prise en charge d'une personne en fin de vie - Forum
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La médecine, les soignants et les soignés Ethique médicale, bonnes ou mauvaises relations entre patients et médecins, coups de coeur ou coups de gueule médicaux, exercice professionnel : c'est ici.

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Vieux 11/10/2006, 18h06   #1
kymy
 
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prise en charge d'une personne en fin de vie

D'aprés vous quel est le facteur qui influence le plus la prise en charge d'une personne en fin de vie?
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Vieux 12/10/2006, 23h33   #2
kikidad
 
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

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Posté par kymy
D'aprés vous quel est le facteur qui influence le plus la prise en charge d'une personne en fin de vie?

bonjour kymy, tu veut dire quoi en parlant de facteur.la prise ne charge d'une personne en fin de vie est délicate et dans tout les cas il ne faut pas se projetter, et comparer avec sa propre vie.cela depend si tu es soignant ou famille du patient
amicalement
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Vieux 13/10/2006, 07h25   #3
d_dupagne
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

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Posté par kymy
D'aprés vous quel est le facteur qui influence le plus la prise en charge d'une personne en fin de vie?

Bonjour,

Le médecin qui était proche du patient au moment de la maladie est l'élément le plus important, et notamment le généraliste pour un décès au domicile.
d_dupagne is online now   Réponse avec citation
Vieux 13/10/2006, 08h42   #4
kymy
 
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

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Posté par kikidad
bonjour kymy, tu veut dire quoi en parlant de facteur.la prise ne charge d'une personne en fin de vie est délicate et dans tout les cas il ne faut pas se projetter, et comparer avec sa propre vie.cela depend si tu es soignant ou famille du patient
amicalement

Je suis étudiante en soins infimiers. En parlant de facteur d'influence je veux parler de notre propre vision de la mort en tant que soignant, ou l'attachement au patient qui est présent dans une unité depuis de longues années, ou de la conception du "prendre soins" (refus de laisser mourir en assimilant ça à un echec). Comment laisser mourir une personne en fin de vie sans penser que c'est notre faute. Et comment réagir face à une eqipe soignante(infirniere aide soignante et medecin ) qui s'acharne sur une personnne en fin de vie (97 ans alité en permanence mal voyante ) qui demande à mourir, qui ne veut plus de soins mais à qui on continue de lui prodiguer.
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Vieux 13/10/2006, 08h57   #5
kymy
 
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

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Posté par d_dupagne
Bonjour,

Le médecin qui était proche du patient au moment de la maladie est l'élément le plus important, et notamment le généraliste pour un décès au domicile.

Je n'ai pas d'experience pour les soins à domicile mais en milieux hospitalier je n'ai vu que trés rarement un médecin effectuant un veritable accompagnement vers la mort.Je suis d'accord il peut être tres pres du patient pendant la maladie mais trop souvent il refuse que la mort prenne leurs patients. Mais je ne veux pas mettre tous les medecins dans le même panier car je n'ai pas encore sufisament d'experience. J'espere seulement que les medecins ne sont reellement pas tous comme ceux que j'ai rencontré
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Vieux 13/10/2006, 10h16   #6
moicat
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Bonjour,
Qui est proche du mourant?
Ce sont les personnes qui s'occupent du quotidien intime(alimentation,pipi/caca,petites peines/petites joies,...)donc famille et aide-soignantes,infirmières,ASH,..

Il me semble que le mèdecin est en général plutôt dans le soin
(traitment,choix thérapeutique..)que dans l'accompagnement à la mort.

Devant la mort,il faut essayer d'être comme tu aimerais que soit le patient : en acceptation.

L'expérience est très constructive dans l'accompagnement du mourant et de son entourage,mais c'est frappant de constater à quel point elle n'app
orte rien dans la connaissance de la mort.

La mort,même attendue,est toujours une surprise.

Même quand la fin de vie
est longue et douloureuse,et qu'on souhaite que la mort vienne vite,elle est toujours inacceptable.

Ce qui n'empêche pas que la mort soit un évènement tout-à-fait banal...

