent de justification au vaccin pourraient être également en relation avec les vaccinations itératives http://docteurdu16.blogspot.fr/2011/01/lecons-de-h1n1-et-si-une-immunisation.html (...)