Accueil Médecine 2.0 Se soigner sans médecin ?
Publié le
10 février 2011

Auteur :
Dr Dominique Dupagne

Google

Imprimer

Lire sur grand écran







Entrez votre email pour être averti des nouveaux articles
sur Atoute




Dans la même rubrique :

Bye-bye le buzz !
Le modèle Ligne de vie
Internet et les médecins : agir ou subir ?
Communication médecin-malade : Du bon sens au bon soin
Médecine, morale, santé et médias sociaux
Certification des pseudonymes des médecins par l’Ordre
"La science, c’est cool !"
Qualité et santé : 1) Qualité des moyens ou qualité des résultats ?
Web et DMP opus 2
Et si le monde de la santé du futur était déjà là ? Le meilleur des mondes ?
Web et DMP
Les indicateurs et la Qualité : les enseignements de Google
Google Health est mort, vive Google Health !
La contre-attaque de l’Empire
L’AFSSAPS progresse avec Actos, mais reste en version 1.0
L’alcool, c’est pas un problème
La Netiquette, un truc de vieux cons ?
Télémédecine : chiche ?
Entrepatients.net, un nouveau site communautaire santé
HONcode (2)


Se soigner sans médecin ?

Le Conseil de l’Ordre des Médecins a publié ce jour son rapport annuel sur la permanence des soins, c’est à dire pour l’essentiel les gardes de nuit et de week-end assurées par les médecins généralistes. Le système est à bout de souffle.

Je participe demain à un colloque intitulé "Internet remplacera-t-il les médecins ?".

Difficile de ne pas faire le lien entre ces deux informations, alors que l’on met la télémédecine à toutes les sauces depuis quelques mois.

Le médecin de nuit qui se déplace au chevet du patient, c’est bientôt fini. À ranger dans le livre d’image avec le médecin de campagne et sa carriole à cheval.

Pourquoi ? Parce qu’il n’y a plus de médecins généralistes ; et que ceux qui restent sont vieux et fatigués ; et que moins il y a de médecins, plus la pression sur ceux qui restent augmente, et plus cela dissuade les jeunes de prendre leur place.

Vingt ans de sabotage de la médecine de famille (et non de proximité) par des ministres encerclés de spécialistes universitaires ont abouti à ce résultat désastreux. C’est con, mais c’est comme ça. C’est trop tard pour revenir en arrière, même si le report des urgences sur les services hospitaliers est en train de les faire exploser et coûte bien plus cher.

Vous me direz que c’est pareil pour les profs, les postiers, les épiciers et les bouchers. On va au supermarché en voiture et on envoie les enfants à la ville. Oui, c’est pareil, à la différence que s’il y a une logique économique à regrouper les commerces dans les supermarchés, il n’y a en aucune à regrouper les soins dans les hôpitaux : c’est plus compliqué, plus cher et plus stressant.

C’est un peu la faute de tout le monde, mais il y a tout de même des fossoyeurs en chef :

Les Ministres tout d’abord. Ceux de l’éducation nationale qui ont refusé à la médecine générale l’accès à la filière universitaire. Ceux de la santé qui n’ont eu d’yeux que pour les machins rutilants de leurs conseillers, véritables lobbyistes de leur spécialité.

Certains journalistes, qui ont accrédité l’idée que le généraliste était un pauvre tâcheron tout juste bon à traiter les rhumes quand le pédiatre n’est pas là.


20% des enfants ont la chance d’être suivis par un pédiatre
envoyé par dailyglub. - Plus de trucs et astuces en vidéo.

Les généralistes eux-mêmes, en refusant de relever la tête et en acceptant une servitude mortelle qui décourage toute relève. Les ça-fait-rien sont aussi responsables de leur mauvais sort, comme l’avait décrit La Boétie.

L’Ordre des médecins mérite une mention particulière par son acharnement vis-à-vis d’un des rares généralistes a avoir réagi pour tenter de faire réformer ce système moribond. Le Dr Tarpin avait choisi de s’appuyer sur la Loi et non sur l’action violente ou la revendication. Mal lui en a pris, le Conseil de l’Ordre du Rhône, puis le Conseil National lui ont signifié que la Loi républicaine leur servait de papier toilette.

Donc, les médecins de nuit vont disparaître. Cette disparition va coûter cher à la Nation, au contribuable, c’est à dire à vous. Mais tant pis, c’est le mouvement actuel : une Ministre et un Directeur Général de la Santé qui vaccinent la population pour 180 euros par tête de pipe sont félicités et promus.

Puis ce sera les médecins de jour.

Alors oui, il va falloir apprendre à se soigner sans médecin. Je ne sais pas trop comment, mais on en parlera demain avec mes collègues du web. Je vous raconterai.

Et ne vous faites pas de souci pour les responsables du désastre : ils ont leur propre circuit quand ils sont malades. Un circuit fait de lieux spéciaux (Val de Grâce) ou de passe-droits. Ils vivront tranquillement leurs vieux jours en vous regardant crever ou jouer au docteur sur internet.

Le plus drôle serait tout de même que la médecine 2.0 soit finalement meilleure que la leur, ce qui n’est pas exclu au train où vont les choses ;-)



Tweet Suivez-moi sur Twitter






Réagir à cet article