Cher dominique,
Je vous suis, et bon nombre de nos confrères et de nos patients, redevable d’un immense remerciement. Vous avez su trouver les clés pour que cette affaire de santé publique soit débattue publiquement. L’affaire est grave et je comprends que nos confrères urologues puissent en être chamboulés, car cela remet en question ce qu’ils pensaient acquis, renforcé probablement par leur impression de praticien, en témoigne les réponses de J Bron. Médecin généraliste de base, il m’a été jusque-là très difficile d’expliquer cette controverse, tant mes patients étaient saturés d’informations « pro-dépistage », totalement décalées des publications scientifiques, renforcés par les messages de mes confrères urologues. Je me rappelle de la période de fin 1998, où après l’étude HERS, j’avais compris que les THS n’étaient plus des traitements magiques pour nos patientes ménopausées. Je me rappelle des conflits qu’il m’a fallu alors accepter. Vous nous en avez d’ailleurs apporté la démonstration sur atoute.
Nous praticiens, exerçons un métier difficile car nous devons nous astreindre à un questionnement permanent, alors que nos patients attendent de nous des réponses. Nos doutes se transforment souvent en conflits intérieurs, ce cheminement indispensable vers un changement de croyance, puis en conflits extériorisés avec ceux qui pensent différemment. Ces conflits sont indispensables pour que la vérité éclate et soit acceptée. Je remercie donc le Dr J Bron d’ accepter d’en débattre ici. Plus que le dépistage du cancer de la prostate, c’est le sophisme « tout cancer dépisté tôt sera guéri » qui est mis à mal. Celui-ci ne doit plus être le fondement scientifique de bons nombres de nos actes médicaux ! Par contre il est très ancré dans une croyance populaire. Dominique, votre action bien visible médiatiquement est donc la seule voie vers une pensée critique, la seule utile à la défense de notre santé.
Je me permets de conseiller ici la lecture des remarquables articles de Luc Perino publiés en 2010 dans la revue médecine.
Le 1er article : ici
Le 2ème article : ici
Et cette lettre d’un membre de l’INCA qui souhaite garder l’anonymat et qui mérite toute notre attention !
De tout cœur avec vous.
Dr Philippe Nicot, généraliste, sans lien d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique.