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"Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"

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Forum : Ethique médicale (Protected)
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shackleton (219 messages) Envoyer message email à: shackleton Envoyer message privé à: shackleton Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-04, 19:22  (GMT)
"Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
Bonsoir,

Comme je suis une incorrigible curieuse, je voudrais poser la question suivante : que pensez-vous de votre formation médicale et de la formation actuelle des médecins ?

Merci d'avance

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  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
 RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Cafe_Sante 30-01-04 1
   RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? shackleton 30-01-04 3
       RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Ln2 30-01-04 5
       RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? D_Dupagne 30-01-04 9
           RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Ln2 02-02-04 10
           RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? SM 10-12-04 40
 RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Ln2 30-01-04 2
   RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? shackleton 30-01-04 4
       RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Cafe_Sante 30-01-04 6
           RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Ln2 30-01-04 7
           RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? shackleton 30-01-04 8
               RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Nausica 05-06-04 11
           RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? touimi 07-06-04 12
               RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Nausica 07-06-04 13
                   RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Cafe_Sante 07-06-04 14
                   RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Apokrif 07-06-04 15
                       RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Cafe_Sante 07-06-04 16
                           RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Nausica 07-06-04 17
                       RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Giulia 19-06-04 22
 RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Lossam 09-06-04 18
 RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Nausica 19-06-04 19
   RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? D_Dupagne 19-06-04 20
       RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Nausica 19-06-04 21
   RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Apokrif 19-06-04 23
       RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Nausica 19-06-04 24
 Langues Giulia 20-06-04 25
   RE: Langues D_Dupagne 20-06-04 26
       RE: Langues Giulia 21-06-04 27
   RE: Langues drfrancis 26-06-04 29
 RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? D_Dupagne 25-06-04 28
   RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Nausica 02-10-04 30
       RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? D_Dupagne 02-10-04 31
           RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Nausica 02-10-04 32
               RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? D_Dupagne 02-10-04 33
                   RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? oursonnot 30-10-04 34
                       RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Cafe_Sante 30-10-04 35
                       RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Nausica 30-10-04 36
                           RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? docalex 31-10-04 37
                               RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Nausica 10-12-04 38
 RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ? Nausica 10-12-04 39
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Texte des réponses

Cafe_Sante (8965 messages) Envoyer message email à: Cafe_Sante Envoyer message privé à: Cafe_Sante Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-04, 20:14  (GMT)
1. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
Bonjour shackelton,
Vous posez la question qui fait mal, la question à 1 milliard d'euros.

Je suis formateur pour les médecins (j'organise et anime et suis parfois expert de séminaires de formation des médecins généralistes), Dominique aussi, et je connais donc bien le problème.
Premier problème : pas mal de médecins ne se forment jamais autrement qu'en recevant les visiteurs médicaux qui distillent la pub pour les médicaments
Deuxième problème : la formation médicale continue (après le diplôme) est soit disant obligatoire, mais il n'y a ni contrôle, ni sanction.
Troisième problème : 90% des revues et de la formation est payée par les laboratoires pharmaceutiques.
Quatrième problème : il est difficile de demander à des gens qui travaillent plus de cinquante heures par semaine d'aller passer encore quelques heures par semaine à se former
Il faudrait : une formation obligatoire indépendante de l'industrie pharmaceutique, rémunérée et une certification des médecins régulière.
Qui paye ?

Philippe,
médecin à la campagne

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shackleton (219 messages) Envoyer message email à: shackleton Envoyer message privé à: shackleton Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-04, 20:29  (GMT)
3. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
Bonsoir, CaféSanté,

Personnellement, je me suis toujours dit que la formation des médecins était trop axée sur le savoir scientifique ; il suffit de regarder le programme du PCEM 1 pour s'en rendre compte.

Quant au fait que les médecins sont formés à la pharmacie par les labos pharmaceutiques, n'y a-t-il donc pas d'organisme de formation indépendant ?

Ne pensez-vous que les médecins auraient tout intérêt à réduire le temps de travail, quitte à gagner moins, pour y trouver le temps de se former en permanence ?

