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L’efficacité de certains antibiotiques génériques est inférieure à celle du médicament original

mardi 6 septembre 2011, par Dominique Dupagne

Des éléments factuels laissent penser que l’efficacité clinique des antibiotiques injectables génériques pourrait être notablement inférieure à celle des médicaments originaux. Des études complémentaires sont indispensables du fait des enjeux de santé publique.

Remy Gauzit est médecin réanimateur et infectiologue à l’Hôtel-Dieu de Paris.

Il s’est interrogé sur l’équivalence thérapeutique des antibiotiques génériques (copies) par rapport au médicament original et notamment des antibiotiques injectables utilisés dans le traitement des infections graves. Son questionnement est survenu notamment après la lecture d’une étude colombienne mettant en évidence des différences d’efficacité clinique pour la vancomycine.

Le Dr Gauzit est expert à l’AFSSAPS, où il dirige un groupe de travail sur les antibiotiques injectables [1]. Il a cherché en vain à l’Agence une oreille attentive à ses légitimes préoccupations. Il a alors réalisé à titre personnel une revue de la littérature sur le sujet.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces données sont inquiétantes et qu’elles rendent nécessaires des recherches complémentaires pour s’assurer de l’équivalence thérapeutique, in vivo, de produits destinés à traiter des urgences vitales.

Le Quotidien du Médecin se fait l’écho aujourd’hui des préoccupations du Dr Gauzit.

« Nous avons de fortes incertitudes sur l’existence d’une vraie bioéquivalence entre un princeps et son générique. D’une part, les différents sels, esters, éthers, isomères, mélange d’isomères… complexes ou dérivés d’une substance active sont considérés comme la même substance active, ce qui n’est pas certain en termes de sécurité et/ou d’efficacité. Ajoutons qu’un génériqueur achète sa matière première à différents fournisseurs. Le dossier d’AMM a été constitué avec la molécule provenant de l’un d’entre eux… qu’en est-il quand il en change ? Il ne dépose pas une nouvelle demande d’AMM. Se posent donc les problèmes de l’origine des matières premières et des divers niveaux d’impuretés générés par les procédés de fabrication. Cet aspect du problème est bien documenté pour la vancomycine. La teneur en principe actif et en produit de dégradation de la vancomycine est variable d’un générique à l’autre et peut devenir significativement différente de celle du princeps ».

« J’en veux à l’Afssaps. Nous avons évoqué cette situation au GTA de la commission d’AMM en septembre 2010. Nous en avons reparlé, plus récemment. Notre souhait est de voir refaire des études chez l’animal, dont le coût est dérisoire. » La demande n’a pas été jugée comme prioritaire et est restée lettre morte, jusqu’à ce jour « alors que des contacts avaient été pris avec deux unités INSERM ».

J’avais personnellement interpellé en 2008 le directeur de l’AFSSAPS sur la bioéquivalence des génériques, afin de répondre à mes patients inquiets. Sa réponse avait été très décevante.

L’opacité qui entoure l’iso-efficacité clinique des génériques n’est pas acceptable.


[1La déclaration d’intérêts du Dr Gauzit est disponible ici, la mienne est .

Messages

  • Attention, pas d amalgame ! Une différence peut exister, des lots peuvent être défaillants. Chez des princeps comme pour des generiques. Pas d amalgame ! Sinon bonjour l effet nocebo pour tous les generiques délivrés au quotidien. D où de moins bon chiffres de pression artérielle, des effets indésirables psychosomatiques...
    Je suis pharmacien, je fais attention chaque jour à ne pas intervenir dans la confiance que le patient a envers son médecin. Un discours anti-generique saborde la confiance du patient envers son pharmacien.

