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COVID-19 : Pas de deuxième vague, mais des répliques

Les derniers chiffres de l’épidémie française montrent qu’il n’y aura pas de nouvelle explosion épidémique, mais une série de répliques de moindre intensité

Première publication : jeudi 1er octobre 2020,
par Dominique Dupagne

"La prévision est un art très difficile, surtout lorsqu’elle concerne l’avenir". Cette phrase de Pierre Dac n’a jamais été aussi pertinente et pas un jour ne passe sans que des Nostradamus nous annoncent une terrifiante flambée épidémique, ou qu’au contraire, d’irréductibles optimistes affirment la fin de l’épidémie de COVID-19.
Comme souvent dans ce genre de situation, la vérité est au milieu.

J’ai attendu la fin du mois de septembre pour me faire une opinion sur l’avenir de l’épidémie française de COVID-19. En effet, des facteurs d’aggravation déterminants sont apparus il y a quelques semaines : les rentrées scolaires et universitaires, mettant en contact étroit d’importants effectifs de sujets jeunes et souvent peu respectueux des mesures barrières. S’y ajoutent les retours de vacances et les brassages de population qu’elles provoquent.

Tout était réuni pour qu’une rechute épidémique survienne. Il s’agissait même de la dernière opportunité pour le SARS-CoV2 de rencontrer des conditions aussi propices à sa diffusion. En effet, plus le temps passe, plus la montée modeste mais réelle de l’immunité collective freine la diffusion du virus.

Or, comme nous allons le voir, les derniers chiffres officiels montrent une diminution des contaminations et une stabilisation du nombre d’hospitalisations depuis plusieurs jours, ce qui est incompatible avec une croissance exponentielle de l’épidémie, comme annoncée par exemple dans le Journal du Dimanche du 26 septembre avec cette projection délirante (en gris la situation actuelle, en couleur les projections en fonction de différents scénarios) :

Non seulement nous n’allons pas vivre la courbe rouge, mais nous ne vivrons probablement même pas la bleue, qui d’après les auteurs ne serait permise que par un reconfinement généralisé.

Le décompte des hospitalisations est le meilleur critère

Les différents décomptes disponibles n’ont pas la même valeur,
les hospitalisations constituent le meilleur indicateur évolutif de l’épidémie.

Le décompte des tests positifs est trop dépendant de leur disponibilité, qui a beaucoup varié depuis février et qui était quasi nulle en avril. Ils permettent néanmoins sur une courte période de dégager des tendances précoces puisque la contamination est la première étape de la maladie.

Le décompte des décès est trop tardif. Par ailleurs, l’amélioration des techniques de réanimation a permis de faire diminuer très significativement la mortalité, ce qui fausse également la comparaison avec le pic d’avril. Il en est de même pour les entrées en réanimation : une meilleure prise en charge des malades en hospitalisation simple rend moins souvent nécessaire leur transfert en soins intensifs/réanimation et la comparaison avec le pic d’avril en serait faussée.

Les hospitalisations quotidiennes constituent donc (aussi longtemps que les hôpitaux ne sont pas saturés) le meilleur critère pour apprécier l’évolution de l’épidémie de COVID-19

Nous disposons de graphiques particulièrement parlants grâce à Germain Forestier, Professeur d’informatique et "Data scientist" (expert en traitement des données massives) qui réutilise les données officielles. [1] (C’est l’occasion de se rappeler que le web ne sert pas qu’à créer des startups...).

Un fléchissement net pendant la dernière semaine de septembre

Une première constatation évidente à la lecture des courbes débutant le 18 mars, c’est qu’il est incorrect de parler de "deuxième vague" pour la France, comme pour la grande majorité des régions :

Nous sommes confrontés à des répliques, par analogie avec les secousses secondaires qui suivent un tremblement de terre. Ces répliques sont de moindre intensité que le tremblement de terre initial et cette intensité est variable d’un lieu à l’autre autour de l’épicentre initial. Elles ne durent qu’un temps et finissent pas disparaître. Ce concept sismologique s’applique parfaitement à la situation épidémiologique actuelle.

La deuxième donnée qui saute aux yeux est le fléchissement récent de la croissance de ces hospitalisations, incompatible avec la croissance exponentielle annoncée par les catastrophistes.

Ce fléchissement de la progression des hospitalisations était annoncé par la décrue des nouvelles contaminations, logiquement plus précoce :

Elle n’est pas encore visible dans le décompte des entrées en réanimation, à l’inverse plus tardives puisqu’elles font souvent suite à une hospitalisation "normale" initiale :

C’est uniquement à distance de la métropole, dans les DOM-TOM que l’on observe une vraie deuxième vague, ou plutôt une première vague différée dans des régions initialement peu touchées par l’épidémie, comme en Guyane :

Cette absence de deuxième vague était probable. Pourquoi ? Parce que le virus ne rencontrera jamais de situation plus propice à sa diffusion que pendant le première quinzaine de mars 2020, durant laquelle une population privée de masques protecteurs ne prenait pas encore la mesure du danger et faisait même la fête en milieu fermé la veille du confinement. L’immunité collective était inexistante ; les restaurants, bars, cinémas, théâtres, étaient bondés dans le cadre d’une insouciance collective encouragée par la plus haute autorité de l’État.

Bref, tout était réuni pour permettre l’explosion d’une épidémie, et c’est ce qui est arrivé. Le confinement qui a suivi a permis de "geler" l’épidémie et d’atténuer la saturation du système de santé, mais il n’a bien sûr pas fait disparaître le virus.

Il était logique de redouter une deuxième vague début septembre

La crainte d’une reprise épidémique significative à la rentrée était fondée, et cette reprise est en effet survenue, touchant principalement les zones peu ou pas touchées par la première vague.

Voici la situation dans le Grand-Est, durement éprouvé par la première vague :

Et dans les Bouches-du-Rhône, au contraire épargnées par la première vague :

Mais il s’agit bien de répliques, sans commune mesure avec la vague survenue au printemps, qui ne reviendra donc pas. La relation inverse entre l’intensité des répliques et l’ampleur de la première vague suivant les régions confirme s’il en était besoin que l’immunité collective est réelle. Cette immunité collective n’est pas correctement évaluée par le taux de sujets sérologiquement positifs, c’est à dire portant des anticorps dirigés contre le SARS-CoV2 (immunité humorale). Ce n’est pas surprenant car nous savons que l’immunité dite "cellulaire", impossible à détecter par des analyses sanguines, joue un rôle important dans cette immunité collective.

