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"dépression et sens de la vie"

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john00 (52 messages) Envoyer message email à: john00 Envoyer message privé à: john00 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-05, 19:56  (GMT)
"dépression et sens de la vie"
Bonsoir,

Ma question va très probablement avoir un aspect stupide, mais comme ma pensée évolue dans ma dépression, j'aurais aimé savoir si vous étiez aussi passé par là. Au départ, je me sentais triste, sans plus aucune énergie, je n'avais plus envie de rien, plus goût à rien.

Puis ma pensée a évolué, l'AD a enfin commencé à faire son effet et la tristesse a en partie diminué, j'arrive à regarder des films à la TV, à sortir un peu. Mais j'éprouve à présent une très profonde indifférence à tout. Peu importe ce que je mange, peu importe les événements dans la vie d'une personne ou dans ma vie, je place tout au même niveau d'importance: nul. Je ne ressens sincèrement plus aucune différence d'importance entre manger un bon plat avec des amis et se retrouver à la rue par exemple, ou avoir un accident, ou regarder un film le soir à la TV. C'est comme si plus rien n'avait d'importance.

Puis ma pensée a encore évolué. La notion du manque d'importance n'a pas bougé, mais à présent, c'est le sens de toute chose qui a disparu pour moi, sans que je m'en sente réellement triste. Non, juste indifférent. A présent, je ne comprends plus le sens des choses, pourquoi on doit se lever chaque matin, pourquoi on doit alimenter son corps, pourquoi on vit dans un monde de travail et de loisirs, pourquoi on tourne des films, pourquoi des gens chantent, pourquoi la technologie existe, pourquoi on éprouve des sentiments... c'est comme si le sens de toute chose avait totalement disparu pour moi.

Je continue mon journal intime informatisé (qui en est déjà à sa 17ème page alors qu'il date de lundi dernier, au moins, je vide mon sac et ça me permet de montrer des choses à ma psy la fois suivante) et ce genre de pensée revient sans cesse: à quoi cela sert-il? Pourquoi faut-il faire cela? Pourquoi a-t-on crée cela? Mais ce ne sont même pas des questions sur le négatif que je me pose, c'est tout simplement, en fait, pourquoi fait-on toutes sortes de choses dans la vie?

Passe-t-on par cela dans la dépression? Je pensais que c'était un état permanent ou presque de souffrance et de tristesse, mais grâce à trois semaines de traitement, la tristesse a grandement diminué, mais c'est l'intérêt de toute chose et même la compréhension du but de toute chose qui a disparu. Est-ce la thérapie qui m'aidera à changer cela ou les médicaments aideront également à me faire retrouver un sens à chaque chose? (je parle d'un effet combiné, ou alors est-ce que l'effet des antidépresseurs est juste de faire disparaitre la tristesse et d'améliorer un peu le moral? Je me sens perdu)

merci de m'avoir lu,

amitiés,
John

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  Liste des réponses à ce message

  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
 RE: dépression et sens de la vie Laurence2 30-01-05 1
   RE: dépression et sens de la vie john00 30-01-05 8
       RE: dépression et sens de la vie Laurence2 31-01-05 16
       RE: dépression et sens de la vie john00 01-02-05 18
 RE: dépression et sens de la vie cilloux 30-01-05 2
   Les clés de la guérison cilloux 30-01-05 3
       Suite cilloux 30-01-05 4
           RE: Suite Pinback 30-01-05 5
               RE: Suite Iphigenie 30-01-05 6
               RE: Suite john00 30-01-05 7
                   RE: Suite cilloux 31-01-05 11
                   RE: Suite cilloux 31-01-05 12
           RE: Suite john00 30-01-05 9
               RE: Suite cilloux 31-01-05 10
                   RE: Suite john00 31-01-05 13
                       RE: Suite cilloux 31-01-05 14
                           RE: Suite Pinback 31-01-05 15
                           RE: Suite john00 01-02-05 17
                               RE: Suite cilloux 01-02-05 19
                                   RE: Suite john00 01-02-05 20

