@ Dominique Dupagne
Mon cher confrère
Permettez-moi de ne pas souscrire à vos conclusions et d’être en accord avec le docteurdu16.
En effet, professionnaliser des experts employés par l’ANSM n’aurait pas l’effet escompté, et ce même sans lien d’intérêts.
Premièrement, je vais vous choquer, mais nous avons tous des liens d’intérêts ou plutôt des parties pris. Un corps d’expert professionnel va privilégier sa carrière administrative ou sa spécialité ou son leadership dans une technique ou une approche médicale spécifique.
En outre, lier les experts à l’administration, c’est lier des professionnels de santé dont les objectifs ne sont pas nécessairement les mêmes que l’administration.
Je aussi passe sur les lourdeurs administratives, le manque de réactivité face à une science médicale galopante et sur les interventions politiciennes.
À mon sens, l’État ne sait pas faire dans ce domaine (domaine trop complexe, trop large, évoluant trop rapidement, avec trop d’intervenants, trop sensible).
Mon sens, les seules personnes qui sont capables de faire ce travail, c’est la profession elle-même. Mais la profession n’étant pas un organisme structuré, c’est donc voué à peu d’efficacité.
Alors que faire ? Eh bien, à mon sens, faire ce que chacun sait faire.
Régulation par l’État, la profession recommande.
Comment ?
En premier lieu, les sociétés savantes pour être des sociétés savantes médicales devraient être accréditées par l’ordre médical correspondant selon un cahier des charges défini à l’avance (gouvernance de la société savante, objectif, travaux scientifiques, déontologie, etc.)
En second lieu, la HAS ou l’ANSM mandateraient une ou plusieurs sociétés savantes pour faire des recommandations, des conférences de consensus ou des avis selon un cahier des charges strict.
Les sociétés savantes seraient rétribuées pour ce travail directement par les agences (qui peuvent ponctionner cet argent sur les budgets de promotion et de publicité des entreprises du médicament).
Ce sont les sociétés savantes qui indemniseraient les experts pour le travail .
Mais cela n’est pas tout, une fois le travail effectué et contrôlé par un comité de lecture, le texte serait soumis (par courriel) pour le contradictoire à tous les membres de la société savante qui auraient un droit de réponse. Après modification si besoin, une synthèse est effectuée en faisant apparaître clairement les remarques, comment elles ont été prises en compte et la motivation du rejet ou de la prise en compte de ses mêmes remarques des membres de la sociétés savantes.
Enfin un tel texte devrait être soumis à un journal international avec un impact factor suffisant pour confronter la recommandation aux médecins du monde entier ( et bien sur à la critique en retour)
Pour finir il faut aussi un sunshine act.