Les hôpitaux vont encore vivre des semaines difficiles dans les zones où les répliques sont les plus fortes. Ils pourraient être transitoirement saturés, et ce risque justifie pleinement des mesures drastiques localisées comme la fermeture des bars et restaurants à Marseille. Mais globalement, nous avons mangé notre pain noir.

Faut-il pour autant relâcher notre vigilance ? Certainement pas. Cette situation a été permise par les mesures mises en place depuis plusieurs mois comme l’imposition du masque à l’intérieur des bâtiments et l’incitation forte au télétravail. Il faudra continuer à respecter ces mesures indispensables quelques mois.

En revanche, l’inutile et détestable imposition du masque à l’extérieur gagnerait à être supprimée, dans un geste d’apaisement vers ceux qui le vivent mal, à tort ou à raison. Tout devrait être fait également pour limiter les privations de liberté au strict nécessaire, et tenant compte encore une fois des situations locales.

J’espère que nos autorités sanitaires ne commettront pas l’erreur d’affirmer que la stabilisation de l’épidémie a été permise par les mesures drastiques prise le 27 septembre. Cela n’est pas possible car il faut au moins 15 jours pour que l’effet d’une mesure se traduise dans les courbes d’hospitalisation. Continuer à perturber gravement sans raison suffisante la santé mentale des français et la vie économique du pays après la mi-octobre constituerait une erreur lourde de conséquences.

Pour finir et comme d’habitude, je vous invite à un débat sous cet article pour confronter les points de vue dans le respect mutuel.

Vous pouvez me suivre sur Twitter @ddupagne

Edit à 12h40 :
- @fLoNaNdO7 et @StephaneKM m’ont fait remarquer sur Twitter que les réunions familiales et festivités se sont déroulées à l’extérieur en septembre. La météo pourrait les déplacer en intérieur et modifier les conditions de contamination. Je reconnais que c’est une fragilité de mon analyse. Nous le saurons dans 10 jours en observant l’incidence des cas positifs en PCR.
- D’autres m’interrogent sur la situation internationale, notamment sur l’Espagne. Chaque pays possède des spécificités sociales, climatiques ou démographiques. Il est difficile de faire de l’épidémiologie comparée, d’autant qu’il peut exister des déterminants cachés qui pourraient biaiser gravement ce type d’analyse.

Edit du 18/10
J’ai bien peur que @fLoNaNdO7 et @StephaneKM aient eu raison... Leur explication me paraît convaincante pour expliquer la remontée brutale des hospitalisations et des contaminations.

Sur le fond, je continue à croire au concept de répliques de moindre intensité, mais pour ce qui est du pain noir, il nous en reste apparemment à manger.
La prévision est décidément un art très très difficile.


[1Sur sa page dédiée à la COVID-19, Germain Forestier propose 6 types de représentation des chiffres de l’épidémie française.
- Les données d’hospitalisation pour la France et les régions françaises sur le dernier mois filant ici.
- Idem mais par département ici
- Les données d’hospitalisation pour la France et les régions depuis le 18 mars 2020 ici
- Idem mais par département ici
Et enfin le taux de positivité des tests et d’incidence par classe d’âge.

Messages

  • Merci pour ce texte lumineux et convaincant !!

  • Merci pour cette analyse. Les mots me paraissent bien pesés (ni pessimisme ni trop grand optimisme). Je sais que c’est un peu hors-sujet mais en sait-on davantage sur les formes longues du Covid ? qui ne transparaissent pas dans ces chiffres d’’hospitalisations et de décès et qui handicapent bien des gens sur la durée ... J’imagine qu’on a pas encore assez de recul sur cette question : est-ce que les contaminations de cette "réplique de septembre" peuvent donner la même proportion (10% ? plus ?) de formes longues que ceux qui ont été malades en mars ?

  • Bonjour et merci de votre interprétation mais je reste sceptique ; il est encore un peu tôt pour conclure et le risque de flambée n’est pas écarté... les vacances de Toussaint viendront atténuer cela probablement et on en saura plus à Noël ... forcément 😉
    en attendant et dans le doute poursuite du port de masque en espace clos et mesures barrières
    bien à vous
    PS bonne retraite .. active

  • Merci pour cet article très clair.

    Je suis surpris.
    Tu insistes beaucoup sur la place de l’immunité collective dans l’absence d’une deuxième vague aussi puissante que la première et dans l’observation de répliques qui te permet ensuite de proposer la comparaison sismique. Il n’y a qu’une seule phrase à la fin de ton intervention sur la place des gestes barrières.
    Et si c’était le port de masques qui avait permis l’observation de ce phénomène de répliques et non l’immunité collective ? Et si le modèle sismique que tu observes n’était que la conséquence d’un port de masque plus rigoureux ? N’y a t-il pas un risque à laisser penser qu’une épidémie se comporte comme un séisme parce que tu observes des conséquences sans en analyser les causes de manière équilibrée ?

    Merci encore pour ton article.
    Bien à toi,
    Benoit

    • Bonjour
      Si c’était le cas, on n’aurait pas de tels différentiels d’intensité des répliques, inversement proportionnelles à la vague initiale. Où alors il faut partir du principe que les marseillais ne portaient pas de masque, contrairement aux habitants du Grand Est.

  • J’espère que vous avez raison mais moi je vois surtout qu’il y a deux semaines on était à 400 personnes en réanimation et aujourd’hui nous sommes à 1200 ( 3 fois plus) et demain ? Même causes même resulats.

  • Excellent article, bien documenté et très convaincant.
    ... à l’opposé de toutes ces interventions tant dans la presse et surtout à la télé de narcissiques et autres mégalomanes , dont les prétentions n’ont d’égales que leur faible intelligence.

