Accueil Coups de coeur, coups de gueule La Fille de Brest
Publié le
19 septembre 2016

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Auteur :
Dr Dominique Dupagne

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La Fille de Brest
Le combat d’Irène Frachøn contre le MEDIATOR

La réalisatrice Emmanuelle Bercot a tourné un film sur l’affaire du MEDIATOR, ce coupe-faim qui a détruit les valves cardiaques de milliers de malades. J’ai eu la chance de voir ce film en avant-première et je voudrais partager ce coup de coeur avec vous.

Je vous conseille vivement d’aller voir lors de sa sortie (fin novembre) le film qui retrace le combat de la pneumologue brestoise Irène Frachon pour faire interdire le médicament MEDIATOR.

Il ne s’agit pas de soutenir un combat ou de recommander par sympathie le film retraçant la vie d’une amie. Allez voir La Fille de Brest Parce que c’est un grand, un excellent film de cinéma. Vous y découvrirez une authentique héroïne, ce qui devient suffisamment rare pour être réjouissant. La façon dont le sujet a été traité par Emmanuelle Bercot est remarquable tant elle a évité les pièges habituels du biopic. Pour ceux qui ont côtoyé Irène Frachon, le personnage campé par Sidse Babett Knudsen reflète avec une absolue fidélité la Force, mais aussi les faiblesses de la pneumologue brestoise. C’est un film profondément honnête, et pendant le débat qui a suivi, Emmanuelle Bercot nous a expliqué pourquoi.

Lorsque le sujet lui a été confié par ses producteurs, il s’agissait de traiter l’affaire du MEDIATOR. Mais dès ses premiers contacts avec Irène Frachon, la réalisatrice a découvert une personnalité hors du commun, un personnage de roman.

Emmanuelle Bercot a donc décidé d’axer son film sur celle qui s’est battue au mépris du danger et de ses propres limites pour protéger les malades. La difficulté a été de trouver une actrice capable d’insuffler à son personnage la Force phénoménale qui a porté Irène Frachon et qui la porte encore dans son combat pour faire indemniser les victimes. C’est à dessein que j’ai mis une majuscule au mot Force : Irène Frachon m’a toujours évoqué la Princesse Leïa dans son combat contre l’Empereur et ses sbires ; elle partage avec l’héroïne de la Guerre des Étoiles une détermination et une énergie communicative qui poussent ceux qu’elle sollicite à la soutenir sans réserve, parfois au mépris de leur propre sécurité.

La réalisatrice nous a expliqué avoir failli renoncer à faire le film, faute d’actrice capable d’incarner un tel personnage. C’est alors que Catherine Deneuve lui a proposé de contacter l’actrice qui jouait le rôle principal de la série danoise Borgen. Ce choix surprenant a pourtant fait sauter de joie Irène Frachon, tant le personnage de Birgitte Nyborg était populaire au sein de sa famille. Il existe en effet de fortes similitudes de caractère entre la mère de famille danoise engagée dans la vie politique et la vie d’Irène Frachon depuis qu’elle s’est attaquée au groupe SERVIER.

Quel bon choix ! L’accent danois de Sidse Babett Knudsen surprend un peu pendant les premières minutes, jusqu’à ce que l’on comprenne que dans le film, Irène Frachon est d’origine danoise (et jure en danois quand elle est en colère !) ce qui ne nuit en rien au récit : l’actrice s’est tellement "coulée" dans la personnalité de la pneumologue que je croyais vraiment la voir à l’écran.

Ce qui est exceptionnel, c’est que le scénario s’est contenté de refléter la réalité. Irène Frachon est vraiment comme cela. Il n’a pas été nécessaire de romancer le personnage ou d’ajouter des émotions pour faire de sa guerre contre l’Empereur Servier une épopée des temps modernes. Le travail de la réalisatrice (et sa réussite) a consisté à condenser trois ans de rebondissements en deux heures et à limiter le nombre de personnages. C’est une totale réussite.

Allez voir ce film, parce que c’est un bon film, parce qu’il est réjouissant, parce savoir que des personnages de cette trempe existent encore et peuvent gagner à la fin de l’histoire fait chaud au coeur.



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