Ne pensez-vous pas qu'il faudrait que les aspirants médecins gagneraient beaucoup à être formés de façon intensive aux relations avec les malades ?

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Ln2 (2466 messages) Envoyer message email à: Ln2 Envoyer message privé à: Ln2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-04, 20:41  (GMT)
5. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
Re-bonsoir,

>Personnellement, je me suis toujours dit que la formation des médecins
>était trop axée sur le savoir scientifique ; il suffit
>de regarder le programme du PCEM 1 pour s'en rendre
>compte.

Le programme du PCEM1 ne fait pas vraiment parti de la formation médicale.
C'est un précipice. On forme ce qui y survivent.

>Ne pensez-vous pas qu'il faudrait que les aspirants médecins gagneraient beaucoup
>à être formés de façon intensive aux relations avec les
>malades ?

C'est le problème que j'évoquais dans ma première réponse.
Je pensais la même chose que vous, au début.
Puis je me suis demandé si on pouvait vraiment former à la relation médecin-malade.
Ceux que ça n'intéresse pas soupireront toujours pendant les cours de psycho. Ceux que ça intéresse iront chercher leur formation de toute façon.

En outre, c'est un sujet trop vaste, trop dense, trop intime pour être "enseigné".
Nous avons eu une heure (sic) de cours sur "Comment annoncer une mauvaise nouvelle".
On nous a dit, en substance, de "trouver les mots adaptés et savoir garder la bonne distance".
Merci... Et dans la vraie vie, on fait comment...?

Et même si le cours avait duré deux jours, je ne crois pas que ça aurait rendu moins imperméables les soupireurs.
Cet apprentissage là, c'est une question d'hommes et de rencontres. On ne peut pas le forcer.


Cordialement,

Hélène, étudiante en médecine

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D_Dupagne (14037 messages) Envoyer message email à: D_Dupagne Envoyer message privé à: D_Dupagne Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-04, 22:42  (GMT)
9. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
>Personnellement, je me suis toujours dit que la formation des médecins
>était trop axée sur le savoir scientifique.

Bonsoir,

J'ai appris la moitié ce que je sais à l'hôpital, au contact de mes rares "maîtres", rares par la qualité.

L'autre moitié, je l'ai apprise une fois mes études terminées, par une démarche personnelle et volontaire.

Vous aurez compris que ma formation théorique à la faculté compte bien peu...

Je pense qu'il faut beaucoup de science en médecine, et beaucoup de compassion. Voici la copie d'un papier d'un grand monsieur, aujourd'hui décédé, que j'aurais aimé voir travailler :

La science et la compassion

Source : http://www.ithaque.net/

Qui d’entre nous, au moment d’aider celui qui s’est confié à lui, ne souhaiterait que la science fût encore plus avancée ?

Mais ce qu’on nous présente comme “connaissances scientifiques” évoque bien souvent le bric-à-brac qu’un brocanteur aurait qualifié de salon artistique... Une formation méthodologique, absente de nos études, est indispensable pour découvrir les informations réellement valables, au sein d’une masse d’exercices, aussi nécessaires à l’entraînement de notre esprit que les gammes à celui du pianiste, mais qui devraient être signalés comme impropres à la consommation, sinon à la suggestion d’hypothèses.

Quelques informations sont par contre recueillies dans des conditions telles qu’elles décrivent (aux fluctuations du hasard près) une réalité potentiellement généralisable dans la situation correspondante. Mais même dans ce cas, ne s’agit-il que d’observations, dépourvues en elles-mêmes de toute signification : comme l’écrit Manuel de Dieguez, nous avons pris connaissance d’une « des régularités minutieuses et muettes de la nature », à laquelle nous pouvons dès lors « donner rendez-vous » ; et « donner rendez-vous à la nature est tellement payant que l’entendement en est subjugué et prend la réussite pour de la compréhensibilité »…, en attendant qu’une information imprévue nous révèle que nous avions mal compris.

