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Sérologies SARS-CoV-2 COVID19, pourquoi ? Chez qui ?

Quand faudra-t-il faire une sérologie COVID19 ?

Première publication : mercredi 6 mai 2020,
par Dominique Dupagne

Le déconfinement arrive, et avec lui, une avalanche de demandes d’ordonnances pour faire une analyse sérologique au laboratoire et savoir si l’on a été contaminé ou non par le SARS-CoV-2. Ce n’est pas aussi simple. J’ai choisi la forme d’un dialogue avec un patient pour expliquer la problématique de ces tests.

EDIT 29 mai 2020 : Cet article est périmé. Les progrès des tests sanguins disponibles les rendent plus fiables.

Bonjour, docteur, comment allez-vous ? Avec moi, ça va être rapide, je viens juste chercher une ordonnance de test pour le Covid

Je vais bien merci, mais pourquoi voulez-vous faire ce test ?

Et ben pour savoir si j’ai eu le COVID-19 !

J’imagine que vous voulez vérifier si vous avez été contaminé, parce que si c’est le cas, vous seriez sûr de ne plus risquer de tomber malade et de ne plus pouvoir contaminer vos proches ?

Oui, c’est bien à ça que ça sert ?

Les tests sérologiques peuvent en effet servir à ça, mais là, pas vraiment.

Comment ça ?

Le test sérologique au laboratoire consiste à détecter et doser dans votre sang les anticorps que votre système immunitaire a fabriqué contre certains antigènes spécifiques de ce virus. Ces antigènes sont des morceaux de virus caractéristiques du SARS-Cov-2 qui permettent de ne pas le confondre avec un autre virus. Ce test s’appelle une sérologie.

C’est bien ce que j’avais compris, et donc c’est une sérologie que je veux. On m’a dit qu’elle n’est pas remboursée mais qu’on peut la faire avec une ordonnance.

Oui, cela coûte une quarantaire d’euros. Mais avant de vous prescrire cette analyse, il faut que vous sachiez des choses importantes. Tout d’abord, si la sérologie montre la présence d’anticorps, cela ne veut pas dire que vous êtes immunisé contre le virus.

Comment ça, mais vous venez de me dire le contraire ?

Je vous ai dit que la sérologie détecte et mesure un taux d’anticorps spécifiques. Leur présence éventuelle signifiera que votre organisme a rencontré le virus, c’est une “trace de passage”, mais cela ne veut pas dire avec certitude que votre organisme est protégé à court terme contre une nouvelle infection. C’est probable, mais pas sûr à 100%.

Ah bon, même si on a beaucoup d’anticorps ?

Oui, on ne connaît pas le seuil, le taux minimal qui permettrait d’affirmer qu’il existe une protection suffisante. On n’a pas assez de recul pour le dire actuellement.

Ah zut, c’est justement pour ça que je voulais faire le test !

Et ce n’est pas tout, il y a anticorps et anticorps…

C’est quoi ça encore ?

Il y a les anticorps “signature”, ceux qui prouvent votre contact avec le virus, mais ce qui est intéressant, c’est de connaître votre taux d’anticorps “neutralisants”, c’est à dire capable de tuer le virus.

Ce ne sont pas les mêmes ?

Non. Les analyses sérologiques qui permettent d’évaluer le caractère neutralisant des anticorps sont différentes de celles utilisés en routine. Il faut pour cela tester l’effet de votre sérum sur des virus vivants, c’est assez compliqué.

Ah bon, il y a aussi plusieurs test sérologiques ?

Oui, plusieurs centaines, de différents types, et à différents stades de leur validation par les Agences sanitaires de différents pays. Ceux qui sont disponibles actuellement en laboratoire de ville sont des tests qui détectent uniquement des anticorps “signature”.

Ça devient compliqué !

C’est pour ça que je voulais en parler avec vous. Nous en sommes au tout début de l’histoire de ces sérologies SARS-CoV-2.
Et en plus leur fiabilité n’est pas parfaite.

Comment ça ? Ils ne sont pas fiables à 100% ?

Non, comme la majorité des tests.
Les critères imposés en France sont une sensibilité de 90% et une spécificité de 98%.

Bon ben ça paraît pas mal... Mais ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que le test détecte des anticorps spécifiques du SARS-CoV-2 chez 90% des gens qui l’ont attrapé, et n’en détecte pas chez 98% de ceux qui ne l’ont pas eu. C’est bien, mais cela veut dire aussi que 10% des contaminés auront un test négatif à tort, et que 2% des non-contaminés auront un test positif à tort.

