Excellente mise en parallèle de l’ancien et du nouveau système. Difficile de donner un avis sur le système de santé, organisme complexe et problématique dans tous les pays. Qq remarques en vrac.
Etant de l’ancien système, et MG plus par indécision que par choix (mais ne pas décider d’une spécialité par les CES n’est-ce pas un choix ?), je vais d’abord appuyer les propos carrés de Charlier-kastier : il s’agit pour partie de hiérarchie mais aussi de reconnaissance financière, comme il le mentionne à la fin. De fait, si un chirurgien pourrait faire mon travail actuel après quelques mois, voire semaines de recyclage, de relecture, je me vois mal faire une thyroïdectomie dans un mois... Néanmoins ce serait possible pour une appendicectomie simple (les praticiens destinés aux régions isolées sont formés pour cela et pour les extractions dentaires). Le système de santé a besoin des deux, MG et haute technicité, dans une proportion variable mais il faudra toujours de nombreux MG. Quant à la reconnaissance financière, elle existe déjà : secteur 2, dépassements d’honoraires parfois musclés, consultations privées au CHU, etc., et le trio de tête est je crois radiologues, anesthésistes et chir, la technicité et la pénibilité sont donc reconnues, comme le sont depuis peu les astreintes de nuit et de WE en MG. Lesquels assurent toujours, hors des villes et banlieue, les urgences non vitales, fièvres, laryngites, sutures simples, voire urgences graves selon les circonstances et les conditions locales, même si on va vers une mutualisation de la nuit profonde.
Quelques éléments pourraient modérer sa plaidoirie en faveur de l’ordre ancien : de nombreux brillants éléments n’ont pas eu leur place en CHU, faute de relations, de servilité devant un patron ou tout simplement de places d’agrégés, qui ne sont pas extensibles. L’avènement de la médecine basée sur les preuves a mis à mal la parole du mandarin : il ne suffit plus d’affirmer, il faut prouver (cf. le couchage des bébés, ventre ou dos...). Cette élite, comme le rappelle un message, a été trop aveuglément soumise à l’industrie pharmaceutique : plusieurs des grands scandales récents, Vioxx, glitazones, Médiator, intéressements aux prothèses, cadeaux..., déclarations de conflits d’intérêts, ont été anticipés et dénoncés par des mouvements et une revue indépendante, Prescrire, initiés surtout par des MG et des pharmaciens. La coopération est souvent la condition du progrès : pour que la réa ait moins de bactéries résistantes, il faut entre autres que nous les prescrivions à bon escient. Et pour coopérer, il est préférable de ne pas mépriser les autres ou, du moins, de mieux cacher son mépris !