Même topo pour l’évaluation du handicap, en particulier par les MDPH. Il y a en plus, le « projet de vie », alinéa particulièrement délicat quand on s’adresse à des populations subclaquantes – et de toute façon d’un infantilisme achevé.
Il faut savoir qu’après avoir rempli les cases, on a droit à la visite à domicile d’une « évaluatrice ». Cette dernière est d’autant plus accrochée à la grille qu’elle n’a aucune compétence médicale (c’est une assistante sociale, on se demande ce qu’elle fout là…) et même pas le droit de vous demander quelles sont vos pathologies (ça, peu de malades le savent et en général, se croient en plus obligés de raconter leur vie). Donc, le RDV consiste à répéter à vois haute ce qui est écrit sur la grille, passionnant, constructif et roboratif…
Ensuite, il y a une commission pluridisciplinaire ( !) avec des tas de pékins qui s’excitent sur votre dossier puis une autre commission idem au conseil général. Après ça éventuellement, vous avez une réponse sur l’aide demandée. Si on fait le compte, dans un circuit de demande d’aide à domicile pour handicap (PCH) par exemple, il y a intervention de deux médecins (le généraliste puis l’expert) et d’environ 10 à 15 parasites sans compétence autre que bureaucratique– qui vous expliquent par ailleurs très volontiers qu’ils sont surbookés, épuisés, etc. Evidement, c’est réparateur de se dire qu’on crée autant d’emplois mais si les évaluateurs sont ravalés au rang de machines les évalués, eux, le sont au rang d’objets – « évaluables objectivement », donc.