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Le discours d’un président

mercredi 18 avril 2012, par Dominique Dupagne

Je ne sais pas pour qui voter au premier tour. À force de chercher ce qui manquait dans les discours des candidats pour me décider, je me suis dit que je pourrais au moins l’écrire, le mettre en forme en quelques phrases.

Voici donc le discours que j’aurais aimé entendre :

Chers compatriotes,

Je brigue vos voix, comme les autres candidats, mais je ne peux me résoudre à vous mentir.

Vous savez comme moi que nous vivons dans un contexte économique dramatique, dans la situation de celui qui tombe d’un gratte-ciel en disant à chaque étage “jusqu’ici, tout va bien”.

Non, tout ne va pas bien. Vous le savez, nous le savons tous, et nous sommes tous plus ou moins responsables de cette situation.
Nous, les hommes politiques, qui vous avons vendu du rêve et du confort à crédit.
Vous qui avez eu la naïveté de nous croire et de nous élire.

Depuis 30 ans, vous avez beaucoup mieux vécu (ou moins mal), grâce au paiement des factures sociales par l’accumulation d’une dette faramineuse. Cette dette est en train de nous exploser à la figure.

Je ne suis pas un héros, je n’ai pas de solution toute faite ni de baguette magique pour effacer nos errances passées. Ne comptez pas sur moi pour vous faire miroiter un paradis artificiel afin d’attirer vos suffrages.

Je ne ferai pas de prédictions ni de promesses chiffrées que je ne pourrai pas tenir. Tout ce que je vous propose, ce que je vous promets avec sincérité, c’est d’être le défenseur intraitable de certaines valeurs. Ces valeurs sont celles qui pourraient nous permettre de traverser la tempête en laissant le moins possible de victimes sur le bord du chemin. Les voici :

1) Toujours agir dans la transparence ; faire en sorte que chaque citoyen puisse s’informer complètement et immédiatement de ce qui se décide en son nom et pour son avenir.

2) Lutter contre toutes les formes de corruption, rendre publics tous les liens d’intérêt qui pervertissent les organes de décision et leurs experts, y compris chez les parlementaires.

3) Démonter les oligarchies qui se sont emparées des leviers de commande de pans entiers de l’économie. Je parle des rentes de situation, des positions obtenues dans l’ombre des réseaux et non de celles liées au talent ou à la réussite entrepreneuriale.

4) Chaque fois que possible, prendre l’avis de tous lorsqu’une décision locale le permet et le justifie : ériger la subsidiarité en dogme contre le jacobinisme français.

5) Tenter de travailler avec des hommes et des femmes épris du bien commun et non de leur carrière ou de l’intérêt de leurs amis.

6) Donner aux citoyens la possibilité de juger les services publics et leurs acteurs, quels qu’ils soient, et tenir compte de ces avis pour l’avancement des carrières, les primes et les dotations budgétaires de la fonction publique.

7) Ne pas tenter de gérer l’innovation, aucun gouvernement n’a jamais réussi à le faire car l’innovation est fondamentalement spontanée. Tenter de la gérer revient à la paralyser.

8) Croire en l’initiative individuelle plus que dans une régulation étatique tentaculaire.

9) Améliorer la sécurité en relançant la police de proximité, seule à avoir jamais fait ses preuves.

10) Améliorer la santé en plaçant l’intérêt du patient devant celui des industriels et des soignants.

11) Ne jamais faire appel au principe de réalité pour justifier une mauvaise action, y compris lorsque l’intérêt de l’Etat paraît la justifier.

12) Faire en sorte que vous soyez fiers de ceux qui vous gouvernent, même si des sacrifices sont nécessaires.

Comme vous l’avez compris, je cherche tout simplement à vous donner le pouvoir. Ce ne sera pas facile, mais au moins, en votant pour moi, vous aurez tenté votre chance.

