Il y a une dimension éthique à tout cela que nous médecins en voie de disparition ne pouvons ignorer,c’est celle de l’utilisation du Médecin pour évaluer l’humain qui évoque des périodes sombre de l’histoire de l’humanité.
Pour lutter contre les totalitarismes il faut prendre conscience de nos propres tendances totalitaires.
La santé publique c’est formidable et dangereux si on déshumanise les données par l’utilisation de grilles et de critères qui n’ont rien à voir avec la santé du patient mais simplement avec des facteurs socio-économiques.
A force d’évaluer on cesse de soigner ,on classe ,on indemnise ,on se fait une idée de la personne âgée sans la rencontrer sans la connaître et bien sur c’est pour son bien, comme toujours ...
On nous sort des données ,on nous fait des plans et on rempli les consultations mémoires de patients de 90 ans dont la seule peur c’est quitter leur domicile ...
En définitive que fait on pour favoriser le maintien à domicile de ces personnes que l’on enferme comme les fous autrefois tout en tenant des discours de modernité teintés de soi disant économies ?
Les progrès en ce qui concerne la vieillissement n’est il pas plutôt du côté de la présence, de l’entourage,de la fraternité et de la joie que dans un système de construction d’univers concentrationnaires médicalisés lucratifs et si difficiles à maintenir sur le versant de l’humanité par de l’animation.
Il devient évident qu’on ne tient pas compte des paroles des anciens ,du subjectif, emportés que nous sommes par de soi disant données "objectives" issues de ces "évaluations" dont le but reste de distribuer ou non de l’argent.
Administrer la société pour que le contrôle administratif puisse prospérer et ce pendant que les soignants de proximité périclitent.