Accueil Médicaments GARDASIL Intérêt ? Risques ? Dangers ?
Publié le
25 novembre 2013

Imprimer ou lire sur mobile

Auteur :
Dr Dominique Dupagne

Voir sur Google


Entrez votre email pour être averti des nouveaux articles
sur Atoute






Dans la même rubrique :

Les dangers du vaccin contre la grippe ne sont pas ceux que l’on croit
La Dépakine chez le psychanalyste
Pourquoi met-on des adjuvants dans les vaccins ?
Le NHS commente la publication sur les dangers supposés du paracétamol
Comment ruiner la réputation d’un laboratoire pharmaceutique
Nouvelle mention manuscrite sur les prescriptions de pilules de 3ème et 4ème génération
La saga du cholestérol
L’agence du médicament renonce à se doter d’un corps d’experts professionnels
Pseudo-pilule Diane 35 : on se calme !
Faut-il réserver la prescription de pilules contraceptives de troisième génération aux gynécologues ?
Pilules de 3ème génération, liste et dangers potentiels
Prescriptions hors AMM. Qui est hors la loi et même hors la science médicale ?
La réforme du médicament de Xavier Bertrand à la loupe
Alzheimer et tranquillisants, un lien de causalité inventé par les journalistes
La guerre des Alzheimer
L’efficacité de certains antibiotiques génériques est inférieure à celle du médicament original
Pour une nouvelle gouvernance du médicament
Pioglitazone (Actos®, Competact®), cancérigène ?
Que faut-il penser des parabènes (parabens) ?
Benfluorex, valvulopathies et décès : Une critique infondée




GARDASIL Intérêt ? Risques ? Dangers ?
Retour sur le vaccin contre le virus HPV à l’occasion d’une plainte récente.

Quelles sont les preuves, en 2013, de l’intérêt des vaccins contre les virus du cancer du col de l’utérus ? Quels sont les risques et les dangers avérés de ces vaccins ? Je vais tenter de faire un point dépassionné sur les vives polémiques qui entourent ces vaccins, notamment à l’occasion de la plainte d’une jeune patiente vaccinée avec le GARDASIL de Sanofi-Pasteur-MSD, plainte appuyée par une expertise qui conclut à la responsabilité du vaccin dans les séquelles sévères dont souffre cette jeune fille.

Comment fonctionnent les vaccins ?

Pour comprendre les enjeux des vaccinations, quelques notions de base sont indispensables.

La vaccination tente d’alerter notre système immunitaire vis-à-vis d’un agent infectieux, afin de nous faire développer des anticorps qui préviendront une infection future. C’est le principe de base.

La première stratégie a consisté à "torturer" et à affaiblir suffisamment le germe de la maladie pour obtenir un mutant incapable de provoquer une maladie grave, mais suffisamment infectant pour déclencher la réponse immunitaire. On parle de bacille ou de virus "atténué".C’est le cas du BCG et du premier vaccin contre la polio. C’est toujours le cas du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (ROR) qui contient des virus atténués mais vivants. La vaccination provoquant une véritable infection (bénigne), le système immunitaire est fortement mobilisé et l’immunité est très durable.

Une vaccination est donc une sorte d’avertissement sans frais !

Ces techniques anciennes et efficaces exposent malheureusement à des risques : mutation inverse qui rend de nouveau le virus vaccinal dangereux (ancien vaccin polio buvable) ou infection vaccinale grave malgré l’atténuation du bacille (BCG).

La pratique actuelle a donc changé depuis un vingtaine d’années. Elle consiste à fabriquer par génie génétique des protéines présentes à la surface de ces germes, protéines spécifiques qui permettent à notre système immunitaire d’identifier ces virus et ces bactéries. Ces protéines/antigènes induiront la la fabrication et la mise en mémoire immunitaire d’anticorps spécifiques et n’exposent à aucun risque d’infection puisqu’ils ne contiennent aucun germe.

Le problème, c’est que la simple injection de ces antigènes ne suffit pas à provoquer une immunité forte et durable. En effet, et heureusement pour nous, la simple mise en contact de notre système immunitaire avec un corps étranger ne provoque pas forcément une réaction immunitaire, sinon, nous serions tous multi-allergiques [1] !

L’immunité faible et brève obtenue par l’injection d’antigènes est acceptable pour l’injection annuelle du vaccin antigrippal, mais pas pour les vaccins devant nous protéger plus de 50 ans comme celui contre les virus du cancer du col de l’utérus.

