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Réponse à ceux qui pensent que la pétition est inutile/idiote/dangereuse/opportuniste etc.

#OpérationHippocrate Épisode 2 : Réponses aux critiques

dimanche 1er avril 2018, par Dominique Dupagne

Retour sur les réactions négatives à notre pétition qui demandait l’ajout au Code de Déontologie Médicale d’un article interdisant aux médecins d’avoir des rapports sexuels au sein de leur clientèle.
Il semble y avoir beaucoup d’incompréhension sur la portée de ce texte (réglementaire et non légal), sur l’existence d’un délit pénal déjà caractérisé, ou sur les motivations de ses promoteurs.

AUTRES ÉPISODES
1) La pétition
2) Réponses aux critiques
3) Réponse au communiqué de l’Ordre

Le mardi 27 mars 2017, nous [1] lancions une opération de communication demandant l’ajout au Code de Déontologie médicale un article sur l’interdit sexuel : "Le médecin doit s’interdire toute relation sexuelle avec les patients dont il a la charge". Cette opération est soutenue par une liste de personnalités et notamment des médecins spécialistes du soutien aux victimes d’abus sexuels médicaux.

Le retentissement médiatique considérable de cette opération a permis de lancer un débat dans les médias et sur les réseaux sociaux. La première réaction a été celle de l’Ordre des médecins, je l’analyse dans le billet suivant.

Les autres contributions au débat ont été très tranchées : soit un soutien sans faille à ce qui paraît relever de l’évidence (voir notamment les commentaires des signataires de la pétition), soit une opposition, souvent vive et même parfois agressive, à une demande considérée comme inutile, ou vécue comme une atteinte intolérable aux libertés individuelles.

Nous aurions peut-être dû mieux expliquer notre démarche avant de lancer notre pétition. Il n’est jamais trop tard : voici des réponses aux critiques les plus fréquentes. Je parles au féminin pour les victimes et au masculin pour les abuseurs, car cette situation représente plus de 90% des témoignages).

"Si ces femmes adultes et sans handicap mental ont accepté une relation sexuelle avec leur médecin, elles sont donc consentantes et ne peuvent s’en prendre qu’à elles !"

Cet argument est fondé sur l’incompréhension de l’emprise psychologique, phénomène pourtant bien établi. Le plus simple est de lire 1, 2 ou d’écouter les femmes qui l’ont vécu :

La manipulation par emprise psychologique, facilitée par le phénomène de transfert, annihile la résistance de la victime, quels que soient son intelligence ou son niveau d’éducation. En revanche, une faible confiance en soi, une difficulté à résister à l’autorité ou un état de grande vulnérabilité psychologique constituent des fragilités recherchées par les manipulateurs et abuseurs sexuels. Cet abus de faiblesse se double d’un abus d’autorité de la part d’un médecin, la patiente n’osant pas contester les ordres de celui qui sait ce qu’il fait et doit avoir de bonnes raisons pour le faire : "Trust me, i am a doctor".

Si vous doutez de la difficulté à résister à une autorité morale qui vous demande de faire une chose invraisemblable, renseignez-vous sur l’expérience de Milgram.

Il semble que la vulnérabilité liée à l’emprise psychologique soit un phénomène connu essentiellement par ceux qui l’ont subie, qui l’ont étudiée, ou qui ont soutenu ses victimes. Ce qui me paraît personnellement une évidence après quinze ans de dialogue sur mon forum avec des femmes dévastées par cette relation toxique, ne l’est pas pour tout le monde, loin de là, comme on peut le lire sur twitter :

« J’ai du mal à comprendre qu’on écarte les cuisses devant un soignant, oui. Et pourtant il m’est arrivé d’être très fragile et en grande souffrance. Faut arrêter de dédouaner les filles aux mœurs légères. » (blogueuse)

“J’ai trouvé son témoignage ambigu, car de par son cursus, les années de pratique de son métier d’infirmière, elle n’ignorait rien de la relation classique patient/thérapeute. Il est donc un peu surprenant qu’elle en soit arrivée à accepter de s’asseoir sur ses genoux.” (médecin expérimenté)

"Le témoignage de Cassandre, quelle vaste blague !
Un psychiatre qui vous invite sur ses genoux ? Une gifle s’impose.
Ce mélodrame de l’emprise du prédateur est tout simplement ridicule.
Pleurez bien dans le micro." (obstétricien retraité)

"L’abus sexuel médical relève du pénal, il y a des lois prévues pour condamner l’abus de faiblesse et il est donc inutile de modifier le code de déontologie !"

Cette critique fait référence à la loi de 2001, votée essentiellement pour permettre de lutter contre l’emprise des sectes de leurs gourous. Elle est très claire et semble parfaitement adaptée, puisque les trois conditions qui caractérisent le délit d’abus de faiblesse sont réunies lors d’un abus sexuel médical sous emprise :

  1. Une victime placée « en état de sujétion psychologique ou physique »
  2. Un auteur qui exerce une manipulation mentale matérialisée par « l’exercice de pressions graves ou réitérées ou de techniques propres à altérer le jugement. »
  3. Un résultat : le délit ne sera caractérisé que si la personne, ainsi placée sous sujétion est « conduite à un acte ou à une abstention qui lui sont gravement préjudiciables »

Le problème, c’est que pour arriver à faire appliquer cette loi, la victime doit franchir plusieurs barrages :
- L’accueil en commissariat en ou en gendarmerie : le policier ou le gendarme ne comprend généralement pas sa demande "mais enfin madame, il ne vous a pas forcée, vous êtes majeure, aucune loi n’interdit les relations amoureuses entre adultes consentant !". Ce premier contact judiciaire ne fait que répéter ce qu’a déjà dit l’entourage et qui ronge la victime depuis des mois "vous êtes fautive, arrêtez de vous plaindre, il fallait dire non". Il est rare que les victimes dépassent cette étape après un tel accueil. Un exemple parmi d’autres.
- Pour les plus courageuses, prendre un avocat et poursuivre la procédure. Cela suppose bien sûr de posséder des éléments objectifs permettant de prouver la relation sexuelle et son origine professionnelle. Toutes les victimes ne filment pas leur abuseur, et tous les abuseurs n’inondent pas leurs victimes d’emails ou de SMS.
- Persévérer face à certains juges d’instruction qui réfutent l’abus de faiblesse malgré l’évidence, surtout quand le médecin abuseur est un notable local. En effet, l’abus de faiblesse n’est caractérisé que par l’assimilation d’une prise en charge médicale à une "technique propre à altérer le jugement" ce qui est vrai, mais pas forcément évident pour tout le monde... Quand elle finit par aboutir, la procédure complète peut prendre plus de 10 ans.

Donc, s’il est vrai que l’article 2203-15-2 est adapté à ces abus, il est rarement mis en oeuvre, d’où l’intérêt de le renforcer par un article spécifique du Code de Déontologie Médicale. De plus, une condamnation ordinale préalable renforce souvent la recevabilité de la plainte judiciaire et rend la victime plus crédible aux yeux des juges.

