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"Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"

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Pinback (205 messages) Envoyer message email à: Pinback Envoyer message privé à: Pinback Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-01-05, 15:11  (GMT)
"Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Bonjour à tous,

Dans un post précédent, je fais référence au livre de J. Débigaré "les troubles de la personnalité" chez Québecor dans lequel l'auteur met en cause les parents dans la survenue du trouble schizoïde chez l'enfant. Je ne sais pas ce que vaut cette thèse, mais ma compagne et moi, tous deux schizoïdes avons tenté deux approches différentes pour en parler à nos parents : à sa mère, nous avons fait lire tout le chapitre consacré au trouble, y compris la partie consacrée aux parents. La mère de ma compagne n'a pas voulu s'y reconnaître, ne reconnaissant dans les description que le père (divorcé).
A mes parents, nous avons choisi de nous montrer plus diplomates et de censurer cette partie parlant des parents. Les photocopies des pages vont partir par courrier d'ici quelques jours. Je ne veux pas faire de procès d'intention, mais il est très probable qu'ils réagissent en me culpabilisant, sans vraiment comprendre de quoi il est question.
J'aimerais avoir votre avis concernant ce qu'on doitet ce qu'on peut dire aux parents concernant les troubles de la personalité. Dans ce que dit J. Débigaré, il y a des propos qui peuvent blesser les parents. Aussi, je me demande s'il est vraiment nécessaire de tout leur expliquer au risque de les culpabiliser.

Je crois qu'il y a déjà eu débat autour de la responsabilité des parents sur le forum schizophrénie. C'est un débat douloureux. Ici, les troubles sont moins graves, mais les parents ne ressentiraient-ils pas aussi durement leur mise en cause quelque soit la gravité des troubles?
Et puis, quelle est la valeur de la thèse de J. Débigaré? Est-elle pertinente?

Bonne après-midi à tous,

Hervé

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  Liste des réponses à ce message

  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
 RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles Felipe 27-01-05 1
   RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles Pandore 27-01-05 4
   RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles dom45700 27-01-05 5
 RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles cilloux 27-01-05 2
   RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles cilloux 27-01-05 3
 RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles Aloes 28-01-05 6
   RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles cilloux 28-01-05 7
       RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles Iphigenie 29-01-05 8
           RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles Pinback 29-01-05 9
               RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles Laurence2 29-01-05 11
                   RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles Pinback 29-01-05 12
                       RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles Laurence2 30-01-05 14
           RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles Pandore 29-01-05 10
               RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles Iphigenie 29-01-05 13

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Texte des réponses

Felipe (634 messages) Envoyer message email à: Felipe Envoyer message privé à: Felipe Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-01-05, 15:22  (GMT)
1. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Bonjour Hervé,

Je crois que des parents culpabilisent toujours à l'annonce du diagnostic de leur enfant. La question de savoir s'ils ont agit comme il le fallait avec leur enfant est toujours présente. Ils n'y échappent pas, quoiqu'il arrive, quoiqu'on leur dise, car avoir un enfant est déjà quelque chose de culpabilisant. Le mettre au monde, c'est lui donner la possibilité d'avoir une vie heureuse. A chaque fois qu'un enfant est malheureux, même si ses parents n'y sont pour rien, ces derniers culpabilisent. Je dirais que c'est naturel.

Il vaudrait mieux que vous leur expliquiez en quoi ils ne sont pas responsables de vos troubles, car de toutes façons, votre éducation est arrivée à son terme, la question de savoir s'ils sont responsables ou pas ne regarde que vous. Pour eux, ça ne peut que les destabiliser.

C'est mon opinion.

Bonne journée.

Felipe.

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Pandore (1637 messages) Envoyer message email à: Pandore Envoyer message privé à: Pandore Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-01-05, 15:34  (GMT)
4. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Je crois que quand nous arrivons à un certain âge, les parents ne peuvent plus rien pour nous. C'est à nous de nous affranchir de leur influence, et d'essayer de faire évoluer l'image intériorisée que nous avons d'eux, qui est un héritage de l'enfance. Cela peut se faire au cours d'une thérapie longue.

