Accueil Médicaments L’efficacité de certains antibiotiques génériques est inférieure à celle du médicament original
Publié le
6 septembre 2011

Imprimer ou lire sur mobile

Auteur :
Dr Dominique Dupagne

Voir sur Google


Entrez votre email pour être averti des nouveaux articles
sur Atoute






Dans la même rubrique :

Les dangers du vaccin contre la grippe ne sont pas ceux que l’on croit
La Dépakine chez le psychanalyste
Pourquoi met-on des adjuvants dans les vaccins ?
Le NHS commente la publication sur les dangers supposés du paracétamol
GARDASIL Intérêt ? Risques ? Dangers ?
Comment ruiner la réputation d’un laboratoire pharmaceutique
Nouvelle mention manuscrite sur les prescriptions de pilules de 3ème et 4ème génération
La saga du cholestérol
L’agence du médicament renonce à se doter d’un corps d’experts professionnels
Pseudo-pilule Diane 35 : on se calme !
Faut-il réserver la prescription de pilules contraceptives de troisième génération aux gynécologues ?
Pilules de 3ème génération, liste et dangers potentiels
Prescriptions hors AMM. Qui est hors la loi et même hors la science médicale ?
La réforme du médicament de Xavier Bertrand à la loupe
Alzheimer et tranquillisants, un lien de causalité inventé par les journalistes
La guerre des Alzheimer
Pour une nouvelle gouvernance du médicament
Pioglitazone (Actos®, Competact®), cancérigène ?
Que faut-il penser des parabènes (parabens) ?
Benfluorex, valvulopathies et décès : Une critique infondée




L’efficacité de certains antibiotiques génériques est inférieure à celle du médicament original

Des éléments factuels laissent penser que l’efficacité clinique des antibiotiques injectables génériques pourrait être notablement inférieure à celle des médicaments originaux. Des études complémentaires sont indispensables du fait des enjeux de santé publique.

Remy Gauzit est médecin réanimateur et infectiologue à l’Hôtel-Dieu de Paris.

Il s’est interrogé sur l’équivalence thérapeutique des antibiotiques génériques (copies) par rapport au médicament original et notamment des antibiotiques injectables utilisés dans le traitement des infections graves. Son questionnement est survenu notamment après la lecture d’une étude colombienne mettant en évidence des différences d’efficacité clinique pour la vancomycine.

Le Dr Gauzit est expert à l’AFSSAPS, où il dirige un groupe de travail sur les antibiotiques injectables [1]. Il a cherché en vain à l’Agence une oreille attentive à ses légitimes préoccupations. Il a alors réalisé à titre personnel une revue de la littérature sur le sujet.

PDF - 1.3 Mo

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces données sont inquiétantes et qu’elles rendent nécessaires des recherches complémentaires pour s’assurer de l’équivalence thérapeutique, in vivo, de produits destinés à traiter des urgences vitales.

Le Quotidien du Médecin se fait l’écho aujourd’hui des préoccupations du Dr Gauzit.

« Nous avons de fortes incertitudes sur l’existence d’une vraie bioéquivalence entre un princeps et son générique. D’une part, les différents sels, esters, éthers, isomères, mélange d’isomères… complexes ou dérivés d’une substance active sont considérés comme la même substance active, ce qui n’est pas certain en termes de sécurité et/ou d’efficacité. Ajoutons qu’un génériqueur achète sa matière première à différents fournisseurs. Le dossier d’AMM a été constitué avec la molécule provenant de l’un d’entre eux… qu’en est-il quand il en change  ? Il ne dépose pas une nouvelle demande d’AMM. Se posent donc les problèmes de l’origine des matières premières et des divers niveaux d’impuretés générés par les procédés de fabrication. Cet aspect du problème est bien documenté pour la vancomycine. La teneur en principe actif et en produit de dégradation de la vancomycine est variable d’un générique à l’autre et peut devenir significativement différente de celle du princeps ».

« J’en veux à l’Afssaps. Nous avons évoqué cette situation au GTA de la commission d’AMM en septembre 2010. Nous en avons reparlé, plus récemment. Notre souhait est de voir refaire des études chez l’animal, dont le coût est dérisoire. » La demande n’a pas été jugée comme prioritaire et est restée lettre morte, jusqu’à ce jour « alors que des contacts avaient été pris avec deux unités INSERM ».

J’avais personnellement interpellé en 2008 le directeur de l’AFSSAPS sur la bioéquivalence des génériques, afin de répondre à mes patients inquiets. Sa réponse avait été très décevante.

L’opacité qui entoure l’iso-efficacité clinique des génériques n’est pas acceptable.

Notes

[1] La déclaration d’intérêts du Dr Gauzit est disponible ici, la mienne est .



Tweet Suivez-moi sur Twitter








2 Messages de forum

Répondre à cet article