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Tes patientes, tu ne séduiras point !

L’interdit sexuel accompagnant la relation thérapeutique devrait être gravé dans le Code de Déontologie des médecins

lundi 26 mars 2018, par Dominique Dupagne

Les relations sexuelles entre les professionnels de santé et leur patient.e.s sont encore trop fréquentes. Elles sont proscrites dans la version originale du Serment d’Hippocrate et par le Code d’Éthique des psychanalystes. Pourtant, le Code de Déontologie des médecins français reste muet à leur sujet, malgré la persistance de pratiques inacceptables.

J’ai reçu une lettre en octobre 2017 (date de la première publication de cet article). Une femme, appelons-la Marie, m’y raconte sa plainte devant l’Ordre des Médecins contre un psychiatre qui a profité d’une période de grande vulnérabilité pour la séduire.

Pourquoi m’a-t-elle adressé cette lettre ? Parce que je gère depuis quinze ans un forum dédié aux relations entre soignants et soignés, et que les témoignages de femmes ayant subi une emprise sexuelle de la part d’un soignant y sont nombreux. Un des plus poignants est lisible ici.

Nous sommes en mars 2018. Elle a finalement eu gain de cause en appel devant le Conseil National de l’Ordre de Médecins (CNOM) qui a condamné le médecin à 6 mois d’interdiction d’exercice (il avait reçu un simple avertissement en première instance). Cette femme [1] se lance dans un combat courageux et pertinent, qu’elle a décidé de poser sur la place publique : elle déplore que le Code de Déontologie Médicale ne comporte aucun article interdisant les rapports sexuels entre les médecins et leurs patient.e.s. Elle a été rejointe par deux autres victimes : Cassandre et Ariane. J’ai décidé de la soutenir.

L’acte sexuel pratiqué par un médecin qui sort de sa réserve et de sa neutralité affective est souvent assimilé à un inceste (situation bien expliquée dans cet article de Psychologies).

J’ai dans ma clientèle plusieurs femmes qui ont eu des rapports sexuels avec des médecins qui les suivaient, essentiellement des psychiatres. Outre des femmes séduites par des prédateurs sexuels dans une période de vulnérabilité, j’ai aussi croisé des femmes que l’on qualifiait par le passé (avant le DSM) d’hystériques, et dont j’ai pu constater le comportement séducteur, souvent non verbal. Tout médecin devrait savoir qu’il lui faut absolument résister à cette séduction, avec fermeté et bienveillance. Ces femmes nous testent pour vérifier notre solidité, qui leur est vitale. Leur succomber est dévastateur pour leur équilibre psychique.

Ce qui se conçoit bien devrait pouvoir s’écrire...

L’Ordre des médecins français a tout de même publié un rapport en 2000 intitulé Pratique médicale et sexualité, qui débute par ces deux phrases : "La pratique médicale expose à des contacts intimes susceptibles de dégénérer en relation sexuelle. Or, celle-ci correspond à un interdit absolu, si évident sans doute qu’il n’est pas précisément identifié dans le Code de déontologie médicale."

Cet interdit ne doit pas être si évident que cela, à en croire un sondage récent [2] :

Pour 4% des médecins français ayant répondu au sondage, il est acceptable d’avoir des relations sexuelles avec un patient en cours de suivi !

Le rapport du Pr Hoerni pour le Conseil de Ordre des médecins parle exclusivement de la nudité et du comportement du médecin pendant l’examen clinique ou l’interrogatoire. Il n’évoque à aucun moment l’emprise psychologique du médecin sur une patiente vulnérable et les dérives sexuelles qui peuvent en découler dans son cabinet ou en dehors de celui-ci.

Il en est de la sexualité des médecins avec leurs patientes comme de la corruption des hommes politiques : croire que l’évidence de l’interdit dispense de l’écrire est une erreur. Il semble indispensable d’introduire dans le Code de Déontologie Médicale un article spécifique relatif à la sexualité soignant/soigné. Cet article pourrait s’inspirer du Code d’Éthique des psychanalystes, déjà cité.

Si vous avez un doute, lisez le chapitre magistral écrit par Sigmund Freud lui-même en 1915 aussi facile à lire que convaincant.

La célèbre série Les Sopranos illustre le comportement que doit adopter un médecin lorsque son ou sa patiente vit un transfert amoureux :

On objectera qu’il existe d’authentiques histoires d’amour nées dans un cabinet médical et qu’elles ont parfois connu une issue heureuse et durable. L’Ordre et le législateur pourraient préciser un cadre strict pour cette situation exceptionnelle qui ne devrait concerner que des patientes libres de tout lien conjugal. Ce cadre pourrait par exemple imposer un arrêt préalable de la relation thérapeutique à l’initiative du médecin, ce dernier évoquant par écrit ses sentiments pour justifier son retrait du soin (voir ce commentaire). Il s’assurerait au préalable de la possibilité d’une poursuite du suivi par un confrère. Il s’interdirait tout contact privé avec sa patiente pendant un délai suffisant pour que celle-ci retrouve une part d’objectivité vis-à-vis de son ancien médecin et qu’elle puisse prendre sa décision hors de son emprise psychologique [1].

Une profession s’honore par sa détermination et sa fermeté face aux obligations déontologiques de ses membres. Les interdits sexuels concernant l’exercice de la médecine doivent être inscrits dans la loi, comme le sont les autres articles du Code de Déontologie Médicale ; ils devraient également être enseignés à la Faculté ! Un sondage réalisé sur Twitter montre que moins de 5% des médecins ont reçu une formation spécifique à ce sujet.)

Une pétition est mise en ligne pour soutenir cette demande, n’hésitez pas à la signer : http://www.atoute.org/n/article366.html

Pour en savoir plus

Outre les documents déjà cités dans le texte :

Bensussan, P. (2002). Pratique médicale et sexualité : éthique et déontologie. Sexologies, 12(43). http://www.aihus.fr/prod/data/publications/pratiques/Bensussan_Sexo_43.pdf

Pope, K. (2001). Sex between therapists and clients. Encyclopedia of women and gender : Sex similarities and differences and the impact of society on gender, 2, 955-962. https://www.kspope.com/sexiss/sexencyc.php

Pope, K. S., & Vetter, V. A. (1991). Prior therapist-patient sexual involvement among patients seen by psychologists. Psychotherapy : Theory, Research, Practice, Training, 28(3), 429. https://kspope.com/sexiss/sex2.php

Deux affaires tristement exemplaires :
- Affaire Tordjman en 2001 http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2007-01-19/la-chute-du-pape-de-la-sexologie/920/0/47451
- Affaire Hazout en 2014 http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20140220.OBS7158/viols-et-agressions-sexuelles-8-ans-de-prison-pour-le-dr-hazout.html

Dans ces affaires, comme dans celle d’Harvey Weinstein, on découvre le nombre ahurissant de victimes qui n’ont pas pu ou voulu porter plainte. La partie visible du problème, c’est à dire celle qui conduit à une plainte, est la partie émergée de l’iceberg.

Pour ce qui est de l’emploi du féminin pour la victime, voir la note 1 ci-dessous.


[1Je décris dans cet article la situation dans le sens homme médecin / femme patiente, d’abord parce qu’il est très majoritaire, et pour simplifier la lecture. Il existe bien sûr des situations identiques dans le sens femme médecin / homme patient, pour les relations hétéro ou homosexuelles, cisgenres ou transgenres

[2Sondage du site Medscape auprès de ses adhérents, 2015

Messages

  • Qu’est ce qui vous permet d’affirmer que c’est fréquent ?

    • C’est indiqué clairement sur l’article, « Pourquoi moi ? Parce que je gère depuis quinze ans un forum dédié aux relations entre soignants et soignés, et que les témoignages de femmes ayant vécu un abus sexuel de la part d’un soignant y sont nombreux. » Et quand bien même seulement deux faits seraient relatés, ce sont deux faits de trop.

  • Bonjour,
    Des chiffres américains que je ne retrouve pas indiquaient que plus d’un quart des psychiatres américains disaient anonymement avoir eu des relations sexuelles avec leurs patient(e)s.
    Enfin, il y a aussi des femmes médecins qui ont des rapports sexuels avec leurs patient(e)s.

    Bonne journée.

    • Tu dois faire allusion à ça, extrait de l’article de Bensussan :

      "Une étude faite chez
      des psychiatres américains publiée par
      l’APA (American Psychiatric Association) en
      1986, lors de son 139e congrès, faisait état
      de 80 % de psychiatres admettant avoir
      eu une attirance sexuelle à l’égard de leurs
      patients, un peu plus de 10 % avouant
      être passés à l’acte (parmi lesquels on
      compte 7 hommes pour 3 femmes). La
      même étude nous apprenait que 80 % des
      relations sexuelles avaient eu lieu entre
      un thérapeute et ses patientes, près de
      40 % des hommes avouant avoir récidivé
      contre aucune femme. De quoi
      rester songeur, puisqu’il y a tout lieu de
      croire que ces chiffres sont sous-évalués…
      75 % des thérapeutes américains disent
      avoir déjà pris en charge des patients abusés
      par un confrère !

