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Réponses aux questions que les femmes se posent sur la mammographie de dépistage

Face à un sujet aussi controversé que le dépistage du cancer du sein, les femmes méritent une information objective

mardi 29 mai 2018, par Dominique Dupagne

Republication et mise à jour d’un article de 2016, destiné à éclairer les femmes qui se posent des questions sur le dépistage mammographique du cancer du sein.

Je republie cet article de 2016 pour faire suite àl’émission "La Tête au Carré" sur France Inter consacrée à ce dossier, diffusée le 29 mai 2018 :

Cette Foire Aux Questions (FAQ) est toujours d’actualité, face à l’indigence de l’information apportée par l’INCA.

Le dépistage du cancer du sein par mammographie est au centre d’une controverse scientifique depuis de nombreuses années. Pour répondre aux critiques croissantes dont il est l’objet, la Ministre de la santé Marisol Touraine a lancé en 2015 une "Concertation citoyenne et scientifique" destinée à éclairer le public et les médecins sur les enjeux de ce dépistage. Le rapport du Comité d’Orientation a été publié le 3 octobre 2016. Il suggère un arrêt ou au moins de profondes modifications du dépistage mammographique organisé, et surtout une meilleure informations des femmes à qui il est destiné.

La qualité des auteurs du rapport final de la concertation donne beaucoup de poids à ses conclusions. Il s’agit de personnalités qualifiées issues d’horizons divers et surtout indépendantes du programme actuel de dépistage, qui ont été sélectionnées par l’Institut National du Cancer.

Je ne vais pas vous résumer ce rapport, il suffit de lire les recommandations du Comité à partir de la page 127. En gros, le flou autour des preuves de l’utilité et de l’innocuité de ce dépistage mammographique ne permet pas de le recommander aveuglément à toutes les femmes.

À mon sens, le point-clé de ce rapport est la stigmatisation du caractère partiel et partial de l’information apportée actuellement aux femmes sur les avantages attendus et sur les risques associés à ce dépistage.

Si l’on parle de démocratie sanitaire, la priorité sera d’élaborer une information claire et loyale sur les enjeux du dépistage, pour les femmes qui veulent savoir et se déterminer elles-mêmes, à l’abri du paternalisme médical.

Je voudrais, avec ce billet, apporter ma contribution à cette information sous forme de questions/réponses fondées sur le contenu du rapport. Les chiffres cités sont issus des publications scientifiques qui ont paru les plus "raisonnables" aux membres du comité, c’est à dire réalisées par des experts peu ou pas impliqués dans la controverse (page 66 du rapport).

Ma mère est morte d’un cancer du sein à 65 ans et ma tante de 55 ans est soignée pour un cancer du sein, suis-je concernée par ce qui suit ?

Non. La polémique sur l’intérêt du dépistage ne concerne que les femmes ne présentant pas de facteurs de risque, et notamment pas d’histoire familiale de cancers du seins précoces chez plusieurs parentes.
Chez les femmes plus exposées au risque de cancer du fait d’une prédisposition familiale , l’intérêt du dépistage mammographique tel qu’il est pratiqué actuellement est peu contesté. L’importance de cet excès de risque est à discuter avec son médecin.

Si je fais une mammographie tous les 2 ans comme préconisé, quel bénéfice puis-je en espérer ?

En pratiquant tous les 2 ans ce dépistage entre 50 et 75 ans, vous avez 4 chances sur 1000 [1] de ne pas mourir d’un cancer qui vous aurait tuée si vous n’aviez pas réalisé ce dépistage.

Y-a-t’il des risques à pratiquer ce dépistage ?

Oui, et c’est tout le problème. Le risque le plus grave est que l’on vous trouve un vrai/faux cancer, c’est à dire un nodule cancéreux qui aurait disparu tout seul ou qui n’aurait jamais provoqué de maladie. Vous serez alors opérée et traitée pour rien, à cause de ce dépistage, pour éviter une maladie cancéreuse qui ne serait jamais survenue. Ce risque appelé surdiagnostic est de 13 pour 1000 [2]. Il est impossible de distinguer un vrai/faux cancer d’un cancer potentiellement mortel. C’est donc avant le dépistage qu’il faut s’interroger, et non après, car il faudra dans tous les cas traiter si un lésion cancéreuse est découverte.