"Le Conseil National de l’Ordre des Médecins a déjà pris en compte ce problème dans ses communiqués et commentaires sur le Code de Déontologie !"

C’est tout à fait exact, bien que le rapport Hoerni de 2001 n’ait pas empêché la survenue ultérieure d’affaires retentissantes. Je pense notamment à celle du Dr Hazout en 2014, qui n’a pas été inquiété pendant de longues années malgré de nombreuses alertes adressées au Conseil départemental parisien de l’Ordre des médecins, qui n’a pas su écouter les femmes victimes de ce célèbre gynécologue.

Le contraste entre la fermeté du CNOM dans ses commentaires et ses communiqués, et son refus de suivre l’exemple d’autres pays modernes reste un mystère pour moi : le Canada, les Pays-Bas, le Royaume-uni et bien d’autres. Le Code de déontologie est le seul document opposable juridiquement dans le cadre disciplinaire ordinal et y ajouter l’interdit sexuel est indispensable. Les commentaires restent des commentaires.

"C’est une opération opportuniste lancée par des gens qui cherchent à faire parler d’eux en surfant sur l’affaire Weinstein"

La femme à l’origine de cette opération, Marie, a fait cette demande pour la première fois en 2016 auprès de l’Ordre lorsque l’avocat du médecin qu’elle poursuivait a fait remarquer en audience qu’aucun article déontologique n’interdisait à un médecin d’avoir des relations sexuelles avec ses patientes.

Elle a cherché publiquement du soutien en octobre 2017, quasiment le jour de la sortie de l’affaire Weinstein et j’ai écrit mon premier article le 24 octobre. Elle m’a contacté, comme d’autres, parce que je l’avais soutenue sur mon forum, ainsi que d’autres victimes, depuis de nombreuses années. Les co-signataires initiaux de la pétition demandent l’inscription de l’interdit sexuel dans le code de déontologie médicale également depuis des années. En dehors d’avoir donné du courage à Marie pour aller jusqu’au bout, l’affaire Weinstein n’a pas joué un rôle déterminant dans cette opération.

"Y’en a marre de la mise au pilori des médecins accusés de tous les maux !"

C’est peut-être la seule critique acceptable, car l’immense majorité des médecins respectent et soutiennent leurs patients. Néanmoins, la question qui se pose est la suivante :

Qu’est-ce qui est le plus gênant ?
- Imposer aux médecins amoureux de confier leur patiente à un confrère et de respecter un délai avant de les fréquenter dans un cadre strictement privé ?
- Où laisser des femmes dévastées par une relation toxique continuer à être considérées à tort comme des adultes consentantes et libres de leur choix, et donc responsables de leur malheur ?

Quelle est la meilleure stratégie pour renforcer l’image d’un profession globalement vertueuse ? Montrer sa détermination à lutter contre les déviances d’une minorité de ses membres, ou les gérer sous le manteau en espérant que personne n’en parle ?

La pédagogie prônée par l’Ordre depuis 20 ans pour lutter contre ces problèmes a atteint ses limites. Refuser d’intégrer l’interdit sexuel dans le Code de Déontologie médicale, c’est envoyer un message désastreux au public "Nous sommes plus préoccupés par la perte de la liberté de séduire des médecins que par la protection de leurs patientes". C’est d’autant plus stupide que ce n’est bien sûr pas le cas. Cette communication est désastreuse.

Stop aux lois liberticides !

Beaucoup s’émeuvent du climat actuel propice à une floraison de lois liberticides. Ce sont curieusement parfois les mêmes qui nous reprochent l’inutilité de notre pétition face à des crimes déjà réprimés sur le plan pénal.

Cet article ne restreindra aucune liberté, puisque les cas avérés de séduction sous emprise font déjà l’objet de condamnations ordinales lorsque la victime résiste aux embûches de la procédure. Nous demandons que l’interdit soit suffisamment explicite pour que les victimes qui trouvent la force de se présenter devant l’Ordre n’aient pas à justifier le caractère anormal de le médecin qui les suit. Nous voulons que ce soit au médecin de justifier sa transgression face à ses pairs et non à la victime d’expliquer ce qu’est une relation sous emprise. Certains conseillers ordinaux départementaux sont à l’écoute des victimes et les assistent avec empathie. D’autres restent très corporatistes, dans une entraide quasi maçonnique [2], surtout quand l’abuseur est un notable local. L’existence d’un article spécifique constituera un soutien important pour les victimes. Nous leurs devons cette protection.

Je n’ai pas répondu à la critique concernant le médecin dont l’épouse est une patiente et dont la sexualité conjugale serait interdite par le nouvel article. Si l’Ordre pense que cette remarque est vraiment pertinente, il suffit d’ajouter une clause pour faire sortir cette situation du champ de l’article.

Marie a également répondu à ces critiques, dans un article de Mediapart.


[1L’initiative de cette pétition revient à Marie, victime de son psychiatre qui l’a manipulée pour obtenir des faveurs sexuelles. Elle a été rejointe par Cassandre et Ariane, victimes d’une relation particulièrement toxique dans un contexte identique. Sollicité par Marie en octobre 2017, j’ai accompagné ces femmes dans leur volonté de ne plus jamais entendre ces manipulateurs ayant profité de leur autorité et de la vulnérabilité de leurs victimes déclarer face à leurs juges "qu’aucune règle déontologique n’interdit une relation mutuellement consentie entre un médecin et une patiente".

[2L’article 56 du Code de Déontologie Médicale comporte une phrase lourde de sens "Les médecins se doivent assistance dans l’adversité."

Messages

  • Bah, ne tenez aucun compte des réactions négatives provenant de satyres libidineux, obsédés sexuels notoires, machistes réactionnaires sexistes, étoussa toussa, ils sont condamnés par l’histoire et seront bientôt balayés par le tsunami de la grande chasse d’eau du progrès sociétal, comme ont été balayés tous ceux qui s’opposaient au progrès indéniable que représentait le communisme, ou la musique sérielle...
    Les chiens aboient, la caravane passe, et nous mène lentement mais sûrement vers des lendemains qui chantent et ou on rase gratis.
    Encore un petit effort, et ce sera le raz de marée : pas loin de 700 signatures en même pas une semaine, bravo !!!
    PS : toujours tenir compte du calendrier, et la date ou une opinion est publiquement exprimée peut avoir son importance...

    • Bonjour,
      Sachez tout d’abord que le deuxième degré passe mal sur le virtuel.
      Sinon, nous avons toujours insisté sur le fait que ces comportements ne concernent qu’une infime minorité de prédateurs qui nuisent à la totalité de la profession. Le dernier paragraphe de la pétition :

      Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur une profession dont les membres sont dans leur immense majorité respectueux de leurs patients, mais de se donner les moyens de sanctionner une infime minorité de prédateurs sexuels.

      On peut certes essayer de ne pas en parler et de faire comme si cela n’existait pas. Mais ça n’a pas réussi au clergé catholique...

      Je voudrais vous poser une question en espérant une réponse sincère : en quoi trouvez-vous gênant de devoir confier une patiente à un confrère avant de démarrer une histoire d’amour. Qu’est-ce qui vous gêne dans cette obligation ?

    • vous biaisez (avec un i...)
      à titre personnel, cela ne me poserait aucun problème de confier une patiente à un confrère si je sentais que mes relations avec elle vont prendre une tournure autre que professionnelle, mais ce serait tout simplement parce qu’on ne fait pas de la bonne médecine quand on est un peu trop proche affectivement de la personne qu’on soigne : pour cette même raison, j’ai toujours préféré confier mes enfants à des collègues, idem pour mes parents, et je viens d’adresser la Femme que j’aime à un confrère pour une intervention que je suis moi même en mesure de pratiquer, mais évidemment je n’en ai aucune envie...
      d’autre part, je ne risque à titre personnel absolument rien si vous faites passer cette interdiction dans le code de déontologie, ou même dans le code pénal : après une période disons assez diversifiée sur le plan "vie sexuelle", je me suis depuis quelques mois "rangé des voitures", d’une part pour ne pas risquer de tomber sous les foudres de la loi rossignol de pénalisation des bites (avril 2016), et d’autre part parce que j’ai eu la chance de rencontrer LA Femme avec qui je suis disposé à devenir monogame pour les trente prochaines années, Alléluia...
      non, ce qui me consterne, c’est l’évolution du pseudo féminisme misandriste vers un puritanisme digne de l’Angleterre Victorienne, doublé d’une haine du mâle d’où vient tout le mal (Lacan aurait apprécié, je pense) et cette pétition en est une énième manifestation.
      votre démarche est sans nul doute animée des meilleures intentions du monde, mais il existe, parait il, un endroit ou il fait très chaud dont le sol en est pavé...

    • Bonjour,
      Cette opération est assimilée à tort, par les médias à une démarche féministe. Il s’agit d’œuvrer pour la protection des patients dans un contexte de soins, rien de plus. Le reste relève du fantasme ;)

    • Pour être bien informé, il faut déjà vérifier ses sources. Il vous suffit d’un titre racoleur (des féministes se lancent dans un combat...) pour vous faire une opinion ? Et c’est ainsi que des rumeurs circulent.
      Heureusement que des articles ne sont pas parus dans la presse à scandale, vous vous seriez régalé à les commenter et les partager.
      Ce qui me surprend est qu’autant de médecins se sentent visés, alors que nous comptions sur leur soutien, pour défendre une cause qui nous semble évidente.
      Généralement, on change d’avis sur les abus quand ça arrive à un de ses proches, que l’on doit ramasser à la petite cuillère.
      On peut aussi se comporter en Homme avant et tout faire pour que ça n’arrive plus.

    • Que nenni, Madame, j’ai lu ce texte avec attention et intérêt, et je persiste et signe : il s’agit d’un énième épisode du titanesque combat mené par les fémino-misandristes et leurs kollaborateurs masculins plus ou moins raccourcis contre le mâle blanc occidental hétérosexuel, d’où vient tout le mal dans nos sociétés. après l’hystérie collective de "balance ton porc" et les dérapages qui s’en sont ensuivis (affaire Joxe-Fornia, délires Sandra Muller, accusations mensongères contre ce député lREM dont j’ai oublié le nom, etc...), après madame Schiappa qui veut recruter 10000 policiers supplémentaires pour verbaliser les regards insistants (reste plus qu’à inventer un insistomètre pour mesurer scientifiquement le degré d’insistance d’un regard, après tout on a bien les radars pour la vitesse excessive, çà doit pouvoir se faire) et ainsi de suite...
      alors vous pouvez mettre toute la glycérine que vous voudrez pour faciliter l’introduction du suppositoire ("il ne s’agit pas de stigmatiser toute une profession dont la quasi totalité des membres sont irréprochables") çà n’en reste pas moins un suppositoire toxique.
      ceci dit, en dépit du flop retentissant de ladite pétition (700 signatures en huit jours, en dépit d’un soutien médiatique tonitruant) le plus beau c’est que vous finirez probablement par avoir gain de cause, tellement votre démarche est dans l’air du temps.
      Bien respectueusement...

    • Cher Confrère,
      Vous voici donc de nouveau au premier degré. À vous lire, je comprends mieux votre réaction.

      Je veux bien que l’on mette en balance les "mâles blancs hétérosexuels" injustement accusés suite à l’affaire Weinstein, et les femmes victimes de prédateurs sexuels issus d’une minorité de cette catégorie. Mais j’ai peur qu’il manque de la place sur un des deux plateaux.

      Notez que je refuse d’assimiler nos détracteurs à l’image que vous donnez d’eux, ce serait leur faire injure. De nôtre côté, nous ne faisons pas de procès d’intention ni d’attaques personnelles. Nous souhaitons faire réfléchir pour aboutir à ce que notre pays s’aligne sur les grandes démocraties modernes en matière de protection des patients.

    • Qu’il soit bien clair que je m’exprime ici à titre personnel et que je n’ai aucunement l’intention de me faire le porte drapeau de gens qui ne m’ont rien demandé.
      Je suis d’autant plus à l’aise pour m’exprimer librement que, je vous le répète, si ce énième interdit se retrouvait gravé dans le code de déontologie ou même le code pénal, cela m’en toucherait une sans ébranler l’autre, puisque cela n’impacterait en rien ma vie affective, sentimentale et sexuelle.
      disons que ce qui se passe actuellement augmente l’admiration que j’avais déjà pour des auteur(e)s qui ont eu en leur temps une lucidité qui tourne au prophétisme : d’une part, madame Badinter ("Fausse route") et d’autre part un journaliste anglais nommé Edward Behr, qui avait publié dans les années 90 "Une Amérique qui fait peur", ouvrage dans lequel il détaillait un certain nombre de délires sociétaux qui sévissaient aux USA, et qui nous mettait en garde "çà mettra dix à quinze ans pour traverser l’Atlantique, mais vous n’y couperez pas"...Chapeau l’artiste...

    • Vous lirez peut-être avec autant d’intérêt l’article, que la pétition, que j’ai publiée sur Médiapart.

      Vous parlez de misandrie, vous me direz où vous la ressentez à la lecture, je fais justement le point sur cette étiquette de féministe que l’on a voulu nous coller.

      Vous comprendrez également pourquoi j’ai une si grande reconnaissance envers les médecins, et c’est justement pourquoi les brebis galeuses ne sont pas dignes d’en faire partie.

      https://blogs.mediapart.fr/edition/quoi-de-neuf-docteur/article/010418/indignez-vous-mais-ne-vous-trompez-pas-de-combat

    • Triste, cette résistance. Où est-il question de médecins "mâles blancs hétérosexuels" ?? Le psychiatre de l’ouest parisien qui a méchamment abîmé ma vie il y a 20 ans, après 150 consultations, et créé par son passage à l’acte sexuel non consenti une rupture biographique à laquelle j’ai dû m’adapter (et l’ai mal fait...), a la peau noire ! Cessez ces clichés.

    • Très bel article, Marie. J’ai constaté, en ce qui me concerne, que TOUT LE MONDE s’accorde à condamner les psychiatres prédateurs sexuels. EN PRINCIPE. MAIS, dès qu’une femme se présente pour dénoncer de tels faits, auprès de psychiatres dans un premier temps, ceux-ci trouvent des excuses au prédateur, la patiente c’est la coupable, "bon sang, vous ne pouviez pas lui filer trois claques ?"......... La société n’a pas évolué, contrairement à ce qui se dit. Oh que non ! La parole des femmes s’est libérée. Mais elle est loin d’être entendue.

    • "il y a aussi des poissons volants, ils ne constituent pas la majorité de l’espèce" (Michel Audiard)
      trêve de plaisanterie, tout le monde comprend parfaitement ou je veux en venir quand je parle de la chasse au "mâle blanc occidental hétérosexuel" (sinon, c’est grave...)
      et en ce qui me concerne, je ne lèverai pas le petit doigt pour m’opposer à ce genre d’initiative :
      d’abord parce que c’est tellement dans l’air du temps que çà se fera de toutes façons, comme la loi rossignol, comme la loi taubira, comme la future loi schiappa, et comme la loi je-sais-pas-encore -qui dans quelques années, qui légalisera la fabrication à la demande d’enfants sans père (PMA pour les couples de lesbiennes) ou sans mère (GPA), çà doit se faire pour toutes sortes de raisons, donc çà se fera.
      ensuite parce que, à titre personnel, je m’en fiche complètement, cela n’aura aucune incidence sur ma vie professionnelle autant que personnelle, donc, je m’en lave les mains façon Ponce Pilate. N’empêche que je me félicite de n’avoir engendré que des filles, je culpabiliserais si j’avais malgré eux jeté des garçons, qui n’avaient pas demandé de naitre, dans un univers aussi hostile à leur sexe...
      enfin parce que, pour toutes sortes de raisons, j’ai vraiment autre chose à faire que de gaspiller du temps, de l’argent, de l’énergie, etc...pour tenter de m’opposer à un tsunami.
      joyeuses pâques à tous et à toutes.

  • Ce qui est déplorable et que beaucoup oublient (ou dénient) :
    - les abus sont initiés dans un contexte de soin. Les différents témoignages font état de passage à l’acte au sein du cabinet médical...donc l’excuse de "la vie privée" ne tient pas la route. Les soignants sont garants du cadre thérapeutique.

    - Les conséquences de ces transgressions sont réelles et dramatiques pour les patients : stress post-trauma, dépression, tentatives de suicide, rupture familiale, isolement... Si le médecin est là au départ pour aider son patient et bien au final c’est raté.

    - Ce n’est pas cette opération ni les médecins qui la défendent, qui entachent la profession médicale mais les réactions des médecins hostiles à cet interdit. Ca fait peur, même très peur de savoir que son médecin a le droit de sortir du cadre thérapeutique, que rien ne l’en empêche apparemment et pire encore, qu’il a la bénédiction de ses confrères.

  • J’entends bien les objections ; certaines sont valables. Mais, quand on a subi les assauts de son psychiatre et que celui-ci a fait ce qu’il faut pour assurer son impunité, que fait-on ? L’exercice de la profession de psychiatre offre à ce dernier une fenêtre unique sur ses patientes. Unique. Quel pouvoir ! Il sait tout (quand la patiente ne sait rien ; elle croit qu’elle parle à un médecin et n’imagine pas que le cabinet est un décor de théâtre...). Il sait tout, il en use sur le moment et en usera si, d’aventure, la patiente se plaint auprès des autorités compétentes. Il dira qu’elle est folle (et pour cause, elle consultait pour dépression) ou qu’elle était consentante (eh oui, il n’a pas eu besoin de lui mettre un pistolet sur la tempe). Et il profitera du fait que policiers et magistrats ne connaissent pas suffisamment la spécificité de ce qui se tisse entre le psychiatre et sa patiente, qui s’appuie en toute confiance sur ce dernier pour soigner ses traumatismes et créer les conditions d’un futur heureux. Triste de constater, à la lecture de nombreux commentaires, l’ignorance crasse de beaucoup. La délinquance sexuelle a de beaux jours devant elle. L’impunité aussi. Pensez un peu aux victimes qui doivent alors, en toute solitude, trouver un modus vivendi sans justice rendue, ni soins (car, après cela, consulter un médecin est inenvisageable). Ces victimes ont des enfants, un métier, une utilité sociale, un cerveau, un coeur. Elles avaient surtout un avenir quand elles ont poussé la porte du cabinet de leur psychiatre hors-la-loi ; un avenir qui a tout bonnement été méchamment abîmé par un praticien sans scrupule.

    • Je veux juste faire remarquer de ma toute petite voix que la loi/le droit/la justice/la violence légale dans les mains de l’état n’est pas un truc ’naturel’ imposé par un dieu omniscient.
      C’est un contrat social. Dès lors que nous ne pouvons pas obtenir justice parce que des corps intermédiaires s’y opposent, on s’expose à une recrudescence de la justice individuelle.
      S’il y a certains/de nombreux médecins qui arrivent à passer à travers les gouttes de la justice, il faut affiner la passoire pour les prendre sinon ils finiront pas se prendre une raclée à la batte de base ball dans un parking.

      Oui il y a un féminise hystérique (et l’écriture inclusive en est) mais nous ne sommes pas dans ce cas. Nous sommes dans le cas de violeurs qui peuvent continuer parce que la loi est mal faite ou mal appliquée.

      Comme généralement ce sont des notables (le médecin, le curé, le notaire, le maire....) ils sont plutôt protégés par la justice de classe que nous subissons en france. Il faudrait inverser la tendance. C’est plus une bataille de classe qu’une bataille des sexes.

  • je vais signer votre pétition mais je m’interroge simplement sur le cas des médecins des îles. J’ai une amie qui a remplacé à Bréhat où le médecin était longtemps le seul de l’île et je crois qu’il l’est encore une partie de l’année. Je suppose qu’il y a d’autres îles dans ce cas là. Si le (la) médecin n’a pas le droit de soigner son/sa conjoint(e) qui le fera ? s’il ou elle doit aller sur le continent à chaque fois, ça ne va pas aider à trouver des médecins pour ces îles. Faut il prévoir des dérogations ?

    • hahaha allez, je ris de bon coeur avec vous. Comme avec ceux qui disent "merde, je suis le médecin traitant de ma femme ; elle m’excite toujours ; qu’est-ce que je risque à lui faire l’amour ?". Oui, c’est drôle, en effet. Mais, vous savez bien que tel n’est pas le sujet... Les victimes de prédateurs sexuels (psychiatres) étaient des patientes qui espéraient (en venant le consulter) ne plus l’être !!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Peut-être l’introduction de cette clause dans le Code de Déontologie améliorera-t-elle les choses, je n’en sais rien, mais rien ne coûte d’essayer.

