Bonjour,je ne sais pas où poster mon machin alors je le mets ici.
Je m'adresse uniquement aux médecins.
J'aimerais (et là, c'est assez important pour moi) apprendre tout ce que vous pouvez m'enseigner au sujet du transfert.
Je suis consciente de faire un transfert "sur" mon généraliste, aussi un peu "sur" Philippe (en tout bien tout honneur, rassurez vous, je suis une habituée des transferts et je ne suis pas bouleversée plus que ça, je sais que ce sont des sentiments voués à disparaitre mais l'amitié deumeure et les promesses de saucisson aussi. Bon.)
A ce jour je n'ai pas osé en parler de vive voix à mon généraliste.
Il m'a dit qu'il avait fait sa "spécialisation" (?) et ses débuts de carrière en psychiatrie.
Première série de questions
Est-ce que ça arrive souvent ?
Est-ce que vous repérez facilement les gens qui font un transfert sur vous ?
Est-ce que je peux ou je dois aborder la chose avec lui, en sachant qu'on est dans le cadre de consultations classiques (à 20 euros).
Deuxième question
Je pense connaître les raisons de ce transfert : mon généraliste incarne en quelque sorte un mythe de guérison.
C'est compliqué. Je navigue entre le déni et l'acceptation de la maladie. La guérison n'est donc pas envisagée puisque je refuse mon statut de malade. Si je ne suis pas malade, je n'ai pas besoin de guérir. Bref c'est le déni total.
Pour la première fois depuis plus de vingt ans, j'entrevois (par flashs) qu'une guérison est possible. Ces flashs ont lieu uniquement pendant les rendez-vous.
Le reste du temps, le mot "guérison" ne m'évoque absolument rien (ça doit être dû au déni).
Lorsqu'il parle de guérison, mon médecin évoque un état de santé que j'ai perdu très jeune, je n'ai que peu de souvenirs.
J'aimerais lui faire comprendre que la notion de guérison est pour moi très abstraite, inconsistante, vide de sens. Comme si on me disait que je vais me tranformer en pingouin : je ne me représente pas du tout ce que ça peut être, l'effet que ça peut faire etc...
Ca explique peut-être mon manque de motivation à guérir (et la rechute dans les TCA).
Heu, la question, c'est quoi, là ? Ah oui...
En tant que médecins, pouvez vous m'éclaircir sur ce "secret de la guérison" que vous détenez ?
En ce sens, je m'adresse en particulier à Philippe, car le côté "militaire-sportif-pilote de chasse" évoque quelque chose de très positif, de très actif dans le processus de guérison : l'image d'Epinal du jeune garçon, le torse bombé, qui fait ses exercices respiratoires chaque matin, torse-nu, hiver comme été...
Mes premières pensées suicidaires datent de l'âge de 8 ans. J'aimerais tellement retrouver cette soif de vivre, cette ardeur, et surtout me débarasser une fois pour toutes de ces pulsions de mort qui reviennent à chaque contrariété.
Est-ce un espoir réaliste ?
Bon, pardonnez moi, c'est un peu mélangé tout ça, mais ça m'aiderait tellement d'avoir des réponses.
Ah, une dernière question : est-ce que (pour me simplifier le travail) je peux imprimer tout ça et l'envoyer à mon médecin ? Est-ce une bonne idée, saine et positive, ou bien est-ce de l'hystérie totale et un besoin de me mettre en scène (je ne pense pas mais j'ai toujours peur de moi) ?
Merci.
Cécile