OK, ça me paraît acceptable. On le fait quand même ?

Si vous voulez, mais je vous conseille d’attendre pour pouvoir choisir le meilleur test plutôt que le premier disponible. C’est l’affaire d’une dizaine de jours pour y voir plus clair. D’ailleurs, à ma connaissance, vous n’avez jamais eu aucun symptôme de COVID-19 ?

Non, mais je l’ai peut-être eu sans m’en rendre compte, c’est fréquent, non ?

Oui, mais les sérologies actuelles sont peu utiles dans votre cas.

Et pourquoi ça ?

Je vous ai parlé d’une spécificité de 98% pour les tests actuels, c’est à dire que 2% des gens non contaminés ont une sérologie positive à tort. Et bien si on fait cette sérologie chez quelqu’un comme vous, qui n’a a priori qu’environ une “chance” sur cent d’avoir été contaminé, un résultat positif est peu fiable. En effet, si on réalise une sérologie chez 100 personnes dans votre situation, il y aura un contaminé qui sera positif, mais aussi 2% de faux positifs chez les 99 autres. Deux non-contaminés seront positifs aussi, mais à tort. Cela veut dire qu’en moyenne, si on réalise le test chez 100 sujets comparables à vous, il y aura trois positifs, dont un seul contaminé.

J’ai rien compris...

Bon, c’est vrai que c’est un peu compliqué, cela veut dire que si vous êtes positif, vous n’aurez qu’une “chance” sur trois d’avoir été réellement contaminé, 33%, ce qui n’est pas très intéressant.

La capacité du test à faire un bon diagnostic n’est pas la même chez ceux qui ont eu des symptômes et les chez les autres. Le même type de calcul montre qu’en revanche, chez un sujet qui a eu des symptômes typiques de la malade COVID-19, un test positif indique une probabilité d’avoir été contaminé supérieure à 90%. Là, ça vaut le coup de le faire pour confirmer l’infection si on n’a pas eu de test PCR (nasal) pendant la maladie (voir le tableau plus bas)

Et les futurs tests seront meilleurs ?

Oui, on annonce pour bientôt des tests sensibles à 100% et spécifiques à 99%.

Bon, je vais peut-être attendre alors...

C’est ce que je vous conseille. Dans une quinzaine de jours, la situation sera plus claire. Les meilleurs tests seront identifiés et disponibles en ville. De toute façon, comme le test, quel qu’il soit, ne permettra pas d’avoir la certitude d’être immunisé/protégé efficacement, il faudra continuer à respecter les mesures barrières jusqu’à nouvel ordre.


Informations complémentaires

Il faut environ quinze jours après les premiers symptômes pour que les anticorps atteignent un taux suffisant pour être détectés de façon fiable. Les tests sérologiques ne sont pas destinés à faire le diagnostic chez un sujet malade. Dans ce cas, on peut utiliser en cas de doute le test nasal qui détecte la présence du virus (PCR).
Je ne tiens pas compte des indications officielles du test sérologique telles que précisées par la HAS. J’estime que chacun, après une information claire, doit pouvoir réaliser un test à ses frais s’il le désire. Il n’y aura pas de pénurie de tests sérologiques.
J’ai expliqué qu’un test positif chez un sujet n’ayant jamais été malade n’a que 33% de “chance” d’être fiable. En revanche, un test négatif affirme à 99,9% l’absence de contamination. Chez ceux qui n’ont eu aucun symptôme, seul un résultat négatif est digne de confiance. En revanche, chez un sujet qui a été malade, un test positif est très fiable (et un test négatif aussi). Voici un tableau qui en dit plus :

Pour ceux qui veulent approfondir, trois sources importantes :
- Un communiqué de l’Institut Pasteur.
- Un rapport de la Haute Autorité de Santé, moins synthétique, mais très complet.
- Une analyse "profonde" et passionnante de la problématique des anticorps dans les maladies à coronavirus/

Cet article sera mis à jour régulièrement. Suivez-moi sur Twitter pour être informé

Vous pouvez également lire ma synthèse sur la maladie COVID19 https://www.atoute.org/n/article383.html

Messages

  • Vraiment merci pour ce texte. Vous partez du principe que les gens qui n’ont eu aucun symptôme n’ont que 1% de risque d’avoir été infectés ? Cela parait peu