    Reste que je crois qu’il faut peut-être prendre les choses en amont : apprendre aux médecins à résister aux pulsions sexuelles dont ils peuvent être saisis devant une jolie femme adulte et déshabillée, et traiter le problème pendant les études médicales au lieu de le passer sous silence comme s’il n’existait pas ? Car quel médecin (sauf les gériatres...) n’a jamais dû surmonter une telle tentation ? Je crois (enfin, j’espère) que la plupart y arrivent très bien, mais peut-être mieux vaut être déjà sensibilisé à cette question avant de commencer à exercer, et savoir qu’elle existe.

  • Voilà pourquoi il faut signer. L’interdiction doit être absolue pour les psychiatres.
    Premier passage à l’acte sexuel le 30 juillet 1998. C’était il y a 20 ans… mais pour moi, c’était hier ! C’est toujours hier ! Malheureusement. J’avais débarqué trois ans plus tôt, à 24 ans, dans le cabinet de ce psychiatre. Déprimée. Surprise !… ce médecin m’a écoutée près d’une heure. Cela ne m’était jamais arrivée. Pensant que j’étais désormais soutenue, je me suis laissée aller à exprimer mon vécu dépressif. La prescription d’antidépresseurs a donc été immédiate, quelques jours plus tard. Cette prescription était accompagnée d’une carte professionnelle avec un bref message d’encouragement. Je me suis dit : en plus d’être sérieux, il est humain…. Durant trois années complètes (je vais vite), à raison d’une séance hebdomadaire pendant 2 ans et de deux séances ensuite (je n’ai jamais su pourquoi, j’ai fait confiance), ce psychiatre a tout appris de moi, de mon mari, de ma famille. Il connaissait bien mes forces et mes faiblesses. Il sait mon combat contre l’antisémitisme et le racisme : sa peau noire est un atout de ce point de vue (il est du bon côté de l’Histoire ; il me fait lire « Peau noire, masques blancs » de Franz Fanon). De lui (plus âgé que moi), en revanche, je ne connaissais rien. J’ai supposé qu’il était marié avec enfant(s) et épanoui dans sa vie : il donnait des conseils (ex : « vous aurez un enfant quand vous serez prête à le perdre »), je n’imaginais donc pas qu’il puisse être un homme seul et déséquilibré. Ma confiance s’est renforcée au fil du temps, aidée en cela par une croyance partagée par le plus grand nombre « les médecins ne peuvent vouloir détruire leurs patients ». J’irais mieux, c’était sûr. Voilà pourquoi quand sont venus les tests (que je n’ai pas alors perçus comme tels – ne sachant que le salopard suivait un scénario précis). Premier test. Juin 1998. Lors d’une séance, il me montre à sa gauche le sol et me dit « j’aimerais vous avoir là, accroupie, pour voir si vous mouillez »… Je me suis tue. J’ai pensé qu’il avait simplement dérapé et je me suis sentie aussi humiliée (être ainsi accroupie… franchement, j’y avais jamais pensé). Pas de quoi remettre en cause 3 ans de suivi. La séance suivante, ce psychiatre s’est montré normal. Deuxième test : une tape sur la fesse jusque au moment de quitter la salle de consultation. Le dossier médical (que j’ai récupéré à l’automne 2015) mentionne que la séance suivante, nous en avons discuté. Il y est noté que je me suis sentie humiliée. Eh oui, je me suis dit « il veut voir si j’ai la fesse ferme » et pouvoir pouffer de rire. Au lieu de remettre en question sa déontologie, je n’ai vu que mon nez au milieu de la figure, mes défauts, etc. Comme auparavant, il est revenu à la normale. Nous arrivons au mois de juillet 1998. Ce psychiatre sait que je suis angoissée en l’absence de mon mari (c’est mentionné dans mon dossier médical), que je n’envisage pas la fin de ce suivi avant la soutenance de ma thèse (1999-2000) ni avant de pouvoir me présenter à l’agrégation de droit public (soit pas avant 2002 !!!!) ; il sait que j’aime mon mari et que je veux des enfants avec lui (25% des consultations sont consacrées à la maternité ; et j’aurai 3 enfants). Bref, il sait que je ne souhaite pas tromper mon mari, que je ne suis pas une aventurière. Ah, certes, je suis une sensuelle qui rêve de sexualité épanouie. Comme beaucoup de jeunes femmes de 27 ans (c’est mon âge en juillet 1998). Que fait-il alors ?? Il attend que mon mari quitte Paris (et que j’y sois seule) et passe à l’attaque. Le mardi 28 juillet 1998 (je précise qu’il n’a pas d’assistante), alors que je venais de lui dire que j’avais passé une excellente semaine de vacances avec mon mari à tous points de vue (c’est écrit dans le dossier médical), ce psychiatre s’est soudain levé, sans un mot ni un regard (hormis un bref coup d’oeil à sa fenêtre – il y a un vis-à-vis en raison d’une cour intérieure), m’a rejoint et a attrapé mon visage avec ses deux mains, m’a embrassée et est retourné s’asseoir. Mes mains sont restées le long de mon corps. Assis à nouveau à son bureau, je n’ai pu articuler que les mots suivants (mais pas anodins) : « qui est-ce que je viens d’embrasser ? ». Il a répondu sans égard et d’un ton ferme « moi »…, puis, chèque et feuille de soins échangés, il a dit « on va laisser reposer ; on se voit jeudi ». Avec le recul, je comprends qu’il n’a pas obtenu ce qu’il pensait obtenir. Les garçons que j’avais embrassés (avant mon mari), je les avais tous embrassés en mettant mes mains derrière leur cou. Malheureusement pour moi, au lieu de reculer devant ma réaction, le psychiatre a aggravé la pression et achevé la déstabilisation amorcée le jeudi suivant – 30 juillet 1998 – en me disant d’emblée « compte tenu de ce qui s’est passé, je ne peux plus être votre médecin ». Il avait tout prévu : il a immédiatement ajouté qu’il avait prévenu une collègue de Sainte-Anne, exerçant en libéral, qu’elle prendrait le relais. C’est bien simple, j’ai eu l’impression que tout mon sang partait dans mes pieds. Pour utiliser une image : imaginez-vous dans un avion, le pilote appuie sur un bouton qui ouvre sous vos pieds une trappe ; vous vous retrouvez dans le vide ; puis au moment le pire, une main se présente ; c’est celle du pilote qui a ouvert la trappe, mais vous l’attrapez !! Dans ma tête, à ce moment-là, il se passe rien. Absolument rien. C’est vide. Blanc total. Pas d’activité. Quand il me dit alors « venez sur mes genoux », j’y vais. Le pantin, il en fera ce qu’il veut. Le soir même, toujours sans explications (pas de « je vous aime », « je vous trouve belle », rien, rien, silence et action), il m’imposera les rapport sexuels qu’il projette en réalité depuis de longs mois. Je me rappelle où je me suis retrouvée dans le lit, dans quelle position ; je me rappelle son hurlement (personne n’avait jamais hurlé ainsi à mon oreille ; je me suis dit « ce doit être pénible d’avoir un voisin comme cela » ; impossibilité de toute autre pensée) ; pas de plaisir, pas de déplaisir, juste rien ; il va s’endormir, moi pas ; il se réveillera et exigera une fellation au petit matin (beurk, j’ai toujours détesté cela au petit matin, surtout avec les séquelles d’une éjaculation la veille) ; il exigera aussi une levrette sur sa terrasse en plein soleil, alors qu’il y a un vis-à-vis. Merde, moi qui ai toujours eu des complexes ! Quand il ma ramènerai à l’angle de ma rue, j’aurai une forte montée d’angoisse (c’est le seul sentiment fort que j’ai ressenti entre la déstabilisation au cabinet et le retour de ces heures à être l’objet sexuel de celui qui était mon psychiatre…). Savez-vous comment j’ai calmé cette angoisse ? Mon esprit m’a dit : « Il sait ce qu’il fait, il sait ce qu’il fait, il sait ce qu’il fait ». Ce mantra m’a calmée. Des heures et des jours qui suivent, je ne conserve aucun souvenir. Il y aurait beaucoup à dire sur ces heures-là et les années suivantes. Retenez seulement qu’entre 2004 et 2013,je suis parvenue à me formuler que ce qu’avait fait ce salaud s’apparentait à un inceste (le père ne change pas de visage et demeure le père ; mais il abandonne son rôle et en choisit un autre qu’il impose). Et en décembre 2013 (15 ans plus tard), j’ai pu dire « vous êtes entré par effraction dans ma vie ; comment avez-vous pu faire cela ? vous rendez-vous compte de ce que cela a représenté pour moi ? ». Depuis quelques mois, je peux dire que ce « docteur en titre qui n’a rien d’un médecin » m’a violée. La violence du mot qui rend compte de la violence de ce qui m’a été imposé, je ne peux la supporter qu’aujourd’hui. Ceux qui ont perdu quelqu’un de cher dans leur vie me comprendront : dire « mon frère s’est suicidé », c’est se le dire à soi-même, or cette réalité est insupportable. Pour le viol, c’est pareil. Merci de m’avoir lue.