Messages

  • Bonjour,
    pourriez-vous expliciter le point N°11 ?
    Merci

    • La morale que défend un Etat devient inopérante pour l’action de cet Etat à l’extérieur. Par exemple, inviter Kadhafi à planter sa tente à l’Elysée est amoral. De même que vendre des systèmes de sécurité à des dictateurs, faire des risettes aux dirigeants Chinois. A chaque fois, un "principe de réalité" est invoqué. Or, si l’Etat ne donne pas l’exemple, comment reprocher aux citoyens de se comporter de la même façon pour défendre leurs propres intérêts individuels ?

    • Ce serait exact si l’état était lui-même en position dictatoriale, libre de ses choix. Mais il n’est que l’émanation d’une volonté populaire. La philosophie la plus efficace pour les petits est la "morale pragmatique" telle que je la racontais ici. Or un chef de gouvernement n’est qu’un élève de la grande classe mondiale, lui aussi, à ce niveau, un "petit". L’un d’eux peut faire son intéressant, par idéalisme. Mais tient-il réellement ses promesses s’il n’a pas l’essentiel de sa nation derrière lui ?

  • Un tel candidat
    1. Ne serait jamais élu.
    2. N’aurait jamais été désigné pour être candidat par une structure partisane quelconque.
    3. Aurait fui le système politique (ou en aurait été éjecté) depuis longtemps.
     :(

  • Sans vouloir faire de militantisme pour un candidat en particulier, il y a un certain nombre de points (pas tous, bien sûr...) que l’on retrouve dans les discours de François Bayrou !

    • C’est ce que je comptais commenter ! les premiers points sont mis en avant par Bayrou : la transparence, faire en sorte de diminuer le pouvoir de l’oligarchie qui nous gouverne (je vous conseille d’ailleurs un film intitulé "les nouveaux chiens de garde" à ce sujet)...
      Il a un discours très intéressant car en décalage avec les partis tels que l’UMP et le PS (les partis "éligibles" en quelque sorte), mais je ne pense pas qu’il ait réellement envie d’être élu président. (et pour reprendre Tharkun, ce n’est pas du militantisme, j’ai juste lu son programme)

      et je suis aussi d’accord avec le fait qu’un candidat qui aurait pour but de dévoiler la réalité de notre situation aurait rencontré de nombreuses barrières à son ascension politique. Je vous conseille cette vidéo comme bref illustration de ce phénomène (le titre peut faire peur, veuillez m’en excuser, mais le contenu est, il me semble, intéressant) : http://www.dailymotion.com/video/xomp22_pourquoi-nous-ne-sommes-plus-en-democratie-1ere-partie_news

  • Bonjour,

    Depuis 30 ans, vous avez beaucoup mieux vécu (ou moins mal), grâce au paiement des factures sociales par l’accumulation d’une dette faramineuse. Cette dette est en train de nous exploser à la figure.

    Voilà. Les responsables de la crise économique, ce sont les chômeurs, les malades et tous les gagne-petits pour qui l’Etat s’est endetté.

    Même Sarkozy n’oserait pas en sortir une aussi énorme.

    Castor

    • Nous avons les hommes politiques que nous avons élus, et nous avons tous bénéficié de cette vie à crédit, aussi bien les riches que les pauvres. Le nier, c’est du politiquement correct et cela n’avance à rien.

    • Vous avez parlé de "factures sociales". Il ne s’agit donc pas de "cadeaux" pour les gros revenus. Ceux-là bénéficient plutôt de toutes les niches fiscales créées pour leur permettre d’éluder l’impôt de la manière la plus légale qui soit.

      Assurer le paiement de factures sociales, quitte à augmenter l’endettement pour continuer à assurer à la majorité un revenu lui permettant de vivre juste au-dessus du seuil de la pauvreté, assurer l’enseignement et l’accès aux soins de santé pour tous, est une particularité des états européens et seulement depuis la deuxième moitié du XXème siècle.