Que nous cherchions à tirer des faits une interprétation, des conséquences plus générales, est une habitude louable en ce qu’elle stimule le fonctionnement intellectuel, et peut engendrer des hypothèses fécondes ; mais nous ne prenons pas garde que nos explications tout à la fois débordent les faits bruts, et simultanément ne prennent pas en compte toute l’information qu’ils portent (ne serait-ce que parce que nos observations sont fatalement incomplètes à l’endroit que nous ignorons encore) ; ainsi sont-elles pratiquement toujours inexactes, excessives en même temps qu’incomplètes, voire totalement erronées. Au mieux, elles repoussent l’erreur ou l’inconnu un peu plus loin. Malheureusement, ce sont elles que nous privilégions dans les connaissances mémorisées, alors que le fait brut et le détail de ses conditions de recueil, non corruptibles par notre intellect, sont ignorés ou vite oubliés.

Ainsi, notre incapacité à séparer le bon grain de l’ivraie, notre soif d’information rapide, condensée à des conclusions (presque toujours interprétatives), notre recours aux résumés (où la description des faits ne peut être correcte), font que nous sommes littéralement impressionnés par le mélange confus de quelques “vérités” et de beaucoup d’erreurs.

Peut-être parce qu’on ne nous a pas appris l’incertitude, nous ne l’aimons guère. Nous ne devrions cependant pas oublier qu’elle est partout, et représente généralement la seule vérité scientifique disponible en médecine. C’est même sans doute le fruit le plus précieux de la “spécialisation”, pour celui qui accepte de le cueillir, que de découvrir que nos belles constructions se révèlent lézardées dès qu’on les regarde d’un peu près, et ne sont parfois que des mirages. Il nous faudrait nous pénétrer de la tranquille assurance que, si confortable qu’elle soit, la certitude recèle presque toujours le faux, et accepter humblement de n’être qu’un instant dans le lent cheminement de l’esprit humain vers des erreurs moindres ou autres. Et il nous faudrait être instruits non seulement de ce qu’on croit connu, mais aussi de ses lacunes et de ses limites (ou tout au moins de celles qui ont été recensées, puisque, par définition, nous ne saurions faire le catalogue de l’inconnu).

Ce jeu de la certitude et de l’incertitude scientifique est devenu plus subtil avec l’introduction du concept de “risque” (et plus généralement des probabilités) dans notre univers médical.

La notion de risque n’est pas critiquable en soi, et représente même actuellement le meilleur concept pour décrire, ou aborder certains problèmes. Négligeons le fait qu’elle est souvent utilisée abusivement, là où il n’y a qu’hypothèse d’un risque, ou risque négligeable. Mais lorsqu’elle est utilisée valablement, pour attribuer par exemple une probabilité à diverses éventualités envisageables, et que ces probabilités sont vérifiées dans des groupes, elle demeure inadaptée et mal transmissible à l’individu isolé (celui qui nous consulte), puisque pour lui, comme on l’a dit bien souvent, telle probabilité, par exemple 75 %, ne pourra se concrétiser qu’en 0 % ou 100 %, mais jamais en 75 % ; et que dans son cas particulier, l’incertitude demeure finalement totale, tant que le risque n’est ni extrême, ni infime. En donnant un “rendez-vous”, même exact, au groupe, nous trompons toujours l’individu, parfois heureusement, mais parfois tragiquement, et tout notre appareil scientifique est impuissant à nous en apprendre davantage.

L’erreur et l’incertitude ne sont pas particulières à la science médicale. Mais notre profession a ses particularités. La population qui nous entoure n’est que fort peu incommodée par l’efflorescence des hypothèses sur de nouvelles particules, ou sur les motifs de la guerre de Troie. Mais nous, médecins, lui laissons croire, dans nos exhibitions scientifiques et nos actes quotidiens, que nous détenons des connaissances exactes pour affronter victorieusement la maladie et la mort, objets des préoccupations angoissées de chacun, pour lui ou pour les siens.

