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"Se détruire : une liberté fondammentale ?"

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
24-09-04, 23:35  (GMT)
"Se détruire : une liberté fondammentale ?"
Modifié le 14-12-07 à 09:36  (GMT)

Bon, je vous laisse plancher là-dessus, moi je vais dormir...

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  Liste des réponses à ce message

  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
 RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Nausica 25-09-04 1
   ... cilloux 25-09-04 2
       RE: ... Pandore 25-09-04 3
           RE: ... cilloux 25-09-04 4
           RE: ... DeadMoonGirl 04-10-04 5
               RE: ... Pandore 04-10-04 6
               RE: ... DeadMoonGirl 23-12-04 51
                   RE: ... Aloes 23-12-04 52
                   Espoir Pandore 23-12-04 53
   RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Irleana 05-10-04 7
       RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Irleana 05-10-04 8
           RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Irleana 05-10-04 9
               RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? laurence33 23-11-04 10
 RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Rodan 03-12-04 11
   RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Pandore 03-12-04 12
       RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? dejanire 03-12-04 13
           RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? D_Dupagne 03-12-04 14
               RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Cafe_Sante 03-12-04 15
                   RE: Se détruire : une liberté fondamentale ? Pandore 03-12-04 16
 RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Merlin 17-12-04 17
   RE: Se détruire : une liberté fondamentale ? Pandore 17-12-04 18
       RE: Se détruire : une liberté fondamentale ? Aloes 17-12-04 19
           RE: Se détruire : une liberté fondamentale ? cilloux 17-12-04 20
           RE: Se détruire : une liberté fondamentale ? Irleana 17-12-04 22
   RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? cilloux 17-12-04 21
       RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Merlin 18-12-04 23
           RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? cilloux 18-12-04 24
               RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Merlin 19-12-04 35
                   RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? cilloux 19-12-04 36
                       RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Merlin 19-12-04 37
                           RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? cilloux 19-12-04 38
                               RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Merlin 19-12-04 39
                                   RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Aloes 20-12-04 40
                                       RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Irleana 20-12-04 41
                                           RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Aloes 20-12-04 42
                                       RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Merlin 20-12-04 43
                                           RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? cilloux 20-12-04 44
                                               RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? cilloux 20-12-04 47
                                           RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Aloes 20-12-04 45
                                               RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Irleana 20-12-04 46
                                           RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Irleana 20-12-04 48
                           RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? cilloux 20-12-04 49
                               RE: Se détruire : une liberté fondammentale ? Irleana 20-12-04 50
 Le sens initial de ma question cilloux 18-12-04 25
   RE: Le sens initial de ma question Irleana 18-12-04 26
       RE: Le sens initial de ma question Pandore 18-12-04 27
           RE: Le sens initial de ma question cilloux 18-12-04 29
 J'essaie de recadrer préciser la problèmatique cilloux 18-12-04 28
   RE: J'essaie de recadrer préciser la problèmatique Pandore 18-12-04 30
       RE: J'essaie de recadrer préciser la problèmatique cilloux 18-12-04 31
           RE: J'essaie de recadrer préciser la problèmatique cilloux 18-12-04 32
               RE: J'essaie de recadrer préciser la problèmatique Pandore 18-12-04 33
                   RE: J'essaie de recadrer préciser la problèmatique cilloux 18-12-04 34
                       RE: J'essaie de recadrer préciser la problèmatique Costermans 23-12-04 54
                           RE: J'essaie de recadrer préciser la problèmatique Aloes 24-12-04 55
                           RE: J'essaie de recadrer préciser la problèmatique Rodan 24-12-04 56
                               RE: J'essaie de recadrer préciser la problèmatique Pandore 24-12-04 57
                           un soir de Noëla cilloux 24-12-04 58
                               RE: un soir de Noëla Costermans 25-12-04 59
                                   RE: un soir de Noëla Irleana 25-12-04 60
                                       RE: un soir de Noëla Costermans 25-12-04 62
                           Beau témoignage Ute amateur 25-12-04 61
                               RE: Beau témoignage Ute Costermans 25-12-04 63

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Texte des réponses

Nausica (3061 messages) Envoyer message email à: Nausica Envoyer message privé à: Nausica Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
25-09-04, 00:47  (GMT)
1. "RE: Se détruire : une liberté fondammentale ?"
Modifié le 25-09-04 à 01:38  (GMT)