  • Bonjour Dr Dupagne
    merci pour ces riches informations toujours très claires.
    Quand les tests deviendront plus fiables est ce qu’il vous paraît utile/pertinent de se tester quand on a eu durant l’hiver des symptômes « bizarres » :
    - pour ma part maux de têtes durant un mois en février/mars nécessitant la prise de doliprane quasi quotidienne accompagné d’une légère toux, d’un rhume et douleurs dorsales non habituelles
    - pour ma fille toux et rhino début mars
    sachant que nous sommes 4 dans la famille et que les deux autres n’ont absolument rien déclaré.
    merci d’avance

  • Bonjour. Merci pour ces explications, très claires et pédagogiques. Pour les 3 premières catégories de personnes (personnes ayant eu des symptômes légers, soignants, cas contacts), la VPP > 80% et la VPN > 98% inciterait donc à se faire tester. Mais, en réalité, cela servirait-il à quelque chose ? À vous lire, pas vraiment.

    J’appartiens à la 1ère catégorie (symptômes "légers", ou du moins n’ayant nécessité aucun soin sinon du paracétamol, et pas de test PCR), et ma curiosité naturelle m’incite à demander un test sérologique pour vérifier ce qu’il en a réellement été. Mais, si je suis testé positif, comme cela est probable, quelle utilité tirerai-je de cette information ?

    Si la réponse est "aucune", pourquoi les tests actuellement disponibles sont-ils alors commercialisés ? Surtout si demain des tests plus sensibles et plus spécifiques seront disponibles…

    Merci de votre réponse éventuelle !

    • Bonjour
      C’est une bonne question ;-)
      Disons que la probabilité d’être réinfecté n’est pas nulle, mais qu’elle est très faible. Et puis il y a la curiosité.

  • Bonjour Dominique dupagne et merci d’avoir abordé cette question
    en tant que soignante j’ai juste un peu toussé après retour du Sri Lanka en mars (peu de cas à l’époque et bien moins qu’en France )
    je suis passé par 2 aéroports et un de mes frères parisiens a vraisemblablement fait une covid en mars une semaine après mon passage
    jusqu’ici pas de tests à disposition et j’ai porté mes masques au travail
    je me demande quand même si je n’ai pas fait une forme paucisymptomztique
    sans fièvre je n’ai pas été testée par PCR
    le seul moyen de savoir serait donc de faire une sérologie ?
    mais quel intérêt à posteriori si il faut continuer masque et mesures barrières sinon assouvir mon insatiable curiosité me dit ma collègue ?
    ça ne changera pas mon attitude au travail ?
    de surcroît les anticorps ne semblent pas forcément être protecteurs
    Si la sérologie est plus fiable en sensibilité et spécificité dans le futur pourront nous en tirer des conséquences pratiques quelconques ?
    merci de nous éclairer

    • Bonjour
      Voir ma réponse à Alain plus haut. Pour le reste, comme je je le dis dans l’article, on en saura plus dans quelques semaines, ou mois... Pour mieux comprendre, lire l’article du VIDAL dans les références.

  • Merci beaucoup cher ami pour ces explications claires que j’attendais impatiemment. Mon médecin a refusé de me tester et je comprends mieux pourquoi aujourd’hui.
    En revanche partisane des vaccins j’ai maintenant des doutes quant à l’efficacité d’un vaccin. Pourriez-vous nous éclairer sur ce point ?
    Sentiments confraternels
    M C MARTINA -MACGREGOR

  • Bonjour,
    Merci pour cet exemple article d’une qualité et d’une précision excellente.
    Un peu de données claires et fiables, avec des réponses sur la durée sont de vrais mines de réconfort.
    Au plaisir de lire vos prochains articles.
    Cordialement,

  • Bonjour Docteur,

    Merci pour ce texte très clair.

    J’ai une question : je vous cite en réponse à

    6 mai, 17:06, par Dominique Dupagne
    Bonjour
    Les symptômes bizarres avant le 10 janvier ne peuvent pas être une COVID19.

    Comment pouvez-vous être certain de votre date du 10 janvier ? Plusieurs athlètes militaires dont des français, lors des Jeux de Wuhan en octobre, ont été malades pendant leur séjour et une au retour dans leur pays respectif ?
    Bien cordialement.

  • Merci pour cet article très clair !