Qu’on ne prétende pas qu’elle trouve là comme seule conséquence le bénéfice d’une tranquillité d’esprit : chacun voit persister autour de lui la souffrance et la mort, et peut de plus souffrir de croire qu’elles sont dues à une erreur ou une négligence ; et un nombre croissant d’individus sont préoccupés dans leurs actes quotidiens (alimentation, activité physique), en imaginant que nous savons exactement ce qu’ils devraient faire, alors qu’eux, l’ignorant, se trompent peut-être. Un énoncé plus exact de la réalité, que nous savons certaines choses, que nous en ignorons beaucoup plus, et que nos connaissances ne signifient généralement pas puissance, peut aussi être une source de sérénité, et permettre à la médecine de retrouver une dimension plus réellement humaine.

Nous serions peut-être alors encouragés à tenir compte des limites de nos connaissances biologiques pour réfréner notre tendance naturelle au dogmatisme, dans nos paroles et nos décisions médicales, et à confronter l’argumentation biologique boîteuse à d’autres éléments qui mériteraient tout autant, sinon plus, d’être pris en considération. Combien d’ouvrages médicaux, d’articles, de présentations de congrès, et pire encore de décisions thérapeutiques “sur dossier”, réduisent l’individu, comme s’il était un quelconque organisme animal, à un ensemble de chiffres, d’images et de signes, en omettant complètement que cet organisme est habité par l’affection, la joie, la peine, l’angoisse, le désir, qu’il se comporte comme membre d’un groupe et a besoin d’y conserver sa place et sa fonction, que sa vie a d’autres dimensions que sa durée et peut être fondée sur des valeurs profondément différentes des nôtres, mais tout aussi valables qu’elles.

Ces réalités sont-elles méprisables par ce qu’elles ne sont pas mesurables, ou n’est-ce pas nos connaissances qui sont méprisables de ne pas pouvoir les prendre en compte ? Qui connaît d’ailleurs les conséquences biologiques à long terme de la souffrance morale, de l’angoisse, du bien-être, de l’affection ? On a quelques raisons de les croire importantes : est-ce véritablement la marque d’une attitude scientifique que de ne pas tenir compte de cette éventualité, et est-ce la marque du progrès scientifique que d’anéantir ce que des millénaires de civilisation ont fait de l’Homme ?

Placer la santé ou, de façon plus dérisoire encore, la longévité, comme but ultime, c’est oublier que dans notre vie personnelle, elles ne sont qu’un moyen (pas toujours indispensable) pour atteindre nos objectifs, choisis plus ou moins consciemment selon notre propre échelle de valeurs. Bien souvent, et sans que nous le sachions toujours, nos conseils amènent l’individu à sacrifier à la perspective d’une amélioration de sa santé les valeurs les plus profondes de sa vie. Mais, si pour lui faire accepter ce sacrifice, nous avons présenté de façon trop optimiste ou surestimé notre efficacité thérapeutique, ne lui avons-nous pas fait lâcher la proie pour l’ombre ? Or il peut ne pas sentir cette menace, ou croire que nous l’avons prise en considération, ou nous imaginer plus efficaces que nous ne le sommes. Qu’il accepte nos propositions signifie seulement sa confiance.

Mais avons-nous les moyens de la mériter ? Alors que nos connaissances biologiques sont limitées ; et que la plupart d’entre elles s’expriment par des probabilités et non par la certitude que l’individu attend de la science ; alors que nous devons enfin tenir compte de ce que désire profondément celui qui nous fait face, mais qui, même s’il le voulait, demeure incapable de nous communiquer la totalité de ce qu’il est, veut devenir, et refuse d’être.

Le problème ne se poserait guère si nous limitions nos activités à des troubles majeurs, aigus, intolérables ou compromettant la vie à court terme. Mais lorsque le trouble est chronique, peu invalidant, lorsque le bénéfice thérapeutique, fût-il statistiquement significatif, est modeste et incertain, alors que la prise en charge médicale est plus qu’un traitement anodin de quelques jours, comment nous assurer que nos justifications biologiques ne seront pas débordées par une souffrance plus profonde ?