Bonsoir Cécile

Je ne peux que donner ma réponse: je trouve ça intolérable, insupportable. Je ne parle pas de malades en phase terminale, mais de ceux qui se suicident parce qu'ils n'aiment plus la vie.
Lorsque j'avais 21 ans, ma meilleure amie s'est suicidée et ça a tout changé...
Je vous passe les détails sur les différentes phases de deuil; ça m'a abattue pendant un bon moment. Sans parler des gens qui cherchent à vous consoler et qui ne font qu'attiser la douleur, si longue à partir...
Et pourtant toutes les deux, on en parlait souvent, du suicide. Nous étions dépressives toutes les deux, on n'arrivait pas à se projeter dans l'avenir; ça nous faisait si peur. Nous n'espérions plus rien de la vie. La mort était comme une bouée de secours pour nous épargner de futures souffrances.

Lorsque sa mère a appelé pour me demander où était sa fille, qui avait fugué quelques jours plus tôt, j'ai tout de suite compris
Et j'ai eu un sursaut
IL FAUT VIVRE

Maintenant, je sais que je ne le ferai pas
Pourquoi certains le font-ils? Qu'est-ce qui me distingue d'elle?

Pendant le deuil, à plusieurs reprises, j'ai envisagé de me tuer.
Mais petit à petit, la douleur s'est transformée. Je l'ai acceptée. C'est bizarre à dire, mais il faut accepter de souffrir.

------
Je reviens à mon message pour répondre à la question
Quand des gens me confient leurs idées suicidaires, je leur raconte mon histoire (heureusement que ça n'arrive pas tous les jours, car sinon elle s'userait!) et je sais que ça les a fait réfléchir.

Pendant le deuil, ma mère avait pris RDV chez le médecin pour moi. J'y suis allée à reculons, on a parlé un peu, il n'a pas cherché à me convaincre à faire une thérapie ou à prendre des antidépresseurs (juste posé la question), mais il m'a dit qu'un ami à lui avait fait la même chose, au même âge à peu près. Les larmes lui sont montées aux yeux. ça m'a étonnée et calmée. Bien des années plus tard, je suis tombée sur une phrase d'un médecin qui disait que le rôle d'un médecin n'était pas de "pleurer avec le patient". Et pourtant...
Et pourtant, à ce moment j'avais des idées suicidaires. A-t-il joué avec le feu? A-t-il agi en médecin?


Moi je fais ce que je peux, car ne rien faire, ne rien dire, c'est trop horrible.
Je me sentirais coupable de ne rien faire.

Pour les autres conduites à risque: je m'en fiche! les gens n'ont qu'à fumer, boire etc, mais qu'ils ne viennent pas (trop) polluer ma vie. La seule chose qui me mette en colère, c'est les voitures qui brûlent les feux rouges; c'est criminel.

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
25-09-04, 05:27  (GMT)
2. "..."
Merci Nausica

Cécile

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Pandore (1637 messages) Envoyer message email à: Pandore Envoyer message privé à: Pandore Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
25-09-04, 16:58  (GMT)
3. "RE: ..."
Bonjour,

J'ai fait trois tentatives de suicide entre 16 et 17 ans. Je n'avais pas envie de mourir. Je ne crois pas qu'on puisse avoir envie de mourir, puisqu'on ne peut pas savoir ce que c'est que la mort.

Ce que je voulais, c'est que la souffrance s'arrête. J'étais horriblement angoissée, je n'avais aucun moyen de mettre des mots sur cette angoisse, je n'avais absolument aucun plaisir dans la vie, le mot plaisir n'avait pas de signification pour moi. J'étais de plus en plus renfermée, je n'avais presque aucun contact avec personne, la réalité s'éloignait de jour en jour davantage.

Heureusement pour moi, les barbituriques absorbés n'ont pas eu le temps de faire complètement leur effet, mon frère qui avait 14 ans a appelé les secours, ils ont fait leur boulot, j'ai été 3 jours en service de réanimation qui a fait son boulot, personne ne s'est posé de question au sujet des libertés fondamentales. Le boulot des médecins, c'est de sauver les vies. Ceux qui se posent des questions sont ceux qui n'ont plus de solution à offrir pour ôter la souffrance.

Ensuite j'ai pu trouver de l'aide médicale pour atténuer ces souffrances, et quand elles se sont estompées, les pensées concernant la mort ont disparu. Elles ne sont pas revenues depuis 30 ans. Et si elles revenaient maintenant, je saurais comment demander de l'aide sans aller jusqu'à des gestes extrêmes.

Pour moi la liberté fondamentale essentielle, c'est celle qui consiste à avoir le droit de demander de l'aide, et le droit de l'obtenir.

