Bonjour cher DJE-DJE,J'ai été diagnostiqué schizophrène il y a maintenant un an tout juste. J'ai vingt-six ans (déjà!). Après mes bouffées délirantes, sous l'action du médicament, je suis "retombé" d'un seul coup (décompensation?).
J'éprouvais en permanence une sorte de vide, je n'éprouvais d'intérêt pour rien, je m'ennuyais à mourir (à tel point que je ne manquais jamais un épisode de Derrick). Mes mouvements étaient lents, chaque geste était un effort, et le seul moment de bonheur de ma journée était le moment où je sentais monter en moi le sommeil, le soir venu, blotti contre mon oreiller.
Je prenais mon médicament sans trop savoir pourquoi, j'en étais presque à regretter l'époque de mes délires, où je débordais d'énergie et où j'atteignais parfois une grande euphorie.
Mon psychiatre m'avait dit: "votre schizophrénie s'est installée en vous quand vous aviez douze ou treize ans, il vous faudra du temps pour redevenir normal". Je n'ai pas compris, sur le coup, le sens profond de ses paroles, j'étais pressé d'arrêter de prendre mes médicaments, pour ne plus avoir ces satanés effets secondaires.
J'ai commencé à soritr de cet état semi-léthargique au bout de neuf mois, si tant est que donner une date précise ait un sens (je prends comme date le moment où j'ai commencé à écrire).
Depuis le mois de juin, donc, quand j'ai commencé à écrire, j'ai chaque jour l'impression d'être définitivement guéri, j'ai repris goût à la vie, mes pensées se structurent beaucoup mieux, j'arrive à me concentrer et, maintenant, je peux le dire, je commence à me sentir mieux que pendant ma longue adolescence, j'ai retrouvé ces petites rêveries intellectuelles (quand l'esprit réfléchit de lui-même et raisonne sans efforts) qui faisaient tout mon bonheur quand j'avais douze ans.
Aie confiance en ton traitement, prends le consciencieusement, et laisse le temps faire les choses. Contrairement aux messages que j'ai pu lire sur ce forum, je pense que "se battre" n'est pas forcément la meilleure solution, il faut faire les choses en douceur, la guérison vient d'elle même. S'acharner à retrouver son état d'avant ne fait, à mon sens qu'entretenir le sentiment d'angoisse et condamner à la frustration. Il faut laisser faire les choses calmement, sans être trop pressé. Sans faire de mon cas une généralité, je voudrais quand même te donner des raisons d'espérer. Je ne saurais trop t'encourager à écrire pour faire travailler ta capacité à réfléchir.
Salut,
Nicolas.