Personnellement, comme je l'avais un peu écrit là http://www.atoute.org/dcforum/DCForumID20/1982.html les discussions que j'ai pu avoir avec ma mère n'ont pas été très concluantes, maintenant elle est âgée, et je n'ai plus envie de lui parler du passé. J'en parle avec mon psy, c'est suffisant.

Pandore

Non médecin, juste "patiente"
Modératrice de Santé Psy

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dom45700 (421 messages) Envoyer message email à: dom45700 Envoyer message privé à: dom45700 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-01-05, 18:33  (GMT)
5. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Bonjour,

J'ai une soeur (j'en ai 4) qui au moment de la quarantaine a fait "sa crise" accusant nos parents d'un manque d'amour qui lui occasionnait des gros problèmes des décennies après la fin de l'éducation parentale. A ce moment là chez moi, "ça roulait", je me souviens lui avoir dit, car mes parents culpabilisaient, que ses reproches ne servaient à rien, que si à 40 ans on avait des reproches à leur faire, c'est que l'on "n'était pas fini", et qu'ils étaient vieux, et que c'était du ressort des psy, je lui ai même donné une adresse et lui ai proposé de m'en parler si elle le désirait mais d'arrêter de les rendre malade, tout cela pour les protéger. Aujourd'hui, je pense plus qu'elle a un problème de toutes façons, d'où qu'il vienne.

Car quelque part, comme sa vie ne lui semblait pas agréable, elle recherchait un ou des coupables, car jeune elle n'avait pas oser s'assumer, pas osé crier, pas osé "fauter", ou peut être ne le pouvait elle pas, je ne sais pas trop.

Mais je pense aussi que ça ne sert à rien, qu'à faire du mal, et qu'une demande d'explication est légitime et peut faire avancer les choses, et s'il n'y en en a pas, faut passer outre, mais les accusations ne font que détruire.

Bonne soirée.

dominique

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-01-05, 15:29  (GMT)
2. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"

Bonjour,


il ne faut justement pas réagir en culpabilisant vos parents.

Hé hé, c'est con, hein ? Ben voilà, faut sortir de ce gros merdier de culpabilité qui nous contamine de génération en génération depuis Adam et Eve.

La culpabilité, on se l'enlève tout seul ou au contact de gens qui ne se culpabilisent plus (c'est rare mais y'en a, le tout c'est d'en trouver).

(là je vais légèrement dévier du sujet...)
Si on est tout seul, comment sortir de la culpabilité ?

Ben dans un premier temps, en la repérant. C'est le plus gros du boulot car la culpabilité n'est pas une émotion claire, limpide, qui s'impose à la conscience. On ne se rend pas compte que l'on se sent coupable et c'est ce qui en fait sa force.

Quand sommes-nous coupable ?

A chaque souffrance, à chaque mal-être. Si vous allez fouiller dans ce que vous ressentez, y'a toujours un endroit où vous vous dites "si je souffre, c'est que je suis bien con, c'est que je l'ai bien cherché, c'est que je n'ai pas fait comme il faut, c'est que je suis tordu, c'est que je suis malade, c'est que je...."

Donc l'exercice, c'est d'envisager que la souffrance que vous ressentez n'est pas "votre souffrance", elle ne vous appartient pas, elle n'atteint pas votre intégrité.

N'importe qui à votre place souffrirait de la même façon que vous, parce que vous n'avez pas le choix !

Pour rester concrêt, pratique, au prochain mal-être que vous ressentez, dites-vous que ce mal-être est extérieur à vous, que c'est une grosse merde qui vous empêche d'être l'homme génial que vous devriez être.
Je ne plaisante pas, vous savez très bien que sans souffrance vous seriez exceptionnel.

Et vous voulez priver l'humanité de vos talents, en vous résignant devant cette souffrance qui vous est tombée dessus ? Je refuse catégoriquement, nous refusons, nous avons besoin de vous heureux et bien dans votre peau.

Camarades, unissons nos forces pour éradiquer toute souffrance !

Pinback, quand vous aurez fini avec votre culpabilité, vous aurez un grand plaisir à balayer d'un revers de main la culpabilité de vos parents. Je commence à appliquer ça avec ma frangine (de 8 ans mon ainée), c'est un régal.

