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Vieux 18/07/2012, 07h25   #122
d_dupagne
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Re : Génériques en (mauvaise) pratique

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Posté par d_dupagne (2007)
En effet, et il n'y a pas de honte à être commerçant, sauf peut-être les marchands de canons.

Ce chiffre de 1 milliard est aussi fantaisiste que faux.

En fait, les génériques ne génèrent aucune économie, du fait d'un mécanisme de compensation :

D'une part certains médicaments arrivent en fin de brevet et sont génériqués. Leur remplacement par un médicament moins cher aboutit à un économie, de l'ordre de 1 milliard d'euros en effet en 2006.

D'autre part, les médecins délaissent ces médicaments pour d'autres très chers, plus récents (et non génériqués), plus modernes ou tout simplement plus promus par les laboratoires pharmaceutiques. Le surcoût que personne ne sait quantifier en France est probablement très supérieur à l'économie réalisée sur les génériques.
A quoi bon génériquer le Clamoxyl (amoxicilline) à 4 euros le traitement, si le médecin se met à prescrire du Ketek à 34 euros ?
C'est malheureusement ce qui arrive en France dans de nombreux domaines thérapeutiques : le médecin arrête de prescrire le médicament dès qu'il est génériqué pour passer à une nouveauté plus chère.
Rappelons que la quasi totalité des congrès médicaux français sont financés par l'industrie pharmaceutique qui paye la salle, une grande part des orateurs ainsi que l'avion et l'hôtel des participants, en vertu d'un article récent et hautement contestable du code de la santé publique.

En Allemagne, où le médecin est intéressé financièrement à prescrire moins cher, c'est le contraire : le médecin allemand prescrit énormément de génériques et délaisse les nouveautés coûteuses.

Vous avez un doute ? Etudiez la courbe ci-dessous et essayez d'y détecter l'impact positif de l'introduction des génériques depuis environ 1998


Nous sommes en 2012, cinq ans ont passé, l'Assurance Maladie fait le forcing sur les génériques mais nous attendons toujours la publication sur le site de l'Agence du médicament des études de bio-équivalence avec les produits de marque.

Difficile de rassurer ses patients qui demandent "c'est pareil ?" Tout ce que je peux répondre c'est "il paraît si j'en crois l'Agence du Médicament".

ll n'y a toujours pas d'uniformisation de l'aspect des génériques d'un même produit. Nous constatons au quotidien les méprises liées à la valse des formes et des boîtes, notamment chez les vieux. Où sont comptabilisés les drames liés à ces méprises ? Sait-on quel est leur coût alors que les hospitalisations liées aux médicaments se comptent en milliards d'euros ?

Où avons nous la preuve que la sécurité sociale réalise une économie globale, quand on sait que beaucoup de marques ont aligné le prix de leur produit sur celui des génériques.

Où sont les résultats des tests aléatoires réalisés en pharmacie pour vérifier que les génériques (et les médicaments de marque) contiennent bien ce qu'ils sont censés contenir ?

A-t-on évalué le coût de la destruction des laboratoires éthiques (ceux qui vivaient d'un portefeuille de vieux produits utiles et sûrs) et son impact sur la santé publique ?

A-t-on évalué l'impact sanitaire et financier du durcissement du marketing pharmaceutique lié à la disparition de leur revenus sur les produits de plus de 10 ans ?

Pourquoi ne demande-t-on aucun effort particulier aux fabricants de générique pour assurer la sécurité de la substitution, alors que leurs frais de recherche et de suivi sont réduits à peu de choses ? Pourquoi la pharmacie est-elle le seul domaine ou la contrefaçon est légalisée et officiellement encouragée ?

Beaucoup de questions sans réponse en 2012

Je ne demande pas un retour aux médicaments de marque. Je demande une moralisation du marché des génériques et de la substitution.

Pour commencer, une mesure simple et évidente : la généralisation du tarif de responsabilité. L'assurance maladie détermine un prix de remboursement pour chaque famille de génériques. Le patient qui souhaite un médicament de marque paye la différence (souvent minime, voire inexistante). Les patients malvoyants ou présentant un déficit cognitif même léger sont exemptés du paiement de la différence.

Et surtout, à court terme, une uniformisation des présentations (gélules de même couleur, comprimés identiques), et interdiction des noms de marque pour les génériques qui augmentent la confusion (si, ça existe !).

Dernière modification par d_dupagne 19/07/2012 à 06h44.
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