Accueil Déontologie médicale et indépendance professionnelle Les médecins ne doivent pas être les caniches de l’industrie pharmaceutique
Publié le
11 novembre 2006

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Auteur :
Dominique Dupagne




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Les médecins ne doivent pas être les caniches de l’industrie pharmaceutique

A propos d’un article paru dans le British Médical Journal : Doctors must not be lapdogs to drug firms BMJ 2006 ;333:1027 (11 November), doi:10.1136/bmj.39024.654086.59

Les médecins ne doivent pas être les caniches des laboratoires pharmaceutiques, soutient une enseignante réputée dans le BMJ de cette semaine, (un des principaux journaux médicaux britanniques).

Sa mise en garde fait suite à sa prise de parole lors d’une conférence au sujet de l’influence de l’industrie pharmaceutique sur la formation médicale continue.

Les propos du Professeur Adriane Fugh-Berman concernaient le coût des médicaments, celui du marketing médicamenteux auprès des docteurs, le salaire des visiteurs médicaux et le financement de la formation médicale continue des médecins. Elle abordait aussi la question de leur profil psychologique et de leur supervision, incluant le suivi des prescriptions.

À la suite de son intervention, plusieurs sociétés retirèrent ou menacèrent de retirer leur soutien financier pour des congrès futurs.

Les laboratoires pharmaceutiques n’ont pas intérêts à fournir des informations importantes aux prescripteurs à moins qu’elles ne soient également importantes pour l’industrie pharmaceutique, écrit-elle. « Les visiteurs médicaux sont payés pour nous plaire, tant que nous coopérons, soutenons les parts de marché des médicaments ciblés, et limitons les conférences de formation médicale continue aux informations qui font progresser les ventes de médicaments. »

L’industrie pharmaceutique se réjouit de jouer le rôle de l’oncle gentil et généreux tant que les médecins acceptent de parler de sujets bateaux à la limite du hors-sujet, tels que les bénéfices des régimes diététiques ou du sport, ou de la relation entre médecine et laboratoires pharmaceutiques, ajoute-t-elle. Tout sujet susceptible de réduire les ventes de médicaments est tabou.

« Si nous restons dépendants des laboratoires pharmaceutiques pour sponsoriser la formation médicale continue, alors ces conférences resteront sous le contrôle de l’industrie pharmaceutique. Ce contrôle ne fait pas l’objet de contrats, mais il repose sur des pressions psychologiques. »

Elle suggère que si une sponsorisation des réunions médicales semble indispensable, les organisateurs de conférences pourraient solliciter d’autres sponsors tels que des fabriquants de voitures, de bagages et des agences de voyages. Un autre choix est que les médecins pourraient en fait payer pour leur formation continue comme le font les avocats, les comptables et beaucoup de gens du monde commercial.

« La médecine doit se défaire de sa docilité et de l’emprise corporative, » dit-elle. « Ne soyons pas un caniche de l’industrie pharmaceutique. Plutôt que de s’asseoir confortablement sur les genoux de notre maître, regardons autour de nous et goûtons à quelque chose de plus raffiné. La liberté nous appelle. »

Traduction Tin & Tine

Source de l’article original cité par ce commentaire : www.bmj.com


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