  • Bonjour,
    Il se pourrait que la suite des évènements vous donne raison. Mais il me semble qu’il est encore trop tôt pour le dire. Nous en sommes à 1238 hospitalisations en réa, c’est plus que le 18 mars dernier.
    Je suis par ailleurs en désaccord avec vous sur la place de l’immunité collective : les études de séroprévalence (qui ont certes leurs limites) estimaient que seulement 10% de la population (c’est très peu) avait été infecté par le SARS-CoV2 en IDF et grand est (les zones les plus touchées). Si l’on ajoute à cela que l’immunité ne semble protégé d’une réinfection que quelques mois, il ne faut absolument pas compté sur l’immunité collective. D’ailleurs l’IDF et le grand est ne sont pas épargné par le rebond épidémique.
    Je suis en désaccord également sur votre terminologie : il s’agit bien d’une deuxième vague (ou reprise de première vague selon les régions). Le séisme est de même intensité, voire même d’intensité plus importante (car touchant tout le territoire en même temps), ce n’est pas une simple réplique. Mais le port du masque agit comme un anti-sismique puissant, et donne là des raisons d’être optimiste.
    N’est-il pas enfin un peu outrancier de parler de privation de liberté pour le masque obligatoire en extérieur et la fermeture temporaire de lieux qui ont un rôle démontré dans la propagation de l’épidémie ? Le masque en extérieur obligatoire partout n’a pas de sens, il y a néanmoins des lieux où il est surement utile (marchés, et autre rassemblements ou la distanciation est mal respectée). Il a sans doute des bénéfices secondaires : Tous les soignants de mon entourage ont commencé à se refaire la bise dès le mois de mai (grrrr), ils ont arrêté quand le masque est devenu obligatoire. Si cela peut nous mobiliser collectivement et nous aider à prendre conscience que le virus est toujours là, et pour encore un bout de temps, alors ce n’est pas totalement inutile.
    En conclusion, j’en été exaspéré en mai, juin, juillet par les prises de positions (fondées sur rien du tout, contrairement à vous) de Yonathan Freund. En prédisant que l’épidémie était finie et en faisait le jeu des anti-masques, il a participé au rebond épidémique, et du coup aux restrictions qu’il dénonce aujourd’hui. Ne faites pas la même erreur !
    Sinon, de façon plus générale, merci encore pour votre travail !

  • Merci pour cette synthèse très pédagogique sur l‘Observation du phénomène épidémique en cours.
    Quelques remarques / questions :

    - les épidémies ne suivent jamais une courbe exponentielle, mais une courbe de Gompertz (même si, en phase initiale « montante », ces deux courbes sont proches, il serait bon de populariser cette réalité pour éviter les paniques injustifiées)

    - nous pourrions parler de répliques, ou bien nous pourrions être passés en phase « endémique », où ce virus sans jamais disparaître prendra sa place parmi les autres virus saisonniers qu’il a temporairement « dominé » en mars avril du fait de sa nouveauté.
    La difference tient à la persistance plus ou moins longue de l’immunité individuelle.

    - à la fin de ton texte je ne comprends pas bien le raisonnement consistant à attribuer la trêve estivale au port du masque en intérieur (même si j’étais d’accord avec cette mesure), quand on constate que la trêve estivale a été indifférente à son application : cf la Suisse. Et si la trêve estivale était tout simplement due ... à l’été ?

    - je ne comprends pas non plus que tu dises : nous avons passé le pic (donc ça va redescendre) et dans le même temps dire que les mesures drastiques prises à Marseille sont indispensables. Si nous savions que ça allait redescendre (et l’IHU disait que le « robinet d’entrées » était en train de se fermer même si les réas souffraient encore un peu) alors en quoi ces mesures ne sont pas superflues ?

    Cordiales salutations
    Jean-Claude

    • Bonjour Jean-Claude
      La trêve estivale pourrait en effet être due à l’été, mais l’épidémie a aussi flambé dans des pays tropicaux.
      Nous avons passé le pic au niveau national, mais il y a des régions ou des départements où l’épidémie est encore en progression. J’espère que les interdits marseillais vont tenir compte des bons chiffres en réanimations pour être rapidement abrogés.

  • Merci pour cet article.

    Un sujet qui m’intrigue et qui me semble trop rapidement écarté d’un revers de main est la différence des formes de reprise d’un pays à l’autre.
    - France : expliqué ici
    - Espagne : masqué extérieur intérieur depuis juin avec néanmoins des reprises comparables à la France
    - Italie : masqué uniquement en intérieur mais avec une souplesse (mon observation direct lors de mon voyage cet été), avec reprise faible
    - Allemagne : masque uniquement en intérieur dans la majorité des Länder, reprise mais chiffres globalement faibles.
    - Suède : zéro masque, zéro reprise.

    Pour le moment le débat s’enferre dans "les allemands sont respectueux", "les italiens ont été marqué par le printemps", mais concrètement outre le fait que cela s’appuie sur des clichés, qui ne sont pas dénués de vérité mais cachent peut être l’essentiel. (pour avoir voyagé en France, Italie et Croatie au cours des 3 derniers mois, les chiffres me semblent de mon point de vu de touriste inversement proportionnels au respect du masque).

    J’ai l’impression qu’en ne faisait pas cette analyse comparative de la dynamique de cette épidémie, on se prive de faire toute la lumière sur le fonctionnement de ce virus (transmission, gravité d’un individus à l’autre) etc.

  • Merci Dominique pour votre explication rationnelle basée sur du factuel, qui tranche avec l’alarmisme ambiant, relayé même par des médecins.
    On attendait une explosion de cas après le déconfinement, la fête de la musique, le départ et le retour de vacances, la rentrée scolaire, et puis pas grand chose en fait. Tant mieux.
    Alors peut-être le virus disparaitra-t-il complètement après quelques petites répliques, c’est ce qu’on peut espérer.
    Encore merci.

  • Dominique. J’ai lu ta publication avec bonheur malgré le thème préoccupant qu’elle traite. J’y retrouve ta « patte », ta liberté d’écriture, ta rigueur factuelle et ta pédagogie habituelle au service des causes que tu défends. Et sans agressivité de surcroît ! A saluer par les temps qui courent. Merci beaucoup de tenir des propos clairs, précis sans être péremptoires et qui seront évolutifs dans la durée de la situation sanitaire, en prenant le temps nécessaire à la fiabilité de l’analyse. Reste à espérer que ton analyse s’avérera juste et que tu la mettras à jour aussi souvent que cette situation elle même mouvante le demandera ... puisque tu auras un peu plus de temps libre. Au plaisir de te lire plus régulièrement et a bientôt !
    Bravo et bien à toi.
    Jacques.