Et si les médecins désespèrent, qui aura de l'espoir pour les malades ? Je crois que les médecins doivent avoir des idées très claires et très arrêtées sur ces sujets, sinon ils risquent d'entrer dans des débats oiseux et insolubles, et de rendre leur travail encore plus compliqué.

Pandore

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
25-09-04, 21:43  (GMT)
4. "RE: ..."
Bah j'ai plus rien à dire.
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DeadMoonGirl (164 messages) Envoyer message email à: DeadMoonGirl Envoyer message privé à: DeadMoonGirl Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
04-10-04, 17:02  (GMT)
5. "RE: ..."
Bonjour,

>Ensuite j'ai pu trouver de l'aide médicale pour atténuer ces souffrances,
>et quand elles se sont estompées, les pensées concernant la
>mort ont disparu.

Je suis assez d'accord avec l'histoire du désir de suicide vu non pas comme envie de mourir, mais incapacité à continuer à vivre, cette incapacité étant due à une trop grande souffrance.

Mais comment faire quand cette souffrance semble insoluble ? Dans votre cas, Pandore, cette souffrance est, je crois, "psychologique". Moi j'ai une souffrance "physique". Je fais tout ce que je peux pour la soulager, mais ça ne marche pas. Les médecins ne comprennent pas qu'une maladie en apparence bénigne 'j'ai de l'eczéma) puisse entraîner des douleurs très fortes. Pourtant c'est le cas, et tout ce qu'on m'a proposé pour me soulager est un échec (et je pense être plutôt bien suivie).

Qu'est-ce qui reste comme solution dans ce cas-là ? Ca fait plusieurs années que je souffre, absolument aucune amélioration, au contraire ça va de plus en plus mal. Quand je dis mal, c'est mal pour de vrai, à ne plus pouvoir rien faire, à pleurer de douleur.

J'en ai parlé il y a quelques mois à l'équipe anti-douleur qui me suit (médecin + psy, plus pour l'occasion d'autres médecins appelés en renfort)). Ils savaient pas trop quoi répondre. On a convenu d'une hospitalisation pour essayer de soigner l'eczéma. Hospitalisation qui bien sûr n'a rien donné.

Ils m'ont aussi proposé de me mettre sous anti-dépresseurs. J'ai au début refusé, parce que ça me donnait l'impression qu'ils croyaient que ces idées de suicide étaient liés à une dépression (qui est sûrement là aussi par ailleurs, et pour cause), alors qu'avant que tout ça m'arrive, tout allait bien, et il y a vraiment un lien direct (qu'ils semblaient refuser) : douleurs - vie insupportable - plus d'autre issue que de mourir. Bref, finalement le psy m'a expliqué que parfois les antidépresseurs pouvaient avoir une action positive sur la douleur. J'ai donc accepté, mais bien évidemment le traitement n'a rien changé, donc j'ai fini par arrêter (je prends déjà des tonnes de médicaments).

Dans ce cas, quand la souffrance est trop forte mais qu'elle ne semble pas avoir d'issue, qu'est-ce qu'on peut faire ? Ca me rend terriblement triste d'imaginer en venir là. J'ai plein de choses qui me tentent, j'aime la vie. Mais pas comme ça.

J'espère que ce message n'a rien de choquant. Je ne suis pas en train de vous dire que je vais me suicider dans l'heure si vous ne me trouvez pas de solution. C'est une idée que j'ai depuis un bout de temps, je ne compte pas me jeter par la fenêtre maintenant. Mais cette discussion m'a fait réagir, et ça fait toujours du bien de partager ce qu'on ressent.

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Pandore (1637 messages) Envoyer message email à: Pandore Envoyer message privé à: Pandore Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
04-10-04, 19:15  (GMT)
6. "RE: ..."
Bonsoir,

"Dans votre cas, Pandore, cette souffrance est, je crois, "psychologique". Moi j'ai une souffrance "physique"."

Je ne comprends pas bien ce que signifie cette distinction. Quelle différence ? Quand je suis angoissée les symptômes sont très physiques. Et quand on veut torturer quelqu'un on utilise autant les moyens qui créent de la douleur physique, que ceux qui occasionnent de la douleur morale : l'isolement, la peur pour soi-même ou pour ses proches, le doute, l'obscurité, les fausses informations etc... Je témoigne sur la douleur que je connais. La seule grosse douleur d'origine physique que j'ai connu est celle de l'accouchement, dont je savais qu'elle n'allait pas durer éternellement, et que j'endurais pour une bonne cause .

