Accueil La médecine et le social Sophia et Carla
Publié le
20 janvier 2008

Imprimer ou lire sur mobile

Auteur :
Dr Dominique Dupagne

Voir sur Google


Entrez votre email pour être averti des nouveaux articles
sur Atoute






Dans la même rubrique :

Au commencement était la Sécu
Les Français et les déserts médicaux - Sondage BVA 2015 pour LeCISS
Dépassements d’honoraires des médecins : pas de solution simple
Que va faire Marisol Touraine ?
Carte Vitale biométrique : la fausse bonne idée
Déserts médicaux ? Plus pour longtemps
Retour sur l’affaire Van Proosdij - Santé Service
Public, à ta santé !
Certificat médical pour absence scolaire
La campagne de vaccination Bachelot
2) La "pierre de Rosette"

La campagne de vaccination Bachelot
1) Premiers enseignements

CMU : comment faire échouer une bonne idée.
90% des arrêts de travail sont justifiés
En route vers la Santestroïka ?
La méthode du disque rayé progressif
Comment arrêter le progrès ?




Sophia et Carla
De quoi je me mêle ?

La CNAM s’apprête à inaugurer le service "SOPHIA" destiné à accompagner les patients atteints de maladie chronique. Je vous propose en parallèle le service "CARLA", sa jumelle.

A défaut de participer à la lutte contre la corruption qui ronge le monde de la santé et qui coûte des fortunes, ou contre les franchises qui déstabilisent les plus pauvres, la CNAMTS se lance dans un service aux patients dénommé "Sophia". Je vous propose un parallèle avec un autre système qui pourrait s’appeler "Carla".

Dans la partie gauche du tableau, je n’ai pas changé une virgule au projet Sophia de la CNAMTS.

Sophia : un service pour les patients, un relais pour les médecins traitants

Sophia est un service dédié à l’accompagnement des malades chroniques. Face aux problèmes posés par la prise en charge de ces patients, dont le nombre ne cesse de croître, ce service propose une démarche innovante, basée sur une collaboration étroite entre les médecins traitants, les patients et l’Assurance Maladie.

Les médecins traitants le savent : suivre un malade chronique dans la durée exige du temps et beaucoup d’énergie. Si chaque patient est unique, les personnes en ALD ont besoin d’être conseillées au jour le jour. Pour cela, une consultation médicale, même mensuelle, ne peut suffire.

Carla : un service pour les patients, un relais pour les CPAM

Carla est un service dédié à l’accompagnement des malades chroniques. Face aux problèmes posés par le coût de ces maladies, dont le montant ne cesse de croître, ce service propose une démarche innovante, basée sur une collaboration étroite entre les médecins traitants, les assurés et l’Assurance Maladie.

Les employés des CPAM le savent : prendre en charge les soins pour un malade chronique dans la durée demande du temps et beaucoup d’énergie. Si chaque situation est unique, les personnes en ALD ont besoin d’être remboursées au jour le jour. Pour cela, une franchise sur les soins, même partielle, peut suffire à rompre un équilibre fragile.

Motiver les malades dans le temps

Le service sophia est conçu pour relayer les médecins traitants dans leur action au long cours auprès des patients en ALD. Il propose de motiver les malades dans le temps, de les informer au quotidien, voire de les encourager les jours de lassitude. Ce rôle sera rempli par une équipe de professionnels de santé, paramédicaux, joignables par téléphone. D’autres supports pour les patients (outils pratiques, magazine, etc.) vont aussi élargir l’éventail des services proposés.

Rembourser les malades dans les temps

Le service Carla est conçu pour relayer les directions des CPAM dans leur action au long cours auprès des assurés en ALD. Il propose de motiver les malades mal remboursés, de les informer au quotidien, voire de les encourager les jours de lassitude. Ce rôle sera rempli par une équipe de professionnels de santé, paramédicaux, joignables par téléphone. D’autres supports pour les assurés (outils pratiques, magazine, etc.) vont aussi élargir l’éventail des services proposés.

Soutenir le médecin traitant auprès des patients

Pour le médecin traitant, le prise en charge d’un patient en ALD va au-delà du seul suivi thérapeutique. Il s’agit d’être présent quand le malade en a besoin et de l’encourager face aux difficultés. Pour soutenir l’action des médecins dans ces moments là, l’Assurance Maladie a souhaité créer un service d’accompagnement gratuit et libre d’accès pour les malades chroniques. Objectifs : les inciter à être observants et à adopter des habitudes de vie aptes à réduire les risques de complications.