      Or, il y a toujours eu des crises économiques. Et bien plus graves encore que celles que nous vivons actuellement. Et actuellement, des pays d’Afrique vivent des crises immensément plus graves que la nôtre. Et je ne suis pas au courant que ces états assurent le paiement de factures sociales faramineuses.

      La seule réponse que nos gouvernements européens veulent apporter à la crise, actuellement, c’est "réduire les dépenses". Votre "programme" n’a donc rien d’innovant.

      Je ne crois pas que le politique a une grande marge de manoeuvre face à l’économique pour gérer la crise. Je suis bien plus pessimiste que vous, encore.

      Juste que mon simple bon sens terre-à-terre, ras des pâquerettes si vous préférez, c’est que quand on a des difficultés pour gérer un budget limité, on ne se contente pas de limiter les dépenses. On essaie aussi d’augmenter les recettes.

      Et surtout, lorsque l’on y est obligé, on choisit avec soin les dépenses que l’on va réduire. Et à ça, votre programme n’apporte aucune réponse. Voter pour un candidat tel que vous en faites le portrait, c’est simplement signer un chèque en blanc.

      Castor

  • Le seul qui parle de la crise et de la dette et ceci depuis bien des annees est Bayrou. Et il faut voir son niveau dans les sondages. Certes, il y a certainement d’autres raisons (le fait qu’il ait le charisme d’une huitre ?) mais malgre tout la principale est certainement que les Francais ne veulent pas entendre la realite. Je ne donnerai pas cher de votre candidat ideal, malheureusement...
    Comme on dit, on a le president qu’on merite, ce qui vous donne une idee de l’opinion que j’ai de mes concitoyens... J’aurais reve d’un candidat qui commence un discours comme ca : "I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat" mais de nos jours ou plus personne ne veut bosser mais envie ceux qui reussissent, il ne faut pas s’etonner...
    Pauvre France !

    • Je suis d’accord, il me semble que seul Bayrou pourrait avoir tenu le discours de Dominique.
      Malheureusement les hommes politiques sont élus sur la forme et non sur le fond, ce qui en dit long sur le niveau de la pensée politique de la plupart des citoyens...
      Et puis seul Bayrou a dans son vocabulaire des mots comme "humanisme", cela me suffit.

    • Bayrou est intéressant en effet, mais il n’ose pas aller jusqu’au bout. Comme toutes les positions bâtardes, cela ne mène nulle part.

    • Bayrou n’a jamais eu le courage de choisir clairement un camp et sans majorité tu gouvernes pas. Et cette histoire de dette c’est du flanc , depuis 1973 -loi Pompidou-la France emprunte sur le marché privé , bilan en 40 ans 1700 milliards de dette dont 1300 milliard rien que d’intérèts. Cherchez à qui profite le crime.

  • OK, on y est, on va créer la République 6.0. :)

    Dominique Président !

  • Terrain bien glissant, mais Dominique est toujours aussi brillant. Je ne commente que le premier point qui m’étonne, la Transparence. Elle n’a jamais été aussi présente, en particulier grace à Internet. Information, données, alertes n’ont jamais été aussi facilement accessibles à tous. Trop nombreux sont ceux qui ne veulent pas entendre ou chercher et ensuite agir.

  • « Comme vous l’avez compris, je cherche tout simplement à vous donner le pouvoir. Ce ne sera pas facile, mais au moins, en votant pour moi, vous aurez tenté votre chance. »

    http://www.dailymotion.com/video/xq93mp_prenez-le-pouvoir_news

    • Hmm. Pour moi, Mélenchon cherche surtout à le prendre au nom du peuple. Je n’ai jamais été fan des "républiques démocratiques populaires".

    • Peut-être, mais en même temps, penser redonner le pouvoir aux gens sans changer l’actuel régime et son "président-monarque" est tout simplement absurde.