Je suis IDE libérale,et je pense que l'accompagnement en fin de vie est mon action la plus utile et la plus enrichissante.
Le patient,en bonne santé ou terminal,a une "présence" vraiment différente selon qu'il se trouve à domicile ou à l'hôpital.

C'est un sujet inépuisable;tu as raison Kymy de t'y intéresser,alors qu'on cherche si volontiers à l'éviter,peut-être parceque lorsque tu es devant un mort,c'est ta propre mort que tu regardes.
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Vieux 14/10/2006, 00h16   #7
kikidad
 
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Citation:
Posté par kymy
Je suis étudiante en soins infimiers. En parlant de facteur d'influence je veux parler de notre propre vision de la mort en tant que soignant, ou l'attachement au patient qui est présent dans une unité depuis de longues années, ou de la conception du "prendre soins" (refus de laisser mourir en assimilant ça à un echec). Comment laisser mourir une personne en fin de vie sans penser que c'est notre faute. Et comment réagir face à une eqipe soignante(infirniere aide soignante et medecin ) qui s'acharne sur une personnne en fin de vie (97 ans alité en permanence mal voyante ) qui demande à mourir, qui ne veut plus de soins mais à qui on continue de lui prodiguer.

je suis infirmière en chirurgie générale, il nous arrive d'avoir des personnes en fin de vie, et comme je te le disait précédemment il ne faut pas se projetter par rapport au malade, il faut faut que tu acquiert la capacité de te dire je fait ce qu'il y a de mieux pour lui et je le soulage, c'est à dire tu lui prodigue tout les soins nécessaire et tu l'accompagnes dans la dignité et non dans l'acharnement comme tu a pu vivre avec certains soignants.
au cours de ta carrière tu seras revoltée de voir certaines choses mais faut que pour toi, au fond de toi tu sois cohérente avec tes soins et tes actes.je sais pas si tu vois ce que je veut dire.face à la mort il faut savoir la vivre en tant que soignant, il faut savoir se protéger tout en restant humain, c'est pas facile à faire, mais quand on y arrive on gére mieux les décés car on sais que les patients son partis "bien"
j'espere t'avoir un peu aider dans ta réflexion
amicalement
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Vieux 14/10/2006, 11h13   #8
d_dupagne
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Citation:
Posté par kymy
Je n'ai pas d'experience pour les soins à domicile mais en milieux hospitalier je n'ai vu que trés rarement un médecin effectuant un veritable accompagnement vers la mort

Bonjour,

Je vous confirme cette triste réalité. Dans mon expérience, ce sont les infirmières qui sont les plus présentes. De plus, comme vous le le signalez, le médecin vit la mort comme un échec personnel plus que l'infirmière, ce qui altère sa relation au mourant.
Mais malheureusement, l'infirmière est très dépendante du médecin, qui autorise l'usage des antalgiques majeurs, qui décide ou non de s'acharner ou au contraire de viser le confort du malade.

En ville le médecin est plus important car il coordonne l'attitude face au mourant et tout les intervenants sont dans l'attente de ses décisions ou conseils.

Dans tous les cas, le médecin me paraît être facteur déterminant de la fin de vie, à défaut d'être toujours la personne qui va apporter l'aide et le soutien. Les fins de vie dramatiques sont presques toujours liées à des médecins médiocres, démissionnaires ou absents.
d_dupagne is online now   Réponse avec citation
Vieux 15/10/2006, 00h01   #9
sandyanajones
 
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Si je puis me permettre, il est vrai que c'est le médecin qui décide du ''sort'' du patient, mais en tant qu'as en gériatrie, il nous est arrivé plus d'une fois de désespérer que le médecin fasse appel à l'équipe mobile de soins palliatifs, car malgré toute l'attention et le confort que nous apportions à notre cher résident sur le point de s'éteindre, le médecin était dans l'impossibilité de soulager sa douleur....
Notre médecin référent est très sympa, mais sincèrement n'étant pas dans le service tous les jours, ni présent lors des soins, nous désespérons de nous faire entendre face à la douleur ...
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Vieux 15/10/2006, 01h40   #10
chucky
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Bonsoir,

Citation:
Posté par d_dupagne
Les fins de vie dramatiques sont presques toujours liées à des médecins médiocres, démissionnaires ou absents.