      Sachons quand même que les fautifs ne
      sont pas à l’abri de la culpabilité : 41 %
      avouent avoir éprouvé le besoin de
      recourir à une consultation psychiatrique
      du fait de cet acte transgressif…"

    • « Sachons quand même que les fautifs ne
      sont pas à l’abri de la culpabilité : 41 %
      avouent avoir éprouvé le besoin de
      recourir à une consultation psychiatrique
      du fait de cet acte transgressif » Donc si le fautif (le soignant ?) culpabilise, on le plaint et et on pardonne son acte...? Bah voyons...
      Désolée par avance si je n’ai pas compris comme il se doit le sens de cette phrase.

    • A la place de Bensussan, j’aurais écrit "Seuls 41% des actifs..." et non "Sachons quand même que..." qui en effet terrible à lire pour les victimes.

    • "Enfin, il y a aussi des femmes médecins qui ont des rapports sexuels avec leurs patient(e)s. Bonne journée."

      Doit on appeler ces femmes des "prédateurs sexuelles" ? terme de notre chère docteur Dupagne
      Pourquoi devrait il y avoir moins de dégâts pour un homme ?
      4 pour cents trouvent normales de coucher avec une patiente.
      4 à 8 pour cent des personnes (hommes ou femmes) est l’estimation me semble il de mémoire de pervers narcissiques dans la population.

  • Beau papier, Dominique.
    Ce sujet renvoie à tout ce qui concerne la négativité de nos vies
    ( deuil/ rupture/ déception/ dépression/ douleur morale/...)
    et qui n’est pas "enseigné" à la fac .
    Et entre dans le cadre d’une problématique plus large :
    « Je donnerai mes soins gratuitement à l’indigent… et n’exigerai
    jamais un salaire au-dessus de mon travail. » Cet extrait du serment
    d’Hippocrate est devenu un dogme alors qu’il s’est progressivement vidé
    de sa substance au point que l’on peut se demander si le fait d’imposer
    aux futurs médecins, du moins en France, de prêter serment, au moment
    de la soutenance de la thèse, pour exercer, ne constitue pas un geste de
    suspicion à leur égard.
    En effet, si la société était vraiment sûre d’eux, elle n’aurait pas cette
    exigence, car l’exercice de l’accueil inconditionnel en médecine irait
    de soi.
    Médecins du Monde, un peu comme les Restaurants du Cœur, représentent
    une de nos fiertés nationales. Cela fleure bon la conquête sociale par la
    lutte contre toutes les injustices partout où des veuves et des orphelins
    souffrent. En réalité, les associations ont dû depuis plus de 25 ans se
    substituer aux responsabilités de l’Etat. « Nous soignons ceux que le
    monde oublie peu à peu », rappelle le slogan de Médecins du Monde.
    Sait-on que l’activité de sa mission « France » augmente d’année en
    année, marquant par là-même la confirmation de l’accroissement des
    exclusions dans notre pays ? Mettons en parallèle les conclusions de
    l’enquête de la HALDE, qui soulignaient dès novembre 2006 que près de
    la moitié des médecins spécialistes refusaient d’accueillir en première
    intention les bénéficiaires de la CMU.
    Cela montre bien que de nombreux médecins continuent à considérer,
    avec bon nombre de politiques, la pauvreté comme une sorte de punition
    divine qui vient frapper ceux qui ont pêché ou démérité. Comme au
    Moyen âge.
    Jadis, on affirmait que « les fous » et « les vénériens » devaient leur
    état au fait d’avoir commis une faute morale.
    On peut se demander si aujourd’hui ce type de croyances transformées
    en convictions n’est pas toujours à l’oeuvre dans notre société
    « moderne parce que matérialiste », qui n’arrive pas à admettre qu’elle
    puisse, dans son espace démocratique idéalisé, générer de la pauvreté,
    de la souffrance, de l’exclusion, du malheur et la mort.
    Plutôt que de se demander comment former, durant leurs dix années
    d’études, les futurs médecins à exercer leur jugement et leur discernement
    pour tendre à offrir, dans leur cabinet, un accueil inconditionnel « à
    la Hippocrate », on va chercher à culpabiliser, à criminaliser même, les
    pauvres, les demandeurs d’asile ou les clandestins malades, les chômeurs
    en fin de droit, les mères célibataires…

  • On me dit que l’Article du Code de Déontologie serait difficile à rédiger. Je ne crois pas. Je pense à une formulation de ce type :

    Les médecins s’interdisent toute relation sexuelle avec un patient ou une patiente. S’ils le souhaitent, ils peuvent mettre fin à la relation thérapeutique en veillant à la continuité de la prise en charge. Ils sont alors libérés de cet interdit 6 mois après leur dernier contact ou échange, même épistolaire, avec ce patient ou cette patiente.

    Qui pourrait être résumé par
    - On s’interdit tout rapport sexuel avec ses patient(e)s.
    - Un ancien patient n’est plus un patient, sous certaines conditions.

    Cela évite de définir les conditions autorisant la sexualité entre un médecin et ses patients, très difficiles à rédiger.

    L’interdiction d’échanges, sous toutes ses formes, est indispensable pour libérer le ou la patiente d’une éventuelle emprise psychologique. Des sentiments sincères et partagés supporteront très bien un attente silencieuse de 6 mois.

  • "L’Ordre et le législateur pourraient préciser un cadre strict pour cette situation exceptionnelle qui ne devrait concerner que des patientes libres de tout lien conjugal"
    Votre phrase me plonge dans un abîme de perplexité. En quoi le fait d’être mariée ou pas changerait quelque chose au problème que pose une position d’influence et de pouvoir dans une relation sexuelle qui devrait être librement consentie.

    D’après vous, il faudrait donc protèger les maris ?!!

    • J’ai hésité. Il me semble que la tolérance face aux histoires d’amour authentiques (qui n’existe pas chez les psychanalystes) devrait s’arrêter aux célibataires. Pour moi, un médecin qui déclarerait sa flamme à une femme mariée venue lui raconter ses difficultés conjugales commet un faute.

  • En fait, l’Ordre des médecins aborde correctement le sujet, mais uniquement en annexe du commentaire de l’Article 2 (page 12) :

    Annexe

    INCONDUITE à caractère sexuel

    10 conseils pour s’en préserver

    1. Ne pas abuser de l’ascendant de la fonction de médecin notamment sur des patients vulnérables, du fait de leur état
    pathologique ou de leur situation, pour transformer la relation médicale en relation sexualisée.

    2. Toujours, par une attitude de réserve consciente et de bonne tenue, sans familiarité déplacée, respecter la personne humaine et
    sa dignité.

    3. Réserver le cabinet médical uniquement à la pratique médicale (prévention, soins, investigations para-cliniques, expertise).

    4. Expliquer toujours le déroulement de l’examen au patient, en préciser le pourquoi et le comment, puis en recueillir le
    consentement.

    5. Assurer l’intimité du déshabillage (box, paravent…).

    6. Envisager l’opportunité, en accord avec le patient, de la nécessité de la présence d’un tiers (proche du patient, étudiant, autre
    collaborateur tenu au secret professionnel).

    7. S’abstenir d’un comportement ambigu (palpation, commentaires…) et d’un jeu conscient de séduction.

    8. Détecter les personnes à risques comme les séducteurs et érotomanes, clarifier la situation avec les patients et si nécessaire
    appliquer les dispositions de l’article 47 du Code de Déontologie Médicale qui permet “au médecin, hors le cas d’urgence et
    le respect de ses devoirs d’humanité, de refuser ses soins”.

    9. Analyser la situation en étant à l’écoute de ses émotions pour les canaliser entre ce qui peut ou ne peut pas, être vécu.

    10. S’interroger sur ses actes, ses attitudes et, en cas de situation difficile, identifier la personne ressource comme un confrère,
    avec laquelle on peut, en confiance, en parler et bénéficier de l’écoute et de conseils, pour clarifier la situation.

    Reste à résumer tout cela dans le Code lui même.

    Par ailleurs, le libellé de l’Article 2 lui-même est trop éloigné de ces situations : il ne parle que de respecter la vie et la dignité de la personne

    Article 2 (article R.4127-2 du code de la santé publique)

    "Le médecin, au service de l’individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de
    sa dignité. Le respect dû à la personne ne cesse pas de s’imposer après la mort."

    En pratique, dans le traitement des plaintes que j’ai suivies, il était rarement tenu compte du premier alinéa de l’Annexe. En l’absence de violence ou de contrainte physique, le médecin séducteur et la patiente sont considérés comme des adultes responsables et consentants, et aucune sanction n’est prononcée, au pire un avertissement.

    • faux .. j’ai porté plainte auprès de l’Ordre pour viol (avec preuves) contre un médecin . il a été radié quelques semaines après . par contre , la plainte a été classée sans suite par la Justice .

    • Ma plainte pour viol vient d’être classée sans suite par le parquet, en dépit des nombreuses preuves apportées. Je suis heureusement étonnée d’apprendre que le CNOM a pris les choses au sérieux dans votre affaire. Etiez-vous l’unique victime à avoir porté plainte ou étiez-vous plusieurs ? J’attendais de la justice pénale qu’elle recherche et trouve les autres patientes victimes ; seule, c’est difficile, à moins de lancer un appel à témoins.

  • Deux points :

    1) Le titre de ton billet est mensonger puisque ce fait concerne aussi les femmes médecins : il serait pertinent de le changer.

    2) Penser que la séduction conduit toujours aux relations sexuelles est exagéré : nombre de médecins séduisent des patient(e)s sans passer à l’acte, ce qui est aussi dangereux que d’avoir des relations sexuelles. La séduction peut entraîner la sujétion.

    Bonne journée.

    • Bonjour,
      Dans un premier jet, j’avais titré "Tu ne séduiras pas tes patient.e.s" et puis j’ai trouvé ça moche et j’ai juste mis une note. Mais tu as peut-être raison.

      Accessoirement, sur le forum, je n’ai pas le souvenir d’une victime masculine ayant témoigné d’une souffrance durable après la relation. C’est donc plus mineur, mais cela existe bien sûr.

      Pour le deuxième point, je n’ai pas voulu ajouter une complexité supplémentaire. Je me concentre sur l’essentiel et l’urgent.

    • Bon, j’ai fini par ajouter un peu d’écriture inclusive dans le chapeau et le corps de l’article, mais pas dans le titre.

    • Vous avez une conception masculine de la séduction et vous confondez souffrance due à un harcèlement sexuel avec souffrance due à un échec amoureux.
      Vous n’êtes pas habilité à penser au nom des femmes, désolée de vous le rappeler : laisser aux femmes le droit à l’"autodétermination", merci :))
      Pourquoi les femmes médecins ne pourraient-elles pas se faire les porte-paroles de ce genre de préoccupations ?

  • Le mot "vie" a perdu tout sens en devenant simplement l’opposé du mot "mort". La "Vie" s’inscrit dans la durée, ce que nombre de thérapeutes oublient si j’ai bien lu l’article.
    Existe-t-il les même statistiques pour les femmes ? Combien sont-elles à ne pas trouver choquant qu’un médecin s’intéresse à elles dans la séduction, voire plus ? Les médecins sont considérés comme "bon parti" et, si je connais des femmes amies ou collègues qui ont abusé de leurs charmes, je ne connais pas de victimes.
    Les statistiques sont incomplets et tendancieux, ce qui est leur essence même. Einstein les qualifiait déjà de grands menteurs.

    Reste la lettre que vous avez reçue et d’autres témoignages qui décrivent l’inadmissible. Reste aussi vos propositions de textes que je trouve cohérentes et parfaitement rédigées. Puissent-elles être reprises in extenso dans les codes et les serments.

  • Comme toujours, le principe reste inscrit : Un patient/Une patiente est, de principe, une personne vulnérable, et tu ne dois pas abuser de la confiance que cette personne place en toi, d’aucune façon, pas plus sexuellement que financièrement, psychologiquement etc.....

    Maintenant, si un médecin Homme/femme séduit une et une seule patiente/ UN et un seul patient, et que cette patiente/ce patient devient sa compagne dans la vie, ce me semble être une exception acceptable au principe intangible ci dessus....

    Tes patients/patientes tu ne séduiras point, mais aussi tes confrères/consoeurs tu ne jugeras point.... Il y a le conseil de l’ordre et la justice pour çà. Et il me semble qu’il y a de nombreux jugements dans les commentaires ci dessus.

  • Merci pour cette belle lettre réfléchie et argumentée qui n’a pas peur de soutenir les plaignantes et les victimes : c’est plutôt rare...
    Je pense à un point précis de la lettre concernant "l’éthique des psychanalystes" car cette éthique est souvent présentée comme une référence sérieuse au grand public pour lui donner confiance.
    Mais CETTE ÉTHIQUE PSYCHANALYTIQUE N’EST POURTANT NULLE PART RECONNUE QUAND ELLE EST PUBLIQUEMENT ÉVOQUÉE !

    - Faut voir par exemple les réactions des soi-disants "spécialistes de la psychanalyste" :
    C’est toujours la responsabilité de l’analysante qui est ironiquement (voire méchamment) soulignée.
    Ou bien alors : "y’a qu’à faire un procès"...et y’a ka aller se plaindre ailleurs.
    Sauf que ça n’a rien changé pour moi de m’adresser directement à la STÉ DE PSYCHANALYSE RESPONSABLE DU PSY TRANSGRESSEUR DE L’ÉTHIQUE.

    - Les psychanalystes ont fait eux-aussi comme si ce que je racontais n’avait aucun rapport avec leur éthique officielle : c’était encore la vie privée de chacun !
    ...Ou bien alors c’était "mon problème inconscient", mon "rapport personnel à l’autorité" ou encore "mon fantasme délirant" etc.
    Bref, je me suis illico retrouvée "en analyse individuelle" sans un mot sur la réalité de l’agression que je dénonçais.
    ...Tous ces psychanalystes étaient délibérément hors-sujet en parlant de "mon inconscient" tout en refusant de parler de l’agression du psy : RIEN SUR MA PLAINTE OFFICIELLE (avec des documents en conséquence, dont l’aveu manuscrit du psy sur ses manipulations en consultation).
    Et même le directeur de la SPP, prestigieuse Sté Psychanalytique de Paris, m’a renvoyée immédiatement devant le Conseil de l’Ordre parce qu’il s’agissait d’un "psychiatre-psychanalyste"...sauf que ce psy m’avait reçu en tant que "psychanalyste de la SPP" !
    J’ai eu cette réponse-là pour couper court officiellement.
    ...La SPP s’en est donc lavée les mains pour ne pas faire peur aux gens en mettant en cause son psychanalyste "maison" : en reconnaissant un abus extrêmement fréquent en psychanalyse (sachant que c’est habituel de fermer les yeux là-dessus).
    D’où le silence complice d’une agression, la récidive du psy à redouter, ainsi que l’Omerta professionnelle à ce sujet.
    Pour ce que j’ai vécu et aussi pour ce que j’ai lu par la suite...

    - Enfin le Conseil de l’Ordre a lui-aussi fait semblant d’ignorer dans ma plainte qu’il y avait une "éthique psychanalytique spécifique" concernant un psychiatre en "thérapie analytique" ou bien en "psychanalyse" (parfois en partie financée par la Sécu... en même temps que le patient paye de sa poche, comme c’était mon cas).
    Drôle de confusion sur "qui fait quoi comment"...et qui en est responsable déontologiquement !

    - C’est donc cette pseudo-ignorance de tous sur l’éthique et sur la déontologie professionnelle (psychanalytique et médicale !) ainsi que le silence là-dessus qui m’a tellement stupéfaite et mise en colère pour toutes les railleries quand j’osais en parler publiquement : devant la justice également, il n’y eut aucun écho.
    Mais de qui se moque-t-on ?
    ...A mon avis, des patientes officiellement mises en confiance puis jugées ensuite "trop crédules" concernant le professionnel consulté !

    - J’insiste donc sur le fait que quoi qu’il en soit et toujours pour ce que j’ai vécu (il y a quelques années) CE RÉGLEMENT SUR "L’ÉTHIQUE PSYCHANALYTIQUE" N’A AUCUNE VALEUR JURIDIQUE !
    ...C’est seulement une recommandation interne qui n’a aucune force contraignante et qui n’est donc pas reconnu devant les tribunaux : un peu comme Hippocrate actuellement.
    ...Il faudrait également lui donner force de loi pour que plaider une "’éthique psychanalytique spécifique" soit plausible devant la Justice (et devant le Conseil de l’Ordre !)
    Et là encore, c’est un autre combat : perdu d’avance à mon avis contre le lobby psychanalytique français qui se garde bien d’avoir un rapport officiel avec la loi, la médecine, et la recherche scientifique officielle.
    ...Zéro réglementation juridique et zéro contrôle pour une indépendance totale : c’est ce qui est voulu et déclaré par les psychanalystes eux-mêmes (c’est vérifiable par ailleurs).

    - Alors ajouter un article supplémentaire au "Code de déontologie médicale" serait déjà un vrai progrès, à mon avis.
    Je suis très heureuse que certains l’aient compris et je les remercie de leur soutien quel qu’il soit.

  • C’est pourquoi, a la lecture du roman La maladie de Sachs, de Martin Winckler, j’avais été choquée par la relation entre le médecin et sa patiente.

  • Sans vouloir troller ni me faire l’avocat du diable...

    Bien sûr, ne peuvent être tolérées :

    - ni les relations sexuelles en cours de consultation, présentées ou non comme "faisant partie du traitement" (massages, caresses, etc.)

    - ni celles liées à la psychiatrie, qui concernent des patientes fragilisées ( mais toutes ne le sont-elles pas un peu en face d’un médecin ?)

    Mais je connais un généraliste qui donne fréquemment RV à des patientes en dehors des consultations, lorsqu’il ressent une attirance réciproque...Qu’en penser ?

    • Mais je connais un généraliste qui donne fréquemment RV à des patientes en dehors des consultations, lorsqu’il ressent une attirance réciproque...Qu’en penser ?

      C’est totalement anormal. Un cabinet n’est pas un bar de rencontres.

    • lorsqu’il "ressent" une attirance réciproque ?!

      Reste à savoir si ce ressenti est réel et si réciprocité il y a ?! on connaît le rituel des prédateurs sexuels : ils imaginent à la place de l’autre et passent à l’acte sans jamais se soucier de la réalité vécue par l’autre...
      Confondre séduction et harcèlement sexuel, voila bien le délit à exclure sans hésitation des relations patient-thérapeute ( qu’ils soient médecins, kinésithérapeutes, etc... !

    • encore un malade, mais bon lui au moins ne le fait pas pendant ses consultations

  • Bonjour,

    Je pense en effet que la psychiatrie est un domaine où ces questions sont particulièrement sensibles.

    J’ai vu un psychiatre pendant des mois. Il faisait des commentaires sur mon physique, mon habillement, mon attitude, ma vie sexuelle, qui étaient très déplacés (vraiment déplacés ...). Et même si je ne ressentais pas d’attirance pour lui, je n’arrivais pas à rompre la relation thérapeutique, parce que j’étais dépendante de son aide. Les rendez-vous réguliers instauraient un rythme, une habitude auxquels il était difficile de mettre un terme. Je comprends ceux et celles qui, sous l’emprise d’un médecin, ne parviennent pas à se défendre face à des propos / comportements transgressifs. Quand j’ai réussi à prendre de la distance avec ce psy, j’ai éprouvé une grande détresse.

    Du coup, ça me semblerait normal de poser des limites, même pour le principe, histoire que certains thérapeutes se souviennent qu’ils ne peuvent pas dire ou faire n’importe quoi face à des gens fragiles et / ou dépendants. Car pour moi, le fait de ne pas pouvoir me passer de ce psychiatre à qui j’avais confié ma vie était un problème clé.

    • J’ajoute que les patients psys ont moins de chance d’être pris au sérieux :

      D’une part, parce qu’ils sont suspectés d’avoir indûment "prêté" certaines pensées au psy. Ce phénomène de projection est assez classique. Il faut faire la distinction entre ce qui relève des faits et de l’interprétation du patient.

      D’autre part, parce qu’on est ... en psychiatrie ! Difficile de prouver que non, on n’est pas mythomane, nymphomane, et j’en passe.

    • Marrant comme la charge de la preuve revient au patient devant l’omnipotence du médecin. Pourquoi le patient devrait prouver qu’il n’est pas.... et que ce n’est pas au médecin de prouver qu’il est...
      C’est le problème majeur de la médecine telle qu’elle est aujourd’hui. Une blouse blanche dit "c’est comme ça" et pafff cela en fait une vérité et il est très compliqué d’en sortir, on demande alors des ’preuves’ irréfutables, preuves que les médecins n’ont pas besoin de fournir, leur parole suffit, une nouvelle forme de messie moderne.

    • En la matière, c’est tout l’intérêt d’introduire l’interdit dans le Code. Cela évite de se poser la question de savoir si cette relation était justifiable ou si c’est la patiente qui a séduit le pauvre médecin si vulnérable face à une vile séductrice.

    • En dehors du cas particulier de la psychanalyse et de la psychiatrie, avec leurs phénomènes compliqués de transferts,etc., la difficulté vient du fait qu’on pourra toujours dire à une patiente qui consulte pour des questions purement organiques : "Si le comportement de ce médecin vous a paru suspect, pourquoi n’en avez vous pas changé ?"

      Et puis, que voulez-vous mettre exactement dans le Code ? Qu’un médecin ne pourra jamais avoir une relation sentimentale et sexuelle avec une patiente qu’il a soignée, même s’il la rencontre ensuite ailleurs ? Et (pour troller un peu) les nombreux médecins qui soignent leur femme devront-ils divorcer ?

    • Elie, donne-toi au moins la peine de lire les messages précédents. Par exemple http://www.atoute.org/n/article364.html#forum12528

    • Dominique, ceci dit :

      - d’accord pour que vos préconisations figurent sur le Code de Déontologie, il faut que ceci soit écrit quelque part ;

      - mais, en pratique : croyez-vous que cela sera possible à appliquer, qu’on pourra prouver l’absence de tout contact entre le médecin et son ex-patiente pendant les 6 mois précédant une aventure amoureuse ? Je crois qu’il sera toujours impossible d’empêcher une relation sentimentale, ou simplement sexuelle, entre un médecin et sa patiente, au cas où les deux en aient envie : d’ailleurs, dans ce cas-là, qui porterait plainte pour qu’une autorité ordinale ou judiciaire puisse s’en saisir ?

    • Bonjour Elie,
      Aucune loi n’a jamais empêché totalement les délits ou les crimes. Le but du délai est de justifier l’absence d’emprise et la sincérité de la relation.

      Dans plusieurs affaires dont j’ai eu connaissance, le médecin séducteur poursuivait sa victime de SMS ou de messages vocaux quand elle essayait de lui échapper.

      C’est aussi la possibilité pour un médecin sincère tombé amoureux d’un.e patient.e de justifier (par l’absence de preuve de contact pendant 6 mois) qu’il a suivi les recommandations déontologiques. Il ne faudrait pas qu’un.e amant.e éconduit se venge en prétendant avoir été séduit.e par un médecin profitant de sa vulnérabilité.

  • En tout cas, c’est dans le code du travail depuis 1992 : "la loi condamne l’abus d’autorité en matiere sexuelle sur les lieux du travail" et en 2015, une revolution, apparaît le terme "sexiste"
    le magazine du quotidien le Monde du 28 oct 2017, page 48
    jpa

    • Relation d’autorité, oui !
      Mais c’est une autorité très particulière s’agissant d’un psy...

      - Je me permets encore de préciser qu’en matière de psychanalyse et de "thérapie analytique", il y a une manipulation psychique PROFESSIONNELLE très bien expliquée par la théorie analytique freudienne : il s’agit de "s’attacher l’analysant" !
      L’outil de travail principal de l’analyste c’est précisément le "transfert" des émotions du patient sur l’analyste.
      Et plus précisément, il s’agit (...toujours selon la théorie) du "transfert oedipien" du patient sur le psy qui incarne à la fois l’autorité parentale et la relation érotique interdite de l’inceste.
      En analyse, le transfert d’amour érotisé concernant les parents est donc supposé "transféré sur le psy" pour résoudre définitivement son "conflit oedipien inconscient" transformé en névrose (selon la théorie).
      ...Sachant que cette relation incestuelle inconsciente chez le patient est bien sûr interdite au psy !
      Et si le patient a le droit et même l’obligation de TOUT DIRE en analyse, le psy n’a pas le droit d’exprimer ses émotions personnelles.

      - Le transfert amoureux de l’analysant sur le psy de n’a donc rien d’une surprise, d’une exception, d’un accident ou d’une "vraie" rencontre amoureuse : c’est le fonctionnement traditionnel de l’analyse depuis Freud puisque la relation oedipienne inconsciente (et le désir sexuel interdit !) est le pilier de cette héorie et pratique analytique !
      ...D’où en théorie et dans le discours officiel des analystes une exigence éthique soi-disant STRICTE et RENFORCÉE quant à la distance physique et affective à tenir avec le patient...
      Sauf qu’il n’y a aucune reconnaissance légale de cette situation analytique transférentielle ni aucune réglementation juridique "renforcée" en conséquence.
      Ce n’est pas donc pas le transfert amoureux en analyse qui devrait étonner, c’est l’absence d’une réglementation spécifique !

      - Et cette réflexion vaut bien sûr pour tous les soignants qui pratiquent une "thérapie analytique" d’inspiration freudienne, comme c’est souvent le cas en France.
      Psychanalystes, psychiatres, psychologues et psychothérapeutes
      connaissent tous les risques d’attachement du patient (...c’est leur "culture psy" !) mais le patient qui est aux prises avec son "inconscient oedipien" ou avec son désir sexuel libéré par l’analyse ne voit pas forcément le rapport avec sa thérapie.
      Ce qui en fait des proies sexuelles faciles.
      ...Sauf qu’au-delà de l’abus professionnel d’autorité et de la relation au psy quelle qu’elle soit, cette thérapie par la parole perd son sens symbolique concernant la place de chacun et aussi le respect de "la Loi" supposé équilibrer le psychisme de chacun.
      C’est donc un gouffre qui s’ouvre devant des personnes souvent fragilisées par leur passé, et c’est aussi un effondrement psychique durable par la perte de tous les repères symboliques chèrement acquis en cours d’analyse.
      Ce qui dépasse la simple histoire "amoureuse" ou bien le simple "abus sexuel" en consultation.

    • Bonjour, je suis hors-sujet mais votre commentaire m’interpelle quand vous dîtes " Et si le patient a le droit et même l’obligation de TOUT DIRE en analyse (...) " : non non non le patient n’a aucune obligation de tout dire à son psy, on n’est pas à confesse, un psy n’est pas un curé ! Après, chacun conduit sa cure analytique à sa façon...
      Bonne soirée Maparole

  • Je précise aussi que le Droit français ne fonctionne pas sur la délation ou bien sur un principe général de "moralité" : il faut qu’il y ait une atteinte PERSONNELLE déclarée pour valider la plainte !

    En ce sens, les adultes et les majeurs qui vivent une relation incestuelle heureuse ou bien les patients qui ont une véritable relation d’amour heureuse avec un soignant ne porteront pas plainte...
    Et c’est tant mieux pour eux puisqu’il n’y a pas eu d’abus.

    Mais ca n’empêche pas que d’autres personnes qui s’estiment abusées portent plainte !
    ...Et ça n’empêche pas non plus que la loi soit un rappel collectif de ce qui est interdit pour protéger les plus faibles : dans des situations où ils sont exposés aux abus.

  • Pourquoi il est nécessaire que les abus soient inscrits comme tels dans les textes :

  • Sujet brulant d’actualité ... prévu par Hippocrate !
    merci je ne savais pas que ce paragraphe avait disparu de Code ...va savoir pourquoi ...??
    Tout cela me fait me rappeler cette histoire où un vieil homme de 77 ans avait ruiné la carrière d’un médecin à 6 ans de la retraite je crois dans l’Ouest de la France je crois à propos d’un toucher rectal ...je me rappelle très bien avoir vu un médecin du village à côté son "cher confrère" qui était interviewé au journal de 13 heures et qui déclarait :"il n’y a pas de fumée sans feu "... heureusement pendant des années de procédure où il a été interdit d’exercer la femme du Médecin l’ a défendu... il a été innocenté ...il n’a jamais pu retravailler ...le préjudice qu’il a subi n’a jamais été pris en compte ..

    • Bonjour,
      La situation que tu décris est exceptionnelle ! Généralement, c’est la victime que personne ne croit.

    • DD tu sais combien j’apprécie ts articles et les échanges suscités ...condamner un innocent c’est exceptionnel mais c’est la plus grande faute que peut commettre toute Justice dans un état de droit ...
      ainsi il ne s’agit pas de "situation" mais d’un fait cela avait fait l’objet de plusieurs minutes d’antenne au 13 heures de TF1 .. en ce qui me concerne" je suis pour Hippocrate" et donc d’accord avec le fait que cela soit écrit dans le Code et je ne comprends pas que cela est été supprimé... car c’est un devoir du soignant ...ensuite si on peut encore échanger et diverger sur le blog il faut pouvoir modérer les ardeurs de chacune des "parties" ..en effet qui pense ici que les victimes ne doivent pas être écoutées ? ..et qui pense que l’on ne peut pas non plus voir les "risques du métier" ? je trouve qu’il est de plus en plus difficile de se faire entendre quand on veut essayer de voir tous les aspects d’un problème épineux et que si nous continuons à communiquer sur des scandales sans pouvoir élever le débat sous prétexte que la souffrance des victimes l’emporterait sur toute réflexion et serait immédiatement taxée de corporatisme alors on finit par taire les idées qui nous traversent l’esprit au fil de la discussion .. en tant que soignant je crois que nous sommes particulièrement bien placé pour savoir que la Vérité n’existe pas et qu’il y a de nombreuses vérités ...ainsi à te suivre on peut croire que la séduction au cabinet c’est courant ..plus courant qu’à la poste ou dans les banques les assurances ou à l’auto école ..en exagérant on pourrait se demander si un Médecin marié et reconnu infidèle ne devrait pas être sanctionné par ses pairs si il tombe amoureux d’un de ses patients et qu’il finit par lui déclarer sa flamme sans jamais l’avoir touché ...aussitôt que j’écris cela aussitôt j me dis que je vais me faire houspiller ..l’auto censure devient un gage de tranquillité mais pas de richesse dans le débat d’idées ...

  • Le médecin n’est pas un robot. En voici encore une preuve...RIP

    https://www.legeneraliste.fr/actualites/article/2017/11/03/suicide-dun-neurochirurgien-de-36-ans-au-chu-de-grenoble_312561

    ET si la séduction d’une patiente était en soi un appel au secours du thérapeute...au lieu de prévoir une sanction, il faudrait mettr een place un système de prise en charge psychologique du thérapeute séducteur...

    https://www.legeneraliste.fr/actualites/article/2017/11/04/suicide-des-medecins-lassociation-soins-aux-professionnels-de-sante-lance-une-enquete_312577

    • Le problème me semble surtout le déni de certains problèmes ainsi que la difficulté de reconnaître certaines failles individuelles chez des médecins professionnels.
      C’est aussi l’esprit corporatiste qui excuse le professionnel en préférant enterrer le problème soulevé plutôt qu’en discuter sérieusement : tabou et Omerta, et puis les excuses habituelles pour le cher confrère qui a un métier si difficile...

      - Avertir la profession et le Conseil de l’Ordre de certains comportements inadaptés c’est vouloir aider le médecin autant que ses patients.
      ...C’est le sens de beaucoup de témoignages financièrement désintéressés devant le Conseil de l’Ordre, des témoignages qui ont pour but d’alerter déontologiquement pour recadrer le praticien ou bien pour le faire soigner : pour l’empêcher de nuire et pour qu’il règle ses problèmes privés !

      Je n’ai jamais entendu parler de médecins se reconnaissant eux-mêmes en difficulté (...comme le Pr. Hazout par exemple).
      Ni de psys demandant conseil à leur superviseur ou bien renvoyant leur patiente quand ils se sentent prêts à déraper.
      Réputation oblige !

      Et j’ai rarement vu la parole d’une plaignante accueillie avec attention concernant le problème d’une agression sexuelle en consultation.
      ici, c’est peut-être ce qui est en train de changer ?
      ...Car il ne suffit pas d’afficher quelques principes idéalistes pour faire le tour de la question, du genre "donner rendez-vous en dehors du boulot" par exemple.
      C’est plutôt irréaliste si l’on réfléchit que c’est justement parce qu’il y a une situation exceptionnelle et une tentation occasionnelle avec une femme dénudée ou une patiente qui parle sexualité que le praticien s’excite !
      Sans avoir besoin de s’exposer en draguant ouvertement par ailleurs puisque c’est offert à domicile et sans risque...et que ce n’est pas interdit par la loi.
      Il y a là un vrai problème lié à la profession médicale qui me semble constamment esquivé en France (et dans les études de médecine).

      - De facon plus générale, c’est l’image du médecin irréprochable et au-dessus de tout soupçon qui est plutôt défendue : l’image du notable fiable et responsable qui est bien ancrée dans les mentalités.
      ...Alors c’est souvent la volonté de sauver les apparences plutôt que les personnes en faisant du professionnel un robot inoxydable ou un plus-qu’humain, oui.
      Parfois dans l’attente du pire qui n’est pas évité en fermant les yeux sur le dérapages : le gros scandale plublic, le procès et la sanction officielle etc.
      Oui bien sûr, c’est humain : tout le monde peut craquer et ça arrive dans toutes les professions, mais comment y faire face ?

      Comment PRÉVENIR certains dérapages et comment RÉAGIR sans les laisser empirer ?
      Sûrement pas en faisant l’autruche et en laissant certains médecins se débattre seuls : sans réglementation officielle ni recours réalistes en cas de sur-tension !

    • En effet, les médecins sont des êtres humains, et donc "faillibles". Vouloir tout gérer, y compris les réactions relevant de la sphère privée relève de l’utopie, voire de l’intrusion cruelle.

      En voici un exemple :
      Une généraliste belge internée de force sur "dénonciation" d’un confrère

      http://www.sudinfo.be/906226/article/regions/liege/actualite/2014-01-19/aywaille-j-ai-ete-internee-parce-que-j-ai-parle-d-euthanasie

      Pire : une (excellente) neurochirurgienne belgo-turque tue sa fille adolescente pour abréger ses souffrances liées à un cancer au cerveau
      https://www.lenouveaudetective.com/belgique-louvain-mehrnaz-neurochirurgienne-tue-fille-tumeur/

  • Comment éviter une séduction "indésirable" dans un cabinet médical masculin ?
    Facile !
    Y aller accompagnée ou éviter les médecins masculins comme le font les musulmanes...pourquoi chercher une autre solution ?

  • Tout de même, Dominique, ça marche aussi parfois dans l’autre sens : dans "Le Corbeau ", de Clouzot, Ginette Leclerc cherchant à séduire son médecin Pierre Fresnay. .. (qui ne succombé pas, bien sûr : le film date de 1942 !)

  • On ne pourrait donc pas coucher avec son médecin ? Et pourquoi ?
    Si je trouve séduisante cette chirurgienne qui m’enlève avec dextérité un kyste disgracieux ou ce généraliste qui terrasse mon angine blanche, je devrais me heurter à un interdit d’un autre âge ? Ne sommes-nous pas deux adultes libres ? Vous voudriez qu’une loi nous empêche d’avoir des rapports sexuels ? Mais de quel droit et sur quelle base ?
    Vous critiquez le harcèlement sexuel et les conduites prédatrices : ce sont elles qu’il faut combattre. Mais certainement pas au prix de la liberté individuelle !
    Le sommet est atteint quand vous indiquez que le législateur devrait accorder une dérogation pour les patientes (tiens, et pas les patients ?) libres de tout lien conjugal. Désolé, mais on a le droit de tromper son mari avec qui on veut, et même de coucher avec un médecin pour lequel on n’éprouve nul sentiment amoureux.
    Dernier point : que vient faire la psychanalyse dans un billet consacré à la médecine ? Croyez-vous encore vraiment que cette théorie ait des vertus thérapeutiques ?

    • Bonjour
      Vous pouvez coucher avec votre médecin, mais lui (ou elle) ne devrait pas. De même que vous pouvez avoir envie de coucher avec votre patron (ou patronne) mais que lui ne devrait pas. Idem pour votre nièce (ou neveu) de 13 ans. Cela vous paraît plus clair ? Vous êtes libre, mais votre médecin ne l’est pas.

      C’est simple, un médecin ne devrait accepter de rapport sexuel avec un ou une patiente (voir la note 1 pour le féminin) qu’à partir du moment où il ou elle n’est plus son patient ou sa patiente. Ils redeviennent alors des adultes libres.

      Pour ce qui est de la psychanalyse, pratique non médicale, elle est citée car la relation asymétrique et l’emprise du thérapeute sont très proches. Et les psychanalystes ne considère pas que l’analyste et l’analysant sont des adultes "libres".

    • Non cela ne me paraît pas plus clair, au contraire. Vous confondez l’interdit de coucher avec ma nièce (ou mon neveu) de 13 ans, lié à leur minorité (le jour de leurs dix-huit ans nous pouvons coucher ensemble, et ne me dites pas que tout lien d’autorité aura disparu d’un coup), donc vous confondez cette situation avec celle de deux adultes contentants.
      Vous confondez aussi : mon chef a parfaitement le droit de coucher avec moi si je suis d’accord. Il.est totalement interdit en France de proscrire ce genre de relations au sein une entreprise. Et heureusement.
      Tous les adultes contentants ont d’ailleurs le droit de coucher entre eux, sauf dans les cas où l’un enquête sur l’autre ou doit le.juger, auquel cas une récusation est nécessaire. Mais un médecin peut soigner quelqu’un qui l’aime, comme ça se fait couramment dans votre métier pour sa femme et ses enfants.
      C’est juste un droit fondamental que vous voulez restreindre. Mon médecin (qui est mon médecin de famille) et moi, le jour où nous aurons envie de coucher ensemble,n’avons aucune envie d’avoir à attendre que l’envie passe, qu’une loi moins idiote que celle que vous voulez.faire voter la remplace ou que le Conseil de l’ordre soit tolérant.
      Vous confondez répression des abus avec le viol des droits fondamentaux des majeurs. Vous n’avez pas à légiférer pour empêcher telle ou telle de mes rapports sexuels possibles avec des adultes. Cette dictature d’une fausse morale est une plaie et nous fait régresser vers un ordre moral hypocrite qu’on croyait dissous dans ses turpitudes.

  • En réponse au rapport de la psychanalyse et de la pratique médicale en France ...

    1°/ Beaucoup de médecins-psychiatres sont AUSSI des "psychiatres-psychanalystes".

    2°/ Beaucoup de psychiatres pratiquent une "thérapie analytique" en tant que traitement traditionnel, sans explication ni véritable choix laissé au patient.

    3°/ Beaucoup de "psychiatres-psychanalystes" passent facilement d’une "thérapie analytique" à une "psychanalyse" au bout d’un certain temps.
    Avec pour argument que le "traitement" sera ainsi plus efficace !
    ...La différence immédiate pour le patient c’est qu’il paye désormais tout ou partie de la consultation de sa poche (ce qui n’exclut pas la carte vitale).
    Et la relation au "psy" n’est pas forcément différente.

    Alors le brouillage des frontières entre la psychanalyse et le milieu médical me semble permanent en France !
    La psychanalyse n’est pas soumise comme la médecine aux règles de la recherche scientifique internationale...mais de fait, elle est étroitement associée à la psychiatrie officielle.
    Ce qui crée des "zones de non-droit" où personne ne semble savoir qui fait quoi et dans quel cadre il pratique :
    - Un psychiatre-psychanalyse pratiquant une psychanalyse avec une contribution financière du patient (en plus de la carte vitale) relève-t-il du Code déontologique du médecin ?
    - Le Code éthique de la psychanalyse s’applique-t-il au Docteur-psychiatre pratiquant une "thérapie analytique" ?
    - La psychanalyse n’est pas officiellement reconnue en tant que pratique médicale, elle n’est soumise à aucune règle de l’Etat et c’est aussi la limite d’un traitement "non scientifique", certes...
    - Mais la conséquence pour les patients, c’est que la pratique analytique de nombreux psychiatres ne semble pas connue du Conseil de l’Ordre !
    Ni d’autres tribunaux : de quoi parle le plaignant, de quoi se plaint-il au juste ?
    Mystère et incompréhension...
    - De plus, une patiente comme je l’étais qui a osé se plaindre à la Société de Psychanalyse du psychiatre-psychanalyste abuseur fut immédiatement renvoyée devant le Conseil de l’Ordre...parce qu’il s’agissait AUSSI d’un médecin-psychiatre !
    Et le Président de la Sté de Psychanalyse a lui-même signé son avis en précisant qu’il était...."Docteur".
    Drôle de référence dans ce contexte.

    En France, la confusion existe à tous les niveaux...et ce n’est vraiment pas la faute des patients qui cherchent à y voir plus clair.

    • C’est assez simple : la médecine est maintenant largement fondée sur une démarche scientifique, reposant notamment sur l’évaluation des connaissances et des pratiques.
      La psychanalyse est quant à elle une discipline sans aucune valeur prouvée. Appelez la discussion de salon, charlataneríe ou tissu de foutaises suivant votre préférence. Les délires sur le complexe de castration sont par exemple un sommet comique de cette école.
      Donc les médecins doivent pouvoir continuer à coucher avec leurs patients si tout le monde est d’accord er s’il n’y a pas d’abus, mais il serait pertinent de leur demander d’exercer la médecine, c’est-à-dire de leur interdire de pratiquer homéopathie, acupuncture, psychanalyse et autres techniques apparentées au chamanisme.

  • étant moi même de la profession, je soutiens évidemment cette initiative ; Certes, la tentation existera toujours, la chair est faible, mais l’esprit peut la dominer, avec l’aide de Dieu sans qui rien ne peut se faire, évidemment.
    il me souvient par ailleurs avoir été à trois reprises (du moins c’était flagrant dans ces trois cas, il y en a probablement eu d’autres plus subtiles qui m’ont échappé) victime d’une tentative de séduction caractérisée par une patiente au cours de la consultation, détail amusant, les trois dames appartenaient à une même catégorie socio professionnelle que je n’indiquerais pas, suivez mon regard...
    Je soutiens cette initiative d’une haute tenue morale, mais je la trouve insuffisante, disons que je la considère comme une première étape dans la nécessaire moralisation de la pratique médicale : l’étape suivante devrait, à mon humble avis, être l’interdiction pure et simple aux femmes de se faire soigner par un médecin homme, pour les patients de sexe masculin, je ne sais pas si ce serait vraiment nécessaire, d’abord un homme aura en règle générale les moyens physiques de repousser une agression sexuelle venant d’une femme, et ensuite, compte tenu de la féminisation de la profession, il risque de devenir difficile de trouver des médecins mâles.
    Cependant, cela ne suffira pas : il y a le risque de tomber sur une médecin homosexuelle, donc les femmes ne seront pas totalement à l’abri d’une prédation sexuelle dans le cadre de la relation thérapeutique.
    Non, à terme, il faudra interdire la sexualité, c’est seulement à ce moment là que les femmes seront tranquilles en tout lieu et tout moment.
    Bonne journée à tou.te.s

  • en tant que médecin traitant de mon épouse, je ne sais que penser de tout ça...

