Je parlais de l’accès aux soins, qui, s’il est gratuit entraîne inévitablement une inflation de la demande, et donc une inflation des dépenses, on débouche alors sur une régulation par l’offre, forcément limitée. Cela finit par une gestion de la pénurie avec régulation des files d’attente.
Avec un reste à charge direct pour le patient, l’accès aux soins n’est plus gratuit, même si le financement de ces mêmes soins peut ensuite être plus ou moins pris en charge par la collectivité.
C’est sur l’opportunité d’un reste à charge significatif à charge directe qu’il nous faut réfléchir, suffisamment dissuasif pour éviter que l’on sollicite le médecin pour un oui ou pour un non, mais suffisament modeste pour que celui qui souffre puisse accéder rapidement à des soins de qualité, et qu’il n’ait pas à subir des files d’attente encombrées de demandes sans objet. J’en discute régulièrement avec mes patients, et je puis vous assurer que l’immense majorité porte une réflexion mature, et adhère parfaitement à ce discours.
Encore une fois, c’est un débat citoyen. Le professionnel de santé, lui, ne demande qu’à faire son travail dans de bonnes conditions, et à être rémunéré à la hauteur de son travail, sachant qu’il s’agit là d’un travail à lourde responsabilité (=la vie humaine) qui réclame une haute technicité et un dévouement constant.
Tout travail mérite salaire
Toute compétence doit être rémunérée à sa juste valeur.
C’est vrai pour n’importe quelle profession, notamment la votre (que je ne connais pas) pourquoi l’application de ce principe républicain serait refusé aux médecins ?
Ce n’est que lorsqu’il est correctement rémunéré et qu’il dispose du temps nécessaire que le médecin bien formé peut donner à son patient le meilleur de lui même. Mal rémunéré et travaillant dans de mauvaises conditions, la qualité des soins qu’il prodigue s’en ressent forcément, même avec la meilleure volonté du monde.
Je m’éloigne un peu du sujet, certes, mais si l’on y réfléchit bien, il y a peu de choses gratuites dans la vie.