      Donc, hélas, si Mélenchon n’est probablement pas complètement sincère sur ce point, tous les autres mentent à coup sûr.

  • Pour que les choses changent vraiment :

    www.ifixmyworld.fr

  • Bonjour Dr. Dupagne,
    Je partage quasiment toutes vos remarques, mais je souhaiterais apporter quelques éléments de réflexion quant à la dette :

    Non, tout ne va pas bien. Vous le savez, nous le savons tous, et nous sommes tous plus ou moins responsables de cette situation.
    Nous, les hommes politiques, qui vous avons vendu du rêve et du confort à crédit.
    Vous qui avez eu la naïveté de nous croire et de nous élire.

    Depuis 30 ans, vous avez beaucoup mieux vécu (ou moins mal), grâce au paiement des factures sociales par l’accumulation d’une dette faramineuse. Cette dette est en train de nous exploser à la figure.

    A la date d’aujourd’hui, près de 90% de la dette publique française est constituée d’INTERÊTS dûs à des groupes privés ! Il me semble donc excessif de présenter les choses de sorte à faire croire que c’est uniquement une mauvaise gestion publique qui en serait à l’origine. Ca l’est bien entendu, en partie, mais je pense qu’il ne faut pas nier l’impact de la loi 73-7 dite "Rothschild" ou "Pompidou-Giscard" interdisant à la banque de France de monétiser la dette publique... S’il est vrai qu’avant cette loi l’état empruntait déjà aux marchés privés à des taux non nuls, il lui restait néanmoins cette possibilité (perdue depuis et empêchée de toute façon par Maastricht) en temps difficiles. De telle sorte qu’il a été calculé que la dette publique représenterait (en 2009) seulement 9% du PIB (contre 78% en réalité !) si cette possibilité avait été conservée... Cela change énormément la donne.
    Ce que personnellement j’attends d’un président, serait surtout et avant tout qu’il soit suffisamment courageux et intègre pour expliquer ces éléments aux français et engager un grand débat public à leur sujet (suivi éventuellement d’un référendum). Idem pour l’euro, et l’union européenne, et tous les vrais grands sujets qui sont tous soigneusement évités aujourd’hui dans les médias dominants. ***

    De la même façon, je ne partage pas l’avis selon lequel le peuple aurait quoi que ce soit à se reprocher : l’individu moyen n’est pas responsable quand son médecin lui prescrit des médicaments inutiles voire dangereux, il ne l’est pas plus pour moi quand il élit des hommes politiques qu’il croit (plutôt) sincères, et qui dans son dos font tout le contraire de ce qu’ils avaient promis.

    La question de la confiance du peuple dans les autorités (quelles qu’elles soient : médicales, judiciaires, sanitaires, ...) est primordiale ; idéalement, elle devrait être relative et non aveugle, et les décisions définitives prises par les citoyens devraient être avant tout personnelles, les institutions servant surtout à leur apporter des informations sérieuses et objectives. C’est le travail honorable que vous faites sur votre site (par exemple sur les grippes), et nous devrions tous vous en remercier. Néanmoins, tout est fait pour empêcher les gens à la fois de développer la curiosité et l’esprit critique nécessaires à cette démarche, et pour les empêcher d’accéder aux informations objectives. Dans ces conditions, et dans le cas de sujets hautement techniques (ou du moins se prétendant tel) comme l’économie, je ne peux que les excuser de croire tous ces soi-disant experts (disant tous peu ou prou la même chose...) qui défilent toute l’année dans les médias.

    *** Pour prendre plusieurs exemples évoqués par l’un ou l’autre des candidats dans cette campagne : produire et consommer français, "fermer les frontières" (plus ou moins), taxer les produits fabriqués en Chine, arrêter les délocalisations, etc.
    Il est quand même plus que grave qu’aucun média ne nous informe que (i) qui qu’il soit, aucun président n’aura de pouvoir sur ces thèmes, puisque (ii) toutes ces propositions sont contraires et interdites par le droit européen (et qu’il est totalement illusoire de prétendre à une quelconque refonte des traités européens sur ces thèmes quand on a conscience des rapports de force actuels dans l’UE).
    Par contre, pour parler du quotient familial ou du permis de conduire, on se bouscule au portillon...

