Dominique Dupagne parle juste.
Ce que dit Chartier-Kastler, c’est ce que pense, en fait la Faculté.
Ce n’est pas la peine de se cacher derrière de grands discours. La Faculté défend son territoire et ses privilèges (qui sont en train de disparaître sous les coups de boutoir de la normalisation) et n’a jamais fait que cela.
Les médecins généralistes sont des crétins, des inutiles, des sots, des incapables et ne méritent que leur sort.
Mais c’est bien entendu la Faculté qui est responsable : organisée en chapelles, en morceaux de corps humains, en spécialités anatomiques, en lambeaux de tissu et de chair, regroupée autour de plateaux techniques, spécialisée, ultra spécialisée, elle a organisé l’enseignement de la médecine à son image, celle de pédants, d’arrogants, de Diafoirius, on trouvera toujours des patrons atypiques à nous citer pour contrer cette image, l’enseignement a été organisé de la sorte, une course d’obstacles pour atteindre les sphères éthérées du savoir paternaliste. Il fut un temps où il était possible de choisir d’être médecin généraliste mais il est de plus en plus fréquent que ce choix se fait par défaut. L’idéologie faussement élitiste, faussement méritocratique, rejette les soutiers hors de l’institution et considéré que tout ce qui n’est pas hospitalier est indigne. Or, dans les diners en ville, les patrons mangent avec les hommes politiques et leur font partager leurs points de vue, d’où la désastreuse gestion des crises par les élites technocratiques... Mais cette réputation est usurpée : la Faculté, maîtresse de l’enseignement, maîtresse des Agences, maîtresse des comités techniques, a oublié d’être indépendante, elle a vendu son âme à Big Pharma qui aurait bien tort de ne pas en profiter devant tant de bienveillance et de naïveté. Les scandales récents montrent que ce n’est plus de la Faculté que naît l’esprit critique mais des médecins généralistes, débarrassés de la tutelle de leurs "maîtres", enfin capables de lire par eux-mêmes, d’interpréter tout seuls, de comprendre en toute liberté, des médecins généralistes libérés de leurs chaînes académiques, qui comprennent l’inanité des campagnes anti grippales, le scandale de la mammographie, le scandale du PSA, les scandale du vioxx, des glitazones ou du vastarel... Mais aussi le scandale des compromissions financières... Mais aussi et surtout le scandale de la façon barbare de dépecer le corps humain et de se le partager entre spécialistes incapables de toute vision d’ensemble.
Chartier-Kastler est un dinosaure qui n’a pas compris que les météorites sont en train de tomber (et malheureusement sur tout le monde).
Chartier-Kastler est le chantre de la médecine triomphante et sûre d’elle-même qui n’a plus que ses privilèges à quoi se raccrocher, prébendes et corruption.
Que les médecins généralistes cessent méprisent ces médecins qui ont tout fait pour qu’ils ne sachent rien et qu’ils ne puissent exercer un esprit critique sur les vérités révélées qu’on leur assenait.
Merci Dominique Dupagne pour cette pugnacité bien placée.