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Texte des réponses

Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-05, 20:51  (GMT)
1. "RE: dépression et sens de la vie"
Bonsoir John,

j'ai vécu la même chose que toi. Tout d'un coup, en ville par exemple, je me disais que font les gens ici, à quoi ça sert de faire les magasins, de construire des villes, d'être des milliers à marcher dans les rues, c'est quoi le sens de tout ça au milieu de l'immensité de l'univers?
Franchement, je crois que toute cette agitation n'a pas vraiment de sens, mais on est en vie et on en profite, on essaye d'être heureux et de rendre les autres heureux, pour moi c'est le seul sens qu'il y ait à tout ça. Tout finira par disparaître, et pour la plupart des choses, ce sera comme si ça n'avait jamais existé.

Amicalement,

Laurence

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john00 (52 messages) Envoyer message email à: john00 Envoyer message privé à: john00 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-05, 22:50  (GMT)
8. "RE: dépression et sens de la vie"
Bonsoir Laurence,

Merci pour ta réponse, ça aide savoir si ce qu'on ressent quand la maladie évolue est quelque chose de "normal" ou non, sans vouloir trop me comparer aux autres, mais la dépression n'est pas, je pense, une maladie aussi complexe que d'autres maladies psychiques, bien que j'ai lu récemment qu'il y avait plusieurs types de dépression, comme quoi!

Merci à toi,
bises,
John

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Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
31-01-05, 19:54  (GMT)
16. "RE: dépression et sens de la vie"
Bonsoir John,

la dépression n'est peut-être pas aussi complexe que d'autres maladies, mais en tout cas elle est très douloureuse. C'est fréquent de ne plus comprendre le sens des choses quand on est dépressif, rassure-toi, j'espère que tu vas retrouver le moral.

Amicalement,

Laurence

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john00 (52 messages) Envoyer message email à: john00 Envoyer message privé à: john00 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
01-02-05, 02:38  (GMT)
18. "RE: dépression et sens de la vie"
bonsoir Laurence,

oh oui, je pense qu'elle est bien moins complexe que d'autres maladies, mais je me suis rendu compte par mes lectures qu'il existait quelques types de dépressions, la saisonnière, la réactionnelle, etc. Quelqu'un a parlé de dépression post-traumatique je crois. Et puis je pense qu'il y a les gens qui, un jour, font une dépression sur leur vie entière quand quelque chose va mal depuis un moment et qu'ils se retrouvent sans équilibre plusieurs mois. C'est mon cas, suite à une dépression réactionnelle à mon boulot, mais je traînais cela depuis beaucoup trop d'années.

Ma psy m'a dit qu'il y a une vie après la dépression, que ces expériences que je vis (dépersonnalisation, déréalisation) sont des angoisses, elle a doublé ma dose d'anxiolytiques (chouette, je passe de 3 xanax 25 mg à 3 xanax 50 mg par jour) et on est repassé à un somnifère par jour au lieu d'un demi.

Mais il va y avoir du boulot, étant donné que j'ai apparemment trouvé un grand nombre de mécanismes de défense pour rester dans la souffrance permanente, en la choisissant plus ou moins consciemment (parfois, ce furent des choix franchement conscients), refusant d'aller mieux, rejettant ce monde, ses valeurs (je suis plus partisan d'anciennes valeurs sur le respect, le monde était peut-être plus coincé mais je le préférais), et pour le moment, c'est une phase de rejet et d'absurde qui a pris le dessus.

Ma psy me dit que les médicaments vont me sortir de cet état, qu'il faut être patient, que samedi prochain, ça fera 1 mois d'effexor. On prie et on espère!

amitiés,
John

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-05, 20:53  (GMT)
2. "RE: dépression et sens de la vie"

Bonjour John,

pour moi, la dépression m'a fait l'effet d'une destruction totale.

Il m'a fallu ensuite tout reconstruire, l'alimentation et le sommeil comme un bébé, reprendre du poids, des forces, puis peu à peu, remettre debout toute la structure cérébrale et affective.