    • Je suis bien d’accord avec une diminution d’efficacité de même beaucoup de médicaments génériques traitant bien des maladies ou trouble de santé. J’ai servi de cobaye pour certain médicaments et soyez sure je ne le ferais plus !!!! J’ai constaté que les génériques sont très mal vérifié et essayé sur des personnes parfaitement saine !! Et mon expérience m’a prouvé que faudrait que ce sois testé sur des personnes avec des problèmes de toute sortes parce que souvent ils peuvent causer des troubles très grave et même la mort chez des personnes ayant certain trouble de santé....(que les personnes saines n’auront pas)Personnellement mon médecin m’a conseiller de ne plus jamais accepter de médicaments génériques a moins que ca fasse 7 ans qu’ils sont sorti et comme ca assure qu’ils sont plus sécuritaire.
      Etre cobaye pour faire l’essais de médicaments génériques est très risqué et quand une personne ne subi pas des séquelles qui dureront toute leur vie certains en meurt !!!!Souvent les compagnies qui cherche des cobayes le font habillement et avec des publicités mensongère souvent et fausse ,de plus ces compagnies qui testes ces génériques la font signer une bonne douzaines de pages qui sont pour dire tous les problème qui peut avoir après avoir pris ces génériques et aussi il interdisent de que l’ont dise ce qui ce passe a l’endroit ou les essaies sont faite sous peine de poursuites !!!Et bien sure pour ce dégager de toute responsabilité sur ce qui peut arriver comme problème médical avec leur teste de médicaments...
      Tous ca pour quelques dollards risquer sa vie ou subir des problèmes incurables toute notre vie !!! croyez moi ici au Canada (pour être précis Québec) nombreux sont ceux qui restent handicapé a vie et de plus souvent le montant qui offre au cobaye sont souvent faux et aussi lire les condition d’utilisation du montant d’argent qu’ils donnent... vous comprendrez.
      Moi je dirais que un essaie de génériques devrais être faite en hôpital réputé et sur des gens malades seulement.....

  • Changements d’excipients, effets non contrôlés, donc potentiellement dangereux des génériques.

    Le médicament générique n’est pas nécessairement strictement identique au médicament original : il peut notamment contenir des excipients différents. Si un génériqueur utilise un ou plusieurs excipients différents, ou des matières premières venant de fournisseurs inconnus, ou encore des solvants ou de l’eau d’origines différentes, la tolérance, l’efficacité et la toxicité peuvent alors être modifiées.

    Ce critère n’est pas contrôlé par les producteurs de génériques, ni par les autorités de santé (ni par les producteurs du médicament original). Personne ne s’en inquiète car la modification « mineure » est déclarée sans danger.

    Certains excipients sont dits "à effets notoires" car ils présentent un risque accru de mauvaise tolérance chez des patients sensibles.
    L’aspartam, par exemple, est une source de phénylalanine, il est donc contre-indiqué chez les personnes souffrant de phénylcétonurie.
    La présence des excipients à effets notoires est indiquée dans la notice et sur la boite du médicament (princeps et générique).

    Les autres excipients qui ne présentent pas de risques, parce que c’est décidé ainsi par défaut, ne sont pas pris en compte lors du transfert du fabricant original au génériqueur.

    Ce qui n’est pas le cas lors d’un changement de lieu de production à l’intérieur d’une même société pharmaceutique en France :

    Lors du transfert de la production d’un médicament à l’intérieur d’une même société d’un site original sur un autre site, (par exemple un site de région parisienne de Sanofi qui transmet sa production à un autre site Sanofi sur Montpellier), une batterie de tests analytiques très rigoureux sont effectués par le laboratoire receveur et le laboratoire donneur.

    Une batterie de documents est fournie d’un site à l’autre. Ces documents contiennent les études réalisées pour la constitution du dossier d’AMM, les résultats des tests préalables ainsi que les recommandations et le savoir-faire des fabricants, opérateurs, analystes, chimiste, pharmaciens et ingénieur de l’équipe de transfert (puisque ça reste dans la même entreprise). Des experts du site donneur se rendent disponibles pour faire des allers-retours entre les deux sites, pour soutenir conseillers et s’assurer de la bonne transmission du « savoir-faire » sur le site receveur.

    Les résultats de ces analyses sont étudiés et comparés. Ils doivent respecter des critères, des normes et des écarts strictement définis par des protocoles internes, soumis et approuvés par les autorités de Santé (ANSM, FDA..).

    Tous les changements sont pris en compte (même l’utilisation de l’eau de ville si elle entre dans la synthèse).

    Des analyses de stabilités sont effectuées pour étudier si les changements de matières premières et d’excipients n’ont pas d’influence sur cette nouvelle production. Si de nouveaux produits de dégradations apparaissent au cours du temps de vieillissement des médicaments, ceux-ci doivent être identifiés, quantifiés et leur effet de toxicité doit être évalué.

    Le transfert ne pourra être validé que si les critères de validations sont respectés. Ces rapports de validation de transfert peuvent être audités à tout moment par les autorités de santé.

    Si le transfert n’est pas validé, la production n’est pas transférée d’un site à l’autre. Des experts chimistes et pharmaciens, chercheront des solutions à apporter pour valider un nouveau transfert si nécessaire et possible.

    Toutes les étapes sont tracées, conservées et peuvent être auditées à tout moment par les autorités de santé.

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