Celle-ci pourrait être due à ce que nous avons altéré l’individu, par la révélation d’un “risque” insoupçonné, ou par l’angoisse, ou par un effet latéral du traitement, etc., et l’avons empêché de poursuivre comme auparavant ses objectifs les plus fondamentaux ; et sans que nous en soyons parfois jamais informés, ou sans que nous en ressentions l’importance, ou sans que nous osions mettre cette altération en balance avec le dogme en cours. Si d’aventure nous l’apprenons, ce sera bien souvent trop tard pour revenir en arrière ; et tout ceci sans même que l’intéressé ait pressenti le problème ou ait osé opposer la poussière de sa singularité à ce qu’il croit la montagne de notre science.

Et comme il nous revient cependant de lui donner conseil, que pouvons-nous faire, sinon essayer patiemment de le comprendre, non seulement du point de vue médical, mais dans tout ce que la conversation nous permet de soupçonner de son être, dont nous sous-estimons cependant toujours la richesse, et compatir à ce que serait sa vie dans les diverses optiques évolutives et thérapeutiques envisageables, maintenant, et plus tard.

“Apprendre par la compassion” (le « durch Mitleid wissend » de Parsifal), n’est-il pas notre seule voie, quoiqu’imparfaite, pour compléter la connaissance biologique, et tenter de conseiller non plus “l’état biologique ”, mais la Personne entière, en tenant compte de ce que nous savons, et de ce que nous ignorons, et comme nous souhaiterions qu’on nous conseille.

Aussi, dans les pages qui suivent (a), avons-nous cherché à présenter les quelques connaissances valables dont nous disposions (en essayant d’être exhaustif là où elles se révèlent diverger des courants d’opinion actuels), ainsi que les lacunes dont nous avions pris conscience. Nul, et nous moins que tout autre, n’oserait prétendre être à jour en tout point, mais le lecteur pourra vérifier que nous avons recherché, et lu aussi attentivement que possible, les travaux récents. Nous souhaitons l’aider à franchir le pas qui sépare le non-savoir du savoir-que-nul-ne-sait.

Nous sommes hostile aux recettes systématiques, dès lors qu’on engage Autrui. Nous ne saurions mieux dire que T.A. Preston : « Un des mythes de notre profession semble être que pour un problème médical donné, il y a une réponse biologique correcte, que seul le médecin est capable de connaître et de délivrer. En réalité, pour la plupart des problèmes médicaux, il y a plusieurs options (dont l’une consiste à ne rien faire), plus ou moins pertinentes, coûteuses, et risquées. L’option choisie reflète l’échelle de valeurs et les croyances du décideur. Quand le médecin prend seul la décision, l’intéressé est mal servi… » (b). Nous avons donc cherché à délimiter des plages de choix raisonnables, sans douter que c’est encore en dehors d’elles que quelques personnes trouveront le service qu’elles attendent de nous.

Nous n’avons pas évité l’incertitude, lorsqu’elle nous apparaissait la seule vérité disponible. Nous avons tenté de renoncer au pari conscient que l’information manquante serait conforme à l’hypothèse du jour, méthode pourtant tout aussi valable qu’un oracle antique, ou que ce que nous connaissions était plus important que ce que nous ignorons encore.

Nous ne réfléchirons jamais assez au but profond de la médecine, qui n’est pas la science, mais d’aider Autrui dans ses problèmes de santé. Nous ne devons pas nous laisser impressionner par les proclamations scientifiques : nous ne pouvons écouter celui qui, en médecine, met toujours en avant la science comme un grand scientifique, mais non comme un véritable médecin.

Pour aider Autrui, nous avons besoin de la science et de la compassion.

Trop se servir de la science, ou s’en servir trop peu, c’est toujours mal s’en servir.

Quant à la compassion, qui craindrait de trop en user prouverait, par là même, qu’il est singulièrement loin du compte.

Alain Froment
Cardiologue (69)

Le texte reproduit ci-dessus est l’introduction du fascicule “De l’hypertension à l’hypertendu - Tome I - Editions Boeringer-Ingelheim 1982.