Ou, peut être, tout simplement à des médecins qui ont peur de la législation francaise en matière d'euthanasie et des éventuelles poursuites judiciaires auxquelles ils s'exposent s'ils osent devenir, simplement, humains envers leur patient agonisant !!
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Vieux 15/10/2006, 06h20   #11
moicat
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Date d'inscription: septembre 2006
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Citation:
Ou, peut être, tout simplement à des médecins qui ont peur de la législation francaise en matière d'euthanasie et des éventuelles poursuites judiciaires auxquelles ils s'exposent s'ils osent devenir, simplement, humains envers leur patient agonisant !!

N'exagérons pas,la prescription d'antalgiques,même morphiniques,n'est pas assimilée à une pratique d'euthanasie lorsqu'il y a douleur.

C'est peut-être plus un problème d'ordre culturel,dans une société où les personnes âgées sont très nombreuses,et où le vieillissement et la mort sont occultés autant que possible.

Dans mon exercice d'inf. à domicile,j'ai toujours bénéficié de l'entière compréhension du médecin traitant,et obtenu les prescriptions que j'estimais nécessaires pour le patient en phase terminale(antalgiques,perf. de réhydratation,..)
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Vieux 15/10/2006, 08h06   #12
marlou
 
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Bonjour je suis infirmière en fin de vie depuis 22 ans , a Montréal . De notre coté et bien au début les patient mourrais.. sans être soulager , les médecin peu habituer.. a gérer ce genre de crise. car après tout il désire la vie a tout prix...et donner la médication étais très difficile.

Mais cette tendance Heureusement a changer du moins dans mon centre. Nous avons monté un Comité intituler *Comité de Fin de vie* ou siège Infirmière , aide soignante , Médecin et Pharmaciens.

A ce comité une chose nous préoccupais = La mort du patient de manière Digne.

Donc tous ensemble nous avons préparer un Protocole de Fin de vie.. et un document explicatif de notre Philosophie.

Ce protocole ce veut être la plus belle chose qui a été fait ! Maintenant nos patients meurt dignement , sans souffrance , la famille entourer préparer par l équipe de fin de vie.. donc prête a cette fin..

Ce protocole a deux Volet = 1) Médication 2) Social

Je peu vous dire que ceci est un franc succès.. que sa soit la Famille ou même les employer... tous sont heureux de voir comment ceci ce passe maintenant.

Bien sur la peine nous envahis.. de voir partir un être que l on a aimer , pris soins.. mais de les voir paisible.. nous prouve que nous faisons ce qui doit être fait .

J' Adore travailler en fin de vie.. préparer la famille ,le résident ,a cette fin éminente... d' être la a leur coté

Oui j' aime ce coté de mon travaille plus que jamais..la mort nous devons en parler avec nos patients et ne pas en avoir peur car en Centre Hebergement... sont leur derniere demeure.
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Vieux 15/10/2006, 12h18   #13
kymy
 
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Est ce que ce n'est pas l'attachement au patient et l'émotion des soignants qui fait que ceux ci s'obtinent à la garder en vie et tombe dans l'acharnement thérapeutique quelque fois même sans s'en rendre compte
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Vieux 15/10/2006, 12h34   #14
Valerianne
 