    • Bonjour Lydia,
      Votre témoignage est édifiant, je trouve l’image du pilote très pertinente, je la reprendrai pour essayer d’expliquer "ça" aux personnes qui ne comprennent pas.
      Bon courage pour la suite.

  • Tout l arsenal juridique existe déjà
    le médecin predateur agira tjrs interdit ou pas !
    Tuer son prochain est interdit , et reprimé par la loi
    cependant le crime existe !
    Une loi de plus... faites plutôt appel à la formation et la sensibilisation
    pendant les études et dans la vie en général !
    Y en a marre de nous prendre ( femmes et hommes confondus ) pour des
    débiles incapables de sens critique.
    Serions nous devenus tellement benêt qu il faille tout règlementer.
    Mais comme l écrit si bien votre lecteur on ne peut aller contre le courant !

    • Au moment de l’affaire Hazout, le Conseil de l’ordre s’était excusé publiquement, des plaintes,nombreuses, restées tant d’années au fond des tiroirs au niveau du conseil départemental.
      Bien évidemment, il faut revoir la formation des étudiants Entendu par un jeune remplaçant, "oui, on nous a dit" ce n’est pas suffisant.

      Cet article répond à de nombreux commentaires et idées reçues, si vous souhaitez en prendre connaissance :

      https://blogs.mediapart.fr/edition/quoi-de-neuf-docteur/article/010418/indignez-vous-mais-ne-vous-trompez-pas-de-combat

    • Depuis l’affaire HAZOUT rien n’a changé . LES PLAINTES MANS nombreuses victimes plusieurs psychiatres procédures pénales ou disciplinaires . Le conseil ose condamner une victime alors que le psy n’a jamais comparu et cet individu lourd passé (condamnation peine de prison) et nombreux témoignages écrits .Contrairement à ce qui est dit rien à voir avec les mouvements féministes actuels . LES premiers signalements datent de 40 ANS plaintes depuis 2015. Ces délits sont connus de nombreuses personnes .

  • Ce psychiatre exerce toujours. Il a des qualités, qui n’en a pas ? Mais pas celles qui permettent l’exercice de sa spécialité, seul, dans un cabinet dont il a érotisé chaque mètre carré. Suis étonnée qu’il ne se le soit pas interdit lui-même après avoir vu de ce dont il était capable. Perversité ou démarche suicidaire ? A vous, psychiatres, de trancher.

  • Un soignant qui tue une patient au décours d’une prise en charge peut être déclaré pénalement responsable du décès (faute, dommage et lien de causalité). Il sera donc condamné éventuellement à une peine de prison, peut-être à verser une indemnité suite au préjudice... et là ça ne choque PERSONNE s’il est AUSSI sanctionné devant la juridiction ORDINALE (avertissement, suspension d’exercice, radiation...).
    Aucun confrère s’insurgera pour qu’on lui épargne le passage devant l’ordre.

    Mais pour éviter des sanctions disciplinaires au médecin qui manipule ses patients dans un contexte de soins, pour obtenir des faveurs sexuelles, là y a du monde !!

    Incroyable différence avec un secteur qui n’a pas le même blason :
    Dans ma boîte un salarié s’est fait viré pour harcèlement sexuel. La direction a pris position suite à une enquête interne sans attendre des plaignants une procédure pénale. C’est ce qu’on appelle une sanction disciplinaire ! L’un n’empêche pas l’autre.

    • inutile de polémiquer, vous allez l’avoir, votre interdiction ordinale : cette instance n’a jamais brillé par son courage, et elle cèdera plus ou moins rapidement à votre "pression", même si à terme il n’y aura même pas mille personnes sur un pays de plus de soixante millions d’habitant(e)s à signer votre pétition (on parie ?)
      par contre, çà risque d’être plus difficile à faire passer dans le code pénal, il y a dans ce secteur un certain nombre de garde fous, le conseil constitutionnel et même la CEDH, qui vont probablement tiquer devant une loi qui fabriquerait de toutes pièces une catégorie de citoyens (je vous le fais pas en écriture inclusive, vu que clairement ce sont les hommes et eux seuls qui sont visés) n’ayant pas les mêmes droits que le reste de la population : ou alors faut interdire à TOUS les professionnels d’avoir des relations sexuelles avec un(e) client(e) : plombiers, postiers, électriciens, boulangers, chauffeurs de taxi, etc.
      çà promet...

    • Bonjour
      Comme expliqué dans le texte, la loi pénale existe déjà. Il s’agit de déontologie médicale. Je suis désolé que vous assimiliez votre pratique à celle d’un plombier ou d’un boulanger. J’ai personnellement avec beaucoup de mes patients une relation très forte quoiqu’exclusivement professionnelle. La relation médicale est très particulière et mérite un traitement particulier.