Ce qui fait qu'on se pose mille questions pour faire une toute petite chose qui semble naturelle aux autres. On décortique tout, on analyse tout, parce qu'on doit tout remettre sur pied. Ce qui fait que certains proches disent "ne te pose pas tant de questions, tu n'as qu'à vivre, tout simplement". Ils ne comprennent pas que plus rien n'est naturel, c'est la raison et la volonté qui prennent les commandes. Le goût de vivre ne vient que plusieurs semaines après.

L'intêret, c'est que ce goût de vivre, il ne nous tombe plus dessus par hasard : on sait exactement où aller le chercher et on peut alors être bien plus heureux qu'avant, parce qu'on a en main les commandes de l'appareil.

Je ne sais pas si vous saisissez exactement ce que je veux dire. Mais ça vaut le coup d'investir beaucoup au départ, car ça finit par payer, effectivement. Et ça paye plus qu'on ne l'aurait espéré.

Tiens, je vais aller vous recopier un truc que j'ai mis dont je suis très fière (ben oui, je suis très fière).

Rien à voir, enfin si quand même un peu, il faut que je vous raconte :
Hier j'ai joué ma première messe à l'orgue à tuyau, ce fût une calamité, à la limite du sacrilège. C'était très laid. Les gens croyaient que "la nouvelle organiste" leur ferait un concert de toute splendeur. Je leur disais que non, mais eux me répondaient "allons, pas de fausse humilité blablabla". Quand ils ont vu que mon humilité n'était pas fausse, ils ont été très déçus. Je suis descendue de mon perchoir la tête basse en rasant les murs. J'ai eu les critiques (je vous passe les commentaires).

Autrefois, ça m'aurait effondrée. Là, j'ai tellement envie d'aller au bout des choses que je me suis engagée pour continuer, car il n'y a qu'en persévérant que j'aurai une chance d'améliorer mon niveau (je ne peux qu'améliorer...).

Je suis crevée, HS, mon médecin me fait de plus en plus la gueule, Mr Dupagne aussi, j'ai des soucis de chaudière mais je m'en moque parce que je commence à être solide toute seule à l'intérieur de moi.

Ca vaut le coup, je vous assure.

Bon je vous recopie le machin.
Cécile

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-05, 20:55  (GMT)
3. "Les clés de la guérison "

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Bonjour,

un titre prétentieux, raccoleur en fait. J'aurais préféré écrire "les outils de la guérison" mais personne ne serait venu lire. D'ailleurs je ne suis pas sûre que vous n'êtes pas déjà partis.

Les outils de la guérison...

J'ai tout entendu au sujet de cette guérison : les théories les plus délirantes, mais aussi le régiment des idées toutes faites et complètement stupides
"il faut se secouer" "se faire violence" "sortir de soi-même"... Ce soir, c'est un message sur le déclic qui me pousse à intervenir.

Le déclic n'existe pas. A part dans le cadre des miracles, je n'ai jamais entendu parler de maladie qui se guérisse spontannément.

Pour la guérison, il faut donc se préparer à des mois de travail sur soi, en apprenant chaque jour à vivre un peu différemment de la veille.

Ce n'est pas douloureux, et ça ne doit pas être douloureux. C'est long, c'est parfois un peu compliqué, souvent rassurant, parfois exaltant mais ce n'est pas douloureux.
Si c'est douloureux, c'est qu'on s'est trompé.

Bon passons. Alors ces outils, quels sont-ils ?

Et bien en tout premier lieu, je parlerais d'une technique "fondamentale", la plus utile me semble-t-il, qui servira tout au long du chemin.

Il s'agit d'apprendre à identifier si ce que l'on ressent à un instant est "agréable" ou "douloureux".

Il faut se poser la question, plusieurs fois par jour, le plus souvent possible en fait.

Au départ, il peut arriver que ça soit très mélangé, car on croit que quelque chose est bon pour nous alors qu'en fait, ça nous fait mal. Et vice-versa.