Les chercheurs en vaccination ont alors imaginé un subterfuge : associer aux antigènes injectés des substances irritantes ou immunostimulantes (aluminium, L-Histidine, lipides...) qui provoquent les mêmes symptômes locaux qu’une infection : une inflammation. Ces produits sont appelés des adjuvants.

Cette inflammation artificielle trompe les sentinelles de notre système immunitaire qui vont considérer que la présence conjointe de cette inflammation et de ces antigènes signe leur nature infectieuse, et vont donc déclencher la réaction immunitaire. Ces adjuvants augmentent donc considérablement l’intensité et la durée de l’immunité conférée par le vaccin.

Pour accroître encore leur pouvoir immunisant, ces vaccins doivent être injectés dans un muscle et non juste sous la peau.

Ces connaissances sont indispensables pour comprendre les risques liés aux vaccins.

Intérêt des vaccins destinés à diminuer le risque de cancer du col lié aux virus HPV (GARDASIL® CERVARIX®

Paradoxalement, l’efficacité protectrice de ces vaccins coûteux, largement promus et utilisés, n’est pas prouvée. Nous ne savons toujours pas en 2013 si ce vaccin épargne des vies ou des cancers invasifs.

Certes, une telle démonstration demande un suivi très long (10 à 20 ans) car le cancer du col se développe souvent lentement, mais face aux sommes engagées et aux incertitudes sur les risques liés à cette vaccination, il semble qu’un peu de patience aurait pu être de mise. Il a juste été constaté une moindre fréquence de lésions précancéreuses chez les jeunes filles vaccinées avant leurs premiers rapports. Cette vaccination est donc un pari sur l’avenir, un pari cher [2] et non totalement dénué de risques comme nous allons le voir.

Enfin, ces vaccins possèdent une caractéristique un peu gênante : ils n’immunisent que contre certains virus HPV responsables du cancer du col. La protection est donc loin d’être totale, et rien ne permet de penser que l’écologie des virus ne vas pas se modifier au cours des prochaines années : une forte proportion de jeunes filles vaccinées pourrait conduire à une plus forte diffusion des virus contre lesquels le vaccin ne protège pas.

Tout cela ne va pas dans le sens d’un intérêt majeur, voire d’un intérêt tout court de ce vaccin, qui ne dispense pas des frottis réguliers permettant de dépister le cancer.

Risques graves liés aux vaccins anti HPV

Je ne parlerai ici que des risques liés à ces vaccins, et non de ceux des vaccins en général.

Il me paraît tout d’abord important de rassurer les jeunes filles vaccinées et leurs parents : les risques sérieux liés à ces vaccins, s’ils existent, sont très très rares. Après des millions de vaccinations depuis 6 ans, les problèmes graves rapportés et éventuellement imputables au vaccin sont exceptionnels et ne semblent ne pas être plus fréquents que ceux attendus dans une population de jeunes filles qui ne seraient pas vaccinées, d’après l’Agence du médicament. Pour autant, cela ne prouve pas que les accidents dûs au vaccin n’existent pas : les accidents très rares sont impossibles à mettre en évidence par un simple suivi statistique.

Passons rapidement sur les accidents allergiques rares, exceptionnellement mortels : ils concernent tous les médicaments (et certains aliments)

Dans l’affaire judiciaire qui fait l’actualité, les troubles neurologiques sérieux dont souffre Marie-Océane sont survenus après chacune des deux premières injections et ont été particulièrement sévères après la deuxième. Ils sont qualifiés par les experts de "réaction inflammatoire aiguë du système nerveux central ayant décompensé un processus immunitaire". Cette concordance de temps et la nature inflammatoire des troubles ont convaincu les experts.

Ce qui est particulièrement instructif, c’est que les experts partagent la responsabilité en deux : le vaccin serait responsable à 50%, et le terrain génétique de la patiente serait responsable des 50% restants.

Qu’est ce que cela veut dire ? Tout simplement que nous sommes tous différents, que les variantes sont nombreuses au sein du vivant, et que ces variantes (génétiques) rares sont parfois responsables de maladies [3]. C’est le cas pour les maladies dites "auto-immunes" où le système immunitaire attaque nos propres organes. Un bon exemple est constitué par le rhumatisme articulaire aigu, maladie rare qui fait suite à une infection par certains streptocoques. Tout se passe comme si le système immunitaire de ces malades confondait leur coeur ou certains constituants articulaires avec un streptocoque, du fait d’une probable parenté antigénique. L’organisme s’attaque alors lui-même, avec des conséquences désastreuses, il "marque un but contre son camp". Seuls les patients possédant une prédisposition génétique seraient concernés.