Cécile

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-01-05, 15:33  (GMT)
3. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Modifié le 27-01-05 à 15:34  (GMT)


NB : la lutte contre la culpabilité, c'est aussi de venir poster ici quand on en a besoin - sans culpabiliser - parce que c'est notre cause commune et que plus on sera heureux sur le forum, plus l'humanité en profitera.

Donc venez poster si ça vous fait du bien.

Vous avez l'obligation de poster si ça vous fait du bien.

Vous avez le devoir de faire tout ce qui vous fait du bien.

Cécile

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Aloes (653 messages) Envoyer message email à: Aloes Envoyer message privé à: Aloes Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
28-01-05, 00:13  (GMT)
6. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Bonjour Hervé,

-> "J'aimerais avoir votre avis concernant ce qu'on doit et ce qu'on peut dire aux parents concernant les troubles de la personalité."

Il n'y a pas une réponse générale à faire ici. C'est à chacun de voir ce qu'il désire dire ou non de ses troubles à ses parents, et pourquoi il le fait.

Personnellement, mes parents savent vaguement que j'ai connu quelques difficultés, mais je n'ai pas désiré leur parler plus en détail de ce que je vis, de ce dont je souffre et du suivi que j'ai. Je suis une femme de 33 ans, et cela, à mes yeux, ne les regarde pas.

Quant à la responsabilité des parents, dans le déclenchement des troubles de leurs enfants, je ne vois pas tout à fait le but recherché en se faisant. Les parents, pour la plupart, font ce qu'ils peuvent, avec les moyens qu'ils possèdent. Et une fois le trouble développé, même s'ils y ont contribué sans le savoir, n'apporte rien de plus, ni à celui qui souffre du trouble, ni aux parents, à moins de rechercher un coupable, afin de se déresponsabiliser, de s'assoir sur ses laurier, de se cantonner confortablement dans son trouble, en se disant que maman-papa en sont responsables. Et je n'ai pas le sentiment que ce soit le cas de la plupart d'entre nous qui écrivons sur le forum .

La plupart des troubles psychiques, ont pour origine un ensemble de circonstances, dont l'éducation peut faire partie, mais il y a beaucoup d'autres facteurs à considérer. La personnalité de la personne qui a le trouble, ses propres fragilités, son hérédité, les événements de sa vie, etc.

Certaines dynamiques familiales sont plus propices que d'autres, à favoriser la survenue de troubles psys, mais encore là, il faut tenir compte de données beaucoup plus larges, que la simple responsabilité des parents.

Bien à vous,



Aloès

littéraire et modératrice de Santé Psy (non médecin)

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
28-01-05, 00:48  (GMT)
7. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"

!

Ca y est Aloës, j'ai compris le rapport entre votre pseudo et votre image.

Bon, on a beau dire, les médicaments à haute dose, ça ralentit le fonctionnement du cerveau (je ne sais pas si ça revient).


Cécile

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Iphigenie (25 messages) Envoyer message email à: Iphigenie Envoyer message privé à: Iphigenie Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-01-05, 17:06  (GMT)
8. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Bonjour à tous,

Etant dans la phase d'acceptation de mon diagnostic (probablement des troubles schizo-affectifs), j'ai fait part à mon psy de mon besoin de comprendre l'origine de ma maladie. Il m'a dit que cela ne pouvait pas venir de l'enfance, de l'éducation... C'est plutôt biologique. J'ai eu tendance à culpabiliser mes parents car dans mon enfance, il y avait tous les ingrédients pour développer des problèmes psy, et pourtant j'ai mené ma barque comme un bon petit soldat jusqu'à 35 ans, âge de la survenue de mes premiers symptômes. Par contre, quand j'observe mon hérédité génétique, j'ai une tante qui a le même genre de symptômes que moi, et un grand-oncle que je n'ai pas connu mais dont on a toujours dit qu'il avait "un grain".
Par rapport aux parents, ce qui est difficile à vivre, c'est l'absence de volonté de comprendre et de compatir. Ce qui me blesse énormément par exemple, c'est la phrase lapidaire "Elle doit prendre ses médicaments" et la discussion qui se clôt. Je les prends scrupuleusement, mes médicaments, mais je trouve souvent très injuste que cette maladie soit tombée sur moi alors que mon entourage familial ne fait rien pour soigner ses multiples névroses.
Bien souvent, c'est encore à moi de les écouter se lamenter de leurs petits problèmes.
Et vous, comment vivez-vous le fait d'avoir des troubles psy par rapport à votre famille ?

