
Médecine 2.0
Dernier ajout le vendredi 12 février 2010.
Une version plus récente de cette introduction de rubrique, imprimable plus facilement, est disponible ici.
La Médecine 2.0 traduit l’idée d’une évolution majeure de la relation entre le médecin, le malade et la maladie.
Comme ce nombre "2.0" le traduit en informatique, cette évolution est en rupture avec les précédentes (1.1, 1.2... 1.9, 1.9.1 etc.). C’est donc une forme de révolution. Elle reprend le concept de "Web 2.0" dont elle utilise le principe et les outils.
Les points forts de cette révolution sont les suivants :
• Les patients créent de la connaissance
Les patients ont eu accès à une information médicale étendue grâce à Internet.
Mais après avoir absorbé cette information sans savoir trop quoi en faire, ils créent une nouvelle forme de connaissance de leur maladie, fondée sur leurs échanges d’expériences ou de théories, tout à fait passionnants à défaut d’être scientifiques. Le monde des blogs et surtout des forums fait naître une nouvelle matière médicale qui comble un énorme vide : celui créé par l’appropriation de la maladie par le médecin.
• Les patients découvrent ou inventent de nouvelles maladies
La notion de maladie est née de l’observation par un même homme, le médecin, de malades présentant des symptômes proches faisant suspecter une origine commune. Cette période semble être révolue car le médecin n’est plus le passage obligé pour faire circuler l’information : internet et ses forums fournissent un nouvel outil de communication et d’archivage des observations naïves.
Les patients sont en train de créer sur internet de nouvelles maladies en comparant leurs symptômes. Le médecin n’est plus au coeur de cette néo-nosologie (ou plus simplement néosologie, la nosologie étant la science qui étudie la classification des maladies).
• Le savoir des soignants s’étend lui aussi
Les soignants ne sont pas en reste qui ont accès à une masse d’information considérable en temps réel et et peuvent de plus communiquer avec des réseaux de confrères, également en temps réel.
A partir d’une connaissance générale de la médecine, le médecin de base peut accéder facilement à un immense savoir lui permettant de se rapprocher de celui de ses confrères spécialistes.
• La qualité et la disponibilité de l’information augmentent
La science médicale est déjà et sera de plus en plus rédigée par de nombreux contributeurs qui équilibrent leurs points de vue en se contrôlant mutuellement (exemple Wikipédia), et non par des experts plus ou moins liés à divers lobbies, notamment pharmaceutiques. Contrairement à ce que beaucoup croient, ce n’est pas un nivellement qualitatif ; c’est une progression vers la neutralité qui permet d’exprimer dans le même document des points de vue différents, chacun étant sourcé et accessible (alors que la majorité de la littérature médicale actuelle est verrouillée par les éditeurs de revues scientifiques).
• La mesure de la qualité en médecine fera intervenir des critères inhabituels mais enfin pertinents
La mesure de la qualité (des soins, des soignants, des structures) ne fera plus intervenir exclusivement les éléments objectifs traditionnels (respect de procédures, taux d’infections, complications opératoires, formation du personnel, audits externes...), mais des éléments subjectifs bien plus efficaces comme le taux de familles de médecins soignées
dans une clinique, ou le jugement des confrères et des patients.
Quel est le meilleur critères pour définir la meilleure classe de 6ème dans un
collège ? Est-ce la qualification des enseignants ? Leur âge ? Leur notation
académique ? Le taux de passage en 5ème ?
Non : c’est celle où les enseignants mettent leurs enfants.
Quel est l’employé d’une entreprise le plus performant ? Est-ce celui que le patron juge le plus efficace ou celui que ses collègues (ou ses clients) jugent le plus utile à l’entreprise ?
L’appréciation de la qualité par les interactions entre les acteurs plus que par le contenu intrinsèque de leurs actions est un des fondements du mouvement 2.0. C’est une des raisons pour lesquelles je parle de plus en plus de Web Neuronal plutôt que de Web 2.0 : Ce mouvement de fond a été permis par une connexion permanente et multiple entre les individus, comme peuvent l’être les neurones de notre cerveau.
Ce qui définit le mieux socialement la Médecine 2.0 est à mon sens le concept de démocratie sanitaire porté par la loi Kouchner de 2002. Cette loi était d’une telle modernité qu’elle peine encore à être appliquée dans nombre de ses aspects.