  • Bonjour,
    merci pour cette mise au point.
    Elle n’aurait pas été nécessaire si les mois de répit qui ont suivi l’épidémie avaient été mis à profit pour augmenter les capacités d’hospitalisation. Car en fait, tout ce cirque, pardon ces contraintes ne sont nécessaires que parce que "on" a peur que les capacités de soin
    soient dépassées. Or, forts de la première expérience de mars, les réanimateurs (les plus angoissés et on les comprend) on aussi franchement changé leur prise en charge avec les masques à haute concentration entre autres. Ne fallait il pas soulager les vraies réas (post op, traumatologie, cardiologie etc... qui ne s’arrêtent pas) par l’ouverture de lits moins spécialisés et des équipes plus légères et bien équipées, bien formées... et bien rémunérées (motivation). En fait, on encombre les réas avec des patients non intubés, non sédatés, ne nécessitant pas autant de bras en termes de monitorage et de nursing, à 2500 euro la journée.
    Enfin, pour l’avenir, il me semble que l’épidémie s’arrêtera quand toutes les cibles (patients ayant vocation à être contaminés) auront été touchées, le confinement et les mesures barrière n’ayant visiblement pour effet que d’aplatir les courbes : la notion de charge virale contaminante n’ayant pas été démontrée, il se pourrait tout aussi bien que la simple baisse de virulence du virus par mutation ou autre et la meilleure prise en charge médicale explique la baisse de la létalité constatée...
    Et merci d’avoir mis en gras la nécessité de "limiter les privations de liberté au strict nécessaire". Que les médecins s’intéressent à cela est indispensable.
    A suivre...

  • Bonjour,

    Les estimations donnent environ 10% de la population français touchée par la COVID.
    Je ne comprends pas pourquoi il ne pourrait plus y avoir d’explosion épidémique, alors qu’il « reste » théoriquement 90% des gens qui n’ont pas encore côtoyé le virus.

    • Bonjour
      Ces estimations ne sont pas fiables, car elles ne prennent en compte que l’immunité humorale, et ne tiennent également pas compte de l’immunité croisée entre différent coronavirus qui protège certains sujets du SARS-CoV2

  • Merci pour cet article , qui reflète bien ce que l’on voit sur le terrain.
    Bonne Retraite
    Yves

  • Bonjour,
    Il me semble qu’ une donnée objective devrait être exploitée, le taux de coronavirus dans les eaux usées des métropoles, donnée independante des capacités de tester.
    Si je me souviens bien, le créateur du réseau de suivi français interviewé à la radio le22/9 (Europe1) parlait d’ un taux equivalent à celui de debut mars (à Paris ?).
    A vérifier. Si c’ est bien le cas, il y aurait toujours autant de porteurs excrèteurs ? la moindre mortalité ne s’ expliquerait pas par un debut d’ immunité (croisée ou post covid) mais par une baisse de la charge virale contaminants grâce aux masques et autres barrières ?

  • N’ y a t’il pas plus d’entrées directes en réanimation sans passer par ce qu’on appelle "hospitalisation" (du fait d’une augmentation des cas situés dans des tranches d’âge supérieures à 60 ans) ? Ce qui biaiserait les données concernant le nombre de nouvelles "hospitalisations", en créant artificiellement un plateau.

  • Merci pour votre analyse cohérente de la situation. Ca manque en ce moment.
    Comme vous avez l’air d’aimer les courbes, avez-vous remarqué que celles des pays confinés ont connu un développement exponentiel avec de jolies flèches alors que celle des pays n’ayant pas confiné sa population ressemblent à des cloches (peu d’exemples j’en conviens) ? D’où ma question, le confinement n’a-t-il pas aidé à la diffusion du virus dans les sphères familiales avec en plus des symptômes lourds liés à des charges virales élevées à cause de cette promiscuité.
    De plus, vous parlez de répliques dues à l’immunité collective mais je connais des personnes jeunes en bonne santé qui ont attrapé deux fois le virus assez lourdement. On va dire que ce sont des cas particuliers. Mais vous ne parlez pas de mutation du virus. Son but n’est-il pas de s’adapter à sa population hôte plutôt que de la décimer ? Qu’après un premier contact violent, les organismes viraux et humains s’adaptent.

    • Bonjour
      Non, le confinement n’a pas aidé la diffusion du virus, bien au contraire.
      Pour ce qui est des récidives, on en connaît en tout 12 documentées dans le monde, cela reste donc rarissime.

  • Merci de ce bon papier. La question est maintenant : pourquoi pas de 2ème vague ? Tu donnes l’immunité collective comme réponse. Je me demande sur quelles bases. Les éléments probants sont peu nombreux et les prévalences de sérologie faibles. Il y a par contre une différence fondamentale entre mars et septembre : le port du masque, le lavage des mains, l’aération des locaux, l’isolement, etc sont 1000 fois plus présents et efficaces (bien que pas respectés à 100%). Cela me semble une explication plus solide.
    Et si la retraite nous fait retrouver ta belle plume quel bonheur.
    Bien à toi

    • Je reconnais que les bases scientifiques de l’immunité collective sont fragiles, bien que Catherine Hill ait réaffirmé récemment qu’il y avait probablement 5 infectés pour 1 détecté. J’espère ne pas me tromper, car sinon, on n’a pas le cul sorti des ronces ! (j’aime bien cette expression triviale tellement parlante...)

  • Que voilà une retraite qui promet.
    Les pôvres-fragiles-qu’il-faut-protéger-des-maladies se trouvent paradoxalement investis par la réalité d’une mission toute particulière pour toute la collectivité. Être en retrait permet une vision plus globale et une libération possible de beaucoup d’autocensures.

    Alors, au clavier, jeune retraité !

  • Bonjour,

    Merci pour cet excellent papier qui tranche avec les réactions excessives du moment.

    Vous évoquez une baisse du nombre de tests positifs, ce qui est exact dans l’absolu. Toutefois il semble que le nombre de tests diminue également, et que le taux de positivité des tests ne diminue pas, voire continue d’augmenter.

    N’est-il donc pas exagéré d’en conclure une diminution récente des cas positifs ?

    Bien à vous

    D.

    • Bonjour ,
      C’est plutôt rassurant si le nombre de tests diminue, cela veut dire que la stagnation ou la diminution des tests positifs n’est pas liée à une saturation des laboratoires et sans doute aussi qu’il y a moins de symptomatiques et de sujets contacts.

  • Pas d’avis personnel, mais bravo pour la qualité de la réflexion liée à l’observation et l’analyse chiffrée, la qualité des commentaires qui dépassent les joutes personnelles incompétentes pour apporter des doutes avec des réponses appropriées et polies et argumentées. A défaut d’immunité collective pas encore atteinte, c’est plus des félicitations collectives pour ce que j’ai lu jusqu’au dernier commentaire. Ma réflexion ne contribue pourtant pas.