Un autre risque, plus fréquent mais moins grave, est que l’on vous trouve des images ou des lésions suspectes, et que l’on vous stresse beaucoup pour rien avant que l’analyse des biopsies finissent par exclure un cancer. Ce risque est de 150 pour 1000.

Si je souhaite faire ce dépistage, à quel âge faut-il commencer ?

Les experts sont à peu près d’accord pour dire que débuter les mammographies avant 50 ans diminue beaucoup le bénéfice attendu et que du fait des risques exposés dans la réponse précédente, ce dépistage précoce devrait être réservé aux femmes à haut risque.

Existe-t-il de meilleurs examens pour dépister le cancer que la pratique de la mammographie ?

Dans certains cas, d’autres examens peuvent être utiles. Parlez-en avec votre médecin car le choix dépend de la nature de vos seins. De façon générale, l’échographie est souvent un complément intéressant à la radiographie des seins mais ne peut la remplacer.

Mais si je me palpe régulièrement les seins, ai-je besoin de faire des mammographies de dépistage ?

L’autopalpation des seins en l’absence de symptômes n’a jamais fait la preuve de son intérêt. Cet examen manuel aboutit surtout à des angoisses et des examens inutiles, car c’est un geste très technique qui demande une bonne expérience.

Attention à ne pas confondre cette inutile examen systématique avec la palpation d’une boule dans votre sein à l’occasion d’une douleur persistante ou d’une sensation anormale. Dans ce cas, il ne s’agit plus de dépistage, mais de diagnostic face à un symptôme : la mammographie et l’échographie sont alors utiles et nécessaires. Le dépistage consiste exclusivement à rechercher un cancer chez une femme qui ne ressent rien d’anormal et dont l’examen manuel des seins par le médecin est également normal.

Les rayons que je reçois à chaque mammographie peuvent-ils provoquer un cancer ?

On sait que les rayons utilisés pour les radiographies sont cancérigènes. Personne ne peut quantifier précisément le nombre de cancers du sein induits par les mammographies de dépistage, mais si ce risque existe, il est très faible, de l’ordre de 1 pour 1000 femmes dépistées régulièrement.

Je ne comprends pas cette histoire de cancers qui disparaissent tout seuls, ça existe vraiment ?

Oui, et c’est tout le problème. Lorsqu’un cancer est encore à l’état de nodule, il est fréquent qu’il disparaisse, et heureusement, car nous fabriquons et détruisons des microcancers tous les jours. Le destin naturel d’un petit amas de cellules cancéreuses est d’être éliminé par l’organisme ou de disparaître. Ces nodules ne deviennent un vrai cancer, un cancer-maladie, que si cet amas parvient à se développer et à envahir l’organisme.

C’est la raison pour laquelle rechercher des cancers de petite taille augmente le risque de mettre l’étiquette “cancer” sur une lésion qui n’aurait jamais évolué. On parle alors de surdiagnostic. Ce risque existe pour la majorité des dépistages. Il est acceptable quand le traitement est limité : ablation d’une petite partie du col de l’utérus ou d’un polype intestinal par exemple. Le surdiagnostic est beaucoup plus préoccupant lorsqu’il expose inutilement à des traitements lourds ou mutilants : on parle alors de surtraitement. C’est le cas pour les dépistage des cancers du sein, de la prostate, du cerveau, du poumon ou du pancréas.

À côté de ces microcancers non évolutifs, il existe une dernière catégorie de cancers qui guérissent sans traitement : les erreurs de diagnostics ! On les appelle faux positifs. Il faut comprendre que le spécialiste qui analyse un prélèvement (biopsie) au microscope ne voit pas le mot cancer inscrit sur les cellules qu’il examine ! Celles-ci présentent un aspect plus ou moins suspect, et à partir d’un certain seuil, ce spécialiste décide qu’il s’agit d’un cancer. Lorsqu’il a un doute, et pour éviter de passer à côté d’un cancer, le spécialiste va étiqueter comme cancer une lésion qui lui ressemble beaucoup, mais qui n’en est pas un. C’est n’est pas une faute de sa part, d’autant qu’il demande souvent à des confrères de confirmer ses doutes, mais une erreur inévitable qui conduira à un surtraitement intempestif.