    • Bonjour PUP

      Vos remarques sont très intéressantes.
      Notament, comme Castor, vous me reprochez d’avoir parlé de "factures sociales". Vous avez tous les deux raison. J’entendais "sociale" par "concernant le fonctionnement de la société" et donc non-exclusivement solidaires. Le fonctionnement de la santé par exemple comporte une composante sociale (CMU, exonération du ticket modérateur) et sociétale (le coût de l’entretien d’un système de santé pour toute la population).

      Ce qui reste vrai, c’est que notre niveau de vie global aurait été beaucoup plus bas si nous n’avions pas vécu à crédit en permanence. Nous sommes dans la situation d’une famille surendettée.


    • Dominique Dupagne a écrit :
      Vos remarques sont très intéressantes.
      Notament, comme Castor, vous me reprochez d’avoir parlé de "factures sociales". Vous avez tous les deux raison. J’entendais "sociale" par "concernant le fonctionnement de la société" et donc non-exclusivement solidaires. Le fonctionnement de la santé par exemple comporte une composante sociale (CMU, exonération du ticket modérateur) et sociétale (le coût de l’entretien d’un système de santé pour toute la population).

      Ce qui reste vrai, c’est que notre niveau de vie global aurait été beaucoup plus bas si nous n’avions pas vécu à crédit en permanence. Nous sommes dans la situation d’une famille surendettée.

      OK, je n’avais pas compris les choses comme cela.

      Effectivement, nous sommes dans la situation d’une famille surendettée, mais, étrangement, c’est aussi le cas de la majorité de nos voisins européens et mondiaux, quelles qu’aient été les équipes dirigeantes des 40 dernières années !
      Votre comparaison avec les ménages me permet d’ailleurs d’ajouter que si on prend le critère de la dette totale (composée de la dette publique, dette des ménages, et dette des entreprises), considéré par beaucoup comme étant plus pertinent pour juger de la santé d’un pays que la seule dette publique, on se rend compte que la France n’est pas si endettée que ça, en comparaison de l’Allemagne par exemple (et même beaucoup, beaucoup moins endettée que des pays comme le japon ou les USA - il faut dire que le cas de ce dernier est différent du fait du monopole mondial du dollar).
      Le fait que les pays vivent en s’endettant (dans une certaine mesure) est loin d’être récent, c’est en fait le cas depuis des siècles, et cela sans conséquences néfastes ou presque.

      Le niveau absolument délirant atteint aujourd’hui par les dettes publiques des pays occidentaux nécessite la prise de décisions urgentes sur le fond du problème : souhaitons-nous oui, ou non, continuer à être spoliés de façon illégitime par une oligarchie financière qui a pris le pouvoir (ou plutôt : dont la prise de pouvoir a été organisée par le pouvoir politique depuis Pompidou*), ou bien allons-nous prendre les devants et travailler à la mise en place d’un nouveau système ?

      Plusieurs choses paraissent évidentes, pour des raisons variées : d’une part que la dette ne sera jamais remboursée tant elle est gigantesque, et d’autre part que l’éclatement de l’euro n’est qu’une question de temps. De même, ce n’est qu’une question de temps avant que nous ne soyons, en France, mis sous une dictature directe par ces financiers : après tout, les chefs de gouvernement légitimes grec et italien n’ont-ils pas été débarqués, puis remplacés par des banquiers en l’espace de 15 jours il y a quelques mois ?! Des (soi-disant) experts qui dictent au peuple ce qui est le meilleur pour lui car il le sait mieux que lui, n’est-ce pas historiquement et étymologiquement la définition précise d’un dictateur ?