  • Je m’excuse par avance de commenter sans avoir lu tous les commentaires… c’est très intéressant mais il y en a beaucoup ! Je voulais soulever trois points :

    - Le cas des covids longs, mais en survolant (quand même) les commentaires je vois que vous avez déjà répondu. Je conçois que vous considériez cette question comme hors sujet, mais dans la mesure où certains pensent qu’il existe un risque d’avoir plusieurs millions d’handicapés à vie (avec des lésions cardiaques par exemple), je me dis qu’il peut y avoir quand même un gros enjeu.

    - Quid de Paris, violemment frappé par la première vague ET par la réplique actuelle ? Cela semble constituer au minimum une exception au principe général que vous mettez en avant. Pourquoi pas, mais il est dommage de ne pas l’évoquer. [Je relaie ici une question posée par un de mes contacts sur Facebook.]

    - Et enfin, le mystérieux Maître Pandaï reconnaît que l’épidémie ralentit (pour l’instant) mais il note ceci : « Nous sommes au même niveau qu’Israël fin juillet/début août, qui avait stabilisé l’épidémie sans confinement avec une incidence autour de 120. Le plateau avait tenu 5 semaines, la décision de confiner est tombée 2 semaines après la reprise. » Sommes-nous à l’abri de ce genre d’évolution ? (Je comprendrais bien sûr que vous n’ayez pas de réponse tranchée !)

    • Bonjour
      Pour Pandaï qui a dit beaucoup de bêtises, il est nécessaire de chercher ailleurs ce qui n’arrivera pas en France.
      Pour Paris, je ne comprends pas de quoi vous parlez, voici les chiffres

  • Bon en fait vous dites la même chose que Toussaint et compagnie. Tant mieux.(le fait apparent que vous ne vous supportez pas les uns les autres ne nous concerne guère.)

    Bravo pour votre analyse

  • Bonjour, je rebondis sur la question posée ci-dessus à propos de l’Île-de-France. Ce qu’elle subit est certes bien plus faible que ce qu’elle a connu en mars-avril (les courbes que vous montrez sont éloquentes) mais semble néanmoins très supérieur à ce que subit le reste de la France (le taux d’incidence a dépassé 250, les réanimations sont occupées à hauteur de 30-35% par des malades du Covid etc.). Donc l’effet possiblement immunisant de la vague de mars-avril ne semble pas si évident ici. N’aurait-on pas dû observer en Île-de-France une réplique plus atténuée que dans des territoires ayant moins été touchés il y a six mois ?

    • Bonjour
      L’explication potentielle que je vois est la rentrée universitaire. L’IdF héberge un grand nombre d’universités qui ont été un haut lieu de contamination. Le rentrée y est par ailleurs centripète et non centrifuge comme ailleurs. Enfin, les explications que je propose ont une portée générale et peuvent souffrir des exceptions locales, et le rôle de l’immunité de groupe est une hypothèse et non une certitude.

  • D’accord, merci ! Si votre hypothèse est la bonne j’espère qu’on aura du coup assez rapidement une bonne immunité en milieu étudiant. D’autant plus que j’enseigne en fac à Paris, en présentiel (tout le monde étant masqué bien entendu).

  • Sans doute juste de dire que les mesures barrières ont un effet.

    Ceci dit, la "grosse" rentrée universitaire a lieu en ce moment, et le temps que ce soit leurs proches moins jeunes et moins résistants qui soient touchés et hospitalisés, ce sera plutôt dans 10 -15 jours.

  • Merci pour cette analyse.
    A l’échelle de mon quartier (zone bien touchée par la première vague mais pas de façon catastrophique), je suis très dubitatif sur le 10% de la population touchée. À l’école, tout le monde a été malade, parents et enfants, avant et pendant le confinement. Je connais plusieurs cas de covid long parmi les parents d’élèves (30-50 ans), des cas embêtants sans plus, qui s’améliorent doucement avec beaucoup de patience.
    A la rentrée, cela a été la grande psychose comme partout pour finalement quasiment rien. Nous venons de recevoir le bilan du principal du collège pour cette première période : sur plus de 500 élèves, un seul test pcr+ en six semaines ! Alors que la ville est paraît-il en rouge bien rouge...
    Personnellement, je parie sur l’immunité. Pas de très bonne qualité comme pour tous les rhumes mais suffisante pour éviter de gros dégâts.

  • Pour compléter, un mot sur les covid longs. Pour être moi-même touché, en connaître plusieurs, je pense que le phénomène est assez fréquent. D’un autre côté, je connais une personne qui souffre depuis des années d’un syndrome de fatigue chronique et je peux témoigner qu’il n’y a pas de comparaison. Le covid long est casse pieds, c’est énervant de se retrouver pour deux jours coincé sur son canapé dès qu’on fait un effort un peu exceptionnel mais cela s’arrange et je suis plutôt optimiste sur la récupération, même si elle est longue.
    Par contre, je pense qu’on ne prend pas assez en compte le phénomène chez les jeunes. Mon plus petit, encore enfant, va très bien mais le pré-ado souffre aussi de covid long, même si c’est moins net que pour les adultes. Il n’a pas récupéré ces capacités physiques normales après six mois et le prof de sport du collège dit que beaucoup de jeunes n’ont pas des capacités normales.

  • Bonjour et merci pour cet excellent travail.
    Il serait intéressant de mettre en relation le nombre d’hospitalisations avec la capacité d’accueil des hôpitaux et avec les chiffres des années précédentes. Cela permettrait de mieux prendre la mesure des chiffres en questions.
    Savez vous si de telles données sont disponibles pour 2019 par exemple ?