Il n’y a pas de controverse scientifique sur l’existence de ces deux causes principales de surtraitement : les surdiagnostics et les faux positifs. Le désaccord porte sur leur nombre : 10% des cancers diagnostiqués pour les partisans du dépistage, 50% pour ses détracteurs.

Ma meilleure amie a passé une mammographie de dépistage qui a découvert une tumeur cancéreuse ; elle a été opérée puis traitée par radiothérapie. Elle va très bien depuis. Comment peut-on contester l’intérêt de ce dépistage qui lui a sauvé la vie ?

Cette question contient tout le débat sur la pertinence du dépistage.

Tout d’abord, dans les réponses précédentes, vous avez appris que certaines femmes sont traitées pour un cancer, alors que les lésions cancéreuses détectées par la mammographie n’auraient jamais évolué. Cette amie fait peut-être partie des 13 femmes sur 1000 qui ont été traitées pour rien. Le dépistage ne l’a pas sauvée, mais l’a exposée à des traitements lourds sans qu’elle en tire le moindre bénéfice.

Ensuite, si elle n’avait pas réalisé de dépistage, elle aurait peut-être ressenti quelques mois après une douleur ou un tiraillement dans son sein. Elle aurait alors consulté son médecin qui aurait prescrit des examens permettant de diagnostiquer son cancer, sans que ce léger retard ne modifie son pronostic. Dans ce cas de figure, elle aurait donc été sauvée aussi, même sans s’être prêtée au dépistage.

Mais supposons qu’elle fasse partie des 4 femmes sur 1000 réellement sauvées par le dépistage, c’est à dire qu’il n’y avait pas d’erreur de diagnostic, que le cancer détecté était bien destiné à se développer, et qu’aucun symptôme n’aurait pu l’alerter à temps pour être guérie si elle ne s’était pas prêtée au dépistage. Dans cette situation idéale, c’est une véritable gagnante du dépistage mammographique. Mais pour analyser correctement la situation, il faut tenir compte des perdantes !

Imaginez que vous vouliez convaincre quelqu’un d’arrêter de gaspiller son argent au Loto, et qu’il vous réponde "J’ai un ami qui a gagné un million au Loto, comment pouvez-vous contester l’intérêt d’y jouer ?"

Vous penseriez instantanément que cette personne raisonne mal car elle voit les gagnants mais ne tient pas compte des perdants. Après le tirage du Loto, il y a bien sûr des gagnants qui ont eu raison de jouer, et aussi des perdants qui ont eu tort. Mais on ne peut le savoir qu’après...

Il en est de même pour la mammographie de dépistage : il y a des gagnantes et des perdantes. Si vous ne voyez que les gagnantes, ce dépistage paraît incontournable. Toute la difficulté réside dans le fait que, contrairement au Loto, identifier les gagnantes et les perdantes n’est pas simple, même après le “tirage”.

Qui sont les perdantes et les gagnantes ?

Commençons par celles qui n’ont ni gagné, ni perdu : ce sont des femmes chez qui le dépistage a détecté un cancer évolutif mais qui aurait été diagnostiqué de toute façon grâce à l’apparition de symptômes, sans que ce retard modifie le pronostic de la maladie. La mammographie de dépistage n’a pas eu d’impact positif sur leur santé, même en ayant permis de détecter leur cancer plus tôt. Elles sont 50 sur 1000 femmes dépistées régulièrement. Ces femmes ont le sentiment d’avoir été sauvées par le dépistage, alors qu’il n’a rien changé à leur destin.

Viennent ensuite les femmes dont les mammographies ont été normales pendant 20 ans et qui n’ont pas eu de cancer. Pour elles, le dépistage n’a servi à rien, mais la mise était modeste : réaliser un examen désagréable tous les 2 ans. Ce sont des “petites perdantes” vis-à-vis du dépistage car il ne leur a pas été utile. Elles sont 771 parmi 1000 femmes dépistées régulièrement.