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Bonjour à tous,

Je voulais relater l'expérience de "fin de vie" de ma grand-mère qui s'est, selon moi, passé au mieux ! Pour recadrer l'histoire, ma grand-mère (maternelle) vivait avec sa fille, ma mère, depuis toujours. Ma mère est décédée à son domicile, et j'ai dû gérer très vite la situation de ma grand-mère qui avait à l'époque 98 ans. Je me suis vue allouer, par la Mairie, très vite des heures gratuites d'aide-ménagère, l'infirmière qui venait chaque matin pour faire la toilette a continué à venir. Et le médecin généraliste traitant de ma grand-mère (un type génial !) m'a beaucoup aidée dans mes démarches, très disponible, il m'a même laissé ses coordonnées personnelles au cas où j'aurais eu besoin de lui à des heures décalées. J'ai vu une assistante sociale qui m'a aidée à chercher une maison médicalisée sur la région parisienne. J'en ai vu (sans prendre RDV forcément, en y allant à l'improviste) une bonne trentaine. J'ai eu le coup de foudre pour une maison médicalisée, gérée par des religieuses protestantes, qui avait une USP (Unité de Soins Palliatifs), située à Versailles, à un quart d'heure de mon bureau d'alors, ce qui me permettra par la suite d'aller voir ma grand-mère quasiment tous les jours. C'est dans cet endroit qu'elle a fini sa vie, elle est décédée à presque 100 ans, elle est restée 1 an 1/2 dans cet établissement.

Tout le personnel médical a été ex-tra-or-di-nai-re ! Du médecin qui la suivait sur place (et qui venait la voir tous les jours), aux infirmiers et aide-soignants. Tous les soins se faisaient en douceur. Je peux témoigner de cela, étant présente très souvent (j'avais demandé à passer à 4/5 de temps à mon travail - et j'y allais : le lundi, mercredi, vendredi au petit-déjeuner ou déjeuner, le mardi et jeudi de 13h à 20h, et le week-end dans la journée). En plus, il y avait beaucoup de souplesse vis-à-vis des familles. Moi, par ex, j'ai pu dormir sur place quand je le voulais, quand par exemple ma grand-mère était plus angoissée. Sur le plan médical, elle n'a pas souffert, parce qu'ils mettaient en place des traitements anti-douleurs. Elle s'est mise un matin en position de foetus, et s'est endormie pour toujours.

Il y a peu de turn over dans cet établissement, le personnel est aussi accompagné dans son travail (réunion hebdomadaire, je crois, avec un psychologue). C'est une maison médicalisée qui accueille des personnes en fin de vie : personnes âgées dépendantes, malades cancéreux ou atteints du Sida... et aussi des malades atteintes d'Alzheimer. Il y a aussi un beau parc, et des endroits très sympas, chaleureux, où on peut presque se sentir chez soi (je pense par ex à un coin "salle à manger" un peu rustique, où j'ai plusieurs fois fêté quelque chose avec ma grand-mère).

Je ne remercierais jamais assez le personnel de cet établissement pour ce qu'il a fait - pour l'accompagnement donné à ma grand-mère, mais aussi à moi-même - pour leur gentillesse, leur efficacité, leur disponibilité.

Voilà, c'était mon témoignage du jour !

Valerianne

PS : pour ce qui est du coût, à l'époque, c'était de l'ordre de 16.000 Francs par mois. Mais j'avais fait une demande d'aide sociale pour ma grand-mère, qui a été acceptée très vite - l'idée étant que chaque membre de la famille (enfants, petits enfants) verse une contribution au prorata de ce qu'il gagne - l'Etat complétant le reste.

Dernière modification par Valerianne 15/10/2006 à 12h44.
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Vieux 15/10/2006, 12h46   #15
chucky
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Bonjour,

Citation:
Posté par moicat
N'exagérons pas,la prescription d'antalgiques,même morphiniques,n'est pas assimilée à une pratique d'euthanasie lorsqu'il y a douleur.

Et lorsque les morphiniques à haute dose n'agissent plus, que doit décider de faire le médecin selon vous ? Et lorsque le patient demande avec insistance qu'on le soulage, définitivement, de ses douleurs intolérables, on ne doit toujours pas parler d'euthanasie ?
Je ne vais certainement pas vous apprendre que "la prise en charge d'une personne en fin de vie" amène, inéluctablement, le médecin à se poser la question en bout de chaine lorsque plus rien ne soulage son patient...
Mais, je suis d'accord avec vous, n'exagérons pas et surtout n'en parlons pas sous peine d'être dans l'illégalité (même si cela se pratique, tous les jours, sous le manteau !!).
chucky is offline   Réponse avec citation
Vieux 15/10/2006, 19h44   #16
clairobscur
 