  • 1// Immunite collective, pour le moment ce n’ est qu’ un voeu pieux. L’ immunité par Ac n’ est que fugitive. Immunite cellulaire : Ii y a eu de prometteuses découvertes in vitro (Singapour, Oxford..) d’ etonnantes immunites croisées decrites in vitro, mais in vivo, quelle efficacité de l’ immunité cellulaire, des lymphocytes memoire ? mystère.
    Cf le tweet de Vincent Glad sur l’ etonnement et l’ i comprehension de l’ immunologiste suédois : l’ augmentation des cas diagnostiqués en octobre (pas des hospi et décès) aurait dû se produire à Göteborg indemne de 1ère vague et non à Stockholm déjà touché.. Si lui ne comprend pas..
    2//on n’ utilise toujours pas la recherche et/ ou le dosage du génome ds les eaux usées. Il y aurait 2 types d’ apport.
    1er apport : quantifier la quantité de virus sur une métropole, et par exemple comparer les quantités de virus à Paris au printemps et maintenant. Alors qu’ on en est toujours à dire, au pifomètre, "en avril il fallait multiplier les cas diagnostiqués par 20, 25" (pourquoi 25 ??) et maintenant par 3,5,6 ??
    L’ historique montre bien l’ utilité de ces détections et dosages. Le génome a été détecté à postériori sur les eaux usées de 2 villes d’ Italie du Nord des le 18 déc 2019, en janvier sur une 3eme ville italienne et en Espagne. Suite au deconfinement, le génome a été redétecté à Paris dès le 22 juin.
    2eme type d’ apport : dépistage local, sur le boyau d’ évacuation d’ un établissement avec diagnostic rapide comme le font les marins pompiers de Marseille sur les maisons de retraite, les écoles.. X jours avant les cas cliniques et les clusters. Les pompiers marseillaiss ont triplé leur personnel affecté à ces tâches.. Quand une pratique est intelligente, pourquoi ne pas la diffuser ?

  • Courbes de contamination de G Forestier :
    Le 4 ème âge, 90 ans et plus en perte d’ autonomie au domicile ou en maison de retraite est contaminé par ses aide- soignants.
    Les 70 ans, autonomes, se protègent. efficacement.

  • Bonjour
    Une petite question : sait-on où sont les fameux 10000 respirateurs commandés en avril ? Je n’en ai plus entendu parler...

  • En tout cas le Conseil d’Etat a rétabli (provisoirement) l’ancienne liste des pathologies "à risque" notablement raccourcie par le dernier décret :
    « Le Conseil d’État ordonne donc la suspension, notamment, de l’article 2 du décret, qui fixe la nouvelle liste, et de l’article 4 qui abroge le décret du 5 mai. Ces dispositions sont suspendues "jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur leur légalité". Dans ces conditions, en attendant cette future décision, c’est donc de nouveau la liste des 11 pathologies décrétée le 5 mai qui revient en vigueur. »
    https://www.maire-info.com/?art_dt_datearticle=20201016

    Il s’agit d’une suspension par prudence, provisoire, car le gouvernement « n’a pas suffisamment justifié, pendant l’instruction, de la cohérence des nouveaux critères choisis ».... l’affaire sera jugée "pour de vrai" quant tout le monde aura peaufiné ses arguments, justificatifs etc.

    (bon je suis à la retraite depuis quelques mois et d’autres depuis 15 jours, ça ne nous concerne plus...)

  • Bonjour docteur ,
    à mon travail lundi une collègue qui a son bureau proche du mien était positive est est venu travailler le matin .Sa collegue de bureau qui l’a cotoyé la matinée n’a pas été testée a ete absente mardi et mercredi puis est revenue travailler jeudi .Je précise que je partage la même imprimante que ces collègues que je croise mais ne côtoie pas pour mon travail sauf en cas de besoin de materiels de bureaux ils faut s’adresser a elles.J’etais absent lundi et suis rentré mardi. je n’ai donc cotoyé aucune des 2 mais mes autres collègues avec qui je travaille les ont sinon croisé ont pour certains utilisés la même imprimante.J’ai demandé si nous allions être testé ont m’a répondu que ça n’était pas utile vu que ces personnes etaient masquées et se lavaient souvent les mains et aeraient leur bureau dont la porte est close a moins qu’on vienne demader du materiel ou qu’elles sortent recuperer des impressions.Mercredi la direction a décidé de faire désinfecter et evacuer l’étage en milieu de mâtiné.Nous avons repris le travail l’après midi.Trouver vous cela normale suis je trop parano ou bien fallait il au moins isoler(+2dejours) et tester la personne qui est restée la matinée avec la collègue malade .Pour finir j’ajoute que l’ars a été prevenue et a dit que c’etait le protocole normale tester l’etage était inutile.Y a t’il un risque que moi mes collegues ayont été contaminés et est ce normale que nous ne soyons pas tous téstés ? Merci pour votre réponse ainsi que pour tout votre travail j’espere avoir été assez clair.

  • Bonjour et merci pour votre réponse,pas besoin d’aller me faire tester donc je peux aller déjeuner avec ma mère de 80 ans sans souci .En plus j’ ai un test PCR prescrit pour le 26 par le le gastroentérologue qui va me faire une colo et fibro le 30.
    Par contre je dois vraiment être idiot et parano et ne rien comprendre a la notion de cas contact et j’arrive a comprendre encore moins pourquoi la personne qui a occupé le bureau toute la matinéé avec la malade ne soit pas testée et isolée en attendant le résultat ,surtout quand je vois a quel point comment tout le monde , dont elle, à l’étage porte le masque ( sous le nez ou pendant voir le retire) .
    Bonne journée

    • La réponse que je vous ai faite suppose bien sûr que le malade et le contact aient porté leur masque correctement. S’ils l’avaient tous les deux sous le nez, alors le risque pour le contact est très important.

  • @fonctionnaire écoeuré
    Le bureau des deux collègues était-il bien aéré ?
    Car les masques (même bien portés, et qui filtrent mais ne sont pas une barrière absolue pour autant) dans un milieu très imprégné de virus en suspension dans l’air risquent de ne pas protéger suffisamment... De même la distanciation physique est une mesure insuffisante en milieu clos, surtout lorsque la présence (tant de la personne infectée qui diffuse le virus que de la personnes "contact" qui s’en imprègne) en milieu clos dure un certain temps.

    Pour traduire le problème de "l’aérosolisation" du virus, une spécialiste anglaise a suggéré sur les rs de :
    "penser au virus comme si c’était de la fumée de cigarette"...
    L’image est intéressante dans la mesure où elle permet de bien saisir l’importance de l’aération, du volume de la pièce (rapporté au nombre de personnes), de l’imprégnation selon la durée du contact etc

    Que dit votre médecin de prévention (ou du travail) à propos de cette situation ? Que disent vos syndicats ?

    Cet article du journal Le Monde a bien transposé, pour l’essentiel, les travaux de cette spécialiste et de ses équipes : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/09/01/coronavirus-masque-densite-aeration-evaluez-le-risque-de-transmission-en-un-coup-d-il_6050612_4355770.html
    https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3223

    Peut-être cela vous permettra-t’il d’engager un dialogue avec votre hiérarchie ou le médecin du travail etc ?

