Cher DD,
Ne tombons pas de la simplisme du libéral moyen.
Il ne faut pas confondre quantitatif et qualitatif.
La question des conflits d’intérêts que génère le paiement à l’acte est un petit peu trop facilement évacuée de ton raisonnement.
Et la question de la surconsommation des actes et des médicaments en France(champion du monde !) aussi.
Voir un patient revenir au cabinet, mettons, six fois dans l’année, parce que la dernière fois on lui a prescrit des antibiotiques (ou autre chose) au pas de course sans prendre le temps de lui expliquer que, non, les antibiotiques ce n’est pas automatique pour telle et telle raison, et qu’il est désormais persuadé que c’est ça qu’il lui faut chaque fois qu’il a un truc de travers, ce n’est pas un exploit dont il faille se glorifier.
Je ne suis pas sûre que cette manière de faire constitue une source d’économies pour l’Etat, une source de progrès pour la santé publique et une source de santé pour des patients bourrés de médicaments.
Chaque fois qu’on parle de revenir à une pratique médicale plus raisonnable les mêmes médecins qui se plaignent d’être débordés commencent à se plaindre que leur revenu pourrait en pâtir.
Pourtant, ça leur ferait des vacances. Il faudrait savoir.
Je discerne dans ton propos un dédain non dissimulé pour les agents de l’Etat.
Après l’avoir critiqué (me semblait-il ) tu reviens à toute allure vers la démarche qualité et ses obsessions quantitatives. Parce que ton raisonnement se réduit à ça : du quantitatif.
Je suis franchement déçue.
Qu’elle est loin, qu’elle est loi la revanche du rameur.