L'exemple qui me vient à l'esprit instantanément, c'est celui du psy qui vous gueule après (ou des parents) : ça fait mal, mais on est tellement convaincu que "c'est pour mon bien" qu'on refuse d'admettre que ça fait mal. On donne raison au psy, on estime qu'il sait ce qu'il fait, on culpabilise d'avoir mal, on a encore plus mal... bref, on s'enfonce un peu plus.

Etre capable de ressentir "telle chose, telle parole, ça me fait mal".
Et envers soi-même également "je n'y arriverai jamais, je suis définitivement nulle, il faut que je me bouge etc..." ça me fait du mal.

Si vous lisez :
"tu n'as jamais choisi de souffrir comme ça. Ne porte pas la culpabilité de cette maladie, tu as besoin de beaucoup de soins, d'écoute, d'attention, de bienveillance".

Ca vous fait quoi ?

Bien sûr, cette dernière phrase n'a pas beaucoup de sens, car je ne l'écris pas pour une personne en particulier, je généralise.

L'important au départ, c'est de savoir ressentir ce qui fait du bien et ce qui fait du mal.

Cécile

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-05, 21:11  (GMT)
4. "Suite"
"Je suis trop sensible"

Loin d'être un défaut, cette sensibilité est une qualité très utile pour guérir. Il faut l'affiner, l'aiguiser.

L'écouter...
Veiller à ce que l'on "sent" : se servir de notre sensibilité comme d'un radar qui nous informe de ce qui est bien pour nous, et de ce qui est néfaste.

Lui faire confiance. Plus qu'à n'importe quel élément "extérieur".

Les autres ne sont pas dans votre peau, ils ne peuvent pas savoir à votre place, ils n'ont pas accès à votre sensibilité.

Donc voilà, je pense que j'ai présenté l'outil fondamental qui accompagne tout le processus de guérison.

Dans tous les évènements de la vie, petits ou grands, seul ou avec les autres, il faut toujours en revenir à cette question de base :

"est-ce que ça me fait du bien ou est-ce que ça me fait du mal".

Durant les deux ou trois premières semaines, il faut s'obliger à y penser car ça ne vient pas tout seul. Les réponses sont d'abord très confuses, mais ça se clarifie avec le temps.

Dans la mesure où on fait ça sérieusement, ça se clarifie assez rapidement pour stimuler le reste du boulot.

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Pinback (205 messages) Envoyer message email à: Pinback Envoyer message privé à: Pinback Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-05, 21:46  (GMT)
5. "RE: Suite"
Bonsoir John,

Pour être franc, les médicaments n'arrivent pas à enrayer ma chute. Je perd de plus en plus d'intérêt dans les choses que je fais. C'est ainsi que j'ai dû interrompre ma dernière partie de go sur internet par ce que je ne trouvais plus la motivation de continuer. Pareil pour les films : j'ai arrêté de regarder "l'étoffe des Héros" sur Paris première lorsque j'ai vu qu'il durait 3 heures. Je n'arrive plus à tenir autant sur un film. Le dernier film que j'ai loué, je l'ai interrompu au bout d'une heure pour le remprendre le lendemain. C'était un film sur le vélo avec Benoît Poelvoorde.
La vie finit par se résumer à se lever tard le matin pour me coucher tôt le soir et essayer de trouver entre les deux des raisons de vivre. Ce n'est pas facile.
Heureusement qu'il y a le forum pour tenir.
Je m'arrête là parce que je vais dévier sur mon malêtre...