    Qu’en pense @Dominique Dupagne ?

  • Bonjour,
    je pense que le bureau est aéré en tout cas le matin à leur arrivé.Concernant le syndicat j’en ai parlé avec un représentant du mien dans mon bureau (aéré je laisse la fenêtre entrouverte quasiment la journée)il portait un masque sous le nez m’a demandé si j’étais a risque m’a dit de ne pas m’inquiéter et qu’il allait voir avec un responsable, depuis plus de nouvelles(les autres syndicats silence radio).Quant au médecin de prévention je pense qu’il a été prévenu mais bon comme il est seul a gérer deux départements.... j’espère que je m’inquiète excessivement à tort sinon je ne me faits aucunes illusions pour la suite surtout que j’étais plutôt le seul a trouver cette situation préoccupante(jen ai fait part a ma chef qui a fait remonter mais m’avait l’air un peu dépassée par la situation) les autres collègues sont plutôt fatalistes et aimerait bien que j’en face autant ,j’ai déjà eu droit avant cet incident a des réflexions du genre ’’tout façon le virus on va tous l’avoir’’ et faut apprendre a vivre avec etc .

  • Bonjour
    J’aimerais me rendre compte de la quantité de virus qu’une pcr peut détecter. Cela peut-il correspondre au contenu d’une micro gouttelette d’aérosol, à plus ou à moins ? Dans quelle mesure le passage dans un labo d’analyse d’un porteur du coronavirus peut-il laisser suffisamment d’aérosol dans la pièce pour contaminer accidentellement les pcr suivantes ?
    Merci !

  • Bonjour,

    Je n’ai toujours rien compris à la logique qui fait considérer quelqu’un comme "cas contact" ou non...
    L’autre jour, l’une de mes étudiantes a été testée (heureusement négative) mais mon médecin me dit que je n’aurais pas été cas contact pour autant, alors que ses camarades si, peu importe s’il l’avaient côtoyée ou non sans masque ; une institutrice de ma commune a été testée positive, ses collègues avec qui elle a seulement mangé un midi sont cas-contact, mais pas les enfants de sa classe avec qui elle a passé ses journées.
    Voilà ma question : l’autre jour, je suis allée au restaurant, et il nous a fallu indiquer nos coordonnées si jamais un client ou un membre du personnel s’avérait être positif, serais-je alors considérée comme cas contact si le cas se présentait ? Merci pour votre travail et pour votre réponse.

    • Bonjour
      Vous serez contactée si votre table était proche de celle du cas signalé positif. La distance retenue peut varier en fonction du volume de la salle (hauteur) et de son aération.

  • Merci ! Oh la la c’est compliqué ! Je me demande comment le restaurateur calcule ces paramètres, il y a des indications officielle ou bien, comme souvent en France (hum...), c’est au pifomètre ?

  • @ fonctionnaire écœuré
    pour matérialiser la piste de l’expérience de pensée citée par @Bobinette, à titre expérimental et pédagogique, vous pourriez dans votre espace
    - allumer un cigare
    - allumer un bâton d’encens
    - si vous craignez que certains occupants de l’espace, fanatiques du papier d’Arménie, croient que vous désinfectez ainsi l’atmosphère, remplacez tout ça par quelques boules puantes savamment réparties.
    Comme c’est clairement inhabituel, et désagréable, ça permet que tout les occupants de l’espace prennent conscience, par leur nez, que l’air qui nous contient n’est pas le vide. Et l’air confiné, n’en parlons pas...

  • @ Dr D.D.
    La notion de réplique est bien adaptée à rendre compte de manifestations de moindre amplitude, après un épisode initial de dimension majeure. Cependant cette métaphore est prise dans la sismologie, dont l’épisode inaugural est le fait de la brusque résolution mécanique de contraintes. Après la décompensation brutale perçue sous la forme du séisme, les répliques surviennent dans les jours qui suivent, comme « rééquilibrages » complémentaires. Cependant l’analogie du tremblement de terre et de ses répliques pourra-t-elle être utilisée sur une prévision de longue durée ? Trois semaines ont déjà passé depuis le début de votre dossier, et les choses ont déjà changé. Ce « système dynamique instable » est déjà dans un autre état. Est-ce qu’aujourd’hui vous proposeriez la même hypothèse, le même modèle, et la même formulation, alors que … si l’avenir d’hier est le passé d’aujourd’hui, l’avenir de demain n’en est pas moins imprévisible… :-)  ?

  • Bonjour Dr,
    je fais un "droit de suite" à mon message du 1er Octobre. Il y a à peine 20 jours, un autre monde, je pointais ma surprise à ne vouloir imputer les différences de reprise de l’épidémie à de seuls facteurs culturels de respects des mesures sanitaires entre les pays, et le risque de ne pas s’autoriser à chercher les points vraiment déterminants.

    Malheureusement, cette fin de mois d’octobre le confirme. L’Allemagne et l’Italie, pays présentés comme vertueux pendant tout l’été subisse une augmentation des positifs très rapide et très élevée.

    Si cela entérine que ce virus se développe en intérieur, et que la conjonction retour à l’école, au travail et refroidissement entrainant une limitation des activités en extérieur, sont la cause de cette reprise, cela ne suffit toujours pas à expliquer les différentes familles de pays que l’on observe.
    Pour reprendre celles que j’avais déjà cité : d’un côté l’Allemagne et l’Italie avec reprise ces dernières semaines (pourtant un pays continental et un pays méditerranéen ne devraient pas se suivre d’aussi prêt vu les différences de climat).
    De l’autre la France et l’Espagne qui ont connu des reprises bien plus précoces. Et l’on ne sait toujours pas pourquoi.

    En terme de corrélation, on pourra noter que l’Espagne a été la plus précoce à imposer le masque en extérieur (dès mai à la sortie de leur confinement), suivi de la France progressivement à partir de la mi Juillet. Cette mesure a t’elle été suffisante pour pousser les gens à se rencontrer en intérieur, et donc entrainer une reprise épidémique plus précoce ? Je suis conscient des limites de l’exercice, et c’est pour ca que je parle bien de corrélation et non de causalité.
    En revanche, notre approche ne portant aucune attention à la MESURE des effets des décisions prise est une aberration, une de plus dans la longue liste de ce qu’a mis en lumière le covid...