"Hospitalisation qui bien sûr n'a rien donné... bien évidemment le traitement n'a rien changé..."

Pourquoi "bien sûr" et "bien évidemment" ? Cela signifie-t-il que vous n'aviez pas d'espoir quand vous avez entrepris ces traitements ?

L'espoir est une croyance parmi d'autres, donc probablement ridicule aux yeux de certains. Néanmoins c'est une croyance que je souhaite conserver, parmi d'autres : peut-être que demain sera meilleur qu'aujourd'hui. Ma croyance ne se base sur rien de scientifique. Il n'empêche qu'elle est très utile pour réussir à vivre.

Et ayant quelques problèmes, d'origine psychique, mais susceptibles d'être améliorés avec l'aide de la médecine, je garde confiance en les médecins, et je souhaite que leur rôle reste le plus clairement possible celui de "gardiens de la vie".

Je vous souhaite bon courage dans votre lutte contre la maladie.

Pandore

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DeadMoonGirl (164 messages) Envoyer message email à: DeadMoonGirl Envoyer message privé à: DeadMoonGirl Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
23-12-04, 18:26  (GMT)
51. "RE: ..."
Bonjour,

En relisant cette discussion, je me suis dit que ça serait sympa de donner quelques nouvelles : je vais mieux C'est surprenant, voire complètement inattendu. Suite à un nouveau traitement, les douleurs ont très nettement diminué, et redécouvrir la vie sans souffrance, c'est un vrai bonheur. Ca faisait plus de quatre ans que je n'allais que de plus en plus mal, et enfin, même si je ne suis pas "guérie", je commence à aller mieux.

Mais je persiste à me poser la question que je posais il y a quelque temps, même si je me la pose de façon plus objective, sans la relier à ma situation personnelle actuelle : que faire quand une trop grande souffrance vous rend la vie insupportable ? Je regrette de n'avoir pas eu directement de réponses à ce sujet.

Avant, je n'aurais même pas imaginé qu'un tel problème puisse se poser : pour moi, les seules douleurs insupportables étaient celles de fin de vie, et dans ce cas le problème se résoud malheureusement de lui seul. Mais maintenant que j'y ai été confrontée, je me pose vraiment la question, que d'ailleurs Cilloux pose aussi un peu plus bas dans la discussion. Que faire si on souffre trop pour vivre, et qu'on ne sait pas si/quand on va aller mieux ? Quelle attitude conseillerait un médecin dans ce cas ?

Merci pour vos réponses futures, merci à Pandore pour sa réponse passée.

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Aloes (653 messages) Envoyer message email à: Aloes Envoyer message privé à: Aloes Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
23-12-04, 19:10  (GMT)
52. "RE: ..."
Bonjour DeadMoonGirl,

Heureuse que vous allez mieux. Je souhaite répondre de manière toute personnelle, et non pas généralisée aux quelques questions que vous vous posez:

-> que faire quand une trop grande souffrance vous rend la vie insupportable ?

Ces dernières années, j'ai connu les douleurs physiques de la maladie de crohn, et les douleurs mentales de problèmes psychiques. Dans les unes comme dans les autres, je me suis accrochée à ce que j'ai de plus précieux, c'est à dire ma fille et mon mari. Me convaincre que ma présence, même malade ou souffrante, vallait mieux pour eux, que ma disparition (qui aurait causé de bien plus grandes souffrances).

-> Que faire si on souffre trop pour vivre, et qu'on ne sait pas si/quand on va aller mieux ?

J'ai posé cette question différemment, mais sur le fond semblable, à mon psychiatre, récemment. Sachant que mon intérêt principal dans la vie, demeure l'écriture, il m'a répondu spontanément et en me regardant droit dans les yeux: d'écrire.

Je ne sais pas si ces réponses personnelles font écho en vous. Ce que j'en retire sur un plan plus général, c'est que quand la vie fait souffrir trop fort, physiquement ou mentalement, sur une longue période, de s'accrocher de toutes nos forces à ce qu'on a de plus de valeur dans la vie: les personnes qui nous sont chères, et nos passions, les activités qui nous tiennent en vie, permettent de tenir le coup, jusqu'à ce qu'une accalmie survienne et que l'on puisse de nouveau profiter d'avantage de notre existence et la partager avec autrui.

Bien à vous,

Aloès

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Pandore (1637 messages) Envoyer message email à: Pandore Envoyer message privé à: Pandore Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
23-12-04, 19:10  (GMT)
53. "Espoir"
Bonjour DeadMoonGirl,

Je suis très heureuse pour toi . Ton message arrive à point pour illuminer un peu plus Noël. N'est-ce pas qu'on voit tout d'un oeil neuf quand ça va mieux, même les petites choses banales et quotidiennes ?

