Accueil Avenir de la médecine générale #PrivésDeDéserts S02E1 : #PrivésDeMG
Publié le
23 septembre 2013

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Auteur :
Dr Dominique Dupagne

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#PrivésDeDéserts S02E1 : #PrivésDeMG
Bilan à un an de la mobilisation des twitteurs pour l’avenir de la médecine générale

Il y a un an, 24 médecins blogueurs et twitteurs lançaient le buzz sur une plate-forme de propositions visant à lutter contre les déserts médicaux.

Nous avons été reçus par la ministre de la santé, Marisol Touraine. Nous ne nous faisions aucune illusion, et nous n’avons donc pas été déçus : aucune de nos propositions n’a été reprise par le ministère.

Ce lundi 23 septembre, quasiment à la date anniversaire de notre mouvement, Marisol Touraine présentera la stratégie de santé du gouvernement, mais rien ne laisse penser pour l’instant que cette stratégie sera à la hauteur des attentes des français.

Il aurait fallu, pour casser le cercle vicieux de la désertification médicale en milieu rural, des mesures fortes et ambitieuses, à défaut d’être coûteuses.

Il aurait fallu à Marisol Touraine le courage et les soutiens politiques d’un Robert Debré qui lança en 1958 les Centres Hospitaliers Universitaires, associés à une profonde réforme de l’enseignement médical.

Rien de tout cela n’a été mis en oeuvre. Sauf sursaut de dernière minute, les français vont devoir apprendre à vivre sans médecins généralistes ruraux. Il n’y aura pas d’autre chance.

Voici une synthèse des propositions de 2012. Vous trouverez plus bas les 650 commentaires enthousiastes postés à l’époque, qui nous laissent penser que nos propositions n’étaient ni absurdes, ni déconnectées de la réalité. Cet engouement est à rapprocher des 6 candidats que le ministère a péniblement trouvés pour ses 200 postes de "Médecins territoriaux".

Médecine générale : dernier arrêt avant le désert !

Comment sauver la médecine générale en France et assurer des soins primaires de qualité répartis sur tout le territoire ?

 Sortir du modèle centré sur l’hôpital

Depuis des décennies, l’exercice de la médecine ambulatoire est marginalisé, privé d’enseignants, coupé des étudiants en médecine. La médecine hospitalière et salariée est devenue une norme pour les étudiants en médecine, conduisant les nouvelles promotions de diplômés à délaisser de plus en plus un exercice ambulatoire qu’ils n’ont jamais (ou si peu) rencontré pendant leurs études.

Cette anomalie explique en grande partie les difficultés actuelles. Si l’hôpital reste le lieu privilégié d’excellence, de recherche et de formation pour les soins hospitaliers, il ne peut revendiquer le monopole de la formation universitaire. La médecine générale, comme la médecine ambulatoire, doivent disposer d’unités de recherche et de formation universitaires spécifiques, là où nos métiers sont pratiqués, c’est-à-dire en ville et non à l’hôpital.

La formation universitaire actuelle, pratiquée quasi-exclusivement à l’hôpital, fabrique logiquement des hospitaliers. Pour sortir de ce cercle vicieux, il nous semble nécessaire de réformer profondément la formation initiale des étudiants en médecine.

Cette réforme aura un double effet :

-  Rendre ses lettres de noblesse à la médecine « de ville » et attirer les étudiants vers ce mode d’exercice. Nous ne pouvons reprocher aux étudiants en médecine de ne pas choisir une spécialité qu’ils ne connaissent pas.

-  Apporter des effectifs importants de médecins immédiatement opérationnels dans les zones sous-médicalisées.

Il n’est pas question dans ces propositions de mesures coercitives aussi injustes qu’inapplicables contraignant de jeunes médecins à s’installer dans des secteurs déterminés par une tutelle sanitaire.

Toute mesure visant à obliger les jeunes médecins généralistes à s’installer en zone déficitaire aura un effet repoussoir majeur. Elle ne fera qu’accentuer la désaffection pour la médecine générale, poussant les jeunes générations vers des offres salariées (nombreuses), voire vers un exercice à l’étranger.

Une véritable modernisation de la formation des médecins est nécessaire. Il s’agit d’un rattrapage accéléré d’opportunités manquées depuis 50 ans par méconnaissance de la réalité du terrain. Si la réforme Debré de 1958 a créé les CHU (Centres Hospitaliers et Universitaires), elle a négligé la création de pôles universitaires d’excellence, de recherche et de formation en médecine générale. Ces pôles existent dans d’autres pays, réputés pour la qualité et le coût modéré de leur système de soins.

Idées-forces

Les principales propositions des médecins généralistes blogueurs sont résumées ci-dessous. Elles sont applicables rapidement.