      Bref, il est nécessaire, au plus vite, d’amener au pouvoir (mais est-ce seulement imaginable dans le contexte de médias médiocres/résignés/incompétents/partiaux/soumis qui est l’actuel...) des gens capables de suffisamment de courage, d’esprit critique et de capacité de remise en question pour initier des changements profonds, et non pas une énième élite formatée qui sera certes un bon acteur, mais ne changera rien (et ne voudra rien changer).**

      * Pompidou qui était, rappelons-le, DG de la banque Rothschild (voilà de quoi appeler à relire plusieurs points de la liste que vous dressez !).

      ** Par formaté, je ne sous-entends pas particulièrement provenant d’écoles particulières, mais plutôt un formatage idéologique (pro-UE, pro-euro, libéral, etc.), même si les deux sont souvent liés. Il est par exemple intéressant de se demander d’où viennent les gens (politiques, journalistes, "experts", etc.) qu’on nous présente à longueur d’année dans les médias : sont-ils là pour leurs compétences ? leurs amitiés ? leurs "réseaux" (un mot un peu lointain pour le français moyen) ?
      On se rend alors compte que très souvent (pour ne pas dire toujours), ceux qui font et ont accès aux médias, ceux qui arrivent à la tête des partis politiques, etc., ne le sont certainement pas par le fruit du hasard.
      Prenons un exemple concret, celui de la French-American Foundation, fondation dont les objectifs sont "d’améliorer les relations entre la France et les Etats-Unis.

      Sa mission générale, en collaboration avec sa Fondation soeur à New York, est de promouvoir le dialogue et de renforcer les liens entre les deux pays."

      Elle choisit notamment, chaque année, des jeunes gens qu’elle juge prometteurs (selon quels critères ?!), notamment via le programme "young leaders", dont voici la description officielle :

      Le programme Young Leaders est l’un des programmes phares de la French-American Foundation. Créé en 1981 dans le but de donner un nouveau souffle aux relations transatlantiques, il fêtera en 2011 sa 30ème promotion.

      Le processus de sélection Young Leaders est très compétitif et attire chaque année davantage de candidatures. L’objectif de cette sélection prestigieuse est de créer et d’entretenir un réseau informel d’hommes et de femmes appelés à occuper des postes clefs dans l’un ou l’autre pays.

      Ces gens sont ensuite propulsés dans les médias, et deviendront les dirigeants et les leaders d’opinion de demain.
      Je vous laisse découvrir par vous-même la liste édifiante des young leaders choisis depuis 1981 (allez jusqu’au bout !) : http://www.french-american.org/files/liste-yl-fr-81-10.pdf.
      Bref, ce que je dis est très simple : les gens qui nous gouvernent ne le font pas contraints et forcés ; ils sont précisément arrivés jusque là parce qu’ils vont, depuis qu’ils ont 20 ans, dans le sens attendu, sens dont ils sont eux-mêmes persuadés qu’il est le seul et le meilleur possible !

      J’espère avoir été clair ; j’ai été le plus concis possible, mais ce sont des sujets complexes, qui nécessitent des centaines de pages afin d’être bien expliqués...

      Si ces analyses vous plaisent, je vous conseille de vous intéresser à François Asselineau, et à visionner ses (longues) conférences disponibles en vidéo sur le site de son parti (voir google). Loin d’être un hurluberlu, c’est un inspecteur général des finances qui était candidat à la présidentielle 2012 ; faute d’exposition médiatique, il n’a pu réunir les parrainages nécessaires et reste dans l’ombre, bien que son mouvement politique (dont je ne suis pas membre) atteigne déjà le nombre honorable de 1500 adhérents. Il développe des analyses pour le moins nouvelles et hétérodoxes (que je trouve très pertinentes), sans être jamais extrémistes. Il a tout simplement sacrifié sa carrière pour s’investir dans son mouvement, et il passe le plus clair de son temps à sillonner la France afin de donner des conférences de 4 ou 5h devant quelques dizaines de personnes...