    Personnellement, je suis vaccinée contre la grippe comme chaque année et cette année, après un déplacement dans l’Est fin janvier, mon mari (non vacciné) a été malade (assez rapidement après son retour de déplacement), dans la foulée, je l’ai été, nous avons pensé avoir eu la grippe tous les deux, et comme j’étais vaccinée, je me suis dit que c’était la faute à "pas de chance", que je faisais partie des patients vaccinés qui passent à travers les mailles du filet.
    Nous avons eu fièvre (mon mari en a eu plus que moi et au départ, il est resté couché 36 h sans bouger du lit alors il n’est jamais malade), courbatures, maux de tête et surtout j’ai eu une très vilaine toux, j’étais aphone pendant une dizaine de jours... Ayant des enfants dont un asthmatique, nous avons très vite mis en place des gestes barrières quand les enfants étaient à nos côtés (masques et lavage de mains notamment) et avons travaillé à la maison en évitant de sortir (de toutes manières, nous avons mis du temps à nous en remettre, j’ai longtemps gardé une gorge irritée, encore maintenant alors que ça fait trois mois)... Serait-il pertinent de faire le test, surtout si, comme une étude préliminaire chinoise l’indique, il est possible que nous développions, une fois guéris, une immunité neutralisante.... qu’en pensez-vous ? Il faudrait une ordonnance du médecin, c’est bien cela ? Pas de risque avec une immunité croisée du fait que je sois vaccinée contre la grippe (je ne pense pas, mais je préfère demander...) ? Je ne vais pas forcément aller chez le médecin pour ça, mais c’est troublant...
    Merci de votre réponse.

  • M a g n i f i q u e votre explication de la performance des tests serologiques au travers d’une Cs fictive..
    Un grand bravo et merci

  • Bonjour,

    Quelle est la fiabilité/précision du PCR ? Parce que d’après ce que j’en ai ouï dire par une cousine infirmière en hôpital, et surtout d’après une étude chinoise sur le sujet :

    http://html.rhhz.net/zhlxbx/017.htm, c’est pas top du tout, encore moins que la sérologie.

    Est-ce que ça s’est amélioré récemment ?

  • Merci c’est plus clair

  • Bonjour, très bonne explication sur la loi des grands nombres
    Mais de faàon pratique, d’ici peu pourra t on se présenter à un LAM et faire réaliser le test sérologique sans ordonnance ?
    J’ai le droit de connaitre mon groupe sanguin, mon statut VIH, mon statut tuberculose, etc...
    Pourquoi ne pourrais je pas connaitre mon statut Sars-CoV2 (avec les probabilités indiqués clairement selon le test utilisé) ?
    Et en le réglant pour ne pas charger l’assurance maladie

  • Merci bcp pour ces informations éclairantes. mes deux enfants et moi avons présenté des symptômes ORL entre mi février et mi mars. Pas de test à ce moment là nous avons respecté l isolement. J’irai probablement faire le test quand il sera précis.

  • Merci pour ce colossal travail très bien exposé et argumenté
    Medecin généraliste , j’aurais aimé avoir depuis le début de l’épidémie ces explications claires et précises , afin d’en faire bénéficier mes patients
    Seul point d’interrogation ? l’intrication des AINS avec des cas graves ( réanimation) chez des personnes jeunes en bonne santé / plusieurs cas dans notre région / existe t il une étude sur ce facteur de risque
    Pour ma part , aucune prescription d’AINS depuis deux mois
    Encore un grand merci confraternel pour ce super exposé

  • Cher confrère
    Un grand merci pour cette mise au point très clair et très utile dans ma pratique médicale.
    Il faut vraiment chercher la bonne information car depuis mi-mars, nous sommes, médecins généralistes, un peu laissés au front avec des instructions contradictoires.
    Cordialement
    Dr Yannick François

  • Je pense que mon enfant a eu le truc le 20 janvier, pour ma part le 27 janvier, un collègue environ aussi une semaine après moi, puis le mari d’une collègue au même moment :
    - courbature de malade !!!
    - fièvre +38
    - maux de ventre
    - extrême fatigue pendant 2 jours (dormir dormir dormir)
    - un mois plus tard difficulté importantes au ski essoufflement anormal, abandon du ski les jours suivants
    Bien sûr sur le moment, impossible de penser au truc, c’est en écoutant les symptômes possibles aux infos que rétrospectivement on a pensé au truc.
    Dans notre cas il faut attendre de meilleurs tests…

  • Le test Roche commence à être disponible en ville. C’est un test suffisamment performant pour être réalisé chez quelqu’un qui n’a pas eu de symptômes https://www.sciencesetavenir.fr/sante/systeme-sanguin/covid-19-un-premier-test-sanguin-fiable-a-99-8-de-roche-approuve-par-la-fda_144042

    Son nom de marque est Elecsys Roche et figure sur le résultat qui vous est remis.
    Je n’ai pas de lien d’intérêt avec Roche.