Il y a celles qui ont subi des mammographies régulièrement, toutes normales. Mais un cancer du sein est apparu dans l’intervalle entre deux mammographies. Le dépistage a échoué, et a même parfois retardé le diagnostic en étant rassurant à tort. Ces perdantes sont 12 parmi 1000 femmes dépistées [3].

Il y a celles qui ont passé des moments difficiles : la mammographie de dépistage a trouvé une image suspecte. Elles ont subi des biopsies ou des contrôles répétés, et tout s’est révélé finalement négatif. Le dépistage a provoqué beaucoup d’angoisses inutiles. Ces perdantes sont 150 parmi 1000 femmes dépistées régulièrement.

Il y a celles chez qui le dépistage a trouvé un nodule identifié comme cancéreux qui aurait disparu tout seul ou qui n’aurait jamais évolué. Cette découverte intempestive d’un vrai-faux cancer leur a fait subir inutilement une opération pouvant aller jusqu’à l’ablation du sein, des rayons, plus rarement une chimiothérapie. Il est impossible de distinguer ces vrais-fausses lésions cancéreuses de lésions à potentiel évolutif. Ces femmes sont les grandes perdantes du dépistage. Heureusement (d’une certaine façon...) elles ne le sauront jamais, persuadées d’avoir été sauvées par le dépistage mammographique. Ces perdantes qui s’ignorent sont 13 parmi 1000 femmes dépistées régulièrement pendant 20 ans.

Il y a enfin les vraies et les seules gagnantes, celles qui ont décroché le gros lot ! Le dépistage leur a sauvé la vie : le cancer détecté par le dépistage mettait leur vie en danger, et le diagnostic précoce par la mammographie systématique (avant l’apparition de symptômes) a permis de les guérir. Ces (grandes) gagnantes sont 4 parmi 1000 femmes dépistées régulièrement.

On ne peut pas dire que ce dépistage sauve globalement 4 femmes pour 1000, car nous n’avons aucune idée du nombre de décès provoqués directement ou indirectement par l’irradiation due aux 12.000 mammographies, par l’angoisse générée par les 150 biopsies inquiétantes et par les complications des 12 traitements anticancéreux inutiles.

Chiffres issus du rapport du Comité d’Orientation de la concertation de 2016, dont la principale source est : Marmot, M. G., Altman, D. G., Cameron, D. A., Dewar, J. A., Thompson, S. G., & Wilcox, M. (2013). The benefits and harms of breast cancer screening : an independent review. Br J Cancer, 108(11), 2205-2240. DOI:10.1038/bjc.2013.177

Ces chiffres représentent des “moyennes raisonnables”. Notez qu’il s’agit de données chez les femmes invitées au dépistage, et non chez celles qui l’ont effectivement réalisé, ce qui a tendance à les sous-estimer puisque de nombreuses femmes invitées au dépistage ne le pratiquent pas.

Voici la réalité du dépistage. Si vous ne regardez que les gagnantes, l’intérêt du dépistage paraît indiscutable. Une vision plus globale rend la démarche moins évidente et ouverte à un choix personnel pour chaque femme.

C’est pourquoi vous devez recevoir une information complète avant de vous prêter au dépistage. La question que vous devez vous poser et discuter avec un médecin de confiance est très simple : "pour moi, le jeu en vaut-il la chandelle ?". Le rapport du Comité d’Orientation ne dit rien d’autre. Libre à vous ensuite de faire le choix qui vous paraîtra le plus pertinent en fonction de vos attentes et de vos craintes. Il ne s’agit pas de décider à votre place, mais de vous apporter l’information suffisante et nécessaire pour que vous puissiez faire VOTRE choix.

Certains choix de santé n’ont pas de réponse simple et valable pour tout le monde. Si les réponses aux questions précédentes ne vous éclairent pas suffisamment, vous pouvez demandez à un médecin en qui vous avez confiance ce qu’il ou elle ferait à votre place.


Le collectif Cancer-Rose a réalisé une vidéo pédagogique sur le dépistage.