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Pinback (205 messages) Envoyer message email à: Pinback Envoyer message privé à: Pinback Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-01-05, 17:58  (GMT)
9. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Bonjour Iphigénie,

Je crois finalement qu'il est excessif de vouloir mettre autant les parents dans la survenue du trouble shizoïde que dans le livre de J. Débigaré.
On peut en convenir, et mes parents l'acceptent, il peut y avoir un climat familial favorable au trouble. Par exemple dans ma famille, c'est la présence de ma grand-mère et son fort caractère, sa manière d'intervenir dans nos affaires familiales. Mes parents en sont tout à fait conscient. cEla expliquerait le mal-être que vit mon frère, sans pouvoir dire s'il est comme moi malade ou non.
En même temps, on ne peut pas tout mettre non plus sur le facteur biologique et génétique. Sans quoi, je serais bipolaire comme ma tante. Il y a sûrement une prédisposition génétique, mais ce n'est qu'une prédisposition. Le climat familial a fait le reste. Dans les deux cas, il y a de quoi culpabiliser les parents dans la mesure ou dans un cas ils n'auraient pas fait ce qu'il fallait, dans l'autre ils auraient transmis les mauvais gênes.
Ce qu'il faut, c'est savoir ne pas trop les culpabiliser par ce qu'ils font ce qu'ils peuvent faire, pas ce qu'on aurait aimé que dans l'idéal ils fasse. C'est également mauvais de trop les culpabiliser dans la mesure où ils font partie de la psychothérapie et que ce serait contreproductif de les mettre en accusation.

Voilà où j'en suis de mes réflexions.

Amicalement,

Hervé

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Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-01-05, 19:14  (GMT)
11. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Bonjour Hervé,

je crois qu'il ne faut pas mélanger culpabilité et découverte de l'origine des troubles. Souvent les parents le prennent mal quand on dit que tel ou tel comportement aurait pu faire du mal à l'enfant (sans qu'ils le veuillent). Mais comprendre ce qui s'est joué dans nos relations ne veut pas dire culpabiliser, il ne s'agit pas de jeter la pierre, mais juste de comprendre pour pouvoir améliorer les choses et les dénouer. Je pense que nous faisons tous du mal aux autres sans le vouloir, les parents n'échappent pas cette régle, et c'est dommage que souvent ils ne veulent pas la savoir, se sentent culpabiliser.

Amitiés,

Laurence

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Pinback (205 messages) Envoyer message email à: Pinback Envoyer message privé à: Pinback Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-01-05, 21:15  (GMT)
12. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Bonsoir Laurence,

Je comprend ce que tu veux dire. Si on prend un exemple qui nous est proche, Hélène (Rose Noire) s'est beaucoup reconnue dans le processus à l'origine des troubles que décrit l'auteur. Elle a voulu faire lire le chapître à sa mère qui n'a absolument pas voulu se reconnaître dans le rôle de la mère décrit. Pour elle, c'était comme s'attaquer à elle, donc une manière de la faire culpabiliser. Or, ce que voulais Hélène, ce n'était pas faire porter la faute sur quelqu'un mais expliquer l'origine des troubles.

Dans mon cas, il était évident dès le départ que l'on ne pourrait pas faire lire à mes parents le chapitre les mettant en cause, et ce pour la bonne raison qu'il y avait en plus ma grand-mère dans le jeu familial. C'est une situation beaucoup plus complexe que celle décrite dans le livre. On ne peut donc pas faire de relation directe entre le processus généralement constaté et celui qui m'a rendu schizoïde. Aussi, leur envoyer ces pages serait revenu à nier le contexte particulier de ma famille et faire reposer la responsabilité sur mes parents seuls alors qu'on sait qu'il faut compter avec au moins deux facteurs supplémentaires : la Reine Mère (ma grand-mère) et le terrain génétique, puisque j'ai une une tante psychotique.