    • Avouons que si les médecins se comparent désormais à des boulangers, à quoi bon un code de déontologie. Prochaine pétition : pour l’abolition du code de déontologie médicale ! Je ne vois pas le problème. Mais à une condition : que les patientes soient prévenues ! On fait toutes gaffe avec les boulangers, les plombiers,les chauffeurs de taxi, etc... On a toutes regardé un film porno dans notre vie. S’il n’y avait pas de code de déontologie médicale, on serait sur le qui-vive, on vous prendrait pour des gens normaux. Or, à ce jour, on vous attribue des qualités morales, au nombre desquelles figure en première place la bienveillance.

    • le docteur Dupagne et vous même faites semblant de ne pas comprendre ce que j’écris au sujet des plombiers et des boulangers, qui est pourtant parfaitement clair. C’est votre problème, contre la mauvaise foi les dieux eux mêmes ne peuvent rien...
      quant à dire que le code pénal interdit déjà ce que vous voudriez voir interdire dans le code de déontologie, on doit pas avoir lu le même exemplaire du Dalloz, je vois pas d’autre explication : vous faites semblant de ne pas voir la différence entre l’interdiction du viol, des agressions sexuelles, et de l’abus de faiblesse, qui s’appliquent à TOUS les citoyens Français, médecins ou plombier zingueurs qu’importe, et le fait de cibler spécifiquement une partie de la population, en lui interdisant systématiquement ce qu’on autorise au reste de la population : avoir des relations sexuelles avec n’importe quel autre adulte consentant.
      bon, je retourne consulter, j’ai profité d’un petit break du aux retards de la radio, à tout à l’heure...

    • Je vous ai très bien compris. L’interdit de toute relation sexuelle doit être formel s’agissant des psychiatres. Cette spécialité ouvre au médecin sur ses patientes un savoir étendu et unique, qu’il est facile de détourner de ce pour quoi il est livré. Un interdit absolu. Car non seulement le consentement n’est jamais libre et éclairé ; mais le passage à l’acte est tout sauf thérapeutique. Le passage à l’acte constitue une infraction (pénale et déontologique) et une erreur médicale.

    • Je veux saluer l’homme qui compte les signatures sur la pétition !
      C’est un compagnon de route non négligeable parce qu’il nous tient régulièrement compagnie ici ou là.

      - Rassembler à l’aveugle un maximum de signatures n’a jamais été le but de cette pétition : elle est au contraire destinée à ouvrir les yeux et surtout à libérer la parole concernant un tabou et une Omerta professionnelle trop longtemps passés sous silence.
      Dans ce sens-là ça fonctionne !

      C’est un acte posé dans la réalité qui cible de graves dérobades disciplinaires où certains voient même un déni de justice.
      C’est aussi un acte symbolique qui propose aux consciences individuelles et professionnelles une réflexion ouverte sur des abus à répétition.
      Dans ce sens-là ça fonctionne aussi.

      Signaler avec constance son opposition à la réglementation demandée c’est la liberté de chacun.
      Mais garder l’oeil sur le compteur plutôt que sur les commentaires laissés en regard des signatures me semble passer à côté des enjeux exprimés.

      - Sans compter que les avis donnés par beaucoup de victimes ainsi que leur souffrance bien réelle méritent mieux que compter pour du beurre !
      C’est la limite de la communication avec certains.
      Qui préfèrent sans doute le bon vieux temps où les victimes n’avaient aucun droit : parce que c’était toujours le droit du plus fort.
      Une personne isolée contre toute une profession majoritairement corporatiste qui se serre les coudes, bigre, ça compte pourtant dans la réflexion...

      - En tant que victime d’abus d’un psychiatre il y a dix ans et avec deux plaintes enterrées malgré les preuves et les aveux, 1000 signatures représenteront pour moi un passage tardif à l’an 2000 : un chiffre symbolique, un oeil rond écarquillé sur la réalité qui marquera le début d’une ère nouvelle.
      Et oui on y arrive !
      Ca remettra les pendules à l’heure en règlant publiquement certains comptes.
      Face au tabou, c’est cette prise de parole qui compte.

      Vous représentez à vous seul l’ancien monde ainsi qu’une foule d’opposants au changement, Monsieur le Docteur comptable.
      Mais dans vos calculs ne vous fiez pas aux apparences...

    • Bon, ben on progresse, camarades...maintenant, il s’agit d’interdire formellement aux psychiatres d’avoir tout commerce charnel avec un(e) de leurs patient(e)s, mais si j’ai bien compris, on ficherait la paix aux autres médecins, généralistes ou spécialistes, tout en leur rappelant qu’il est formellement déconseillé d’avoir ce genre de relation avec leur patientèle, mais là dessus l’ordre des médecins s’est déjà exprimé tout à fait clairement.
      Donc, au lieu d’une interdiction à l’ensemble des médecins, on se contenterait d’une interdiction aux psychiatres...Pourquoi pas ?

    • "vous représentez à vous tout seul l’ancien monde" Merci du compliment, j’avoue qu’il me flatte passablement, même si, je le crains, il n’est pas tout à fait mérité...
      sur un point, vous n’avez pas tout à fait tort, il est probable que vous aurez d’une manière ou d’une autre gain de cause, c’est tellement dans l’air du temps.
      pour autant, l’histoire a tendance à se moquer de ceux qui prétendent lui dicter sa direction, on a vu au cours du siècle passé pas mal d’idéologies qui prétendaient incarner l’avenir, et qui se sont effondrées à grand fracas après quelques années ou décennies de ravages parfois dévastateurs. donc, à suivre...

    • Cher confrère,
      Nous ne sommes pas d’accord, mais je salue le courage dont vous faites preuve en débattant ici sans faux-nez. Votre point de vue de défenseur de l’homme hétérosexuel blanc a le droit de s’exprimer.

      Finalement, vous êtes un peu à l’éthique et à la déontologie médicale ce que Bernard-Henri Levy est à la philosophie.

    • Euh, vous êtes certain que c’est un compliment, çà ? :-)

    • Pas d’accord avec la restriction aux psychiatres.
      Une patiente (par ailleurs confrère) abusée par un gynécologue à l’age de 25 ans et qui a signé la pétition.

    • La différence avec un médecin c’est qu’on ne confie pas sa douleur morale ou physique à ces professionnels. Quand on est nu(e) face à quelqu’un drapé dans son vêtement et son pouvoir on est vulnérable.

  • Je trouve "Lara Croft" bien optimiste. Je me sens complètement écrasée, abattue. Si la justice ne passe pas, je ne saurai comment vivre (encore moins faire confiance) sans éprouver du ressentiment contre la société dans laquelle je vis. Avez-vous lu Jean Amery (survivant des camps) ? Très justement, dans un chapitre consacré au ressentiment, il explique qu’il a éprouvé ce sentiment lorsqu’il a constaté que ses contemporains commençaient à se lasser de soutenir les survivants et souhaitaient "passer à autre chose". Lui, alors, s’est senti seul et se suicidera en 1978. Comment ne pas le comprendre ? Certains crimes doivent être "portés" collectivement pour permettre à ceux qui en ont été les victimes directes de ne pas se sentir seules et abandonnées.