Amitiés,

Hervé

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Iphigenie (25 messages) Envoyer message email à: Iphigenie Envoyer message privé à: Iphigenie Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-05, 22:17  (GMT)
6. "RE: Suite"
Courage les garçons, la dépression, on finit par la vaincre, l'intérêt pour les autres et la vie revient progressivement... Il faut du temps, c'est cela le plus dur.
Quand j'étais en plein dedans, je me souviens qu'une amie est venue me voir, c'était en automne il y a quelques années. J'habite dans un très bel endroit, les couleurs de l'automne étaient magnifiques, et mon amie m'a dit que je ne m'en rendais certainement pas compte. C'était vrai, j'étais indifférente à tout, je ne voyais plus la vie, la beauté, j'étais concentrée sur ma souffrance et je n'en voyais pas le bout.
Finalement, ce qui m'a le plus aidée à remonter la pente, ça a été la reprise du travail, même si les débuts ont été durs. Et je suis maman, j'étais obligée de tenir pour mes enfants, je n'ai eu aucune aide, et même si j'ai haï ma vie quotidienne à cette période, j'ai tout assumé du mieux que j'ai pu.
Je crois que vous avez raison d'écrire, cela permet de clarifier ses idées. Et voir que l'on peut aider les autres même quand soi-même on va mal, c'est encourageant.
Bonne nuit à vous deux, John et Hervé !
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john00 (52 messages) Envoyer message email à: john00 Envoyer message privé à: john00 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-05, 22:34  (GMT)
7. "RE: Suite"
Modifié le 30-01-05 à 22:39  (GMT)

bonsoir Hervé,

Oui, il est difficile au bout d'un moment de ne pas dériver à donner des exemples personnels de ce qu'on vit

J'ai un souci pour demain. Mais avant, je reviens sur ce que tu as dis, Cécile, hier, j'ai eu un moral plutôt correct et j'ai cherché les raisons. Aujourd'hui, j'ai été contrarié plusieurs fois (pas par des personnes mais pas des circonstances) à chaque contrariété supplémentaire, mon moral a commencé à rechuter..

Par contre, je dérive, légèrement, étant devenu écrivain amateur de mon journal intime, je l'ai relu et me dis que plus d'une 10aines de pages (presque 12-13 sur les 17) parlent d'états d'esprits différents ou qui se complètement, qui indiquent une évolution, et je ne sais pas comment résumer cela, mes mots parlent d'eux même, et je ne me vois ni lui passer ce texte (si bcp de gens font ça, bonjour son boulot) ni lui lire car les 30 min vont passer à la lecture de ces 17 pages. je compte peut-être sélectionner des passages décisifs et résumer les autres, mais j'ai du mal, je sens qu'il faudrait qu'elle lise tout, c'est compliqué...

En fait, je commence à avoir un symptome inverse au tien, Hervé. Je me lève tard mais je traine beaucoup toute la journée: je lis un petit peu, je regarde un film, je téléphone à mes parents le soir, je passe beaucoup de temps à lire sur internet tout ce qui concerne la psycho, puis je suis épuisé, je dors 2 ou 3h et le soir est déjà arrivé. j'écris un ou deux mails et je vais me coucher. Mais comme je trouve que je n'ai presque rien fait de ma journée, je refuse de me coucher, je lutte contre le sommeil et je tombe vers 2h du matin avant de me réveiller le lendemain tard, vers 10h-11h.

L'autre jour, ma soeur a voulu aller voir un film sympa au cinéma, j'y suis allé, l'histoire était sympa, mais je me suis senti détaché du film, je n'ai pas ressenti beaucoup de plaisir, presque pas en fait, mais c'était bien pour moi de sortir. Même la question m'est ensuite venu à l'esprit: pourquoi fait-on cela? Quel est le sens d'aller au cinéma? Quel est le sens que des gens se regroupent pour voir quelque chose? Sincèrement, j'ai la sensation de ne vraiment plus voir aucun sens dans la moindre activité.

En tout cas, je remercie les conseils ici, sincèrement.

Amitiés,
John

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
31-01-05, 00:32  (GMT)
11. "RE: Suite"
Modifié le 31-01-05 à 00:53  (GMT)

Sincèrement, j'ai la sensation de ne vraiment plus voir aucun sens dans la moindre activité.

Vos repères changent, vous ne trouvez plus le plaisir dans les activités d'autrefois. Vous approfondissez, vous cherchez vos besoins essentiels, vos aspirations profondes.

Continuez. Le bonheur sera très différent de celui que vous connaissiez jusqu'à présent, plus personnel, plus solide et plus intense.