Les hiérarchies s’estompent pour laisser place à l’émergence d’une intelligence collective, qui va faire céder les barrières du savoir médical et protéger les patients et les médecins de la manipulation de l’information. Un patient mieux informé et qui participe à l’évolution de la médecine par ses apports, un médecin améliorant sa connaissance de la maladie en s’intéressant au point de vue du patient : l’alchimie qui permettra une véritable alliance thérapeutique est en place.
Voici une présentation plus détaillée faite à l’EHESS en 2010
Choisissez la résolution 480 ou mieux 720 dans le menu de la vidéo pour lire le texte des diapositives. Vous pouvez débattre de ce sujet passionnant sur le forum dédié à cette adresse .
Pour allez plus avant sur ce sujet, commencez par lire
Le Web 2.0 pour les 2.nuls puis Comment les
conflits d’intérêts ont tué la médecine 1.9
Vous pourrez ensuite aborder plus facilement les autres articles ci-dessous :
La Médecine 2.0 possède un aspect méconnu : sa mémoire. Telles les traces de pas des dinosaures dans les roches du jurassique, les informations restent longtemps gravées sur la toile.
Lire la suite...La médecine actuelle fait face à de grands bouleversements dans l’abord des malades chroniques qui représentent aujourd’hui, et de loin, la majorité des consultations. Des nouvelles pratiques se mettent en place, notamment parce que ces maladies suggèrent nombre de changements de comportements. L’éducation thérapeutique propose des pistes pour l’accompagnement du soin.
Lire la suite...Pour faire suite aux articles sur la qualité en santé, voici une première proposition concrète pour réhabiliter la subjectivité, c’est à dire l’Humain, dans l’évaluation de la qualité des médicaments.
Lire la suite...Cet article est le premier d’un dossier dans lequel sera développée une nouvelle approche de la qualité et du progrès en santé.
Lire la suite...Google n’a pas seulement révolutionné le monde des moteurs de recherche. Il a développé et popularisé une approche révolutionnaire du classement et de la qualification de l’information.
Lire la suite...La recherche de la qualité dans le domaine de la santé s’appuie actuellement quasi exclusivement sur des éléments objectifs. Après quelques succès dans l’évaluation des médicaments, cette approche piétine actuellement alors que les gestionnaires de la santé ont un besoin urgent d’indicateur de qualité pour répartir des ressources limitées.
Lire la suite...Cette quatrième partie de notre dossier s’intéresse à certaines approches subjectives ou considérées comme telles [1] qui décrivent assez bien la réalité. La jonction pondérée de nombreuses subjectivités fournit déjà des outils efficaces dans de nombreux domaines.
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Lire la suite...Annoncé depuis 15 jours, le site Note2bib est en ligne ce samedi 15 mars. Il se démarque de son concurrent Mauricien en étant placé sous juridiction française et par la modération a priori des notations.
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Lire la suite...Denise Silber, spécialiste de la e-santé depuis 1995, nous dresse un panorama de la Santé 2.0 aux USA.
Lire la suite...Le web permet au patient d’accéder à une masse d’informations considérable. Mais comment peut-il intégrer cette information dans ses choix pour sa santé ou sa lutte contre la maladie ?
Lire la suite...Comment surfer sur les sites santé sans faire d’erreur ? Plutôt que de certifier les sites un par un, tâche impossible, la HAS a préféré oeuvrer dans la pédagogie et conseiller les internautes.
Lire la suite...Pour essayer de comprendre ce qu’est le Web 2.0
Lire la suite...Philippe Eveillard scrute l’internet de santé depuis qu’il existe ou presque. Ses rubriques régulières dans la presse médicale constituent des repères importants pour suivre l’évolution de la Toile Médicale
Lire la suite...Philippe Ameline est un "grand témoin" de l’informatique médicale, du dossier personnel et des NTIC au service de la médecine. Il a accepté de nous communiquer sa vision de l’avenir du mouvement 2.0 en médecine et je l’en remercie.
Lire la suite...Quels bouleversements attendre de la révolution 2.0 dans l’avenir de la médecine ? Le but de cet article est d’en faire une synthèse, régulièrement actualisée.
Lire la suite...La révolution 2.0 avec l’allusion informatique qu’elle comporte, pourrait faire croire que la médecine 2.0 sera robotisée, normalisée. La dimension humaine serait le prix à payer pour entrer dans le 21ème siècle ? C’est faux, la médecine 2.0 constituera au contraire un retour vers l’individu.
Lire la suite...La révolution 2.0 va toucher en premier lieu la formation médicale continue. Projetons nous dans un avenir plus proche qu’on ne pourrait le croire.
Lire la suite...