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

bonjour suis infirmière depuis quelques années maintenant
nous avons fait des progrés concernant l'accompagnement du mourant

il existe des stages pour aider le personnel a mieux vivre ce moment difficile
moi même jeune diplômée je réanimais pour ne pas les voir morts
depuis suis infirmière anesthésiste ,les DC sont rares au bloc
quand j'étais en service je préparais la famille à cette fatalité
je leur proposais de prendre le temps de parler à leurs êtres chers

maintenant il faut les accompagner le plus dignement possible
en soulagant leurs souffrances avec de la morphine ou des dérivés
ce n'est pas de l'euthanasie,on peut délivrer des doses importantes
il faut être à l'écoute de leurs besoins et savoir les accompagner vers cette fatalité
pour ma part je pense que la situation idéale est de mourir chez soi
mais ce n'est pas toujours réalisable

Dernière modification par clairobscur 16/10/2006 à 10h47.
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Vieux 15/10/2006, 20h39   #17
moicat
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Citation:
Posté par chucky
Bonjour,



Et lorsque les morphiniques à haute dose n'agissent plus, que doit décider de faire le médecin selon vous ? Et lorsque le patient demande avec insistance qu'on le soulage, définitivement, de ses douleurs intolérables, on ne doit toujours pas parler d'euthanasie ?
Je ne vais certainement pas vous apprendre que "la prise en charge d'une personne en fin de vie" amène, inéluctablement, le médecin à se poser la question en bout de chaine lorsque plus rien ne soulage son patient...
Mais, je suis d'accord avec vous, n'exagérons pas et surtout n'en parlons pas sous peine d'être dans l'illégalité (même si cela se pratique, tous les jours, sous le manteau !!).

Lorsqu'on donne de très fortes doses de morphine,si besoin par pompe à morphine y compris à domicile,on peut souvent résoudre le problème de la douleur en adaptant les doses;bien sûr avec tous les risques connus et acceptés que ça comporte.

Il y a des personnes qui supportent mal la morphine.

Bien sûr que ce passage de la mort peut être parfois extrèmement pénible pour le patient et l'entourage.

Mais la décision de vivre ou de mourir appartient au patient;il me semble que le rôle du médecin est de l'accompagner le mieux possible en respectant son choix profond,et de lui éviter au maximum la souffrance.

Il est très rare qu'une personne terminale demande avec insistance à être soulagée définitivement...
moicat is offline   Réponse avec citation
Vieux 15/10/2006, 20h40   #18
kymy
 
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Réponse à clairobscur

nous avons fait des progrés concernant l'accompagnement du mourant

Je suis d'accord il y a eu beaucoup de progrés mais les mentalités n'ont pas encore evoluées

il existe des stages pour aider le personnel a mieux vivre ce moment difficile

les stages ne sont pas encore répandus et même aprés formation certains soignants n'arrivent toujours pas à faire face à la mort et se réfugient dans l'acharnement

maintenant il faut les accompagner le plus dignement possible
en soulagant leurs souffrances avec de la morphine ou des dérivés
ce n'est pas de l'euthanasie,on peut délivrer des doses importantes
il faut être à l'écoute de leurs besoins et savoir les accompagner vers cette fatalité
Comment ne pas avoir de remord en laissant mourir une personne même si s'est sa volonté?

Dernière modification par kymy 15/10/2006 à 20h43.
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Vieux 16/10/2006, 01h55   #19
chucky
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Bonsoir,

Citation:
Posté par moicat
Mais la décision de vivre ou de mourir appartient au patient;il me semble que le rôle du médecin est de l'accompagner le mieux possible en respectant son choix profond,et de lui éviter au maximum la souffrance.

Et pour un patient atteint de la maladie de Charcot (SLA) et qui ne peut plus bouger que les yeux, comment arrivez-vous à respecter sa décision de facon certaine, s'il ne vous en a pas parlé avant de sombrer dans son enfer ?
Il n'est pas facile d'interpréter un regard....
Et même si l'on donnerait tout pour mourir, il devient, alors, impossible de se débrancher, seul, lorsqu'on ne peut plus bouger la moindre parcelle de son corps...