Dr Dominique Dupagne

Administrateur du Forum

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Ln2 (2466 messages) Envoyer message email à: Ln2 Envoyer message privé à: Ln2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
02-02-04, 01:52  (GMT)
10. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
Bonsoir,

Je découvre ce texte sur le tard (le temps me manque, ces derniers temps...) et je te remercie vivement de nous l'avoir fait connaître .


Cordialement,

Hélène, étudiante en médecine

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SM (9 messages) Envoyer message email à: SM Envoyer message privé à: SM Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
10-12-04, 17:30  (GMT)
40. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
Le plus beau document concernant l'humain que je n'ai jamais lu. Beaucoup de philosophes ont du chemin à parcourir.
Et dieu sait que Monsieur A.FROMENT est connu comme un éminent cardiologue.
Comme quoi la médecine est un outil et que ce n'est pas l'outil qui fait tout mais bien l'individu qui se sert de cet outil.

Merci
Solange

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Ln2 (2466 messages) Envoyer message email à: Ln2 Envoyer message privé à: Ln2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-04, 20:27  (GMT)
2. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
Bonjour,

Philippe ayant parfaitement résumé le problème de la formation continue, je vous donne mon point de vue sur la formation initiale…
Je vais essayer de résumer...

Au début de ma vie étudiante, j’étais atterrée de voir que la formation médicale pouvait déboucher sur une telle proportion de gros cons, sans avoir pu, à un moment donné, soit les filtrer, soit les arracher au côté obscur de la force.
J’étais dans la naïveté de la jeunesse qui pousse à croire qu’un juge, ça respecte la loi et qu’un médecin, c’est plein d’empathie pour son prochain. J’ai fait le deuil de mes belles illusions.
Il y trop de gros cons, c’est sûr.
Mais comme partout.

Ensuite, évidemment, il y a eu beaucoup de moment de révolte contre les incohérences et les injustices du système en place et des réformes à la noix, qui venaient nous mettre des bâtons dans les roues dans un parcours déjà suffisamment semé d’embûches.
Mais comme partout.

En définitive, je crois que la formation médicale est comme toutes les autres, avec ses imperfections, et ses lacunes, avec des gros cons qui vous déforment et des gens passionnés qui réussissent à vous transmettre ce qu’il y a de beau et de juste.
Et de tout ça, chacun en fait ce qu’il veut, ou ce qu’il peut.

Je pense que la vraie formation médicale, l’apprentissage de ce qui compte, se fait loin des bancs de la fac, dans le temps comme dans l’espace.
On peut avoir beaucoup d’outils et en faire n’importe quoi. On peut en avoir un peu moins et être bon bricoleur.

Le tout est de savoir choisir ses tuteurs.
Je crois en avoir trouvé deux pas mal…


Cordialement,

Hélène, étudiante en médecine

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shackleton (219 messages) Envoyer message email à: shackleton Envoyer message privé à: shackleton Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-04, 20:31  (GMT)
4. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
Bonsoir,

Justement, ne pensez-vous pas que les étudiants en médecine, passé le PCEM 1, auraient tout à gagner de bénéficier d'un tutorat constant ? Par exemple, un médecin généraliste blanchi sous le harnais, qui les suivrait et les conseillerait tout le long de leur formation ?

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Cafe_Sante (8965 messages) Envoyer message email à: Cafe_Sante Envoyer message privé à: Cafe_Sante Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-04, 20:46  (GMT)
6. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
Rebonsoir,
"Ce n'est pas parce que l'on est blanchi que l'on est meilleur" dit il parce qu'il n'a pas de cheveux blancs.
Il existe déjà un stage obligatoire chez le généraliste pour ceux qui veulent devenir généralistes.

