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Grève des médecins enseignants en médecine générale

jeudi 9 novembre 2006, par Dominique Dupagne

Le Syndicat National des Enseignants de Médecine Générale (SNEMG) appelle à la grève.

La situation de l’enseignement de la médecine générale s’est dégradée au point de devenir inacceptable.

Le mouvement de grève lancé par la SNEMG s’étend à toute la France, suivi massivement pas des enseignants désespérés, quasi bénévoles, et humiliés par le double langage de leurs autorités de tutelles.

Tandis que l’on présente la médecine générale comme l’élément pivot du système de soins, tout est fait pour la marginaliser, la priver de moyens et notamment de ceux que l’on met à la disposition des autres spécialités : les professeurs de médecine générale ne sont pas titularisés, se partagent quelques strapontins à la faculté et des moyens matériels souvent indigents.

Les étudiants ne s’y trompent pas qui délaissent massivement cette nouvelle spécialité si peu considérée.

Que faire ? Laisser la situation se dégrader ? Laisser disparaître ce lien indispensable que réprésente le médecin de famille ? Pourquoi pas ; la médecine exclusivement pratiquée par des spécialistes d’organe est peut-être l’avenir. Mais que l’on ne dise pas que personne n’a tiré la sonnette d’alarme à temps. Philippe Douste-Blazy et Xavier Bertrand, les pires ministres que nous ayons eu depuis longtemps, semblent plus intéressés par la création d’un casier sanitaire et la transformation de l’assurance maladie en usine à gaz que par la promotion d’une médecine de famille de qualité et le maintien d’un tissu médical cohérent sur le territoire national.

C’est regrettable, et certains dégâts comme l’altération durable de l’image de la médecine générale auprès des étudiants, mettront longtemps à être réparés.

Il ne suffit pas de dire "Ca bouge avec la Poste" ou "On va vous faire aimer l’an 2000", il faut agir en accord avec ses paroles.

Voici le communiqué du Syndicat National des Enseignants de Médecine Générale :

Vincennes le 01/11/2006

Cher(e)s Ami(e)s,

Face à l’absence de tout engagement concret des ministères, conformément aux décisions du bureau du SNEMG, au vote unanime du CA du SNEMG, au vote à la majorité écrasante des enseignants associés, le Syndicat National des Enseignants de Médecine Générale appelle à partir du jeudi 9 novembre 2006 à la

CESSATION TOTALE DES ACTIVITES D’ENSEIGNEMENT, D’ENCADREMENT DES INTERNES ET DES ETUDIANTS, ET DES ACTIVITES ADMINISTRATIVES UNIVERSITAIRES.

En effet, depuis les annonces ministérielles concernant le stage d’externat et l’option Médecine Générale au CNU, ni les conseillers ministériels, ni les ministres eux-mêmes ne se sont engagés sur un quelconque calendrier ou sur les moyens nécessaires à la mise en place concrète de la Filière Universitaire de Médecine Générale (FUMG) ni sur la revalorisation des Enseignants Cliniciens Ambulatoires (ECA).

Nous réitérons notre engagement au sein de l’Université Médicale démontré année après année, pour construire la discipline de Médecine Générale en collaboration avec les autres spécialités et l’ensemble des Doyens de facultés. Mais après tant de négociations, après tant de patience, après tant d’abnégation, la répétition des promesses ne peut plus aujourd’hui être acceptée par les enseignants.

Il nous faut maintenant des actes concrets, des garanties quant à l’avenir, des engagements irréversibles.

- La revalorisation statutaire des ECA, dont la rémunération doit être augmentée sous forme de salaire de chargés d’enseignement.
- L’intégration universitaire de 120 enseignants associés dans le cadre d’un plan pluriannuel au sein de la sous section 53-01 du CNU et de sa nouvelle option « Médecine Générale ».
- La publication des statuts des futurs titulaires de cette filière professeurs et maîtres de conférences universitaires praticiens ambulatoires.
- La publication du statut des établissements auxquels ces derniers seront rattachés.
- La nomination de 250 enseignants associés dans les départements universitaires de médecine générale
- La nomination des premiers chefs de clinique assistants en médecine générale ambulatoire avec un plan d’environ 30 nominations/an.
- L’ensemble de ces revendications constitue le socle nécessaire à la mise en place de la FUMG, sur lequel se retrouvent les enseignants généralistes comme les internes en médecine générale et les étudiants futurs généralistes.

L’absence de toute perspective actuelle malgré des mois de demandes renouvelées, d’explications circonstanciées, de compromis concédés par les enseignants pour satisfaire aux règles de l’université, conduit aujourd’hui à ce mouvement.

Les enseignants de Médecine Générale reprendront leurs activités lorsque les mesures urgentes auront été prises, les textes publiés, et qu’un protocole d’accord organisant le calendrier et déployant les moyens nécessaires aura été signé.

Un préavis de cessation d’activités concernant tous les enseignants de Médecine Générale est adressé ce jour aux Ministères de la Santé et des Solidarités et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

J’appelle tous les enseignants à s’unir pour obtenir le plus rapidement possible la légitime et nécessaire satisfaction de ces revendications.

J’appelle tous les internes et les étudiants à les soutenir afin de construire leur avenir.

J’appelle les syndicats professionnels à relayer ce mouvement fondamental pour la profession toute entière.

Amicalement et à très bientôt tous ensemble.

Vincent Renard Président du SNEMG

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