  • Je suis marié depuis 16 ans avec la femme que j’aime et je l’ai rencontrée dans mon cabinet, avant j’ai vécu plusieurs années avec une psychologue que j’ai rencontré dans mon travail et c’était une relation amoureuse. Votre pétition est une grande absurdité visant à transformer notre société en un monde comparable à la société américaine puritaine raciste et violente. Les noms des signataires sont une grande surprise qui les déshonore et les décrédibilisent..avez-vous abusé d’eux ?
    Pauvre France où des pseudo féministes s’auto proclament gardiens de la morale...je reprends les commentaires nombreux.. ;pensez à interdire aux plombiers d’abuser de leurs clientes, aux conseillers fiscaux du crédit agricole, aux postiers qui vous livrent les colis...aux DRH, aux infirmiéres, aux aides soignants, aux professeurs d’école avec les parents d’élèves, etc...ces signataires ont du perdre quelques neurones avant de signer.. ;et pour une fois je salue la position du CNOM...et vive la burka !

    • moi aussi, je suis déçu de trouver parmi les signataires quelqu’un comme Madame Frachon...
      bon ceci dit, çà fait trois jours que ce machin est en ligne, et on arrive péniblement à 500 signatures, en dépit du battage médiatique complaisant (cherchez sur Google actualités, vous serez édifié par l’écho donné à ce truc...) toutes les réactions que j’ai recueillies dans mon entourage aussi bien professionnel (très majoritairement féminin) qu’amical et familial sont négatives. tout espoir de retour à la raison n’est donc pas perdu...

    • Bonjour,
      Qu’est-ce qui vous aurait empêché il y a 16 ans, de confier votre future épouse à un confrère avant de lui déclarer vos sentiments ?
      Est-ce que ce petit délai qui est imposé justifie d’un outil majeur pour lutter contre les prédateurs sexuels qui salissent notre profession ?

    • on voit bien que vous n’avez pas été confronté à ce problème ni une de vos amies ou proches

      croyez moi je parle en connaissance de cause, ces médecins sont de véritables prédateurs, ils creent une véritable addiction, difficile de s’en sortir

  • même aujourd’hui je n’arrive pas a le ou les dénoncer...cherchez du cote des psychotherapies analytiques psycho corporelles , initiées par un psychiatre célébre, dcd ce jour,, dont les disciples exerçaient leur art avec pratiques sexuelles courantes dans des centres conventionnés secu sle, hopital de jour,et soutenus par des psychanalystes classiques ! ils ont ecrit un livre ou ils disent que ce qu’ils font n’est pas une perversion, mais une transgression ;tout le monde savait ; on était ds les années 1980 ;j’ai été bousillée par cette thérapie ou je me suis rendue pdt 6 ans,ma vie a été bouleversée et je continuais car je pensais que j’allais enfin "guérir" ;il a fallu 10 ans d’autres thérapies pour vivre a peu prés, mais avec des maladies aggravées ...j’ai été captive et 30 ans après rien n’est oublié.

  • J’ai prononcé , voilà près de 50 ans , un serment suffisamment explicite . Il me parait superfétatoire d’en rajouter .

  • "Faites l’amour, pas la guerre" et pensez à porter plainte après, ça pourra rapporter gros.
    J’ai 33 ans, je suis divorcé, je suis médecin d’hopital. Je ne fais que travailler. Parce que l’institution hospitalière n’est pas capable de me remplacer. Les congés s’accumulent sans être pris, le travail est fait par tous temps et en toutes conditions de santé, que j’ai malheureusement fragile (une perfusion par mois que je fais en cachette dans un bureau entre midi et 14 h pour que le travail ne ralentisse pas).
    Je souffre de ma solitude. Très fort.
    J’ai eu le malheur de trouver une infirmière jolie. J’ai eu le malheur de demander à une de ses collègues si elle était célibataire. J’ai failli avoir mon nom dans le hashtag metoo. Alors je l’évite très soigneusement, l’infirmière jolie, parce qu’on ne sait jamais, on me mettrait tellement vite en prison. A non pardon des tas de gens mourraient si j’allais en prison. Donc non on me mettrait un bracelet électronique. A non pardon j’ai déjà un téléphone portable et un systeme d’astreinte... J’ai commencé ma condamnation à partir du moment où j’ai mis les pieds pour la première fois à l’hôpital. Mais je ne le savais pas.
    Un jour, peut être que la femme qui me sortira de ma solitude, elle sera de l’autre coté de mon bureau. Et là... je serais radié du coup.
    Messieurs et mesdames les bien pensants, je vous prie, laissez votre besoin de buzz et de politiquement correct en dehors de mon slip. Laissez moi survivre, ne vous inquiétez pas, je ne vous dérangerais pas longtemps.

    • Je compatis, cher (jeune) collègue, et quand je vois la tournure que prennent les rapports hommes-femmes dans notre société ; je me dis que c’est pas plus mal, en ce qui me concerne, de m’acheminer vers un âge ou mon service trois pièces ne me servira plus qu’à pisser (non sans difficultés, d’ailleurs, faudra que j’aille voir un confrère urologue un de ces jours, mais la perspective de me faire enfoncer un doigt masculin, fut il ganté, dans le fondement m’enchante modérément...)
      je remercie le Ciel qui, en sa grande sagesse et bonté, m’a permis de n’engendrer que des filles : si j’avais envoyé sans qu’il m’ait rien demandé (et pour cause) un garçon dans ce monde aussi hostile aux mâles, çà me culpabiliserait passablement.

    • Bonjour,
      Je compatis aussi à votre souffrance. Mais je vous mets en garde : souffrir ne justifie pas de faire souffrir les autres. Utiliser votre autorité de médecin pour séduire une patiente que vous suivez pourrait lui faire beaucoup de mal, et elle n’est pour rien dans vos problèmes.

      Si un jour, il se passe quelque chose entre vous et une patiente, et si vous souhaitez aller plus loin, suivez le conseil que nous donnons : déclarez-lui vos sentiments, confiez-la à un confrère, et recontactez-la trois mois plus tard. Vous n’aurez aucun ennui, et vous pourrez être sûr que votre relation part sur des bases saines.

      En revanche, si votre discours est "je suis trop occupé pour sortir, et je préfère tirer un coup avec ce que j’ai sous la main" (je grossis le trait...), ça ne va pas être possible.

      Il ne s’agit pas de buzz, mais d’un cri de souffrance insuffisamment entendu, émis par des centaines de femmes dévastées par une relation hautement toxique. Prenez la peine de lire les trois témoignages liés plus haut.

    • Au sujet du buzz, je confirme ce que j’avance. Cette proposition, qui fait globalement beaucoup rire, joue sur un mouvement médiatique de masse, bénéficie d’une couverture complaisante, est à l’évidence anti constitutionnelle et serait battue en brèche devant toute juridiction supérieure, au nom, simplement, des droits humains fondamentaux : "tous naissent libres et égaux en droit". Y compris les médecins.
      Par contre, on est obligé de passer, pour signer la pétition, devant la liste des sites web de "personnalités". Beaucoup de docteurs. Qui ont ... une interdiction ordinale de publicité, non ?
      Et .. que trouve t’on derrière ces sites webs ? A 2 clics, des bouquins à vendre.
      Je conteste vivement votre déontologie. En pesant mes mots. Qui utilise le malheur de ces témoignages ? Qui va gagner de l’argent ?

  • Médecin généraliste de 50 ans, il m’est arrivé plusieurs fois au cours des 20 dernières années d’avoir des relations sexuelles avec des amies de longue date à mon cabinet après qu’elles m’avaient demandé d’être leur médecin traitant. Ma femme, également amie de ces dames est au courant et tout le monde est content. Bref bien que j’entre dans vos critères sur l’abus il n’y a pas de victime.
    Comment gérer tous les cas particuliers après votre proposition ?

  • Bonjour, Dominique

    Comme vous le faisiez vous-même à propos du nouveau calendrier vaccinal, dont je souhaite bien sûr la généralisation effective, je me demande, pour ce problème des relations sexuelles entre médecins et patient(e)s, si la voie législative ( obligation pour les vaccins, interdiction pour les rapports sexuels) sera la plus efficace.

  • Les Québecois sont toujours en avance sur nous sur le plan éthique

    Leur code de déontologie :
    http://legisquebec.gouv.qc.ca/en/ShowDoc/cr/M-9,%20r.%2017/#se:22 et l’article 22

    De façon amusante, la phrase anglaise

    More specifically, the physician must, for the duration of the professional relationship established with the person to whom he is providing services, refrain from having sexual relations with that person or making improper gestures or remarks of a sexual nature.