Citation:
Posté par moicat
Il est très rare qu'une personne terminale demande avec insistance à être soulagée définitivement...

Je suis "cette personne terminale" depuis 3 mois et je suis "en négociation" avec mon médecin généraliste pour lui faire enfreindre cette loi stupide et je vous prie de croire que je ne manque pas d'insistance pour lui demander de me soulager définitivement....
Voilà la différence majeure entre les soignants et les "soignés", vous parlez de votre profession avec détachement et philosophie, je vous parle de ce qu'il me reste de vie avec amertume et colère.
chucky is offline   Réponse avec citation
Vieux 16/10/2006, 10h24   #20
moicat
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Citation:
Posté par chucky
Bonsoir,



Et pour un patient atteint de la maladie de Charcot (SLA) et qui ne peut plus bouger que les yeux, comment arrivez-vous à respecter sa décision de facon certaine, s'il ne vous en a pas parlé avant de sombrer dans son enfer ?
Il n'est pas facile d'interpréter un regard....
Et même si l'on donnerait tout pour mourir, il devient, alors, impossible de se débrancher, seul, lorsqu'on ne peut plus bouger la moindre parcelle de son corps...



Je suis "cette personne terminale" depuis 3 mois et je suis "en négociation" avec mon médecin généraliste pour lui faire enfreindre cette loi stupide et je vous prie de croire que je ne manque pas d'insistance pour lui demander de me soulager définitivement....
Voilà la différence majeure entre les soignants et les "soignés", vous parlez de votre profession avec détachement et philosophie, je vous parle de ce qu'il me reste de vie avec amertume et colère.

Bonjour Chucky,

N'oubliez pas que le soignant est à un moment de sa vie également un soigné!

J'ai 52 ans,et j'ai depuis qques années un problème de santé qui m'a obligée à envisager dans un avenir plus ou moins proche une perte d'autonomie avec une incapacité à assurer le quotidien.

Ce n'est qu'à ce moment que j'ai vraiment pris conscience du droit que j'ai à disposer de ma vie,c'est-à-dire de l'interrompre si je ne peux plus la mener avec dignité et un peu de bonheur...
Cette prise de conscience m'a fait ressentir un souffle froid en même temps qu'un important soulagement.

Mais il est évident que la responsabilité(très lourde...)de ce genre de décision ne peut reposer que sur moi,au point que,le cas échéant,j'essaierais autant que possible d'en assumer moi-même le déroulement.

Mais j'ignore ce que sera l'avenir,et je ne sais pas du tout si j'aurais le courage de décider de mourir.
Je sais par contre que je ne voudrais pas prendre cette décision sous l'influence de la colère et de l'amertume!

Pardonnez mon manque apparent de compassion;je pense que la vie est un combat dont l'essentiel se passe à l'intérieur de nous-même et avec nous-même.
Je pense aussi que la vie est un bien extrêmement précieux,quelle qu'elle soit,et que je ne donne le droit à personne(médecin,équipe soignante ou entourage)de disposer de la mienne.
moicat is offline   Réponse avec citation
Vieux 16/10/2006, 10h53   #21
clairobscur
 
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

bonjour chucky
votre cas est difficile
mais vous pouvez nous communiquer vos impressions c'est quelque chose d'important me semble t il?
pour moi la mort est une fin en soi,les gens s'éteingnent comme des bougies
nous ne pouvons pas aller au delà de la limite du corps
comme vous ,j'aimerais pouvoir négocier ce moment le jour où je ne pourrai plus vivre dignement

bonjour kymy
il existe beaucoup de livres traitant du sujet
c'est sûr qu'il est grave est important car c'est notre métier
et un jour ou l'autre nous y sommes confrontés en dehors de nos proches
ce n'est pas du détachement ,car toute fin de vie nous fait souffrir
nous sommes là pour aider ,soulager,améliorer le quotidien....
même quand je suis obligée de débrancher le malade du respirateur en pleine nuit après une urgence j'en perds le sommeil