    • bonjour,

      il suffit de regarder la liste des pays par dette publique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_pays_par_dette_publique

      On vit donc TOUS au dessus de nos moyens !!!

      Donc on produit, on consomme, on se soigne, ..., la vie, quoi !
      Je ne crois pas qu’il y ait une augmentation ou une diminution sensible de stocks de quoi que ce soit, mais on produit de la dette en permanence !!!

      Et on nous raconte que pour que ca aille mieux, il faudrait arrêter de soigner, d’éduquer, de rendre justice, ..., ou en tout cas que chacun se paye ca sur ses fonds propres et tant pis pour les plus pauvres. On ne produira pas plus, on ne soignera pas plus (moins, probabement), ... , mais on pourra reverser plus d’argent aux financiers, les pauvres, qui ont déjà du s’asseoir sur une partie de ce qu’ils attendaient des grecs.

      A votre avis, le problème, il est dans la vraie vie, ou il est dans la manière dont le système fonctionne ? Quelle est la définition exacte de " vivre au dessus de ses moyens" dans un monde normal, ou la valeur du travail a la place qu’elle mérite par rapport à la finance ? ne sommes-nous pas assez productifs ? Je crois que ce système est tellement déconnecté des réalités que les indicateurs pour mesurer cela n’existent même pas ( en tout cas, je viens de chercher un peu et je n’ai rien trouvé).

    • Le niveau absolument délirant atteint aujourd’hui par les dettes publiques des pays occidentaux nécessite la prise de décisions urgentes sur le fond du problème : souhaitons-nous oui, ou non, continuer à être spoliés de façon illégitime par une oligarchie financière qui a pris le pouvoir (ou plutôt : dont la prise de pouvoir a été organisée par le pouvoir politique depuis Pompidou*), ou bien allons-nous prendre les devants et travailler à la mise en place d’un nouveau système ?

      Merci PUP de dire enfin ce que l’on souhaiterait entendre dans les médias ! En effet, je ne comprends pas que les citoyens ne se rendent pas compte que ce ne sont pas nos présidents de la république qui gouvernent mais un petit nombre de financiers qui les tiennent par la barbichette. Seul espoir : que ces financiers devenus tellement sûrs d’eux-même ne se rendent pas compte qu’à trop user la bête ils vont la faire crever… à moins qu’elle ne se rebelle à temps !
      Et si le temps de la rébellion était enfin venu ?
      L’alternative n’est pas drôle : si un changement de gouvernement n’améliore pas les choses (et on voit mal comment ils les améliorerait) les citoyens à mémoire courte risquent de se laissent séduire par les vieux démons de l’extrême droite et du totalitarisme. Réagissons avant !

  • Bayrou : je le connais pour avoir été adhérent à son parti (de 2007 à 2009) C’est l’exemple parfait du type qui ne met pas en corrélation ses paroles et ses actes : quand on se dit démocrate et respectueux des règles, on commence par appliquer le règlement de son propre parti à l’intérieur de celui-ci, et on se comporte en démocrate au sein de celui-ci, pas en autocrate qui n’écoute personne à part quelques obscurs conseillers de l’ombre.
    Il disait "faire de la politique autrement", il fait exactement comme les autres. La transparence il ne connait pas.
    Il a un profond mépris pour tous ceux qui ne sont pas des notables et n’est pas prêt à leur donner la parole, il n’a d’ailleurs confiance en personne à part en lui.
    Les électeurs ont vu clair. S’il avait fait confiance à ses électeurs de 2007 et aux 40 000 adhérents qui ont afflué au MoDem juste après, il aurait décollé.
    Il n’y a pas de hasard. On récolte toujours ce qu’on sème.

  • pff si nous pensions un peu a la qualité de notre vie !

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