    Devient traduite http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/showversion/cr/M-9,%20r.%2017?code=se:22&pointInTime=20180329#20180329

    Plus particulièrement, le médecin doit s’abstenir, pendant la durée de la relation professionnelle qui s’établit avec la personne à qui il fournit des services, d’abuser de cette relation pour avoir avec elle des relations sexuelles, de poser des gestes abusifs à caractère sexuel ou de tenir des propos abusifs à caractère sexuel.

    Pourquoi la notion d’abus est-elle ajoutée dans la version française ? Cela suppose que la victime devra prouver qu’il s’agit d’un abus ?

    L’information du public : http://www.cmq.org/nouvelles-pdf/n-1-2018-02-28-fr-nouveau-depliant-inconduite-sexuelle.pdf?t=1522343929920

    Et enfin, voici ce que l’on aimerait voir publier par l’Ordre des médecins français http://www.cmq.org/pdf/articles/article-inconduite-sexuelle-automne2013.pdf Il est intéressant de constater que les Quebecois traitent de la même façon toutes les professions, mais que les pires délinquants sexuels semblent être les médecins, même si le nombre de cas avérés est infime.

  • Est-il possible, Dr Dupagne, de lancer un appel à témoins sur ce forum afin de faire émerger la parole de victimes d’un même psychiatre de l’ouest parisien ?

    • Bonsoir,
      Malheureusement non. Ce serait considéré comme un appel à délation et je devrais l’effacer.

    • Compris. Même si je ne donne pas de nom ?? J’ai mis 17 ans à commencer à parler. Je sais que je ne suis pas la seule. Comment informer celles qui se taisent encore qu’une plainte pénale a été déposée (et que j’irai jusqu’au bout) et qu’une plainte disciplinaire le sera également ?

  • (Cour Européenne des Droits de l’Homme, CEDH)
    Puisque cette affaire me tient à coeur et que je me battrais aussi fortement que possible contre votre proposition de loi, je vais vous faire part de ma seule expérience de sexualisation d’une consultation :
    - J’avais 19 ou 20 ans, tout début d’externat, à l’accueil des urgences d’un énorme hopital lyonnais
    - Mlle X se présente. Elle devait avoir 25 ans. Elle dit avoir fait une tentative de suicide au Lexomil. 5 ou 6° tentative au moins d’apres son dossier médical.
    - Je dois la voir en premier. Je découvre une jeune femme assoupie. Logique avec ce qu’elle dit avoir pris. Sauf qu’au bout de 15 secondes, elle se retourne brutalement dans son brancard. Puis encore, puis encore. Elle a l’air nerveuse.
    - Je lui demande ce qu’elle a pris. En fait, elle avait pris un produit avec de la caféine et du paracetamol, je ne sais plus lequel. Et aucun tranquilisant. Elle tentait donc de feindre d’être assoupie mais ne l’était aucunement, plutot ... intoxiquée à la caféine. Mais elle même ne semblait pas le savoir, et je crois que c’était vrai.
    - Je commence à l’examiner. Au moment d’écouter son coeur, au lieu de me laisser poser mon stéthoscope sur sa poitrine à travers l’habit d’hopital, elle l’enlève brusquement et je n’ai pas d’autre choix que d’avoir sa poitrine sous le nez. Je continue, un peu inquiet... j’avais encore d’autres éléments cliniques à relever.
    - Quand je palpe son ventre, sa main va sous sa culotte, je vous laisse deviner pourquoi.
    - A ce moment, comprenant l’énorme danger, je la fais s’asseoir et fait immédiatement tester "doigt nez" et "marionettes" les médecins comprendront, ce sont des mouvements qu’on fait faire pour vérifier l’intégrité des fonctions du cervelet et de l’oreille interne ; à 2 mains :)
    - Puis je m’enfuis en allant me réfugier auprès de ma chef et lui disant que je refusais de retourner seul dans la chambre de cette jeune femme.

    La morale de cette histoire est :
    1/ Tous les médecins ne sont pas des pervers
    2/ Même très jeune et n’ayant jamais lu le code de déontologie, j’ai réagi à peu près convenablement, je crois, à cette provocation sexuelle de la part d’une femme ma foi malade dans sa tête, je pense que personne ne le constestera. Pas besoin de nouvelle loi pour ça.
    3/ JE N’AI PAS BESOIN du Dr Dupagne :) et d’aucune forme de tribunal des moeurs. Qu’il faudrait créer, derrière cette proposition, puisqu’il faudrait enquêter sur tous les couples avec un médecin et un non médecin, pour s’assurer qu’ils n’ont pas été auparavant liés par une relation patient-médecin. Car l’Ordre est un organisme de nature pénale, devant se saisir de lui même, même en l’absence de plainte. Et il sait le faire.

    Conclusion :
    - Allez proposer ce type de loi... chez les pilotes de l’air, tiens, qui ont la vie de leurs stewarts, hôtesses, et passagers, entre les mains. Ça fera bien rire tout le monde. Ou les avocats ? Enfin c’est ridicule...
    - Laissez la morale sexuelle là où mon père l’a enterré en 68.
    - Condamnons avec les lois existantes, les auteurs de VIOL ou d’AGRESSION SEXUELLE, qui sont parfaitement définis par la loi. Qu’ils soient médecins ou pas. Car nous devons être tous égaux devant les lois. Et le code de déontologie médicale ne peut pas outrepasser les droits humains (c plus joli droits de l’homme et plus historique mais bon écriture inclusive oblige...)

    Vous aurez un opposant farouche à cette proposition de loi. Qui n’est jamais sorti avec une de ses patientes, d’ailleurs. Mais là n’est pas le problème.

    Et j’insiste une dernière fois, je proteste énergiquement de la vente de bouquins accessible en 2 clics derrière cette pétition jetant une ombre inquiétante sur votre bonne volonté.

    • Post scriptum : concentrez vous plutôt sur les excellents éditos que vous faites, par exemple au sujet du prix des médicaments anti cancéreux. Je fais de la cancéro hémato en routine et ... on en aurait, de l’argent à dépenser en prise en charge des victimes d’agressions sexuelles si on gérait mieux ces prix démesurés. Ou peut être plutôt, à qui on donne ces médicaments. Ce qui... n’est pas politiquement correct du tout mais la question doit être posée !

    • Et vous risquez d’en voir d’autres, cher (jeune) confrère, encore qu’avec la spécialité que vous avez choisie, vous serez sans doute relativement protégé : vos patientes (malheureusement pour elles) ne doivent vraiment pas avoir le cœur aux jeux de séduction, elles ont sans doute d’autres préoccupations et soucis...
      je vous confirme que dans la mienne (chirurgie) çà arrive de temps en temps (de moins en moins maintenant que j’approche de la soixantaine, mais tout de même...) alors méfiance, et ne perdez jamais de vue qu’en tant que membre (viril) de la détestable race masculine, vous êtes ontologiquement coupable d’être un satyre libidineux, un obsédé sexuel in corrigible, voire un suidé domestique ("balance ton porc"). Bon courage...

  • Le débat n est pas la c est plutôt dans une réflexion de l étique et la probité d un médecin .
    Quand un médecin profite de la vulnérabilité d une patiente pour entretenir des relations sexuelles dans la cadre thérapeutique et que dans son cabinet et qu il lui fait régler les visites pour maquiller cela en soins et ne la revoit que pour cela dans son cabinet pour avoir encore des relations sexuelles avec elles .
    Que la patiente livre quasiment le mode d emploi , toutes sa vulnérabilité , toutes ses failles .
    l agresseur lui a le mode d emploi pour nous agresser .
    Les victimes en sortent doublement brisées, à la fois par la toxicité de cette relation asymétrique et la confiance qu elles avaient en leurs médecins .Il ne peut avoir une belle histoire d amour et nous en sommes loin . Le médecin qui a à enfreint ce tabou de l interdit n est qu un agresseur .

    DENONCER CES DÉRIVES QUI NE RELÈVENT QUE DE L ABUS DE POUVOIR ET LES CONDAMNER C EST RENDRE LEUR DIGNITÉ AUX VICTIMES .....

  • on progresse, camarades !!!
    on approche les 700 signatures en une semaine, c’est bien, félicitations...
    vivement que cette initiative d’une très haute tenue morale se traduise dans les textes règlementaires, ordinaux, bien sûr, et surtout dans le code pénal : il FAUT interdire tout ce qu’on peut interdire, honguedieu !!!
    N’empêche, en cette année ou on va commémorer en grande pompe les cinquante ans de la révolution soixante-huitarde, dont les mots d’ordre étaient "il est interdit d’interdire" et "Jouir sans entraves", çà laisse un brin rêveur...

  • Je ne suis pas sûr que cette inscription dans le Code de Déontologie changera quoi qe ce soit : relisez-le donc, vous serez surpris du nombre d’ "interdictions" que beaucoup ne respectent pas et que l’ Ordre ne fait rien pour faire respecter ( pratiques charlatanesques, dichotomie, etc.)

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