"que faire quand une trop grande souffrance vous rend la vie insupportable ?"

Eh bien, on peut faire exactement comme tu as fait, espérer, se battre, frapper à toutes les portes, essayer inlassablement les nouveaux traitements, échanger avec d'autres sur les forums... Que faire d'autre de toute façon ? on n'a pas vraiment le choix...

Et peut-être que dans quelques temps tu iras encore mieux qu'aujourd'hui !

Amitiés,

Pandore

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Irleana (1200 messages) Envoyer message email à: Irleana Envoyer message privé à: Irleana Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
05-10-04, 12:01  (GMT)
7. "RE: Se détruire : une liberté fondammentale ?"
Modifié le 05-10-04 à 15:14  (GMT)


Bonjour,

Le terme "criminel" me fait penser à d'autres lieux, d'autres mondes à la fois si éloignés et si proches de nous ...
Si une petite envie de parler une dernière fois de l'univers carcéral me taquine encore ce matin, ce n'est non pas pour essayer de justifier leurs actes ou leurs non-actes, leurs culpabilité ou leur innocence ..
Mais leur souffrance, immense et pourtant elle aussi tue et condamnée au silence...
Une réflexion qui m'a beaucoup aidé dans ma reconstruction.
Un début de réponses qui fait tout simplement grandir..

à 16 ans, j'ai fait une T.S, ratée dans le sens où une petite voix me disait:
"_Pourquoi tu fais ça? Bah, non t'aimes plus la vie?"
Au fond je ne savais pas..Je ne savais plus..
Et in extremis, j'ai admis que je voulais encore sourire à la vie.
J'ai dit non et le passage aux Urgences m'a ôtée ce qui allait me retirer la vie..
J'étais seule, l'école m'avait rejetée,( le début de mes troubles cardio)
mes amis étaient partis poursuivre la vie, leur vie...
Et mes parents trop absents dans leur vie pour se rendre compte de ma souffrance.."Tu restes à la maison, le médecin n'a pas de médicaments..
Pour l'instant, c'est comme ça.Et puis, laisse-nous!"

Un jour de 1 er avril 1998, mon lycée avait téléphoné à mon pédiatre..
"Marie est arrivée bien mince, chez nous...
Nous l'avions fait suivre à la cantine au début de l'année .
Et là, elle a tenté la semaine dernière de retourner au lycée.
C'est une bonne élève, mais comprenez bien que nous ne pouvons l'accepter.
Elle se met en danger elle, et notre établissement.
"Elle mange" son plat principal et son dessert...
Jamais d'entrée...
(focément à cette époque là , je n'avais aucun TCA. Je mangeais sans grossir, ni maigrir)
A moins qu'elle ne mange pas chez elle, et qu'elle se fasse vomir <....>"
L'infirmière du lycée monta à la charge.
"Ah,oui, elle ne finira pas l'année..Croyez-moi!
On la ramassera à la petite cuillère...Elle finira entre quatre planches"
cette infirmière fut renvoyée du lycée quelques mois après..
Nous n'étions pas les seules sur sa liste de souffrances..."

Au lycée, dans ce cas bien précis de syncopes etc...non résolus, nous étions deux dans ce cas...
La seconde avec un peu plus de chance, dans le sens où chez elle elle pouvait espérer être seulement plus comprise.

Et là, le pédiatre heureux de trouver de l'occupation nous fit hospitaliser
à tour de rôle...
La seconde ne resta que deux jours (ses parents la firent sortir, désepérés et stupéfaits des pratiques du pédiatre. Après l'anorexie, il avait envisagé la méningite foufroyante..)
Je la connaissais peu mais cette première mésaventure commune nous conduira toutes en neuro puis en cardio...et aujourd'hui reliées ensemble à la fac par une blessure secrète..

En ce qui me concernait je restais dans ce couloir du cauchemar du 1 er avril inclus au 8 avril...
Je mangeais pardi! Et même leurs boîtes de rénutryl à absorber avant le coucher sous bonne garde..

"Alors, tu fais comment pour vomir, dis-nous?"
Tu mens!
Tu n'as pas vomi depuis que tu es là, tu te caches, ou tu balances par la fenêtre? ça ne passera pas comme ça..Avec nous, tu sais les menteuses!
On sait comment s'y prendre avec elles."

