Yakafokon ??? c’est l’inverse...là je comprends pas..Seul un Médecin peut parler de santé public et d’économie de la Santé ? c’est un domaine réservé...la plèbe doit rester à sa place face au Paternalisme médical.
Vous n’aurez jamais un patient, sa santé voire sa vie entre vos mains, juste du blé et des chiffres de PATIENTS MOYENS (des jolis GHM bien stéréotypés).
Or le patient standard N’EXISTE PAS, il serait temps que les tutelles se mettent ça dans le crâne ; c’est la première leçon qu’on apprend en cours de statistiques pourtant : "Les résultats à l’échelle d’une population ne sont pas transposables à un individu"...
Il y a dans chaque petit administratif du service de contrôle de la SS que j’ai eu l’occasion de rencontrer cette tentation de croire que parce qu’ils ont des ordis puissants qui trouvent des interactions dans les ordonnances, des supposées anomalies de prises en charge et que le RIAP n’a pas une dérivation standard chez le Dr X, ils sont meilleurs que lui (ou qu’ils peuvent du haut de leur absence de connaissance médicale faire mieux que nous).
Nous, médecins, nous n’aspirons qu’à une chose qu’on nous laisse soigner chaque INDIVIDU. Si ils veulent faire des stats, c’est peut-être une bonne chose pour guider une politique globale, mais c’est un outil descriptif, vouloir l’utiliser dans du directif ne marchera jamais sans un aservissement total de tous les membres du système (patients-électeurs compris, et ça bon courage :) ). Par exemple je suis diablement POUR l’arrêt du remboursement de l’ASP, examen souvent inutile et toujours moins contributif qu’un scanner, et classique d’un examen placebo ou d’un autre siècle... C’est simple, je ne me souviens même plus quand j’ai prescris le dernier tellement ça remonte...
Nous attendons des tutelles qu’elles nous aident dans notre travail, par exemple qu’elles arrêtent de nous pourrir d’administratif/réglementaire ou informatique (qu’elles ne savent pas mettre en place soit dit en passant), qu’elles arrêtent de reporter sur nous leur charge de travail parce que ca va faire tache dans leur budget afin de nous libérer du TEMPS MEDICAL (celui où on fait réellement notre travail et le seul pour lequel un libéral est payé), qu’elles nous appuient dans une prise en charge COORDONNEE des problèmes de santé publique (et non qu’elles décident dans leur gosplan de ce que sera le plan quinquennal (qui sera de toute façon intenable) et la tâche des médecins) et que ce travail soit pris en compte en tant que tel et non comme une activité gracieuse/gratuite. Si en plus ça nous permettait de vivre correctement, ça serait bien...
Pour certains médecins, il faut leur donner les clées, et les laisser conduire sans contrôle...
Mais ces CERTAINS médecins sont aussi fantasmés que les patients moyens. Si ces certains médecins existaient en nombre si significatif, les TASS seraient débordés de gros dossiers. Or certes, il y a des gros dossiers bien médiatiques (ouuh les vilains médecins/IDE/Kinés vénaux qui ont surfacturé, qu’on les pende - tous les mêmes) mais c’est tout, le reste c’est du chipotage. De même si les médecins conseils étaient de vrais partenaires de soins (il y en a mais ils sont rares, et ceux qui le sont finissent par prendre l’esprit maison ou se barrer) et non des contrôleurs des travaux finis (car il est si simple de dire une fois que tous les examens ont été fait que tous ceux négatifs étaient inutiles...). Après, il y a aussi des mauvais médecins (sisi, tout du moins à mes yeux) mais si ils ont des patients c’est qu’ils ne sont pas si mauvais que ça..
Le scoop : je ne suis pas libéral mais salarié dans le "privé à but non lucratif".
Je n’ai pas les mêmes contraintes que les libéraux mais j’en ai d’autres toujours imposées quasiment systématiquement au détriment non de ma rémunération (elle est constante que je bosse bien/mal, beaucoup/peu etc) mais du patient car justement mon salaire est contractuel donc incompressible. Donc, la qualité du service au patient dans l’établissement diminue, on commence à lui faire payer des choses qu’il ne payait pas jusqu’à présent, tout simplement parce que les tutelles ont décidé qu’il fallait faire la même chose avec moins d’argent.
Exemples :
Avant les polysomnographies étaient réalisées sans que ca rapporte 1 sou (le forfait couvrait juste les frais et la rémunération du médecin) mais "on est PSPH, on est pas la pour faire du fric". Le forfait a baissé, on a dans un premier temps arrêté d’en faire car on perdait de l’argent sur chaque séjour... puis on est passé à une organisation libérale : forfait technique+honoraires libéraux, la clinique ne gagne toujours pas d’argent, ça coûte un peu plus cher à la sécu, mais les soins sont faits...
La chambre individuelle (toutes les chambres sont individuelles dans le bâtiment) est devenu payante depuis 1 an (à la charge du patient ou de sa mutuelle), un patient ne veut pas car il n’a pas de mutuelle ? en l’absence d’urgence vitale, il est retoqué par la direction car générateur de déficit.
L’accueil téléphonique se fait maintenant par un 0826 à X euros la minute (à la charge du patient et de (...)