L’Institut National du Cancer (INCa) a rédigé une recommandation pour la Ministre à partir du rapport du Comité d’Orientation. C’est fascinant. Non seulement cette recommandation contient une erreur grossière (le dépistage diminuerait le nombre de cancers diagnostiqués (morbidité) alors qu’il l’augmente) mais elle dénature le contenu du rapport en laissant penser que le Comité d’orientation est favorable au dépistage organisé. Face à ce degré de malhonnêteté, les bras m’en tombent. Lisez successivement le rapport et la recommandation de l’INCa, vous serez édifiés. La pilule était sans doute trop difficile à avaler pour L’INCa, très impliqué dans le dépistage, et qui voit son action contestée par des experts choisis par ses soins...

Quant à Marisol Touraine, elle a publié un communiqué de presse qui commence par un encouragement à intensifier le dépistage et la réaffirmation de son intérêt. A-t-elle lu le rapport qu’elle a commandé ?

L’histoire se répète

Le médecin canadien Gilbert Welch a publié en 2005 [4] un livre remarquable sur le dépitage des cancers. Il y raconte l’histoire d’une démarche identique à la Concertation citoyenne de Marisol Touraine, mais qui se déroule il y a 20 ans au Canada. La similitude entre ces deux falsifications de la démocratie sanitaire est saisissante. Notez que le débat de 1997 portait sur la mammographie avant 50 ans, qui n’est plus recommandée actuellement à titre systématique du fait de son mauvais rapport bénéfice/risques


[1Ce chiffre varie entre 1 et 9 suivant l’interprétation et la sélection des études scientifiques publiées.

[2Ce chiffre varie entre 5 et 20 suivant l’interprétation et la sélection des études scientifiques publiées.

[3Ces femmes peuvent également souffrir d’une opération plus lourde liée à un diagnostic retardé, mais ce risque est équilibré par l’effet inverse et bénéfique de la mammographie chez les femmes ayant un cancer détecté précocement grâce au dépistage. Ce risque et ce bénéfice ne sont pas quantifiables.

[4H. Gilbert Welch, Dois-je me faire tester pour le cancer ? Peut-être pas et voici pourquoi, Les Presses de l’Université de Laval, 2005, ISBN 2-7637-8158-6, http://www.ulaval.ca/pul

Messages

  • Pourquoi le dépistage s’arrête à 75 ans ?

    • Bonjour,
      Le dépistage recherche des lésions débutantes qui devraient mettre plusieurs années à se développer et à s’exprimer. Surtout qu’à cet âge les cancers qui surviennent sont le plus souvent des formes "lentes". Après 75 ans, le bénéfice chute donc encore puisque l’espérance de vie moyenne va se retrouver inférieure au temps de développement de la lésion.

    • Dans d’autres pays, il s’arrête à 70 ans. Comme l’a dit Philippe, à partir d’un certain âge et du fait du lent développement des petits cancers, le risque d’être traité à tort devient trop important par rapport au bénéfice attendu.

    • lors d’un contrôle par mammographie, une tumeur de 23 mm a été détectée alors qu’il n’y avait rien 2 années plus tôt, et que ma gynéco, par la palpation 3 semaines avant n’avait rien constaté. j’ai donc été opérée. devais-je attendre pour voir l’évolution de cette tumeur ? avec le risque de mourir dans d’atroces souffrances, tout cela pour voir si cette tumeur allait augmenter ou régresser ?? je précise que c’était en 2002 et que j’avais 54 ans. Malgré les souffrances à ce moment et la grande fatigue qui a suivie mes traitements je suis très heureuse d’avoir vu grandir mes 5 petits-enfants !!!

    • Je vous ai répondu dans l’article en ajoutant une nouvelle question.

  • Bonsoir,

    Pour le simple citoyen, la question suivante : "Ma mère a fait un cancer du sein à 55 ans, suis-je concerné par ce qui suit ?", ainsi que la réponse sont incompréhensibles. En tout cas pour moi.

    SVP, pourriez vous être plus clair.

    • J’ai modifié la question. Est-ce plus clair pour vous ? Sinon, qu’est-ce qui reste flou ?