Ce que veulent dire les experts, c’est que l’accident constaté chez Marie-Océane est dans doute la rencontre d’une forte stimulation antigénique due aux protéines virales du vaccin et ses adjuvants, avec des composants de son système nerveux qui présentaient par malchance une parenté avec les antigènes du virus ou une forte sensibilité aux adjuvants.

La vaccination aurait donc été le déclencheur d’un risque sous-jacent, qui ne se serait jamais manifesté sans elle (mais peut-être à l’occasion d’une infection virale ultérieure).

Cette notion de vaccin "déclencheur" sur terrain prédisposé se retrouve dans les cas de sclérose en plaques et d’autres maladies auto-immunes imputées aux vaccins :
- Soit parce que les protéines virales ou bactériennes du vaccin présentent une parenté antigénique avec les organes de certains individus prédisposés.
- Soit parce que l’inflammation musculaire locale créée volontairement par le vaccin diffuse à l’organisme au lieu de s’éteindre spontanément. La stimulation dépasse son objectif et "déborde" au delà du site vaccinal. Chez ces patientes, le vaccin se comporte comme une allumette enflammée à côté d’un tas de paille.

Le bilan bénéfice risque est l’élément fondamental

Comme vous l’avez compris, les risques de maladies auto-immunes liés au vaccin antiHPV sont par essence très rares, comme c’est heureusement le cas pour la majorité des vaccins.

Le problème est que ces accidents existent, et qu’ils peuvent briser une vie lorsqu’ils surviennent. La situation est identique pour les réactions allergiques graves à certains médicaments.

Face à ce risque, il faut mettre en balance le bénéfice apporté par le vaccin. Or, ce bénéfice est à l’heure actuelle tout aussi mal connu que la fréquence des accidents graves imputables au vaccin.

Le rapport bénéfice/risque est donc impossible à calculer, ce qui est très gênant.

il me semble à titre personnel que cette vaccination aurait nécessité des exigences plus importante de la part des autorités sanitaires. Je n’aime pas que l’on fasse des paris sur la vie des gens, surtout sans les informer honnêtement de la nature du pari. L’intense lobbying de ses promoteurs a précipité la commercialisation de ces vaccins qui auraient mérité d’être mieux étudiés et promus avec moins de tapage.

Tout ce que l’on peut dire actuellement du GARDASIL et du CERVARIX se résume ainsi "Ce vaccin n’apporte actuellement qu’un bénéfice hypothétique et il expose à un risque très rare d’accident grave"

Il me semble que c’est peu pour justifier un tel battage publicitaire et une dépense de 400€ pour 400 000 jeunes filles tous les ans (160 millions d’euros). Une telle somme aurait peut-être été mieux utilisée en organisant au niveau national le dépistage par frottis, qui a fait ses preuves.

Pour en savoir plus

Merci aux lecteurs qui m’ont signalé de nombreux liens intéressants.

- Avis de la Commission de Transparence (HAS) réévaluant le service rendu par le GARDASIL http://www.has-sante.fr/portail/upl...
- Rapports de pharmacovigilance européens http://www.adrreports.eu/ choisir FR, lire et accepter l’avertissement, puis chercher GARDASIL ou CERVARIX.
- Rapport du CDC (USA) http://origin.glb.cdc.gov/MMWR/prev...
- Publication scientifique sur le lien possible entre les antigènes viraux du vaccin et les lésions cérébrales de deux jeunes filles décédées après l’administration du vaccin http://www.omicsgroup.org/journals/...
- Article de Martin Winckler http://martinwinckler.com/spip.php?...
- Débat à l’Assemblée Nationale http://www.medocean.re/2011/09/le-g... (vidéo)
- Mise au point "de crise" de l’Agence du Médicament (26/11/2013) http://ansm.sante.fr/S-informer/Act...

Je n’ai aucun lien d’intérêt avec l’industrie des vaccins. Je suis consultant pour les éditions du VIDAL et mon épouse a travaillé pour SANOFI jusqu’en 2010 avant de quitter définitivement l’industrie pharmaceutique.

Notes

[1] L’allergie est une erreur du système immunitaire qui confond un grain de pollen ou une protéine de cacahuète avec un agent infectieux et qui surréagit en provoquant une forte inflammation (urticaire, asthme).

[2] La vaccination nécessite trois injections dont chacune coûte 123€ pour le GARDASIL ET 112€ pour le CERVARIX

[3] Où au contraire, évitent des maladies. On a découvert des individus naturellement et génétiquement résistants au sida



Tweet Suivez-moi sur Twitter








96 Messages de forum

Répondre à cet article