Je voudrais ajouter quelques éléments "affectifs".
Je suis fils d’AIHP et marié à une AIHP.
Je n’ai aucune frustration vis-à-vis du concours de l’internat que je n’ai ni préparé, ni présenté. N’ayant aucune mémoire, j’ai vite compris que cette épreuve n’était pas faite pour moi. J’en ai profité, contrairement à la majorité des étudiants en médecine, pour m’investir totalement dans mon externat en choisissant des stages très prenants mais formateurs. J’ai poursuivi cette formation sur le terrain par 5 ans de fonctions d’interne dans des services de médecine interne de banlieue. La médecine générale a toujours été mon choix, après une brève hésitation pour l’industrie pharmaceutique.
Le concours de l’internat sélectionne des sujets travailleurs et rationnels, mais pas forcément des sujets brillants. Pour réussir ce concours, il faut travailler énormément et être conformiste, très conformiste. Parmi les meilleures "têtes" médicales que j’ai croisées, beaucoup présentaient un esprit curieux et atypique incompatible avec un concours fondé sur le bachotage. Le concours de l’internat n’est donc qu’une voie parmi d’autres pour sélectionner l’excellence.
De façon intéressante, sur le réseau social Twitter, les contributeurs médecins les plus brillants et surtout humainement intéressants sont en majorité des généralistes.
Bref, continuer à prendre les généralistes pour des crétins ayant échoué face au filtrage de l’élite et non seulement obsolète, mais faux.
Je croirai à l’égalité de traitement des médecins généralistes par l’Université le jour où l’on nommera professeur des universités un MG incompétent (merci Françoise Giroud...)