    • Bonsoir,

      Dans la question, vous parlez des femmes à risques(Ma mère est morte d’un cancer du sein)
      Dans la réponse, vous parlez : "les femmes ne présentant pas de facteur de risque"
      puis vous précisez : " Chez ces femmes"
      Lesquelles ( celles à risque ou les autres) ?
      C’est cela qui m’a perturbé.

      Je vous explique ce que j’ai compris :
      La femme dont, une parente a été opéré d’un cancer du sein avant 70 ans, a intérêt à faire le dépistage comme préconisé actuellement.
      Par contre, si elle n’a aucun antécédent familial, le dépistage est statistiquement plus néfaste que bénéfique.

      En tout cas , merci pour la réponse et votre "mission pédagogique".

      Cordialement

    • Ah, merci, je comprends, c’était ambigu. J’ai corrigé.

  • Merci pour cet article que je partagerai bien à mes patientes et proches. Mais je tique juste sur votre passage "demanez à u e femme médecin ce qu’elle ferait". Parce qu’il faut être une femme pour avoir une bonne réponse ? Parce qu’il n’y a pas biais lié à la propre vrai te éventuelle de cette femme médecin concernant ce cancer ?
    Enfin, 3 secon’es de corporatisme : le suivirement gynecolotique de prévention est aussi assuré par les sages-femmes avec lesquelles la discussion ouverte esttout aussi utile.

    • Bonjour
      Il me semble qu’une femme est plus à même de comprendre ce que signifie l’ablation d’un sein. Quant au sages-femmes, je suis bien d’accord, mais c’est le comité qui parle de médecin traitant, ce qui fera aussi grincer des dents les gynécologues.

    • Bon, finalement j’ai modifié la réponse et j’ai enlevé le médecin femme, surtout parce qu’il s’agira souvent de gynécologue dont l’avis sera biaisé par le fait qu’elle pratique et recommande ce dépistage depuis de nombreuses années. Difficile d’intégrer d’emblée les sages-femmes, car cela ajouterai une polémique à l’intérieur de la polémique. Je suis souvent effaré par la violence de la réaction de mes confrères et consoeurs vis-à-vis du suivi gynécologique par les sages-femmes. Espérons que cela change...

  • Super mise au point pratique
    Mais si on lit jusqu’au bout cet article on voit que tout le travail du Comité est suffisamment dérangeant pour faire comme si il n’existait pas ...

    Bon les lobbys c’est pas nouveau mais en France en 2016 essayer d’éclairer une telle campagne médiatisée en arriver à "trancher par le déni" n’est ce pas le signe d’un totalitarisme en Santé Publique ?

    Ignorer des données actualisées c’est tout sauf améliorer la qualité des soins non ?

  • Bonjour, je ne suis pas médecin ni professionnel d’un quelconque secteur médical ou paramédical. Je me suis abonné à votre site après avoir lu votre ouvrage "la revanche du rameur" dans lequel je trouvais enfin écrit clairement des bribes d’idées et sentiments qui me traversaient l’esprit depuis un moment. En tout cas, votre ouvrage mériterait d’être distribué dans toutes nos administrations (moi, c’est l’agriculture).
    Je prends toujours connaissance de vos articles avec un grand intérêt car je trouve que le fond des sujets que vous abordez va bien au-delà de la sphère médicale.
    Si je prends le clavier pour la première fois, ce n’est pas tant pour réagir à votre article - sur lequel je n’ai pas vraiment d’avis - mais parce qu’en tant qu’"objecteur de croissance", il titille ma fibre "stop à l’ultra-technologie". Je vous joins un article du dernier numéro du journal "la décroissance" qui prend une position assez radicale sur le progrès technique en médecine et qu’il peut vous intéresser de lire.
    Quoi qu’il en soit, continuez comme ça et longue vie à votre site.

    • Bonjour et merci pour vos encouragements.

      Je vais lire votre article. En fait, Jules Romain avait parfaitement identifié cette dérive dès 1928 https://youtu.be/gMqEkyNnjbE
      Je ne suis pas technophobe. La chirurgie a fait récemment des progrès extraordinaires. Ce qui est dangereux, c’est la technologie pour la technologie.

