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"On néglige le stress post-traumatique"

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andrea68 (VNI) (14 messages) Voir addresse IP de cet auteur
02-11-04, 15:12  (GMT)
"On néglige le stress post-traumatique"
Bonjour,

Oui, c'est une réalité, le diagnostic de stress post-traumatique est rarement posé par les médecins. Je ne sais pas si il s'agit d'une méconnaissance du sujet ou d'un oubli de cette pathologie (j'ignore si on peut qualifier ce stress de pathologie).
En voici la définition:
" Il s'agit d'un ensemble de réactions (ou symptômes) qui peut se développer chez une personne après qu'elle ait vécu, été témoin ou confrontée à un traumatisme, c'est-à-dire un événement qui a provoqué la mort ou de sérieuses blessures ou qui impliquait une menace de mort ou de graves blessures et qui a suscité une peur intense, un sentiment d'impuissance ou d'horreur. Un tel événement peut être un accident, une agression violente, un viol, un hold-up, une prise d'otage, un incendie, un tremblement de terre, une inondation, etc. "

Cet état psychologique est rarement mentionné par les médias, donc peu connu du grand public qui à tendance à confondre stress post-traumatique et dépression. Je voudrais illuster par mon histoire ce que ce stress implique. Si j'en parle ainsi, c'est que je l'ai vécu et que même 3 ans et demi aprés, j'ai dû mal à m'en remettre. Mon fils de presque 3 ans à fait une terrible hémorragie interne suite à l'ablation des amygdales (c'est une chute d'escarre). A 3 d'hémoglobine, il s'en est sorti d'extréme justesse. Ce qui est dur, c'est, outre le fait de savoir son enfant gravement malade, d'assister à des "choses". J'ai vu mon enfant vomir son sang et en éclabousser le mur et les médecins .J'ai entendu les médecins discuter de son cas en disant que sa vie était en danger, j'ai vu quand il a commencé à plonger dans le coma. Et ces images restent tellement gravée en moi que je ne peux plus les ôter. J'ai cru un moment (au bout de 6 mois) que j'arriverai à refaire surface. J'arrivais de nouveau à dormir et je ne revivais plus sans arrêt ces scènes. Je pouvais même regarder la télé sans que la moindre goutte de sang ne m'évoque ce drame. Et puis, mon fils à failli se noyer, s'est disloqué le coude, s'est fracturé l'orbite, s'est fait agresser à coup de cutter (il n'a que 6 ans) et j'en passe. Je suis régulièrement aux urgences. Et je n'arrive plus à garder mon sang-froid quand des petits mlheurs "normaux" se produisent (comme la classique suture de l'arcade sourcillière). J'ai cru que je ne pourrais pas revivre ça, et pourtant... mon bébé, alors agé de 2 mois à fait une méningo-encéphalite. L'IRM a montré une anomalie cérébrale dûe à une hémorragie in-utro. Presque paralysé d'un côté, j'ai dû le réeduquer tous les jours. Bien que condamné à des séquelles par les pédiatres, il est aujourd'hui parfaitement normal (il a 18 mois).

Voilà en gros mon histoire. J'en ai sauté quelques passages, ce serait beaucoup trop long sinon. Mais aujourd'hui, je me rends compte que cela empire. Mon médecin me dit que ce n'est pas grave, qu'il faut que le temps passe. Mon mari trouve que je pense trop à ces évenements que tout est bien qui finit bien. Mes amis en ont marre que je parle souvent de ça (en tout cas, c'est l'impression que j'ai).Je me trouve nulle de ne pas parvenir à faire un trait sur tout ça. J'adore la série "Urgences"(lol), mais je pleure comme une madeleine dés que je vois un enfant accidenté. J'ai même coupé des ponts avec des amis car je me sentais trop mal pour communiquer avec eux. Pourtant, je ne fais pas de dépression. Je suis bien dans ma peau mais...je repense toujours à ce qui s'est passé et ça court-circuite mes relations. Même aller dans l'hôpital et voir la salle où mon fils s'est vidé de son sang est une épreuve pour moi. Mais je crois que le pire, c'est de revivre ça sans arrêt: j'entends encore les voix des médecins, le bruit que faisait mon gamin en se vidant de son sang, le froid de la nuit en allant dans l'ambulance...Chaque 17 juin (jour de "l'accident") est un cauchemar. Je revis minute par minute ce qui s'est passé. Pourtant j'essaie de lutter contre ces sentiments. Mais c'est plus fort que moi.
Et il n'y a pas longtemps, j'ai découvert ce qu'était le stress post-traumatique. Je croyais que ce terme ne pouvait s'appliquer qu'aux victimes d'attentats par exemple. Mais pas du tout. Le fait d'avoir vécu un évenement traumatisant, de quelque nature que ce soit, peut déclencher un stress post-traumatique.
Le lien ci-dessous décrit parfaitement bien les rouages du stress post-traumatiques:
http://www.psychomedia.qc.ca/sdos1men.htm
J'espère arriver à mieux faire connaitre et comprendre cet état. Et maintenant, je vais en parler à mon médecin et me faire traiter car il y a peu de chances que ça parte tout seul! J'aimerai qu'il y ait dans tous les hôpitaux des psychologues qui accompagneraient les parents le désirant lors de la maladie( je parle de maladies graves) ou de l'accident de leur enfant. Que ces parents soient informés de la réalité du stress post-traumatiques pour qu'ils ne laissent pas trainer si des symptômes se manifestent. J'aimerai aussi que les médecins soient plus informés de cet état et y pense quand le patient à été soumis à un évenement traumatisant pour lui.
Merci à ceux qui auront été assez courageux pour me lire jusqu'au bout!!

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