Accueil Documents Achetez et regardez The Wire
Publié le
21 décembre 2011
Publication
antérieure :

23 décembre 2009


Imprimer ou lire sur mobile

Auteur :
Dr Dominique Dupagne

Voir sur Google


Entrez votre email pour être averti des nouveaux articles
sur Atoute



Dans la même rubrique :

Le grand bluff du cholestérol
Le Comité d’Orientation rend son rapport sur le dépistage du cancer du sein
Démocratie Sanitaire mes couilles
Qualité et santé, vécu d’un biologiste accrédité
Pourquoi certains médecins refusent-ils le paiement à la performance ?
L’origine de la pénurie des médecins en France
Lanceurs d’alertes, éthique et entreprise
Pourquoi l’évaluation/rémunération sur indicateurs ne marche pas
La Netiquette des Forums
Reste à charge, dépassements d’honoraires et ticket modérateur
Faut-il se vacciner contre la grippe ?
Informations destinées aux hommes qui envisagent de se soumettre à un dépistage du cancer de la prostate par dosage des PSA
Jouez au médecin généraliste !
Un étonnant journal médical québécois
Les USA rejettent définitivement le dépistage du cancer de la prostate par dosage des PSA
Une position sociale élevée est associée à des comportements contraires à la morale
Influence de la visite médicale sur les prescriptions des médecins
ACTA au pays des rameurs
Une approche critique de la démarche qualité dans les institutions sanitaires, sociales et médico-sociales
No Mammo ? Enquête sur le dépistage du cancer du sein




Achetez et regardez The Wire
Un regard étonnant sur la complexité des organisations

En ces périodes de fêtes, je voudrais m’éloigner légèrement du monde de la santé pour vous parler de quelque chose de rare, d’important comme disent les cinéphiles.

Cette oeuvre est une série américaine, de celles qui donnent au genre ses lettres de noblesse.

The Wire peint une fresque sociale criante de réalisme. Les auteurs David Simon et Ed Burns ont vécu 20 ans dans ce qu’ils ont mis en scène : la toxicomanie, la criminalité, le syndicalisme, le déclin industriel, l’éducation, le journalisme et enfin la politique.

Chacune des 5 saisons d’une douzaine d’épisodes aborde plus particulièrement un ou deux de ces sujets, autour d’un personnage central et constant : la ville de Baltimore, ancien port industriel majeur de la côte Est des Etats-Unis.

David Simon a été journaliste au Baltimore Sun où il s’est spécialisé dans les affaires criminelles.

Ed Burns a été à la fois enseignant et policier à Baltimore.

Il ne s’agit pas de deux scénaristes ayant créé une fiction à partir de témoignages réels, mais de deux témoins ayant souhaité mettre en scène leur vie et celle de ceux qu’ils ont croisés.

Le résultat est époustouflant. Il interpelle, dérange, émeut, faire rire mais aussi pleurer. Il n’y a pas de gentils ni de méchants. Chacun possède sa complexité, ses zones d’ombre, et tente de survivre dans son écosystème, qu’il soit légal ou non. Tout paraît authentique et c’est normal, car presque tout est vraiment arrivé, et lorsque l’on parle de ce que l’on connaît, cela sonne vrai. On sort K.O. du magnifique dernier épisode, sonné par la violence des interrogations que suscite cette épopée moderne.

La série The Wire (oubliez le sens du titre, ça n’a aucun intérêt) est la préférée de Barak Obama qui est fasciné (comme moi) par le personnage d’Omar, sorte de Robin des Bois des temps modernes. Elle est considérée par plusieurs journaux (Time Magazine, The Chicago Tribune, Newsday, The San Francisco Chronicle, Variety, The New York Post, Entertainment Weekly et The San Jose Mercury News) comme la meilleure série de toute l’histoire de la télévision américaine.

Metacritic, qui agrège les diverses chroniques officielles publiées dans la presse ou sur Internet a calculé une note moyenne de 98/100 pour la saison 4, ce qui est le score le plus élevé jamais réalisé par une série télévisuelle. C’est aussi ma saison préférée ; elle montre les difficultés du système éducatif et l’immense obstacle au changement que représente l’administration en général.

Pour autant, le succès commercial de The Wire a été mitigé. La raison m’en paraît évidente : cette oeuvre est impossible à regarder à la télévision car il n’est pas question de rater le moindre épisode. L’histoire est dense, parfois complexe et la mise en place des personnages demande plusieurs épisodes. The Wire demande un petit effort initial et ce n’est sans doute pas du goût du public américain. Comme vous le constaterez, cet effort sera largement récompensé. D’ailleurs, et fait assez rare, revoir la série une deuxième fois présente autant d’intérêt, sinon plus, que la première : avoir les clés permet de mieux comprendre la richesse de certaines situations. Ce n’est pas une série à suspense, mais à forte densité psychologique.

Je pense sincèrement, et peut-être naïvement, que regarder The Wire rend meilleur. J’ai d’ailleurs envoyé le DVD de la première saison à Roselyne Bachelot :-). Cette fresque de la vie moderne contient les clés pour comprendre les pièges de la dés/organisation.

Non seulement The Wire est passionnant et enthousiasmant, mais c’est aussi du très beau cinéma : des images superbes, des acteurs (notamment les gamins) époustouflants. Une mention particulière pour la musique envoûtante du générique, mais aussi pour la "musique" des dialogues avec leur extraordinaire accent afro-americo-baltimorien.

C’est ce que j’ai vu de plus renversant depuis 20 ans sur un écran, je voulais le partager avec vous.

Offrez-vous The Wire pour Noël, vous ne le regretterez pas.

Sur écoute - Intégrale sur Amazon .

Autres articles sur The Wire :
- Télérama : la série qui peut sauver l’Amérique
- Skhole : The Wire ou le désastre des chiffres
- Ecrans : L’Amérique de The Wire est le prélude au bordel d’aujourd’hui.

PS : Merci à Denys Corel, de Struggling Writer, qui m’a permis de corriger des erreurs importantes dans la version initiale de l’article.



Tweet






1 Message

Répondre à cet article