Dernière modification par clairobscur 16/10/2006 à 11h01.
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Vieux 16/10/2006, 12h55   #22
chucky
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Bonjour,

Citation:
Posté par moicat
N'oubliez pas que le soignant est à un moment de sa vie également un soigné

Bien évidemment et nous serons tous, un jour ou l'autre, confrontés à notre propre mort mais je pense qu'il est plus simple pour "un soignant' d'avoir quelques "passe-droit", lorsqu'il passe de l'autre côté de la barrière, étant donné qu'il connait bien le corps médical pour l'avoir cotoyé tout au long de sa vie professionnelle...

Citation:
Posté par moicat
Mais il est évident que la responsabilité(très lourde...)de ce genre de décision ne peut reposer que sur moi,au point que,le cas échéant,j'essaierais autant que possible d'en assumer moi-même le déroulement.

Et vous trouvez cela légitime ? Vous ne pensez pas qu'un tiers (médecin ou autre) doit nous aider, à ce moment là, pour accomplir ce geste de délivrance ?
Nous ne sommes, déjà, pas énormément, soutenu en tant que malade (je précise que je souffre d'une maladie dite "rare"), si nous devons, en plus, mettre fin à nos jours....Je suis désolée mais je ne suis pas suicidaire, je suis, juste, en fin de vie....

Citation:
Posté par moicat
Mais j'ignore ce que sera l'avenir,et je ne sais pas du tout si j'aurais le courage de décider de mourir.
Je sais par contre que je ne voudrais pas prendre cette décision sous l'influence de la colère et de l'amertume!

Je peux, simplement, vous dire que ce courage est très difficile à trouver (je n'ai que 39 ans) et que l'instinct de survie est beaucoup plus fort que ce que l'on imagine, même lorsque notre vie n'en est plus une et ressemble plus à de la survie. C'est bien pour cela que l'intervention d'un tiers devrait être obligatoire aussi bien pour l'accompagnement psychologique (ce qui éviterait de partir dans l'amertume et la colère !!) que pour la libération finale...
Si mon médecin généraliste refuse d'assumer ma volonté jusqu'au bout, je compte faire appel à une association suisse qui s'occupe d'aider à "faire mourir" les malades dans la dignité parce que je me sens incapable, actuellement, de me "suicider"...même si, paradoxalement, je ne supporte plus d'être devenue une morte vivante !

Citation:
Posté par moicat
Pardonnez mon manque apparent de compassion;je pense que la vie est un combat dont l'essentiel se passe à l'intérieur de nous-même et avec nous-même..

Comprenez-moi bien, je ne vous accuse de rien et je ne m'en prends pas à vous personnellment. Mes propos sont dirigés contre le corps médical, en général, et contre la législation francaise en matière d'euthanasie, en particulier !
Actuellement, en France, si l'on ne veut pas entraîner son médecin traitant dans d'éventuelles poursuites judiciaires, nous avons simplement le droit de mourir de faim (la loi Vincent Humbert), ne trouvez-vous pas cela barbare et digne d'un autre temps ?
chucky is offline   Réponse avec citation
Vieux 16/10/2006, 13h55   #23
moicat
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Citation:
Je peux, simplement, vous dire que ce courage est très difficile à trouver (je n'ai que 39 ans) et que l'instinct de survie est beaucoup plus fort que ce que l'on imagine, même lorsque notre vie n'en est plus une et ressemble plus à de la survie. C'est bien pour cela que l'intervention d'un tiers devrait être obligatoire aussi bien pour l'accompagnement psychologique (ce qui éviterait de partir dans l'amertume et la colère !!) que pour la libération finale...
Si mon médecin généraliste refuse d'assumer ma volonté jusqu'au bout, je compte faire appel à une association suisse qui s'occupe d'aider à "faire mourir" les malades dans la dignité parce que je me sens incapable, actuellement, de me "suicider"...même si, paradoxalement, je ne supporte plus d'être devenue une morte vivante !