Vous parlez de l'intérêt des médecins à se former. Quel intérêt, à part la satisfaction personnelle ?
Financièrement, c'est une catastrophe. Etant formé, vous prescrivez moins de médicaments, vous passez plus de temps à voir les gens, vous les examinez et vous faites plus facilement les diagnostics. Ce qui fait que vous faites moins d'actes et que vous gagnez moins d'argent. Sans compter que les jours que vous passez à vous former, vous ne gagnez pas d'argent non plus.
Depuis douze ans, je ne prescris pas d'antibiotiques dans les rhinopharyngites, pas de médicaments "pour la circulation". La plaisanterie m'a coûté des dizaines de clients.
Quand j'ai lu il y a quelques mois qu'il était démontré que les antibiotiques étaient inutiles dans 95% des otites, la première réflexion que je me suis faite est : "Merde ! Je vais encore perdre des clients !"
Essayez d'expliquer à un patient que vous ne lui marquez pas de radios pour sa sciatique avant trois semaines d'évolution, alors qu'il va avoir scanner et parfois IRM dès qu'il va voir le voisin ou le rhumato ?
Quant à la Sécu, elle sait nous allumer quand on dépasse les normes, mais jamais une reconnaissance quelconque quand on fait son travail.

Alors ? Quel intérêt ?
Philippe,
médecin à la campagne, surformé et déformé peut-être

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Ln2 (2466 messages) Envoyer message email à: Ln2 Envoyer message privé à: Ln2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-04, 20:56  (GMT)
7. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
>
>Alors ? Quel intérêt ?

La satisfaction d'être du bon côté de la Force...??


Cordialement,

Hélène, étudiante en médecine

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shackleton (219 messages) Envoyer message email à: shackleton Envoyer message privé à: shackleton Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-04, 21:12  (GMT)
8. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
Re-bonsoir,

Justement, si vous former vous fait perdre de l'argent, il faudrait que votre rémunération ne dépende pas entièrement du nombre de patients que vous voyez ! Mais que faire ?

En ce qui concerne les antibiotiques, on a cru longtemps que c'était LE remède miracle ! Mais ils ne peuvent pas tout !

Je prends l'exemple des centres anti-douleur : une belle invention, en vérité ! Mais n'aurait-il pas été tout aussi efficace de former intensivement les médecins au traitement de la douleur pendant leurs études ?

Vous citez les médicaments pour la circulation, que vous ne prescrivez plus depuis 12 ans. Personnellement, je me les suis vue prescrire une seule fois par mon généraliste. Quand je lui ai signalé leur inefficacité, il m'a dit qu'en fait il n'y croyait pas beaucoup ; mais s'il m'avait laissée partir sans, il se serait senti impuissant et il déteste ça - remarquez, ça, c'est honnête

La médecine actuelle veut avoir réponse à tout ; elle ne se préoccupe plus seulement de guérir - ou d'essayer de guérir - les maladies, elle veut apporter un plus sur le plan du bien-être. Du coup, les gens n'acceptent plus des pépins qui, à une autre époque pas si éloignée, étaient considérés comme une fatalité. Je ne trouve guère à m'en plaindre, remarquez, je suis bien contente qu'on n'ait plus à souffrir de migraines sans solution, et ce n'est qu'un exemple. Mais je pense que certaines demandes des patients sont exagérées ; autant il est légitime de soigner une acné qui vous défigure, autant je trouve toujours excessif de demander à la médecine de régler un problème de cellulite sous couvert d'esthétique. Après tout, rien ne contraint actuellement une femme de montrer ses jambes si elle les trouve vilaines ! C'est un exemple, mais je pense à mon ami qui veut se faire rectifier le nez et qui tanne son psy pour qu'il donne un avis favorable à l'intervention (qui serait remboursée par la S.S. si l'état psychologique du patient l'exige). Or, mon ami ne pense pas à son nez toute la journée !

Je crois que le culte du résultat fait que la médecine perd son sens premier : guérir ce qui est guérissable, soulager ce qui ne l'est pas.

Quant au patient qui va voir un médecin voisin pour se faire prescrire un scanner refusé par vous, là, je pense qu'il s'agit de la part du patient de trouver quelqu'un qui le rassure. Armé des informations fournies par le scanner, il va se sentir important : "J'ai ça, je suis un personnage, pusiqu'on s'est occupé de mon cas !". Qu'en pensez-vous ?

Pardonnez mes digressions, mais j'aime ces discussions réfléchies et posées, où on n'a pas besoin d'être du même avis pour faire avancer le débat.