Soutenir les CPAM auprès des patients

Pour la CPAM, la prise en charge d’un assuré en ALD va au-delà du seul remboursement ou du tiers payant. Il s’agit d’être présent quand le malade en a besoin et de l’encourager face aux difficultés. Pour soutenir l’action des CPAM dans ces moments là, les généralistes ont souhaité créer un service d’accompagnement gratuit et libre d’accès pour les malades chroniques. Objectifs : les inciter à être vigilants et à adopter des précautions aptes à réduire les risques de détresse sociale face aux franchises médicales et à l’imbroglio du parcours de soins.

Répondre simplement aux questions de tous les jours

En pratique, il s’agit de répondre aux questions que les malades se posent sur tous les sujets en rapport avec leur affection : régime alimentaire, hygiène de vie, rendez-vous d’examen, etc. Les patients peuvent ainsi trouver des solutions concrètes pour mettre en pratique les recommandations de leur médecin.

Répondre simplement aux questions de tous les jours

En pratique, il s’agit de répondre aux questions que les malades se posent sur tous les sujets en rapport avec leur prise en charge : franchises, parcours de soins, pénalités, etc. Les patients peuvent ainsi trouver des solutions concrètes pour financer les soins prescrits par leur médecin.

En termes de santé publique, le service sophia est adapté aux besoins et à l’état de santé de chaque patient. Il lui fournit des clés pour l’inciter à agir sur sa santé et à gagner en autonomie face à la maladie. Il en va de ses habitudes de vie, qu’il doit souvent faire évoluer dans la conquête d’un nouvel équilibre personnel, mais aussi familial et social. Respect du secret médical oblige, le service sophia est placé sous la responsabilité de médecins conseils de l’Assurance Maladie. En termes de santé publique, le service Carla est adapté aux besoins et à l’état des finances de chaque assuré. Il lui fournit des clés pour l’inciter à agir sur sa prise en charge et à gagner en autonomie face à la maladie. Il en va de ses habitudes de vie, qu’il doit souvent faire évoluer dans le contexte d’un déséquilibre financier, mais aussi familial et social. Respect du malade oblige, le service Carla est placé sous la responsabilité du médecin traitant qui connaît le mieux ses problèmes et ses besoins.
Initier le service auprès des diabétiques

Lancé en mars 2008 dans dix départements*, le service sophia va d’abord concerner quelque 136 000 diabétiques (type 1 et 2) et 6 000 médecins traitants. Il sera évalué par un organisme indépendant (pour lequel une consultation a été lancée) afin de décider de son éventuelle extension en 2010.

Explications aux patients, questionnaires médicaux à renseigner, participation à l’évaluation du service, c’est avec les médecins traitants que la réussite de sophia va se construire. Leur contribution sera reconnue et une rémunération forfaitaire leur sera attribuée dès qu’un patient participera au service.

Initier le service auprès des diabétiques

Lancé en mars 2008 dans dix départements*, le service Carla va d’abord concerner quelque 136 000 diabétiques (type 1 et 2) et 6 000 employés des CPAM. Il sera évalué par un organisme indépendant (pour lequel une consultation a été lancée) afin de décider de son éventuelle extension en 2010.

Explications aux assurés, motifs de non remboursement à renseigner, participation à l’évaluation du service, c’est avec les employés des CPAM que la réussite de Carla va se construire. Leur contribution sera reconnue et une rémunération forfaitaire leur sera attribuée dès qu’un assuré participera au service.

Cette parodie pourra sembler vaine, mais il est significatif que l’assurance maladie, qui peine de plus en plus à assumer sa mission, sort du champs de l’assurance pour rentrer dans celui de la santé publique. Quelle est sa légitimité dans ce domaine ? N’aurait-elle pas intérêt à concentrer ses moyens et son énergie à convaincre sa tutelle d’abandonner des réformes complexes et pénalisantes pour les patients les plus fragiles ?

Ne pourrait elle travailler à lever les freins qui ont conduit la moitié des médecins à ne pas utiliser la carte vitale ?

Si l’assurance maladie se lance dans la santé publique, ne serait-il pas tout aussi logique que les professionnels de santé auditent les comptes de la CNAMTS ?

Pour en savoir plus :

Le trou de la sécu et la franchises, où va-t-on ?

Et les extraits du journal de la 2 du 18 janvier 2008


Franchises sur les soins : reportage JT France 2, 18/ 01/2008
envoyé par manifestesante

Franchises sur les soins ; interview Christian Lehmann, FR 2
envoyé par manifestesante

Venez en débattre sur le forum



Tweet Suivez-moi sur Twitter








Répondre à cet article