  • @geoffrey
    >> la France progressivement à partir de la mi Juillet

    j’ai cherché confirmation de cette affirmation et j’ai trouvé ça :

    https://www.rhone.gouv.fr/Actualites/COVID-19/Port-du-masque

    effectivement il est dit que le port du masque en extérieur était obligatoire à partir du 20 juillet sur la plus grande partie de l’agglomération.
    Le seul problème est que c’est inexact, comme le montre la date des arrêtés cités ensuite, c’est le 25 septembre soit 2 mois après que le port du masque a été généralisé en extérieur dans mon agglomération après avoir été utilisé sur quelques secteurs à certains moments de la journée à partir de début septembre. Je suppose qu’il s’agit d’une erreur de rédaction.

    Donc si vous avez des sources sur le port du masque en France en extérieur en juillet je suis intéressé parce que là je ne vois pas du tout.

  • Bonjour,
    je ne sais vraiment pas sur quoi se base votre intuition de réplique moins forte que la première vague. J’étais déjà dubitatif il y a 3 semaines. Je ne comprends pas que vous persistiez avec cette théorie il y a encore 3 jours alors que vraisemblablement cette vague va être aussi meurtrière. Peut-être même plus, vu que le confinement tarde...

  • Etude portant sur la corrélation entre diverses mesures restrictives et le fameux "R".

    "The temporal association of introducing and lifting non-pharmaceutical interventions with the time-varying reproduction number (R) of SARS-CoV-2 : a modelling study across 131 countries"
    "L’association temporelle de l’introduction et de la levée d’interventions non pharmaceutiques [INP] avec le nombre de reproduction variable dans le temps ( R ) du SRAS-CoV-2 : une étude de modélisation dans 131 pays"

    https://twitter.com/TheLancet/status/1319409448490831872?s=20

    Interprétation
    Les INP individuels, y compris la fermeture d’écoles, la fermeture des lieux de travail, l’interdiction des événements publics, l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes, les exigences de rester à la maison et les limites de mouvement interne, sont associés à une transmission réduite du SRAS-CoV-2, mais l’effet de l’introduction et la levée de ces INP sont retardées de 1 à 3 semaines, ce délai étant plus long lors de la levée des INP. Ces résultats fournissent des preuves supplémentaires qui peuvent éclairer les décisions des décideurs sur le moment de l’introduction et de la levée de différents INP, bien que R doive être interprété dans le contexte de ses limites connues.

    (traduction automatique, désolée pour la qualité parfois relative)

  • Bonjour,
    Cette « réplique » va être plus dure que la première vague (d’autant que nos dirigeants tergiversent au lieu de reconfiner, ou fermer les écoles et universités, véritable moteur de l’épidémie), je crois que vous pouvez enterrer le concept.
    david

    • Bonjour
      La première phrase de mon article était prémonitoire :-(
      J’ai en effet écrit une mise à jour en fin d’article le 18/10. Je crois qu’il faut vraiment arrêter les prédictions, quelles qu’elles soient !

  • Bonjour,
    Merci pour votre analyse.
    Si on neutralise l’agitation gouvernementale et médiatique, pour le moment rien n’invalide votre prévision :
    France métropolitaine
    On est encore très loin des niveaux d’avril.
    https://germain-forestier.info/covid/plot/2020-10-22-[France_full_France].png
    (il faut copier le texte jusqu’à .png pour avoir l’URL, l’éditeur de texte du site étant visiblement défaillant)
    Par contre, le problème risque à mon avis de venir du fait que les autorités de santé , au lieu de renforcer les moyens hospitaliers (lits, personnel) ont au contraire réduit le nb de lits (du moins en IdF, cf Le Canard enchaîné). Et le personnel est épuisé par la vague d’avril.
    Certes, si des mesures correctives avaient été enclenchées en mai, on n’aurait peut-être guère de moyens supplémentaires aujourd’hui (on ne forme pas un infirmier en 6 mois), mais un personnel qui voit une amélioration future ... et le moral contribue à la "performance".

    Pas directement lié au sujet de l’article, mais pour finir de cracher mon venin sur les autorités de santé : pourquoi une absence totale de soutien aux tests canins, soutenus par l’Académie de médecine, l’Académie vétérinaire et l’OMS. Des tests plus rapides, moins coûteux, plus fiables que le PCR, déjà utilisés dans plusieurs aéroports hors de France, et qui ont été mis au point en France ? Pas besoin d’acheter un réactif rare.

  • @david

    il semble bien que nous sommes en ce moment dans la courbe rouge annoncée comme délirante par le maitre des lieux.

    Un petit point statistique : on peut lire ici :

    https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/donnees-hospitalieres-relatives-a-lepidemie-de-covid-19/

    qu’une anomalie statistique a considérablement gonflé (de manière artificielle, il s’agissait d’une erreur d’enregistrement dans l’Essonne qui a été rattrapée en une journée) les données du 18/9, ce qui a provoqué une hausse brutale des chiffres à ce moment, donnant **relativement ** l’apparence d’une stabilisation à ce qui n’était qu’une légère pause de la croissance de l’épidémie en fin septembre.

  • Bon ok vous aviez raison dans vos propos sur tw, @Dominique Dupagne.
    Non pas que j’en doutais, mais j’aime "sourcer" un minimum les infos.
    Donc : se méfier aussi des expositions courtes mais répétées...
    Pas sûr que je continue à fréquenter les lieux de socialisation en intérieur, même avec masque, même le temps de récupérer mon plat du jour à emporter.

    L’évolution actuelle des contaminations doit trouver quelques sources dans les bizarreries de ce virus particulièrement pervers ? Finalement, plus on en sait sur ce virus, moins on en sait.

    Six Feet Is Not Enough and 15 Minutes Is Too Long - The coronavirus ignores this outdated social distancing measure
    [...] The virus isn’t cooperating

    Six pieds ne suffisent pas et 15 minutes, c’est trop long -
    Le coronavirus ignore cette mesure de distanciation sociale dépassée
    [...] Le virus ne coopère pas

    6 pieds, c’est environ 2 m je crois ?
    En tout cas, les explications de M. Fauci permettent de mieux comprendre l’intérêt de certaines mesures restrictives, qui paraissaient a priori incompréhensibles.

    https://elemental.medium.com/six-feet-is-not-enough-and-15-minutes-is-too-long-69071e5750d2
    (Apparemment le CDC retrouve du poil de la bête ? en tout cas le Dr ou Pr Fauci)

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