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Nausica (3061 messages) Envoyer message email à: Nausica Envoyer message privé à: Nausica Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
05-06-04, 20:17  (GMT)
11. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
D'après ce que je lis, je vois que beaucoup de médecins sont conscients du problème ( je ne suis même pas médecin, j'ai beau dire ;)!)
à chaque fois que je suis dans la salle d'attente, je repère au moins un visiteur médical. Pourquoi les médecins ne leur disent-ils pas d'aller se faire voir? (parce qu'ils sont leur seule source d'info )
est-ce vraiment si difficile de se renseigner sur les nouveautés?
Sont-elles si nombreuses que ça? On pense toujours que le progrès scientifique et/ ou médical avance à grands pas, mais il m'a semblé comprendre que depuis quelques décennies, les labos pharmaceutiques ne faisaient que rajouter des substances à de vieilles molécules pour pouvoir les présenter comme des nouveautés hyper efficaces (et plus chères) alors que les anciens comprimés pas chers du tout étaient toujours aussi bien.
Est-ce vrai?
Si oui, pourquoi les médecins se font-ils avoir? N'ont-ils donc aucune formation scientifique?
Les patients en veulent-ils aux médecins qui ne prescrivent que des vieilleries?
Les patients sont-ils incapables de comprendre?

Philippe est un médecin comme je les aime; j'espère qu'il n'est pas trop sarcastique (ceux que je connais qui ont son profil le sont un peu)
Un grand merci à vous tous, vous qui vous occupez si bien de ce forum!
(faudrait que je relise ce long texte sur l'incertitude à tête reposée)

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touimi (24 messages) Envoyer message email à: touimi Envoyer message privé à: touimi Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
07-06-04, 11:59  (GMT)
12. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
bonjour philippe,
ne pensez-vous pas que les médias jouent un rôle néfaste dans la désinformation du public et nous rendent la tâche encore plus difficile ?
parfois non seulement il faut expliquer au patient ce dont il souffre mais également ce dont il ne souffre pas

cordialement, touimi

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Nausica (3061 messages) Envoyer message email à: Nausica Envoyer message privé à: Nausica Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
07-06-04, 12:26  (GMT)
13. "RE: Que pensez-vous de votre formation médicale, messieurs et mesdames les médecins ?"
Modifié le 07-06-04 à 12:28  (GMT)

Etant du côté des patients, je suis d'accord avec touimi. Mais c'est pas not' faut' docteur, si on est ignares en matière de médecine!

Moi j'aime bien qu'on m'explique, mais il est inutile de rentrer dans les détails. Il doit bien être possible de vulgariser certaines infos, non?
En plus, ce qui doit agacer les médecins, ce sont les patients qui ont lu des trucs sur internet et qui croient mieux savoir que le médecin?
Je dois avouer que moi-même...
Mais franchement, l'utilisation un peu trop systématique des antibiotiques prouve quand même qu'il y a un problème dans l'information des médecins??? et qu'il a fallu une campagne de publicité pour faire baisser les prescriptions. Alors est-ce de la faute des patients qui demandent ou des médecins qui prescrivent? Les deux, mon capitaine?

Peut-être aussi que si des infos claires et fiables étaient plus facilement accessibles, on laisserait nos médecins tranquilles. Mais nos seules sources sont les médias (et internet). Or, leur message est souvent catastrophiste ("ou la la le vaccin contre l'Hepatite B!!! Attention aux amalgames! Surtout, au moindre doute, consultez votre médecin!" etc etc)
Alors on court chez le médecin, et parfois il nous encourage dans notre délire en prescrivant des examens complémentaires ("car on ne sait jamais").
Tous les médecins n'ont pas les mêmes pratiques, ni les mêmes connaissances, ni la même manière d'aborder les symptômes (j'espère que je ne suis pas en train de dire n'importe quoi!)
Alors le pouvoir politique essaie d'harmoniser les pratiques (RMO, protocoles), mais il se heurte, et c'est normal, aux syndicats de médecins.

On n'est pas sortis de