    • Bonjour Lydia,

      N’en doutez pas, je vous comprends parfaitement et j’entends aussi votre souffrance et votre désespoir !
      Je connais bien ça...

      - J’ai personnellement survécu à dix ans d’injustice et de non-reconnaissance sociale et juridique de ma plainte pour l’abus sexuel d’un psychiatre.
      Mais j’ai eu la rage contre ce tabou parce que j’avais déjà subi des violences dissimulées dans l’enfance alors cette fois j’ai refusé de me taire : c’était ça ou mourir, oui.
      Et j’ai vraiment failli mourir physiquement avec une sale maladie qui s’est déclarée à ce moment-là.
      J’ai payé l’abus au prix fort : mépris, insultes, doutes permanents, accusations de folie ou de perversité personnelle.
      J’ai vécu tant bien que mal en dénonçant cela plutôt qu’en le cachant.

      - Le forum où nous dialoguons aujourd’hui fut ma planche de salut et aussi ma seule thérapie possible : par l’écriture et par la communication !
      J’ai pour cela envers le Dr. Dupagne une reconnaissance éternelle et ceux qui le dénigrent aujourd’hui me semblent à l’évidence manquer de recul.
      A l’époque, il y a une dizaine d’années, pas un seul médecin ou psychiatre n’autorisait ma parole parce que comme ma plainte en justice avait échoué personne ne croyait ce que je racontais.
      Et j’ai aussi trouvé des soeurs en souffrance sur ce forum !

      - Je voulais donc insister dans mon précédent post sur ce que représente pour moi aujourd’hui le soutien officiel des victimes et des thérapeutes (médecins et autres soignants) qui s’expriment sur la pétition.
      Cette volonté manifeste de changement est pour moi comme un cri de rage longtemps réprimé qui libère aussi une vague de douleur brisant le mur du silence.
      Je ne me sentirai plus jamais seule !
      Plus jamais je ne serai traitée de délirante et de manipulatrice en devant tout encaisser sans pouvoir me défendre : je répondrai aux ignorants ou aux hypocrites que d’autres que moi racontent la même histoire...
      Sans être pour autant des malades mentales ou des menteuses.

      - J’ajoute encore que la réponse officielle faite au Conseil de l’Ordre et à la justice de notre pays dépasse le seul fait de balancer son porc...pourtant significatif quand on s’intéresse à la section médicale du site !
      Cette pétition vient de bien plus loin et elle voudrait aller plus loin : ce n’est qu’un premier pas qui a beaucoup coûté concernant la libération de la parole, mais il y a aussi le désir collectif de ne pas en rester là.

      - Le second pas d’un chemin très difficile (je suis d’accord avec vous là-dessus) consistera donc à trouver une ouverture juridique possible pour protéger RÉELLEMENT les patientes.

      Venant du Conseil de l’ordre, le temps des déclarations d’intentions non suivies d’effet est passé.
      Le temps des accusations des patientes supposées "consentantes" et "de moeurs légères" n’est plus crédible.
      Et c’est quand même incroyable qu’il faille encore rappeler à certains médecins qu’une démarche THÉRAPEUTIQUE n’a aucune visée sexuelle (il y a des terrains de jeu moins douloureux pour cela !) de même qu’une thérapie n’est ni facile ni légère : sauf dans l’esprit non-professionnel des abuseurs !
      La visibilité des actions en justice telles qu’elles sont vécues (et non pas telles qu’on les imagine dans une abstraction idéalisant les textes juridiques) me semble également essentielle.
      En tant que juriste et en tant que victime, vous avez fait vous-même l’expérience du problème existant dans l’application des textes actuels, et aussi dans le mauvais accueil d’une plainte pour l’abus sexuel d’un médecin.
      J’ai commencé par là et je finirai par là : ce genre de plainte est un tabou, et la gravité de l’abus est souvent déniée ou dissimulée dans le milieu médical français, un milieu corporatiste de surcroît.

      Croyez donc à ma compréhension et à ma compassion, Lydia.
      Nos chemins se rencontrent et nous pourrons enfin nous soutenir mutuellement au grand jour.
      Le nouvel ordre du jour me semble le mot : "SOLIDARITÉ".
      Tant pis si ce mot heurte d’autres considérations et s’il cause certains désordres : mais c’est une prise de conscience publique qui ne fait que commencer, à mon avis.

    • Merci pour votre réponse. Comme vous, "j’espère". Mais certains jours, je "désespère". Comme vous aussi, l’enjeu est clair : parler ou disparaître. Car quand je comprends que je dois "me taire", j’entends qu’on m’enjoint de "me terrer". Une petite voix résiste à cette injonction injuste, qui m’est venue tant de l’agresseur que de personnes pourtant irréprochables.
      SOLIDARITE. Je signe et j’adhère. Je signe et je lutte.

    • Ce dont vous parlez me rappelle tant de choses...
      Mon agresseur m’a dit au final : "tu pourras raconter ce que tu veux, personne ne te croira".
      Et le pire, c’est que ça s’est vraiment passé comme ça !

      Et aussi cet écho du mot taire avec le mot "terre"...
      Je pensais moi-aussi à me terrer, m’enterrer.
      Mais je voulais quand même parler, témoigner, dire la vérité pour continuer à exister en gardant un pied dans la réalité.
      Je me répétais ce mantra personnel, une citation de je ne sais qui :
      "Et plus jamais on ne mettra de la terre dans la bouche de ceux qui parlent !"
      C’était comme une pensée magique : ne pas se taire, ne pas se laisser faire.

      ...C’est tellement difficile à expliquer cette révolte extrême avec cette impuissance qui me terrifiait.
      C’était comme des court-circuits émotionnels qui épuisaient l’énergie avec des sursauts de vie et d’espoir et puis au final de cruelles déceptions quand personne ne m’aidait : l’abattement, la mort dans l’âme, dans la terre, dans la boue, dans les sables mouvants...
      Quel combat oui !

      Mais on n’est plus seules : on est une armée, l’armée des Ombres peut-être...
      Je me voyais à l’époque comme une zombie dans un état de délabrement total, mais vivante, parlante, ressuscitant par moment, continuant à avancer...
      Nous avançons aujourd’hui ensemble et les plus forts soutiennent les plus faibles car moi-aussi j’y crois à la solidarité, Lydia !
      Je vous embrasse fort.

    • Je vous embrasse aussi. C’est la première fois en près de 20 ans que je peux converser avec des femmes qui savent la réalité traduite en mots. Et c’est grâce à cette initiative du Dr Dupagne (merci à lui) et aux 3 femmes qui l’ont inspiré. Un début de prise de conscience publique et qui associe les victimes aux professions concernées. Victimes qui n’ont qu’un souhait : ne plus l’être et mettre leur expérience douloureuse au service de la prévention (avant tout) et de la répression.

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