Cécile

(Si ça vous dit, j'ai trouvé ça. C'était il y a quelques mois
http://www.atoute.org/dcforum/DCForumID5/4840.html#99 )

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
31-01-05, 00:40  (GMT)
12. "RE: Suite"
Si vous avez la fibre pour écrire, ne vous privez pas : votre cerveau sait très bien ce qu'il fait. C'est une très bonne thérapie et tant mieux si ça vous vient naturellement.

Ensuite, à vous de faire entrer ça dans un "cadre" acceptable pour que votre psy puisse matériellement le lire.

Essayez de remanier tout ce que vous avez écrit : supprimez les phrases trop longues, ce qui est inutile. Essayez de réduire, de lui présenter l'essentiel.

Pour demain, ce sera sans doute un peu court. N'y passez pas la nuit, ce serait mauvais pour votre santé et pour vos nerfs.

Imprimez le tout, et voyez avec elle, mais acceptez d'avance l'idée qu'elle puisse refuser, comme ça vous ne tomberez pas de haut si c'est sa décision. Et si elle accepte, ça sera tant mieux.

Cécile

NB : tenez la au courant de votre hygiène de vie également, les nuits sur internet, ça détraque l'organisme. Ne culpabilisez pas car on en a besoin, mais tenez en compte lorsque vous vous sentez mal.

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john00 (52 messages) Envoyer message email à: john00 Envoyer message privé à: john00 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-05, 22:57  (GMT)
9. "RE: Suite"
bonsoir Cécile,

j'ai répondu à une partie de ton message dans le message d'Hervé. Je commence à apercevoir la pointe de l'iceberg de certains de mes comportements et problèmes.

Par exemple, mon père, hier, m'a demandé de l'aider à traduire de l'anglais médical (j'espère que je ne me répète pas) qu'il avait traduit mais de manière un peu maladroite car il n'a pas fait de biologie et ne connait pas les structures écrites employées. j'ai passé environ 3 heures sur son pc mais j'ai fait un certain nombre de correction et il était content du résultat quand il a tout relu. Et je me suis dit: "c'était un travail que je sentais que je pouvais faire bien grâce à mes compétences et ça me permettait de prouver à mon père que j'avais des compétences qui pouvaient l'aider, même à son niveau."

Ca m'a fait beaucoup de bien. Le souci, c'est que faisant un complexe d'infériorité par rapport à mon père, ce service qu'il m'a demandé a eu du sens pour moi, maintenant que j'y pense, même si ce n'était pas forcément un sens positif: "celui d'être aussi bon que mon père dans certains domaines, voire meilleur". Eh oui, une personne qui cherche à se placer au dessus des autres manque en général de confiance en elle et ça se vérifie ici. Du coup, mon moral pour l'après midi fut bon, mais je sais que c'était dû à cela.

Donc cet événement "m'a fait du bien". Mais j'ai conscience que c'est un fragile équilibre que de se sentir mieux en faisant un travail qui nous rend utile ou même supérieur aux autres. Encore un truc à dire à ma psy demain!

amitiés,
John

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
31-01-05, 00:29  (GMT)
10. "RE: Suite"

c'est un fragile équilibre que de se sentir mieux en faisant un travail qui nous rend utile ou même supérieur aux autres

Pourquoi vous dites ça ? Si vous en avez la capacité, c'est un équilibre très sain : ça vous apporte à vous et ça apporte aux autres.

Est-ce que vous culpabilisez d'être supérieur aux autres dans certains domaines ?

Lorsque quelqu'un est compétent, ça vous fait quoi ? Ca vous abat, ça vous stimule ? Ca dépend de la manière dont la personne se comporte avec vous ?

Est-ce que vous avez déjà admiré quelqu'un ? Est-ce que ça vous a été utile ?

(...)

Bonne nuit, ne vous en faites pas si vous avez posté plusieurs fois la même chose. Je n'ai rien remarqué, je n'ai pas tout lu, et ça n'a pas d'importance si quelqu'un se répète.