  • J’ai interrogé mon labo habituel (fiabilité, spécificité), voilà la partie pertinente de la réponse :
    "Les sérologies actuellement sont réalisées au sein de nos Laboratoire sur les tests rapides BIOSYNEX qui sont parmi des tests répondant aux exigences du CNR.
    Il est très spécifique et sa sensibilité est supérieure à 95 %

    Maintenant un test sérologique, aussi bon qu’il soit, ne peut que vous indiquer un "contact" avec le virus, sans pouvoir le dater et sans vous renseigner sur votre éventuelle contagiosité ou capacité à être à nouveau contaminé ou pas (immunité inconnue actuellement)."

    Bon...

    Je crois pouvoir en déduire que le test ne permet pas de "quantifier" la réaction de mon système immunitaire ?
    Le test "Elecsys Roche" que vous évoquez le permet-il ?
    Et donc, sous toutes les réserves déjà débattues (pas de preuve d’immunité pour l’instant, comme d’ailleurs le dit mon labo etc), augurer potentiellement d’une bonne/mauvaise immunité ?

    • Bonjour
      Le test Elecsys Roche (et d’autres bientôt sans doute) a une spécificité de 99,8% ce qui est énorme car cela veut dire que le taux de faux positifs passe à 0,2%. Dans ces conditions, en reprenant le calcul fait dans le billet ci-dessus pour un sujet n’ayant pas eu de symptômes, la valeur prédictive positive pour un test positif passe de 33% à 83%, ce qui constitue une différence notable ! (c’est la probabilité pour avoir été malade si le test est positif)

      Ce qui compte, ce n’est pas la sensibilité qui est toujours élevée, mais la spécificité, que le laboratoire ne vous a pas précisée.

      Et on ne sait toujours pas avec certitude si la présence d’anticorps est une garantie à court ou moyen terme pour une réinfection ou une transmission.

  • Pour compléter nos échanges et confirmer la nécessaire prudence dans l’interprétation et l’utilisation des tests SEROLOGIQUES, voici les précisions qui figurent sur la feuille d’analyse d’un labo (c’est moi qui souligne) :

    "Le test [...] est un test qualitatif de recherche d’IgM et d’IgG anti−COVID−19. Il ne permet pas une mesure quantitative du taux de ces anticorps. Au stade actuel des connaissances, il s’agit d’un test à vocation épidémiologique et non diagnostique."

    Il précise également :

    "Un résultat négatif n’exclut pas une infection par le COVID−19. En cas de suspicion, à contrôler 30 jours après le début de la symptomatologie.
    La production d’IgM et/ou IgG est détectable chez les patients symptomatiques à partir de la 2e semaine suivant l’apparition des symptômes. La cinétique de production est mal caractérisée chez les patients asymptomatiques ou pauci−symptomatiques : des cas de production tardive d’anticorps jusqu’à 30 jours après infection ont été décrits. (HAS 16/04/2020).
    La présence de facteurs rhumatoïdes peut être à l’origine d’une réaction faussement positive. Les résultats obtenus chez les patients immunodéprimés doivent être interprétés avec prudence (faux négatifs possibles).
    Tout patient symptomatique, même si le résultat de l’examen est négatif, doit continuer à appliquer les mesures barrières vis à vis de son entourage, en particulier des personnes fragiles et se considérer comme potentiellement contagieux jusqu’à totale disparition des symptômes."

    Bien sûr, chaque labo utilise des tests aux caractéristiques différentes, certains ayant également vocation à mesurer "quantitativement" la présence des IgM ou IgG.
    (j’essaie d’avoir d’autres feuilles d’analyse d’autres labos).
    Cela ne veut pas dire que tester à grande échelle est totalement sans intérêt dans la population globale...Comme le dit ce labo, le test a un intérêt épidémiologique, en permettant d’avoir une vision plus précise de la circulation du virus dans la population, même si une certaine proportion des tests donne un résultat erroné.
    Mais, à titre individuel, il est souhaitable d’avoir accès à des tests plus fiables.

