Modifié le 15-09-04 à 19:28 (GMT)Bonjour Alexia 
Je crois effectivement que nous avons de nombreux problèmes en commun. D'ailleurs, je te remercie d'avoir parlé de la motivation qui vient d'une contrainte extérieure. C'est justement ce dont j'ai besoin, et j'ai tendance à l'oublier. Oui, c'est vraiment important, se fixer un objectif ( ou répondre à des directives ) et vivre en suivant cette ligne directrice. Pas forcément vivre en fonction de cet objectif ( le jour où j'aurais un travail, je garderais mes week-end pour préserver mon intimité, et pas pour être en forme au boulot ), mais vivre le moment présent, sans avoir à se projeter dans l'avenir. Suivre une " ligne directrice ", une route en construction, un chemin qui n'est pas tracé mais qui est pensé.
Nous avons besoin de repères stables et durables pour avancer : la reconnaissance de nos pairs, un contact réel avec le bitume ( des ordres par exemples, qui prouvent que la machine est en marche ), un ou une partenaire de croisière, une carte routière ( une vue d'ensemble qui nous permet de voir notre progression ) ... et que sais-je ?
Losque tu dis, dans ton premier message,
" maintenant je sais qu'il y a une mélodie qui m'est propre. ( ... ) j'ai peur de lâcher mon filtre intellectuel et d'aller déchiffrer des territoires qui risquent de m'entraîner à jamais dans des délires. J'ai certainement tort. "
Je crois comprendre à quoi tu fais allusion. Mais je me demande s'il ne faudrait pas distinguer les délires schizoïdes de l'esprit libre de toutes contraintes intellectualisées, conceptualisées. Il m'est arrivé de jouer de la guirare en oubliant la théorie, en appréciant le contact de mes doigts sur le manche, en improvisant en somme... en écoutant cette mélodie qui venait de moi. Bon, c'était il y a presque dix ans et ça ne s'est produit que très rarement. En tous cas, dans ces moments là, j'avais l'impression d'être hors de moi, j'avais beaucoup de mal à revenir à la réalité. Mais aujourd'hui, je crois qu'au moment où je jouais de la guitare, je ne faisais qu'exprimer ma part de créativité, très liée, mais de façon discrète, à tout un apprentissage. Et c'est cet apprentissage, cette mémoire de techniques et théories plus ou moins acquises, qui ancrait mon esprit dans la réalité. Par contre, c'est vrai que j'avais du mal à m'en remettre quand j'arrêtais de jouer. Je ne voulais pas quitter cette paix intérieure, cette acceptation de soi pour soi. Mais j'ai pas mal réfléchi sur le processus créatif et je pense que tout le monde fonctionne ainsi. Le problème chez nous, c'est peut-être qu'on ne souhaite pas remettre les pieds sur terre. Et puis j'avais tellement de mal à assimiler les cours de musique que je m'en tenais à une expression libre.
Bon, c'est vrai que cette discipline m'a pas mal perturbé aussi. Ce qu'il faut, c'est se donner des repères, garder un contact avec la réalité. Je n'y connais pas grand chose en peinture, mais je pense qu'avoir d'autres activités similaires à côté peut justement aider à s'exprimer librement mais sans risque de décompensation. Enfin ... c'est une idée qui me viens à la lecture de ton message. Je pense que plutôt que de t'inspirer uniquement de ton moi " ambigu " ( entre sublimation et chao ), tu pourrais te réapproprier, inconsciement, le " travail " artistique que tu aura fait ultèrieurement. Bon, c'est pas vraiment une découverte ce que je dis là, c'était pour montrer ( de façon anarchique ) qu'il est sûrement possible de se lancer dans l'inconnu sans perdre les pédales. L'important n'est pas forcément de structurer ce qu'on fait ( ça, c'est un exercice qui permet de communiquer d'égal à égal ), pour autant, il faut pouvoir lui donner du sens. La curiosité ou l'imagination des autres feront le reste. Je prends un exemple très caricatural : Si tu fais de la photographie en dehors de la peinture, certains verront peut-être un " cliché " dans ton oeuvre, même si tu ne songeais pas du tout à la photographie quand tu l'as créée. Ta créativité sera empreinte d'une réalité. Tu auras une ligne directrice imaginaire et inconsciente, mais aussi structurante car mise en relation avec des moments vécus, bien réels.
Tout est une histoire d'équilibre comme on dit. Facile à dire !
Bon, je reviens à la réalité. Tu as raison, Alexia, il doit bien y avoir moyen de faire des stages. Je ne sais pas encore ce que je veux, mais je vais y réfléchir. Dans le bénévolat, il paraît que c'est pas facile aussi. Ils prennent plus facilement des personnes diplômées et qualifiées. Je vais me renseigner davantage.
Je t'embrasse. J'espère que ça ira mieux rapidement.
Felipe.