Bonjour Chucky,
L'instinct de vie est tellement puissant que la proximité de la mort semble en général l'augmenter.
Il est vraiment rare qu'une personne se trouvant dans un état désespéré(proche de la mort,souffrance forte)demande à être aidée à mourir.

Je suis absolument d'accord avec vous en ce qui concerne l'accompagnement psychologique;il existe,mais doit être bien insuffisant...

Par contre comment pouvez-vous penser rendre obligatoire la pratique de l'euthanasie chez le médecin que vous avez consulté à l'origine pour vous soigner?
Il faut que vous vous mettiez ne serait-ce qu'une seconde dans la peau de votre généraliste.
En dehors de l'aspect éthique et moral(c'est un individu comme les autres...)peut-être que ce médecin ne se sent pas à même de déterminer la force de votre désir de mourir,et donc de prendre une telle responsabilité.

Vous avez certainement raison de vouloir contacter l'association suisse,ça ne peut qu'être intéressant.
Dans votre façon de vous exprimer,il y a une pugnacité et un rapport à la réalité qui me semblent contradictoires avec un profond désir de mourir.

Peut-être avez-vous encore bien des rencontres et bien des choses à vivre et à faire avant le point de non-retour!

Je vous souhaite beaucoup de courage et de chance pour mener le mieux possible votre lutte.
moicat is offline   Réponse avec citation
Vieux 16/10/2006, 18h23   #24
chucky
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Bonsoir,

Citation:
Posté par moicat
Par contre comment pouvez-vous penser rendre obligatoire la pratique de l'euthanasie chez le médecin que vous avez consulté à l'origine pour vous soigner?

C'est bien pour cela que j'ai parlé d'un tiers, et pas, forcément, du médecin qui me suit depuis des années.
Nous nous glorifions en permanence alors que nous avons des dizaines d'années de retard sur un pays comme la Suisse...
Ce débat n'aurait pas lieu d'être dans ce pays puisqu'ils ont eu le courage de prévoir, aussi, la fin de vie du malade dans la dignité !

Citation:
Posté par moicat
Je vous souhaite beaucoup de courage et de chance pour mener le mieux possible votre lutte.

Je vous remercie, énormément, de votre soutien.
chucky is offline   Réponse avec citation
Vieux 17/10/2006, 22h11   #25
Cafe_Sante
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Re : prise en charge d'une personne en fin de vie

Citation:
Posté par chucky
Comprenez-moi bien, je ne vous accuse de rien et je ne m'en prends pas à vous personnellment. Mes propos sont dirigés contre le corps médical, en général, et contre la législation francaise en matière d'euthanasie, en particulier !
Actuellement, en France, si l'on ne veut pas entraîner son médecin traitant dans d'éventuelles poursuites judiciaires, nous avons simplement le droit de mourir de faim (la loi Vincent Humbert), ne trouvez-vous pas cela barbare et digne d'un autre temps ?
Bonsoir,
Je suis médecin, je pratique les soins palliatifs depuis longtemps et je n'ai jamais pratiqué l'euthanasie. Je le dis nettement à mes patients qui me le demandent. Mais je leur dis que je ne les laisserai pas souffrir et que tout sera bon pour calmer leurs souffrances.
En fin de vie, il suffit souvent de ne rien faire pour que tout s'arrête. Arrêter une alimentation parentérale n'est pas laisser quelqu'un mourir de faim. C'est arrêter un soin inutile. La sensation de faim ne dure que 24 à 48 heures et peut-être atténuée par des calmants, ensuite il arrive une torpeur et une faiblesse de plus en plus grande bien connue de ceux qui jeûnent pour des raisons mystiques.

Il ne faut pas que vous donniez aux soignants le pouvoir de tuer les gens.

Les euthanasies sauvages qui se pratiquent actuellement sont la plupart du temps dues à une mauvaise formation des médecins qui ne savent pas soulager correctement leur patient. Ils ne peuvent plus affronter le problème, alors ils l'éliminent.
__________________
Philippe, médecin à la campagne
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