  • cher confrère blogueur.
    les 21 maisons de santé pluri-professionnelles de l’ Aveyron ont presque toutes (dont la mienne) organisé des consultations de sage-femmes dans leurs murs.
    ne désespéront pas trop des médecins,ils évoluent !.....

  • Bonjour,
    Heureuse de constater que la systématique de la mammo est remise en cause. Je suis une patiente lambda, 58 ans, habitant Genève. Dans notre univers suisse si bien organisé, que j’aime beaucoup par ailleurs, les femmes genevoises de plus de 50 ans reçoivent tous les deux ans une sorte de bon pour aller passer une mammo, ainsi qu’un questionnaire à retourner. Le tout est plutôt directif. Comme je n’ai ni rempli le questionnaire ni passé l’examen, j’ai reçu plusieurs rappels au ton mi-alarmiste mi-comminatoire (pensez à votre santé/vos proches et pensez à ce que vous allez coûter à la communauté si vous développez un cancer).
    Je suis assez difficile à culpabiliser et finalement j’ai renvoyé toute la correspondance en demandant qu’on m’enlève du fichier d’adresses. Depuis, je suis tranquille. Cela vous donne donc une idée de l’état d’esprit qui règne ici - on en arrive à se demander si on se soucie de la santé des femmes uniquement, ou aussi de la rentabilisation des installations médicales d’examen.

    En fait, je n’ai jamais pasé de mammographie. On m’a proposé la première il y a une quinzaine d’années, j’ai refusé poliment. Il m’a toujours semblé que cet examen ne me servirait à rien, j’ai perdu plusieurs amies de cancers de sein alors qu’elles avaient bien fait leurs devoirs. Et puis aussi je ne voulais pas de l’angoisse de l’attente des résultats. J’ai plusieurs fois passé pour une inconsciente, mais tant pis ; maintenant en Suisse aussi certains se posent des questions et on dirait bien que mon instinct n’avait pas complètement tort.

    Une question : pourquoi la mammo est-elle recommandée tous les 2 ans, alors que l’examen pour le colon est préconisé tous les 5 ans ?

    • Bonjour
      Tous les 5 ans, c’est la coloscopie. La recherche de sang occulte dans les selles, c’est tous les 2 ans.

      La coloscopie est un examen qui détecte tous les petits polypes (alors que la mammographie est bien mois performante). Or, comme il faut plus de 5 ans pour passer de "rien dans le côlon" à "cancer invasif", une coloscopie normale n’a pas besoin d’être renouvelée avant 5 ans.

      La recherche de sang occulte dans les selles est beaucoup moins performante et doit donc être renouvelée plus souvent.

  • Cher docteur,merci pour l’article. Je suis Belge et j ’ai 36 ans. À 32 ans, j’ai senti une petite boule dans mon sein droit. J’ai consulté mon gynecologue qui m’a fait passé une mammographie dans un centre specialise.Heureusement negative..Il faut preciser que j’avais ete operee d’une ptose un an plus tôt. Ensuite à 33ans, j’ai ressenti des douleurs dans le même sein, il m’ a fait repasser une autre mammo,toujours negative et toujours dans ce meme centre.Je lui faisais confiance, c’était un specialiste...La semaine passée, je suis allée passer une echographie (toujours negative) pour des douleurs dans le bras droit cette fois j’ai changé de centre et le radiologue m’a dit que je souffrais de nevralgie intercostale mais que j’ etais plus à risque de developper un cancer à cause de ces deux mammographies avant 40 ans. Est-ce vrai ? Comment se fait-il qu’ on m’ ait laisse aller au casse-pipe comme ça ??Ma gd-mere paternelle avait developpe un cancer du sein à 70 ans. Je suis perdue entre un gyne qui propose la mammo à tout va et un radiologue qui m’ a fait très peur. Merci pour votre réponse.

    • Bonjour
      Pour commencer, vous parlez de mammographies diagnostiques, face à un symptôme, et non de mammographies de dépistage. Face à une lésion palpable, la mammographie reste justifiée, associée à un échographie.

