Bonjour Mr Dupagne,
C’est la première fois que j’écris sur ce forum mais je suis une fidèle lectrice de vos écrits et je vous entends régulièrement chez mon "copain" Mathieu Vidard !
Ce thème de la désertification médicale me tiens à coeur : je suis jeune médecin généraliste remplaçante depuis 1 an. Je vis et j’ai fait mes études dans une petite ville, je remplace très régulièrement (une semaine sur 3) dans un cabinet à la campagne à 40 min de chez moi et à 50min-1heure du premier laboratoire, du SMUR/SAMU, du premier centre de radio, du premier hôpital de proximité (dans un trou quoi !!). Je pratique donc cette médecine "à l’ancienne" sans secrétaire avec une connexion internet médiocre et les fameux dossiers papiers. Je vois 25 patients par jour dont 7 à 10 visites. J’adore ... même si je déteste ce système de paiement à l’acte et la relation qu’il pollue entre les patients et moi ; vraiment je déteste. Je trouve très intelligent tout ce que tout le monde dit sur ce forum et cela me désespère un peu parce que j’ai l’impression que l’on ne trouvera jamais la solution. Moi je suis (encore) naïve et j’imaginais que l’on pourrait créer un système de médecins salarié de l’état en médecine générale avec des postes avec horaires, et rémunération attractive en laissant les médecins qui le souhaite fonctionner "à l’ancienne". Ainsi les patients sauraient à qui ils s’adressent et la manière dont nous travaillons.
Ma dernière remarque concerne la déclaration du Conseil de l’Ordre : je crains que cela ne change absolument rien, en tout cas dans certaines régions. Prenons ma région comme exemple : le Limousin. Il y a largement assez de médecin à Limoges par exemple ou à proximité de Limoges, pareil pour Brive en corrèze. Par contre au nord de la Haute-Vienne, au Sud de ce même département, en Creuse, ou encore sur le plateau de Millevaches en Haute-Corrèze il manque sérieusement de médecins généralistes. Les étudiants de l’université de Limoges restent en très grande majorité à Limoges pour leur internat (je parle des futurs médecins généralistes) et s’installent pour la majorité dans leur région d’origine le Limousin. Par contre très peu s’installent à la campagne, ils restent en milieu urbain ou semi-urbain. Le problème n’est pas réglé.