Bonjour
Je vous raconte ce que j’aurais aimé appeler une anecdote.
Un patient se présente aux urgences, s’enregistre avec sa carte vitale.
Il est admis rapidement car les premières prises de sang montrent une anémie sévère. Il a avec lui une partie de son dossier, portant son nom évidemment et le lieu ou les examens ont été réalisés.
L’infirmière du service commande auprès du CTS des concentrés globulaires en urgence. Nouvelle dans le service, elle suit, au mot près la procédure. Le CTS constate que ET le groupe sanguin ET les RAI datent de quelques semaines. le patient ayant déjà été admis pour une autre raison 15 jours avant, mais dans un autre service.
Les flacons arrivent, elle pratique les tests de compatibilité que nous connaissons tous, et la ! surprise, le groupe sanguin ne correspond pas. On vérifie l’identité du patient, les médecins refont les cartes tests, et constatent eux-aussi que les groupes, ceux des cgr et ceux du patient ne concordent pas.
Le CTS alerté demande alors qu’on lui envoie un tube de vérification.
Et eux aussi constatent que les groupes, celui de l’actuel potentiel receveur et celui du dossier sont différents.
Que c’est-il passé ? Vous l’avez tous deviné, le patient avait emprunté la carte vitale de son frère. Le bureau des entrées et le service n’avaient aucun moyen de vérifier l’exacte identité du monsieur.
Sans l’infirmière nous aurions encore assisté à un nouveau et épouvantable drame de la transfusion.
Tout cela parce qu’il n’y avait pas de photo sur la carte vitale .
Alors, voyez-vous, cette histoire me fait diablement réfléchir.
La vie de cet homme a été entre les mains d’un bout de carton contenant un réactif et surtout dans celui des mains expertes d’une jeune infirmière.