Ces maisons de santé se voient attribuer un statut universitaire. Elles hébergent des externes, des internes et des chefs de clinique (3000 créations de postes). Elles deviennent des MUSt : Maisons Universitaires de Santé qui constituent l’équivalent du CHU pour la médecine de ville. Statut d’enseignant universitaire avec rémunération spécifique fondée sur une part salariée majoritaire et une part proportionnelle à l’activité. Ces agents polyvalents assurent la gestion de la MUSt, les rapports avec les ARS et l’Université, la facturation des actes et les tiers payants. De façon générale, les AGI gèrent toute l’activité administrative liée à la MUSt et à son activité de soin. Ce métier est distinct de celui de la secrétaire médicale de la MUSt. Les nouveaux postes d’AGI pourraient être pourvus grâce au reclassement des visiteurs médicaux qui le souhaiteraient, après l’interdiction de cette activité. Ces personnels trouveraient là un emploi plus utile et plus prestigieux que leur actuelle activité commerciale. Il s’agirait d’une solution humainement responsable. Il ne s’agit en aucun cas de jeter l’opprobre sur les personnes exerçant cette profession. Une solution innovante complémentaire à la création du métier d’AGI pourrait résider dans la création de « chèques-emploi » financés à parts égales par les médecins volontaires et par les caisses.

Il s’agit d’un moyen de paiement simplifié de prestataires de services (AGI, secrétaires, personnel d’entretien). Il libérerait des tâches administratives les médecins isolés qui y passent un temps considérable, sans les contraindre à se transformer en employeur, statut qui repousse beaucoup de jeunes médecins.

 

Nos propositions et nos visions de l’avenir de la Médecine Générale, postées simultanément sur nos XX blogs le 23 septembre 2013, sont des idées simples, réalistes et réalisables, et n’induisent pas de surcoût excessif pour les budgets sociaux.

L’ensemble des besoins de financement sur 15 ans ne dépassent pas ceux du Plan Cancer ou du Plan Alzheimer ; il nous semble que la démographie médicale est un objectif sanitaire d’une importance tout à fait comparable à celle de la lutte contre ces deux maladies.

Ce ne sont pas des augmentations d’honoraires que nous demandons, mais des réallocations de moyens et de ressources pour rendre son attractivité à l’exercice libéral.

Les participants à l’opération (Noms ou Pseudos Twitter) :

1. Docteurmilie 2. Dzb17 3. Armance64
4. Matt_Calafiore 5. Docmam 6.  Bruitdessabots
7. Ddupagne 8. Souristine 9.  Yem
10. Farfadoc 11. SylvainASK 12. Docteur Sachs Jr
13. Méd Gé de L’Ouest 14. Docteur Gécé 15. DrKalee
16. DrTib 17. Gélule, MD 18. DocAste
19. DocBulle 20. Docteur Selmer 21. Dr Stephane
22. Alice Redsparrow 23. Docteur_V 24. Dr_Foulard
25. Kalindéa 26. DocShadok 27. Dr_Tiben
28. Bismuth Philippe 29. PerrucheG 30. BaptouB
31. Juste un Peu Sorcier 32. Elliot Reid-like 33. MimiRyudo
34. SacroStNectaire 35. DrGuignol 36. DrLebagage
37. Loubet Dominique 38. CaraGK 39. DocArnica
40. Jaddo 41. Acudoc49 42. AnSo1359
43. DocEmma 44. DrPoilAGratter 45. GrangeBlanche
46. Docteur Pénurie 47. Borée 48. 10Lunes
49. Echocardioblog 50. OpenBlueEyes 51. nfkb
52. Totomathon 53. SophieSF 54. SuperGélule
55. BicheMKDE 56. Knackie 57. DocCapuche
58. John Snow 59. Babeth_Auxi 60. Jax
61. Zigmund 62. DocAdrénaline 63. DrNeurone
64. Cris et chuchotements 65. YannSud 66. Nounoups
67. MademoiselleAA 68. Boutonnologue 69. Françoise Soros
70. Une pédiatre 71. Heidi Nurse 72. NBLorine
73. Stockholm 74. Qffwffq 75. LullaSF
76. DocteurBobo 77. Martin Minos 78. DocGamelle
79. Dr Glop 80. Ninou 81. Martin Winckler
82. UrgenTic 83. Tamimi2162 84. Doc L
85. DrLaeti 86. LBeu

 

Les commentaires de soutien de décembre 2012

Comment ne pas être ébranlé par les centaines de commentaires enthousiastes de jeunes médecins, de professionnels de santé ou de patients face à nos propositions ? Pourquoi ne pas aider les jeunes médecins à la fois à réaliser leurs rêves et à se mettre efficacement au service de la santé des Français ?

Les propositions de réforme de la médecine générale des 24 médecins blogueurs ont reçu plus de 1000 signatures de soutien.

650 signataires ont posté un commentaire :



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