Cécile

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john00 (52 messages) Envoyer message email à: john00 Envoyer message privé à: john00 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
31-01-05, 01:33  (GMT)
13. "RE: Suite"
bonsoir Cécile,

réponse courte: souffrant d'un fort manque de confiance et d'estime en moi, j'ai développé un complexe d'infériorité et de supériorité. Infériorité qui fut la conséquence de la manière dont j'ai réagi à de nombreux événements, et supériorité car à plusieurs périodes de ma vie, je me haissais tellement de me sentir inférieur aux autres que j'ai entrepris des choses dans lesquels je voulais être admiré, reconnu, et j'ai développé un esprit de supériorité dans ces moments là, même si ce que je faisais était mauvais. Plus d'autre ne comptait que d'être au dessus des autres car si j'étais au même niveau, cela signifiait qu'un jour je pouvais devenir moins, et je ne le supportais pas. On dit que plus une personne est orgueilleuse, moins elle s'accepte. Et je sais que faisant un complexe par rapport principalement à mon père, le fait d'avoir pu faire quelque chose qui a amélioré son travail m'a donné la satisfaction courte d'une supériorité provisoire, mais je n'estime pas que ce soit un sentiment sain. Car je ne sais plus vraiment si on parle de concurrence ici, mais de désir d'être reconnu comme supérieur pour ne jamais avoir à être rabaissé. Donc, quelque chose à travailler encore, mais j'en ai conscience.

Bon, je vais dormir, promis, je parle de mes nuits internet demain!

bises,
John

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
31-01-05, 10:18  (GMT)
14. "RE: Suite"

Bonjour John,

c'est étrange, je vous trouve sain d'esprit. Ca me paraît tout à fait naturel et légitime, de ne pas vouloir être rabaissé. C'est douloureux d'être rabaissé.

Avec les gens, on alterne sans cesse le sentiment "supérieur-inférieur", on ne peut pas être d'égal à égal de façon discontinue.

Si vous êtes avec un bon cuisinier (1er exemple qui m'est venu) vous allez lui être inférieur pendant qu'il prépare la cuisine, mais vous serez supérieur ensuite lorsque vous discuterez musique. (ceci est un exemple).
Il vous donnera le goût de cuisiner, ensuite vous lui donnerez le goût de la guitare. Ca s'appelle une "saine émulation".

C'est très important, d'être admirable, d'être un exemple pour les autres, d'être "supérieur". Notre monde manque cruellement de gens qui osent être excellents.

Au nom de l'égalité, plus personne n'ose sortir du rang, de peur d'être considéré comme orgueilleux. Mais pourtant, ce sont ces personnes là qui sont le moteur des autres.

Est-ce qu'il y a des personnes (acteurs, chanteurs, sportifs, politiques, amis...) que vous admirez ?

Cécile

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Pinback (205 messages) Envoyer message email à: Pinback Envoyer message privé à: Pinback Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
31-01-05, 12:21  (GMT)
15. "RE: Suite"
Bonjour John,

J'ai lu avec intérêt vos derniers échanges avec Cécile. Je dois reconnaître que je me retrouve pas mal dans ton cas. Comme toi, j'ai développé un syndrôme d'infériorité et de supériorité. Je me sens inférieur aux autres, notamment les personnes de ma famille qui ont réussi ou sont plus valorisés, celles qui avaient de meilleurs notes scolaires que moi, mais en même temps j'ai envie de prouver que je suis supérieur.

En fait, il faut éviter de vouloir toujours se comparer aux autres. C'est très mauvais pour tout le monde. On a ainsi perdu de nombreux bons momments avec mon frère. Il faut continuer son chemin, indifférent à ce que peuvent penser les autres et avoir foi dans ce que l'on fait. Dans les projets d'avenir, on a tous envie de faire quelque chose de prestigieux. C'est une erreur. Il faut choisir son métier en fonction de ses aptitudes, et non en fonction du prestige qu'il peut nous apporter. Voir ce que l'on peut apporter aux autres.

Mes proches on beau me dire que je suis quelqu'un de bien, beau et intelligent, mais je n'arrive j'ai du mal à m'en convaincre. Pourtant c'est la seule voie vers la guérison.

