"Creer avec le salaire du medecin, un salaire pour le conjoint pour indemniser celui ci". Vous voulez dire salarier une personne pour son rôle de conjoint ? Si c’est le cas, il faudra souffler l’idée à tous les chargés de mission de service public, ça les inspirera :).
Fonctionnariser tous les médecins ça pourrait le faire, le coût plus élevé étant en partie compensé par l’égalité plus grande qui jaillirait de cette situation (enfin si le socialisme signifiait vaguement quelque chose), des horaires moins pénibles pour les médecins, des revenus moins importants probablement aussi (mais par contre pas de droit du travail hein, ça existe pas chez les fonctionnaires). Mais comme la tendance est plutôt à la "bonne" gestion de l’État, il est plus probable que les enseignants deviennent tous libéraux. Et non, il n’y a aucune chance que ça diminue le poids de la dette, quant à savoir si ça améliorera la qualité de l’enseignement... Mais ça pourrait être intéressant de voir si eux aussi ils feraient leur 50, allez 60, heures par semaine entre cours à domicile et cours au cabinet d’instruction, s’ils auraient besoin aussi de secrétaires pour gérer les papiers, etc. Ah voilà une bonne piste pour créer de l’emploi et faire en sorte que tout le monde y perde, du temps. C’est beau comme du libéralisme.
Sinon le code du travail (donc qui ne s’applique qu’au privé) n’est pas non plus la panacée : par exemple, il n’y a pas de conditions particulières pour rémunérer davantage des jours fériés, ou des nuits ou autres ; ah si tiens pour la nuit il faut consulter un médecin du travail qui nous juge apte, ouf :). Si le droit du travail est parfois un peu clément avec les salariés c’est essentiellement grâce aux accords par branche qui se sont méchamment négociés avec les syndicats sur les dernières décennies. Chacun résiste comme il peut. Mais être fonctionnaire c’est aussi être exposé à toutes sortes de fourberies de la part de son ministère de tutelle. Un avantage cependant c’est que l’État (sauf pour ses comptables) couvre plutôt bien la mise en cause individuelle, même si ça aussi ça change (ce qui rend toutes sorties scolaires virtuellement suicidaires).
Quoiqu’il en soit, j’ai toujours l’impression que les médecins se sentent un peu trop responsables (et qu’ils sont tous comme Bardamu, mais c’est un autre problème le sentiment de la juste valeur). Or la question de la santé est un choix politique. Soit on considère que c’est important, et on met à disposition les moyens, c’est-à-dire l’État faute de mieux, pour que cela se fasse (davantage de généralistes, plus de médecins en général, tous fonctionnaires, des études financées pour les plus pauvres y compris les dernières années... [même si par ailleurs comme toutes professions CSP+ la tendance à l’héritage est particulièrement forte]) ; soit on écoute les professionnels de santé qui sont aussi des notables et qui traînent de manière disproportionnée sur les bancs du Parlement (mais peut-être moins à la campagne).