Des éléments factuels laissent penser que l’efficacité clinique des antibiotiques injectables génériques pourrait être notablement inférieure à celle des médicaments originaux. Des études complémentaires sont indispensables du fait des enjeux de santé publique.
Remy Gauzit est médecin réanimateur et infectiologue à l’Hôtel-Dieu de Paris.
Il s’est interrogé sur l’équivalence thérapeutique des antibiotiques génériques (copies) par rapport au médicament original et notamment des antibiotiques injectables utilisés dans le traitement des infections graves. Son questionnement est survenu notamment après la lecture d’une étude colombienne mettant en évidence des différences d’efficacité clinique pour la vancomycine.
Le Dr Gauzit est expert à l’AFSSAPS, où il dirige un groupe de travail sur les antibiotiques injectables [1]. Il a cherché en vain à l’Agence une oreille attentive à ses légitimes préoccupations. Il a alors réalisé à titre personnel une revue de la littérature sur le sujet.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces données sont inquiétantes et qu’elles rendent nécessaires des recherches complémentaires pour s’assurer de l’équivalence thérapeutique, in vivo, de produits destinés à traiter des urgences vitales.
Le Quotidien du Médecin se fait l’écho aujourd’hui des préoccupations du Dr Gauzit.
« J’en veux à l’Afssaps. Nous avons évoqué cette situation au GTA de la commission d’AMM en septembre 2010. Nous en avons reparlé, plus récemment. Notre souhait est de voir refaire des études chez l’animal, dont le coût est dérisoire. » La demande n’a pas été jugée comme prioritaire et est restée lettre morte, jusqu’à ce jour « alors que des contacts avaient été pris avec deux unités INSERM ».
J’avais personnellement interpellé en 2008 le directeur de l’AFSSAPS sur la bioéquivalence des génériques, afin de répondre à mes patients inquiets. Sa réponse avait été très décevante.
L’opacité qui entoure l’iso-efficacité clinique des génériques n’est pas acceptable.