Amitiés,

Hervé

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john00 (52 messages) Envoyer message email à: john00 Envoyer message privé à: john00 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
01-02-05, 02:30  (GMT)
17. "RE: Suite"
bonsoir Cécile,

en fait... je trouve que le désir de se sentir ou de vouloir se sentir supérieur à quelqu'un dans le but de se dire qu'il vaut moins, qu'il est moins important que nous est malsain et c'est ce que je ressens. Durant des années, ayant été rabaissé, j'ai développé à un moment une sorte de sentiment de supériorité qui ne s'est que rarement manifesté, mais parfois, quand il s'est mis en place presque à mon insu, j'étais l'opposé du gars qui se sent inférieur, j'étais la consdescendance incarnée, l'arrogance née, l'insolence dans toute sa splendeur avec une incroyable prétention... eh oui, quand on a atteint un stade très bas d'un côté, pour rééquilibrer la balance, on a tendance à en mettre un très grand coup qui déséquilibre totalement le système pour un très court moment avant de repencher complètement du premier côté. Ce que je veux, c'est savoir que chacun a des compétences différentes, que certains sont plus avancés que d'autres mais ne pas vouloir devenir à tout prix quelqu'un qui sera admiré ou qui sentira qu'il a le dessus sur les autres, et quand je cherche à me surpasser, la pensée à l'arrière est:" vous ne vaudrez plus rien quand je vous montrerai ce que je sais faire"

Ca c'est malsain, je pense, et c'est un déséquilibre. Et ça, je veux absolument m'en sortir, cesser d'être sans cesse orienté vers le côté pessimiste puissance 10 et parfois, par regain, quand certaines limites ont été franchies, passer de l'autre côté comme un virage à 180° en devenant limite mon opposé.

amitiés,
John

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cilloux (2292 messages) Envoyer message email à: cilloux Envoyer message privé à: cilloux Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
01-02-05, 12:35  (GMT)
19. "RE: Suite"

Bonjour John,

ravie de vous lire.
Ce que vous avez été pendant des années, vous ne l'êtes plus car vous avez pris conscience de beaucoup de choses.

Vous avez peur d'être trop bas, ou d'être trop haut. C'est bien.

Vous oscillez autour d'un juste équilibre. Vous cherchez à l'atteindre. Que demander de mieux ? C'est le but de la vie, non ? La philosophie tibétaine "la voie du milieux" ou bénédictine...

Non non, il n'y a pas de souci, vous êtes sur le bon chemin.


Cécile

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john00 (52 messages) Envoyer message email à: john00 Envoyer message privé à: john00 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
01-02-05, 14:43  (GMT)
20. "RE: Suite"
bonjour Cécile,

eh bien on va dire que mon côté mélancolique s'est atténué, quoique j'aime toujours revoir très souvent des films tristes, mais j'ai toujours eu la sensation que si je les regardais en boucle, c'était par peur de perdre de ma sensibilité ou pour chercher à comprendre quelque chose ou encore pour épurer toute la tristesse que je ressentais en moi. Je le fais encore parfois, beaucoup moins qu'à une époque, mais encore parfois.

Le but de la vie... eh bien comme je l'ai dit, pour le moment, je vis dans un sentiment d'absurde qui dit qu'on est là parce que deux personnes l'ont décidé parce que la nature a fait qu'on pouvait se reproduire. A partir de là, je cherche à comprendre si la vie a réellement un but, mais pour le moment, tout me parait complètement absurde jusqu'au moindre détail dans la vie, jusqu'aux codes des différentes civilisations, jusqu'à la notion de confort... c'est comme si je débarquais dans un monde auquel je ne comprenais rien à rien aux décisions prises par ses habitants, comme si j'étais à part. Réponse de ma psy: "oui, mais c'est parce que vous êtes déprimé que vous pensez comme ça pour le moment" (curieusement, elle n'emploie plus le terme dépressif mais déprimé, probablement pour que je ne m'enferme pas dans une image de moi-même trop négative).

amitiés,
John

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