J'avais peur...Incomprise, seule et terriblement seule...
Mes parents me voyaient en larme, et ce n'est qu'une semaine après qu'ils comprirent enfin...
-"Tu sais , on a fait trop confiance au médecin.
On pensait qu'il ferait qqch de bien ..."

Mais trop tard, puisqu'au fond de moi, j'avais perdu confiance en mon médecin, leurs infirmières, en mes parents, en moi et en la vie..
A cet instant, je pensais que personne ne pourrait jamais comprendre ce que j'avais vécu..
J'avais été accusée d'anorexie mentale à 16 ans...
Je devais être rentrée en pédiatrie à 43 kg...et j'en suis ressortie humiliée certes mais aussi brisée à 41 kgs...
J'ai souvenir de mes parents qui ne savaient plus..
Ils voyaient bien que désormais qqch pour moi était déchiré ..
Une seule fois ma soeur est venu surveiller derrière la porte des toilettes, au cas où..Mais là ce fut trop...
Et je décidais d'avaler , d'avaler encore et encore pour m'endormir.
M'endormir pour ne plus jamais me réveiller.
Sans avoir perdu un seul kilo en deux ans (excepté ceux du séjour en pédiatrie)et surtout en ignorant ce que signifait être anorexique ..j'avais découvert la triste réalité des TCA.
Bien rapidement et crûment...
Sans savoir que 5 ans après, j'allais sombrer dans l'un de ceux-ci,
frôler la mort,m'en sortir et me redresser quelque peu lentement mais sûrement vers la guérison.
Maintenant, c'est vrai que peu à peu je règle mes problèmes autrement que par la nourriture.
Une solution qui progressivement se redresse et trouve d'autres substituts, mais..Bref, juste pour te dire que comprendre un T.S est aiséménet concevable dans le sens où ele a été partagée et vécue..

Se détruire est une liberté fondamentale..
Que parfois , il est impossible d'enrayer..
Même si j'ai parfois la certitude que derrière chaque TS, se cache en réalité un amour de la vie.
Une envie brûlante et ardente de vivre sa vie, la Vie!
Une vie qui est devenue trop douloureuse, trop pénible à porter "seul(e)"
à supporter tout simplement...
Et qui pourtant parfois, n'a besoin que d'un coup de pouce..
Que d'une parole vraie et sincère, quelque peu "magique" pour faire repartir l'espérance et la confiance en la vie..
Et finalement enflammer le désir de vivre..

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Irleana (1200 messages) Envoyer message email à: Irleana Envoyer message privé à: Irleana Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
05-10-04, 14:56  (GMT)
8. "RE: Se détruire : une liberté fondammentale ?"
Modifié le 05-10-04 à 16:47  (GMT)


Rebonjour

Revoilà cette fois l'origine du post de tout à l'heure..
Je m'étais un petit peu égarée..

Le terme "criminel" m'avait fait penser à un autre monde à la fois si lointain et si proche de nous ..
Parler une nouvelle(et dernière)fois de l'univers carcéral , non pas pour essayer de justifier leurs actes ou leurs non-actes, leurs culpabilité ou leur innocence ..Ou encore moins discuter sur le sens de leur peine..

Mais juste pour souligner ''une'' leur souffrance, qui existe et qui est si souvent condamnée au silence.
Une post-réflexion m'a ainsi beaucoup aidé dans ma reconstruction.
Un début de réponses qui fait tout simplement grandir..
Pour comprendre, voir et entendre de l'autre côté de la ligne jaune..

En prison, il y a un vrai message à faire passer..
Il s'agit juste d'y tendre l'oreille..
Un message "hors champ", mais qui lui aussi possède cette"la liberté fondamentale: se détruire ou rester en vie"
Un message pour comprendre et réfléchir davantage à un souci qui nous concerne tous. Où que nous soyons, qui que nous soyons...

Chaque jour, 3 tentatives de suicide sont comptabilisées dans les prisons françaises (soit une moyenne mensuelle de 90 tentatives), et 3 débuts de grève de la faim. Avec un suicide effectif tous les trois jours, le taux est sept fois plus élevé qu’à l’extérieur.
La période d’arrivée en prison (mise sous écrou), par la violence de son impact, entraîne un maximum de suicides. Pour beaucoup, la concentration du temps, la perte des repères, la restriction spatiale et l’absence de futur entraînent un désespoir sans fond.
Le sujet se sent pris et traqué comme dans « une souricière ».
Il ne lui reste plus de solution. L’espace, en se resserrant, abolit le temps. Un temps synonyme de non-vie.
Il ne lui reste plus qu’un vague sentiment ‘’d’étouffement’’ qui fait que pour lui aucune dynamique de force présente n’existe plus.
Et la femme ou l’homme, pris dans une telle nuée, n’a plus qu’une issue. Il supprime le problème, au lieu de le résoudre, selon la formule d’Albert Camus. Lorsque la souffrance est trop atroce, il n’existe qu’une seule urgence : la faire cesser, quel que soit le moyen.