      L’augmentation du risque de cancer liée à ces 2 mammographies est théorique. Si elle existe, elle est infime (par exemple, votre risque passerait de 8 à 8,1%)

  • Si on exclut de la méta-analyse les essais dont la qualité n’est pas irréprochable, alors les dépistées ont a déplorer une mortalité globale plus augmentée que leur mortalité par cancer du sein ne diminue, ce qui signifie que votre analyse est encore trop optimiste : voyez par exemple ce très récent commentaire écrit par les auteurs de la plus dernière méta-analyse Cochrane publiée à ce sujet : http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2510907

  • Bonjour Dominique
    Je ne suis d’accord avec votre démarche et pas avec votre interprétation des statistiques. 4/1000 ce n’est pas négligeable. Ce ne sont pas de grandes gagnantes ce sont des gagnantes totales : elles ont gagné 10, 20 voire 40 ans de vie. Les.13/1000 qui ont eu des traitements pour rien ont enduré des souffrances physiques et surtout morales, mais elles sont en vie et comme beaucoup de personnes qui ont échappé ou croient avoir échappé à la mort apprécient sûrement encore plus cette vie. A titre personnel je préfère prendre 13 sur 1000 chances d’un traitement et dun stress inutile contre 4 sur 1000 de mourir d’un cancer non dépisté.
    Maintenant j’entends que d’autres personnes feraient un autre choix.
    Donc j’abonde à l’idée démocratique que le dépistage soit proposé aux femmes (et remboursé) avec les explications que vous donnez (par exemple dans les brochures, la presse et par le médecin). Chacune fera un choix éclairé.

    • Chère Zappeuse, si je comprends bien nous ne divergeons que sur qualitificatif des gagnantes ? Va pour "gagnantes totales".

      Chaque femme a ses priorités. Il suffit qu’elle soit correctement informée pour faire les bons choix, pour elle... Nous sommes d’accord sur les fondamentaux.

  • Bonsoir

    Je ne suis pas sûre d’avoir bien compris. Ma mère a fait un premier cancer à l’âge de 49 ans suite à des problèmes familiaux, un autre au même sein vers 70 ans. Ma grand’mère aurait eu l’ablation d’un sein. D’après mon gynécologue, il doute qu’il y ai vraiment des antécédents familiaux.
    Qu’en pensez-vous ? J’ai bientôt 49 ans. Mammo ou pas ?
    Merci à vous

    • Bonjour,
      Il est impossible de donner un avis personnalisé sur un forum. Des antécédents familiaux sont généralement considérés comme significatifs lorsqu’une mère et/ou des tantes ont présenté un/des cancers du sein précoces.

      Vous pouvez calculer votre "score" avec le tableau ci-dessous. S’il est égal ou supérieur à 3, un suivi plus précoce est nécessaire ainsi qu’une consultation spécialisée. Pour un score entre 1 et 2 inclus, le risque est modéré et justifie de pratiquer des mammographies/échographies entre 50 et 74 ans, en sachant que le bénéfice de ce dépistage est peut-être plus important que celui présenté dans l’infographie dans l’article.

    • Bonjour,

      Merci de nous avoir donné ce score d’Eisinger. C’est un outil précieux pour calculer le risque familial.

      Mais qu’en est-il du risque individuel ? A part le cas d’une patiente qui a déjà eu un cancer du sein et doit évidement faire l’objet d’une surveillance accrue, que conseiller à des patientes qui, par exemple, présentent une mastose ?

      Meilleures salutations.

  • Bonjour,

    Je vous remercie beaucoup pour cette synthèse très utile. Dès 35 ou 37 ans, les gynécologues de ville à Paris ont commencé à vouloir me faire faire des mammographies (et cela en l’absence d’antécédents familiaux ou de quelconques symptômes), avec tant d’insistance que je retardais les visites et finissais par changer de médecin.

    Maintenant que j’ai cinquante ans, je suppose que je vais devoir redoubler mes efforts pour résister ! La seule façon de ne pas passer pour dingue ou plutôt de faire respecter mon "irrationalité" sera peut-être d’invoquer un motif religieux ! Pourtant, ce sont bien ces gynécologues qui ont des croyances fortes, non ?

    La comparaison avec le loto est très parlante, merci encore.

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