13 novembre 2007
La révolution du Direct

C’est le nom d’un article de Jacques Dufresne, philosophe québécois, qui mérite une lecture attentive.

L’article complet.

Extrait :

Ces lecteurs ordinaires et les industries bien établies de la culture, celle du livre notamment, qui ont partie liée avec la hiérarchie universitaire, se livrent en ce moment une guerre dont il ne faut pas sous-estimer l’importance et dont il faut espérer qu’elle servira la cause de la connaissance. Voici un autre exemple personnel. J’ai publié une dizaine de livres dans ma carrière et chaque fois j’ai fait ma petite tournée des médias. Mes articles dans les journaux, Le Devoir et La Presse, m’ont valu une présence encore plus marquée dans les autres médias. Or, les cinq cents textes originaux publiés sur Internet, dont certains valaient bien mes livres, ont été lus cinquante fois plus. Jamais on n’a fait la moindre allusion à ces textes dans les médias établis.

Nous avons dans notre encyclopédie un dossier solide sur la constitution québécoise, un autre premier résultat sur Google. Plus de 50 000 téléchargements depuis 2002. Le politologue Marc Chevrier y signe la partie qui concerne les aspects politiques et juridiques de la question, j’y signe celle qui porte sur les valeurs fondamentales. Quel auteur d’un livre sur le même sujet peut se flatter d’avoir un tel rayonnement ? Cela ne semble avoir aucune importance. Nous recevons parfois un téléphone d’un recherchiste, Marc Chevrier a accordé quelques interviews, dont une en première page du Devoir, mais jamais dans aucun des médias, on n’a eu l’honnêteté élémentaire d’indiquer la source. Tout se passe comme si nos travaux n’avaient aucune valeur parce qu’ils sont offerts gratuitement hors des circuits respectant la logique admise de l’autorité.

Cette résistance des médias traditionnels est la plus belle preuve de la gravité de la menace qui pèse sur les intermédiaires dans le domaine de la connaissance : les professeurs de tous les niveaux, les journalistes, les recherchistes, les bibliothécaires. Ce recul de l’autorité s’étend à toutes les professions où la connaissance occupe une place importante, ce qui est le cas de presque toutes.

En parler sur le forum : peut-on deuxpointzeroter sans les philosophes ?

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