Deux univers ‘’prison’’ et ‘’liberté’’ incompatibles, bien que conjoints et qui ne sont pas sans faire ressentir un effroi de peur et d’angoissse face aux couloirs de cellules.

L’être humain naît, croît, vieillit et meurt à travers le temps.
En y regardant d’un peu plus près encore, le temps apparaît n’être rien d’autre que le déroulement d’une vie.
En des termes différents, il n’est rien d’autre qu’un individu à la naissance, au cours de l’enfance, de l’adolescence, de la vie adulte, de la vieillesse et de la mort. C’est une autre façon de parler de l'être humain. A partir de là, le prisonnier sait parfaitement qu’il s’agit de lui et de personne d’autre.
Quoi qu'il en soit, cette réduction du temps intervient comme une privation de liberté, dans le sens où le détenu en prison ne dispose plus de son temps. Maintenant, il se trouve amputé de son propre projet d'existence. Un seul objectif lui reste en tête : sortir.

Mais en attendant, comment se situer dans ce qui représente pour lui un temps mort, vide ? Avec un agencement du temps qui désormais lui échappe, pour ne se présenter que sous la forme d'un emploi du temps rigide et programmé, chaque jour sera semblable à la veille et au lendemain.
Aux mêmes heures bien précises puisque désormais, cet intervalle de vie appartient à l'administration pénitentiaire, qui fixe un rythme lent, pesant et inexorable entre: Lever, toilette, travail… Soupe et coucher.
Le mot cellule: la plus petite unité du vivant résumant ici l’espace de cloisonnement de l’homme. Enfermement ou claustration. Enfermement;isolement. Le nombre de détenus lucides et conscients de leur néant occupationnel. qui ne peuvent rien faire, rien.
Ni lire, ni écrire, ni même se concentrer sur une émission radiophonique ou télévisuelle. Rien. La prison agissant comme un détersif qui déroberait à l’être humain ses fonctions intellectuelles les plus rudimentaires.
Où ne lui resteraient que dans bien des cas, des réflexes, des mécanismes quasi-végétatifs, de simples ‘’élans de survie."

C’est tout le livre de la prison et, au-delà, de ces existences condamnées, et de détenus qui s’ouvre à même la personne, leur corps et leur parole.
En prison, ils sont entrés dans un autre monde, où plus rien n'a tout à fait le même sens. Pourquoi?
Simple exemple, dès l'entrée en prison, l'intimité n'existe plus.
En passant des fouilles au corps, de la possibilité constante d'une fouille cellulaire, l'œilleton à la porte laisse au surveillant le loisir de voir à tout moment ce qui se déroule en cellule....
Les rondes de nuits réveillant ainsi régulièrement les détenus. Dès lors, la seule intimité restante au détenu est celle de son corps, un corps qu'il peut à tout moment modifier, embellir ou agresser par l'automutilation. Lorsque la survie exige de ne plus succomber au jour le jour à la douleur et à l’abandon et qu’aucune raison d’être ne vous a jamais été signifiée, la solution est dans la négation des envies, des nécessités inassouvies , sources principales de souffrance, rappels du manque. Manques de liberté et de sa vie antérieure, à l’extérieur qui sont subitement et cruellement effacés. C’est pourquoi ils sont si nombreux à devenir "obsessionnels" ou "paranoïaques".
La prison est un univers "totalitaire" qui rend fou.
Pour s’en défendre, il est indispensable de se métamorphoser "en quasi-machine de guerre." Il n'y a pas de vie sans souffrances, et pourtant tout regard sur elle suscite le rejet . Parce qu’elle dérange.
Le Moyen Age nous racontait que le malheur sur terre, dans une vallée de larmes, nous permettait d'espérer le bonheur, ailleurs.…
Le XIX° siècle nous expliquait que le bonheur, était quelque chose qui se méritait et que les plus malchanceux se trouvaient à leur place, puisqu'ils avaient échoué dans la conquête de cette faveur. Aujourd'hui, le discours qui légitime et sacralise les plus belles performances technologiques, nous demande de croire que le malheur est une maladie due à une chute de la raison humaine. Misère, délits, pauvreté et violence, tout semble se résoudre à cette équation.