  • Bonjour,
    Merci pour votre travail. Deux questions :
    Une personne immunodéprimée (lymphopénique) ayant présenté une toux monumentale et une grosse fatigue durant trois semaines (fièvre non prise et ni anosmi, ni agueusie) peut-elle se faire tester en sérologie si elle a une ordonnance médicale ?
    En éspérant se comporter comme les macques cités par Kirkaldy...
    Y a t il quelque part une liste des laboratoires utilisant telle ou telle technique ? Roche au hasard...
    Merci,
    jMb

    • Bonjour
      Cet espace de commentaire n’est pas le lieu pour des avis personnalisés.
      Non, il n’y a malheureusement pas de liste de laboratoires avec la nature des tests pratiqués, mais ça pourrait venir !

  • Cette argumentation est spécieuse et suppose que l’on a déjà une idée du résultat du test...ce qui est contre l’usage d’un test effectivement.

    Si un test est peu fiable, il suffit de le refaire 2 ou 3 fois pour qu’il le devienne...
    Mais il faut faire des tests, beaucoup de tests même.

  • J’ai l’impression qu’on n’est pas sortis des débats sur les tests : https://www.bmj.com/content/369/bmj.m2000
    Au moins, il a été procédé à des vérifications réelles (pas seulement un contrôle sur dossier) avant approbation, semble-t’il, par les autorités anglaises.
    Espérons que les "Autorités de Santé" font aussi bien que possible leur boulot de vérification.
    Certes il y a urgence et le tâtillonnage administratif serait malvenu.

  • Bon c’était ma crainte, et l’histoire se répète.
    [non je me retiens, je ne vais pas reparler du L (censuré)]
    Les dossiers présentés par les labos qui fabriquent les trucs, médicaments, tests etc, sont enthousiasmants...mais il vaut mieux contrôler de près !

    Ce que je ne saisis pas bien :
    1) apparemment (cf mon message précédent) les nouveaux tests sérologiques Abbott et Roche sont contrôlés (évalués ?) par l’autorité de santé anglaise et dits satisfaisants,
    2) cette conclusion est rendue publique,
    3) mais cette autorité (ou l’équipe de contrôle qu’elle avait mandatée) ne publie pas le détail de ses travaux,
    4) ce défaut de transparence soulève les protestations du monde médical anglais,
    5) et maintenant l’autorité de santé anglaise publie les travaux et dit que les tests ne sont pas satisfaisant ???

    J’ai sans doute loupé une étape ! ? mon anglais est un peu insuffisant, donc je peux avoir fait des faux-sens dans mes lectures...Y a-t’il quelqu’un dans la salle pour m’expliquer l’articulation de l’histoire ?

    "Two tests for covid-19 antibodies developed by the drug companies Roche and Abbott are “highly specific” but were both found to have lower sensitivity than was previously reported by the companies, evaluation by Public Health England has shown.
    Roche and Abbott had reported that their assays had a sensitivity of 100% (the true positive rate) 14 days post-PCR confirmation. However, PHE found that they had a sensitivity of 87% and 93.9% at 14 days, respectively."

    "Deux tests pour les anticorps covid-19 développés par les sociétés pharmaceutiques Roche et Abbott sont « très spécifiques » mais se sont tous deux révélés avoir une Sensibilité plus faible que celle rapportée précédemment par les sociétés, a montré une évaluation par Public Health England.
    Roche et Abbott avaient rapporté que leurs tests avaient une sensibilité de 100% (le vrai taux positif) 14 jours après la confirmation de la PCR. Cependant, PHE a constaté qu’ils avaient une sensibilité de 87% et 93,9% à 14 jours, respectivement."

    https://www.bmj.com/content/369/bmj.m2066?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_term=hootsuite&utm_content=sme&utm_campaign=usage

    Quand je lis l’article en détail, je me demande si en croisant ces 2 kits différents de tests, selon leurs caractéristiques, on peut arriver à un résultat potable ? Ou utiliser l’un ou l’autre test selon la date présumée de contamination/début des symptômes ?

  • Bonsoir
    A part pour la curiosité intellectuelle de savoir si on a vraiment eu la covid ou autre chose, je comprends mal l’intérêt de la spécificité. Tant qu’on a des anticorps adaptés à la covid, qu’on les ait attrapés en ayant vraiment la covid ou un rhume banal qui procure une immunité croisée, ça ne change pas grand-chose en pratique ! Alors ?