Si je fais -involontairement- le mélange entre comprendre l'origine de ses troubles et culpabiliser ses parents, c'est que les sources expliquant que les parents ont une influence néfaste sur leur progéniture, par exemple dans l'évolution de la schizophrénie, me sont montée à la tête. Je ne sais si j'ai mal lu ou mal compris, mais j'ai fais dans ma tête l'amalgame entre "parents à l'origines des troubles par leurs fautes d'éducation" et "c'est mal ce qu'ils ont fait". Je pense que c'est la même chse pour beaucoup de monde. Les parents ont ainsi du mal à comprendre que l'on ne veut pas les mettre en accusation, mais comprendre un processus.

Ta remarque était fort judicieuse, Laurence. J'espère que de nombreux parents sauront la lire.

Amitiés,

Hervé

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Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-05, 00:49  (GMT)
14. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Comme dit Bettelheim, même si les parents ont donné peu de soin à leur enfant, ont été maladroits ou blessants d'une manière et d'une autre, c'était peut-être tout ce qu'il pouvait faire à l'époque. Ils ont fait tout leur possible même si ce possible était loin du suffisant ou du normal, c'est sans doute pour ça que les parents prennent mal les remises en cause.

Amitiés,

Laurence

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Pandore (1637 messages) Envoyer message email à: Pandore Envoyer message privé à: Pandore Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-01-05, 18:08  (GMT)
10. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Bonsoir Iphigénie,

Concernant la schizophrénie et des troubles schizo-affectifs, à la date d'aujourd'hui on n'a pas encore prouvé une origine génétique simple. L'hypothèse actuelle, c'est plutôt qu'il y a plusieurs facteurs génétiques et des facteurs environnementaux. Jusqu'à preuve du contraire, ce sont des maladies biologiques et psychologiques. Donc pour l'instant il vaut mieux ne pas être trop péremptoire quand on parle de l'origine des troubles mentaux .

Et ce n'est pas parce qu'on prend bien son traitement qu'on n'a pas le droit, de surcroît, comme tout un chacun, d'exprimer sa souffrance, de nommer les événements du passé qui entrent en résonnance avec ce qui est vécu dans le présent, et d'essayer de comprendre un peu mieux son fonctionnement psychique. Cela ne peut pas faire de mal, bien au contraire.

Pour répondre à ta dernière question, je ne parle jamais de mes problèmes avec ma famille : ils ne sont pas branchés psy. J'en parle juste à mon psychiatre, à mon mari qui a également des problèmes psychiques, et sur les forums .

Cordialement,

Pandore

Non médecin, juste "patiente"
Modératrice de Santé Psy

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Iphigenie (25 messages) Envoyer message email à: Iphigenie Envoyer message privé à: Iphigenie Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-01-05, 21:20  (GMT)
13. "RE: Mise en cause des parents dans la survenue des troubles"
Bonsoir et merci Pandore et Hervé pour vos réponses.

Je n'ai pas encore trouvé la bonne façon de faire pour parler de ma maladie. Mes parents ont très peu de culture, ne lisent pas du tout, et parler psy avec eux ne sert à rien. Ils ne connaissent que l'internement et les médicaments pour masquer les problèmes. Quelque part, je pense que cela les rassure de se dire que ma maladie puisse être héréditaire. Cela les dédouane des très grandes erreurs qu'ils ont faites dans notre éducation, dont moi j'ai pris conscience au fil de trois années de psychothérapie. Mais c'est un sujet tabou. Même mes soeurs ne veulent pas en entendre parler.
Je pense que mon mari a aussi des troubles psychiques, mais il ne veut pas le reconnaître. Ma maladie a bon dos. C'est moi qui me fais soigner et c'est lui que l'on plaint.
J'apprécie ce forum où je peux lire et m'exprimer sur des préoccupations qui touchent peu de personnes autour de moi. Beaucoup de mes proches sont névrosés, mais ils sont dans le déni, et je crois que cela les rassure de voir quelqu'un estampillé "malade psy", donc plus atteint qu'eux.
Ce que tu dis de ta grand'mère, Hervé, a une résonnance en moi. La mienne a complètement faussé notre relation avec notre mère. Notre mère avait tant de problèmes avec la sienne qu'elle n'a jamais eu d'écoute pour nous. Nous étions chargées de la consoler, mais jamais l'inverse.
Je me dis que le décès de ma grand'mère en juin n'est pas pour rien dans ma rechute en juillet. C'est comme si la donne familiale était brusquement changée. Jusqu'ici, je n'avais connu ma mère que comme fille de la sienne...

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