On croit ici en Occident apporter aux gens le bonheur qui leur fait défaut par des produits analogues à forces de substances chimiques, de médicaments et de mondes fictifs jusque dans les médias.
Quand le sentiment de vide provoqué par la représentation d'une absence, n'est pas rempli par des créations affectives et mentalisées, l'angoisse du détenu se transforme en force inutile, en pulsion vers le néant, comme une violence informe qui le pousserait au bord d'une fenêtre.
Quand l'homme coupable ne trouve pas autour de lui les structures émotionnelles, sociales et culturelles qui lui permettraient de transformer sa souffrance en surplus d'humanité, il ne lui reste que l'auto agression voire même la mort pour moins souffrir...
Elles signifient clairement que le détenu a choisi d’en finir.
Un peu comparable à la mythologie du héros, qui tombe les armes à la main et meurt debout. Sans avoir le même panache, celui qui se lance dans une grève de la faim sans soutien médiatique arrive à un résultat identique.

Le temps était trop long.
Il a mieux valu mourir.
Le choc de l’arrestation est tellement violent que c’est comme si le temps s’arrêtait. Puis le second choc, celui de l’incarcération, enfonce le prisonnier dans une chape de béton qui ressemble à un tombeau. L’incarcération est un choc, un terrible traumatisme.
L’individu se retrouve en état de stupeur.
Il lui devient même parfois totalement impossible de s’approprier l’impact de l’événement. Le passage de la vie (extérieure) à la mort lente de la détention est par-là même inimaginable pour toute personne qui n’est pas allée en prison. Il a pourtant été beaucoup écrit sur le sujet.
Mais sans doute résistons-nous davantage à de telles vérités qui nous glacent d’horreur et de honte….
Les contacts avec le milieu pénitentiaire conduisent sûrement à une réflexion sur la nature humaine, la société… Oui, la vie en milieu carcéral est dure.
Outre la privation de liberté et ses frustrations, le prisonnier souffre d’une promiscuité permanente, souvent aggravée par la surpopulation, avec un ou deux compagnons non choisis, 24 heures sur 24 dans 8 m2, toutes formes de délinquance confondues. On peut parler ‘’d’université du crime’’ pour le plus timide des postulants.
A l’issue d’une période plus ou moins longue d’hébétude, ce choc sera souvent à l’origine d’une remise à plat complète de son parcours pour le détenu. Ainsi voit-on, chez un jeune majeur par exemple, pour qui l’école cristallisait toutes les défaites, tous les échecs, une façon nouvelle d’envisager la classe et ce que l’on y fait. Celui dont l’absentéisme était notoire quelques mois seulement auparavant devient assidu, demande des « devoirs » à faire en cellule et travaille sérieusement, du mieux qu’il peut.
Ailleurs voit-on ce monsieur d’un âge mûr avouer son illettrisme et s’en remettre "au prof" parce qu’il lui faut répondre au courrier de ses enfants et de sa femme. Et puis tout simplement parce qu’il est prêt à vous redonner sa confiance.
Une confiance de la dernière chance, qu’il ne faudrait surtout pas décevoir mais porter et soutenir jusqu’à la victoire.
POURQUOI s’ y rendre ? Pourquoi donc s'évertuer à aller enseigner dans un monde clos? Où la loi du silence semble régner et faire place de maître à un ordre invisible, si ce n'est omniprésent pour étouffer le malaise d'une ignorance? Le malaise ou le mal-être d'une société qui rechigne parfois à laisser place à chaque individu. Un individu, tel qu'il soit, mais qui reste lui aussi concerné par les droits fondamentaux de la dignité humaine.
Une dignité, une certaine qualité de l'homme qui grandit pour peu à peu se redécouvrir. Bien sûr certains parleront d'une innocente utopie...

Un leurre qui prend parfois la tournure d'un curieux revers de manche! Soyons réalistes, il est vrai... Mais , une fois la porte franchie, il reste souvent ce vaste sentiment d’usure, et d’impuissance…Comme englobée par le bruit récurrent de clés et de verrous qui s’entrechoquent, à l’entrée, puis à la sortie. Comme emportée par l’amas de souvenirs en forme de petits paragraphes "succincts" en paroles mais si riches d’amertumes et de souffrances. Des flashes sereins et isolés qui surgissent de la mémoire fragmentée de celle qui n’a jamais vécu ni même dormi en prison. L’arrivée dans le métier, dans les lieux va être elle-aussi marquée par un choc carcéral…
Bien que ce terme soit habituel