    • Bonjour,
      Un faux positif lié à une spécificité insuffisante d’un test n’est pas forcément lié à une réaction croisée et ne signifie pas que l’on est protégé contre le SARS-CoV-2

  • Le doute sur la protection des anticorps apparaissant après une COVID19 est en train de se lever. Attention néanmoins, les soignants constituent une population particulière qui a été multi-exposée https://www.franceinter.fr/une-etude-sur-des-soignants-atteints-du-covid-revele-la-presence-d-anticorps-protecteurs

  • Bonjour,

    Ayant eu des symptômes très significatifs du Covid19 (selon différents médecins) à la mi mars (ce qui m’a valu d’ailleurs d’être confinée avant tout le monde), et depuis une fatigue importante chronique et d’autres symptômes par à coups (sentiment d’étau au niveau des poumons, fièvre, sensibilité ++ quand je me retrouve, même à bonne distance, avec un fumeur...), mon médecin traitant m’a prescrit un test de sérologie et une radio des poumons (pas encore faite).

    Le test est négatif, et j’en ai conclu que, malgré les apparences, je n’avais pas eu le covid. Mais mon médecin traitant pense que oui, et m’a dit d’ailleurs qu’elle avait dans sa patientele plusieurs personnes dans le même cas que moi, malades en mars (pas suffisamment pour être hospitalisées) avec toujours des symptômes en alternance depuis, et pourtant négatives. Selon elle, les anticorps peuvent ne plus apparaître au bout de quelques semaines.

    Ci-joint une vidéo qui évoque aussi cela : https://avisdexperts.ch/videos/view/11416/13?fbclid=IwAR25rD9mODEf8qvSkb2s6U6GEIqwzWYV8_wOqqA_iAkmhCEpVqI4PJwwyKc

    Qu’en pensez vous ?

  • @Dr Dupagne : Apparemment, des infos diverses et variées sur les tests et leur fiabilité circulent sur le net, et l’expérience de mon entourage (région très impactée par la COVID-19) laisse de même planer le doute.
    Votre article reste malheureusement pour bonne partie valable.
    Certes, beaucoup de tests se sont améliorés, en tout cas vraisemblablement.
    Mais les résultats des tests sont (toujours encore) à lire, considérer et comprendre avec prudence :
    https://www.pourlascience.fr/sd/epidemiologie/covid-19-ce-que-les-tests-serologiques-peuvent-et-ne-peuvent-pas-nous-dire-19491.php

  • Bonjour,

    Je suis belge mais je suppose que les tests sont similaires.... J ai été suspectée covid début mars, je n ai pas eu de test à ce moment là car je n étais pas en détresse respiratoire et la Belgique manquait de tests pour tous.... 11 semaines plus tard j ai fait une prise de sang serologique. Pas de résultats igm... pourquoi ? Que des résultats Igg coronavirus sars/covid 19. Je présente un taux de 4,5 u/ml mais il est indiqué négatif en dessous car :
    <12 negatif
    12-15 douteux
    >15 positif
    Je ne comprends rien.... J ai rencontré le virus ou pas ?

    Merci pour vos explications

    • Bonjour
      Peut-être, ou peut-être pas... Impossible d’en dire plus. Soit le test est faussement négatif car vous n’avez pas fait assez d’anticorps, soit vous avez attrapé un autre virus.

  • Bonjour,

    Un article qui pourrait expliquer pourquoi, deux ou trois mois après une contamination, on serait faux négatif.
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_coronavirus-les-anticorps-ne-resteraient-que-deux-a-trois-mois-dans-le-sang?id=10526491

  • Explications intéressantes sur la façon dont certains tests sérologiques actuellement sur le marché ont été évalués...
    https://www.bmj.com/content/369/bmj.m2469
    J’aimerais qu’on nous en dise plus sur les autres tests utilisés en France, mais pour l’instant je n’ai rien trouvé d’équivalent à cet article, qui tente la transparence. Si vous en trouvez, je suis preneuse !
    Donc toujours des doutes sur leur fiabilité, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont inintéressants pour les épidémiologistes : il faut -ou faudra- quand même tester, sans doute.

  • fiabilité des tests sérologiques, encore....
    https://www.bmj.com/content/370/bmj.m2516

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